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 DU BALAI AU QUAI D'ORSAY pour mieux piller l'Afrique

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AuteurMessage
mihou
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

29022008
MessageDU BALAI AU QUAI D'ORSAY pour mieux piller l'Afrique



DU BALAI AU QUAI D'ORSAY

D'après
le "Canard enchaîné" du mercredi 20 février 2008 - page 3, à la demande
de l'Élysée, le chef du personnel des Affaires étrangères, Xavier
Driencourt, vient d'adresser un télégramme aux ambassades et consulats
de France. Pour leur annoncer que plusieurs grands services du Quai
allaient changer de patrons avant que Sarkozy n'occupe, en juillet, la
présidence de l'Union Européenne. Notamment les directions des
« secteurs » suivants:

Europe, Asie, Amérique, Affaires stratégiques, Afrique du nord - Moyen-Orient, etc..

Un coup de balais sans précédent, et il faut s'attendre à voir nommer à ces postes des sarkozystes confirmés, selon les mauvaises langues du ministère.

[size=12]Autre signe des temps, gare aux dictateurs de la FrançAfrique,
François Zimeray a été nommé, en conseil des ministres, ambassadeur pour les droits de l'homme
à la place de Michel Doucin, informé par téléphone de sa disgrâce.
Qualité reconnue de François Zimeray, il a déjà rejoint le groupuscule
Gauche Moderne du Secrétaire
d'État de la Coopération, Jean Marie Bockel.





DEJEUNER-DEBAT
DU CONSEIL FRANCAIS DES INVESTISSEURS EN AFRIQUE (CIAN) INTERVENTION DU SECRETAIRE D'ETAT
CHARGE DE LA COOPERATION ET DE LA FRANCOPHONIE,
M. JEAN-MARIE BOCKEL



Les enjeux éthiques de l'aide publique au développement, en particulier sur la gestion transparente des ressources naturelles




Monsieur le Président du CIAN, Gérard Pélisson,

Monsieur le Président délégué, Anthony Boutelier,

Mesdames et Messieurs,

Nous
avions eu l'occasion, pour un certain nombre d'entre vous, de nous
rencontrer avenue Bosquet, au siège du MEDEF, en novembre dernier.
Quatre mois après ma prise de fonction, j'avais voulu marquer, par
cette rencontre, toute l'importance que j'attache au dialogue avec le
secteur privé.


Je suis heureux de cette nouvelle occasion de rencontre qui nous est offerte et je remercie le CIAN
de m'avoir convié à ce déjeuner. Le dialogue avec vous me tient
particulièrement à cœur, car les entreprises que vous représentez sont
des acteurs à part entière du développement.Dans
les pays dans lesquels vous travaillez, vos entreprises ont un rôle de
premier plan à jouer, qui va souvent bien au-delà de leur simple statut
d'opérateurs économiques.




J'ai
déjà évoqué devant vous mon idée de coalition pour le développement,
coalition qui doit fédérer les efforts de tous les partenaires au
développement, publics et privés, associations, ONG, entreprises,
fondations, collectivités locales, et bien sûr les représentants de
l'Etat, à travers nos deux principaux opérateurs que sont la DGCID et
l'AFD.


L'AFD est fortement représentée à ce déjeuner, à la fois l'AFD elle-même et sa filiale Proparco, et je m'en réjouis.


Deuxième
rencontre avec vous en sept mois : c'est peu, et certainement
insuffisant. Entre-temps, j'ai vu un certain nombre de chefs
d'entreprises, qui m'ont exposé leurs activités sur le continent, leurs
projets, les difficultés qu'ils y rencontrent. J'étais au début de
cette semaine à Ljubljana pour une réunion européenne et Philippe
Gautier, du Medef, m'y a accompagné. Vous le voyez, mes contacts avec
le monde de l'entreprise sont réguliers. Mais ils ne sont pas aussi
fréquents que je le voudrais, et sans doute pas suffisamment structurés.




Je l'ai dit, ce dialogue avec le secteur privé est pour moi indispensable : je veux connaître vos analyses, vos idées, vos réactions. Je souhaite structurer notre dialogue sans le rendre trop institutionnel, sans créer un énième groupe consultatif ou un comité Théodule de plus.


Vous êtes des opérationnels des pragmatiques. Moi
aussi ! Je pense que nous devons réfléchir ensemble à la façon de
systématiser nos échanges, à leur fréquence, au cadre qui serait le
plus approprié. Je suis à l'écoute de vos idées.





J'en viens maintenant au thème retenu pour ce déjeuner débat : les enjeux éthiques de l'Aide publique au développement, en particulier sur la gestion transparente des ressources naturelles.
Je suis très heureux de traiter de ce thème qui me semble fondamental.
J'aurai mauvaise grâce à dire le contraire : c'est moi qui l'ai
proposé. Merci au CIAN de l'avoir retenu.


Je
voudrais aujourd'hui poursuivre avec vous la réflexion que j'ai engagée
lors de mon discours de vœux, sur la nécessité de faire de la bonne
gouvernance une exigence non négociable dans notre aide au
développement. Pas par une vision moralisatrice des choses, encore que
cette exigence éthique soit déjà, en soi, un argument valable, mais
d'abord pour une raison d'efficacité.


Je
l'ai dit dans l'interview de votre rapport 2008 : chaque fois que la
corruption empêche les investissements, le développement recule. Mon
premier objectif, c'est une aide au développement efficace. Le premier
frein au développement, c'est la mauvaise gouvernance, le gaspillage
des ressources, la prédation, l'insécurité juridique qui décourage les
investisseurs, nationaux ou étrangers.


Pour
pouvoir tenir ce discours d'exigence à nos partenaires africains, il
nous faut nous-mêmes être irréprochables. En Afrique, certains de nos
compatriotes ne le sont pas. Leur collusion avec les pratiques que nous
dénonçons enlève sa force et sa crédibilité à notre discours. Même
s'ils agissent à titre strictement individuel, leur comportement jette
le doute et parfois le discrédit sur l'ensemble de nos actions.




De
la même façon que les agissements des aventuriers de l'Arche de Zoé ont
menacé la crédibilité de tous les opérateurs humanitaires, les
agissements des derniers survivants de la FrançAfrique sèment le doute
sur les intentions de tous les opérateurs économiques français. Je l'ai dit en janvier, je le redis aujourd'hui : la FrançAfrique est moribonde et il faut signer son acte de décès.


Je
souhaite une modernisation de nos relations avec le continent africain.
Le président de la République, lors de ses vœux au corps diplomatique,
a réaffirmé sa volonté de voir s'opérer ce changement. Il m'a chargé de
lui faire des propositions en ce sens, notamment en écoutant la société
civile et la jeunesse africaines : cette consultation est en cours. Je
compte évidemment y associer nos entreprises présentes en Afrique.


Comme
vous, j'ai la conviction que notre pays doit rester un partenaire
important de l'Afrique. Nous y avons intérêt et nous en avons les
moyens. Les pays africains le souhaitent et nos partenaires européens
nous y encouragent.

_________________
Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE
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DU BALAI AU QUAI D'ORSAY pour mieux piller l'Afrique :: Commentaires

Je
veux que les comportements transparents et respectueux de l'Etat de
droit qui sont ceux de vos entreprises deviennent la règle pour tous
les opérateurs économiques présents en Afrique, qu'ils soient français,
européens, américains, asiatiques, indiens ou russes…



Je
vois trois raisons qui nous imposent d'accorder une plus grande
attention aux questions de transparence et d'équité dans nos relations
commerciales et industrielles.





1.
C'est une exigence croissante des sociétés civiles du Sud, relayées par
les sociétés civiles du Nord. Elles demandent plus d'aide, mais
également une meilleure gestion des Etats, un développement plus
équitable et une meilleure répartition des richesses.





2.
L'aide publique ne prend tout son sens que si elle est relayée, au plus
tôt et au mieux, par les ressources fiscales des Etats. Financer la
construction d'écoles, nous savons le faire, mais financer leur
entretien et les salaires des enseignants, c'est au budget de nos
partenaires de le faire. Et à cet égard, ils ont de nouvelles
opportunités.





3.
La dynamique économique mondiale est porteuse d'opportunités nouvelles
que cette fois l'Afrique peut et doit saisir, grâce aux progrès de la
gouvernance, de la stabilité économique, de la formation de ses élites
et surtout d'une compétition plus ouverte entre les économies du monde.





La première opportunité, c'est
la hausse des cours des matières premières minérales, qui donne à de
nombreux pays africains les moyens de leur développement. Il faut
évidemment une répartition équitable de la rente entre les pays
producteurs et les entreprises exploitantes.





De nouveaux partenaires de l'Afrique entrent en scène : la Chine, l'Inde, la Malaisie, le Brésil, d'autres encore. Tant mieux ! L'Afrique
n'est la chasse gardée de personne, elle n'appartient à personne
d'autres qu'aux Africains eux-mêmes, et la France ne réclame aucune
exclusivité (menteur !).





Ces
nouveaux partenaires commerciaux de l'Afrique ont des besoins en
matières premières tels qu'ils pratiquent une concurrence acharnée qui
ne va pas forcément de pair avec une réelle transparence, même si, dans
leurs déclarations officielles, les meilleures intentions du monde sont
exprimées. Nos partenaires africains sont bien conscients que derrière
les déclarations d'amitiés de la coopération Sud-Sud, il s'agit d'abord
et avant tout d'une âpre négociation commerciale.





La
compétition ne nous fait pas peur, nos entreprises, vos entreprises,
sont concurrentielles et parfaitement capables de remporter des
marchés. A condition que le match se fasse à la loyale, en respectant
des règles du jeu claires. C'est notre intérêt, c'est aussi et surtout
celui des pays producteurs eux-mêmes (menteur !).





Nous
avons conscience que nous entrons dans une nouvelle ère dans laquelle
la demande de transparence et d'équité rejoint l'intérêt bien compris
de nos entreprises, inquiètes de la compétition déloyale de certaines
nouvelles venues. Il y a une volonté, au Nord comme au Sud, d'amorcer
enfin des cercles vertueux de croissance et prospérité.



Il reste à transformer cette conscience en actes : sans engagements internationaux, sans institutions, l'embellie sera éphémère.L'Afrique
a connu depuis 20 ans des conflits liés aux ressources minérales,
pétrole, diamant, coltan, or. Ses bois ont été exploités, sans doute de
manière moins irresponsable que dans d'autres parties du monde, mais
non sans dégâts.



C'est
pourquoi, la France doit prendre toute sa place dans l'ensemble des
mécanismes et initiatives de la communauté internationale qui
contribuent à l'instauration de règles nouvelles. La France, à chaque
occasion, doit inviter les nouveaux partenaires de l'Afrique à adhérer
à ces mécanismes, que notre coopération bilatérale soutient.





J'en rappelle brièvement les principaux :



Dans le secteur des ressources minérales et pétrolières




1.
L'initiative pour la transparence dans l'industrie extractive, ITIE
(c'est l'acronyme français, que je préfère évidemment à l'EITI du sigle
anglais !)



Lancée
en 2003 par Tony Blair, nous en finançons le secrétariat (800 000
euros). La plupart des grandes entreprises françaises ont adhéré à
cette initiative. Il ne faut pas sous-estimer la difficulté de la
démarche qui implique de la part des Etats autant que des compagnies
une transparence des flux financiers et de matières premières. La
France soutient au G8 la consolidation de ITIE en s'opposant à son
extension à d'autres secteurs d'activités que le pétrole et les mines.





2. Le processus de Kimberley pour la certification de l'origine des diamants bruts


Ce
processus a été lancé en 2000, afin de contribuer à la transparence
dans les circuits commerciaux, pour lutter contre les diamants du sang,
les "blood diamond" dont le trafic finance les guerres civiles. Les
premiers résultats de cette démarche sont très encourageants.



La France
a aidé le Congo Brazzaville à clarifier ces activités dans ce secteur,
pour lui permettre de réintégrer le processus après plusieurs années de
suspension. Nous cofinançons (200 000 euros) avec le Cameroun le
processus qui lui permettra d'intégrer le processus d'ici un à deux ans.





3. La renégociation des contrats


En
l'Afrique de l'Ouest, la France suit avec intérêt une initiative de la
Banque mondiale pour la mise en place d'une facilité pour aider à
négocier (ou renégocier) les conventions et contrats d'exploitations
qui lient les pays de cette région aux sociétés industrielles
transnationales. Un forum, auquel l'AFD et la DGCID ont participé vient
de se tenir à Conakry les 11 et 12 février.



En
Afrique centrale, nous suivons avec attention le processus d'évaluation
de l'ensemble des contrats miniers en RDC qui créera une obligation
d'alignement aux nouveaux partenaires de ce pays
.





4.
Ces démarches internationales doivent être soutenues par le
renforcement des capacités des cadres des administrations et des
entreprises des pays africains



La
formation reste un enjeu crucial car la compétence des partenaires est
un facteur clé de la gouvernance, même si cela n'est pas suffisant.
Nous avons pour cela en France nos écoles des mines et un Centre
d'Etudes supérieures des matières premières (le CESMAT), qui reçoit une
centaine d'élèves étrangers par an, avec le soutien de la DGCID.



Nous
avons aussi des programmes de coopération cofinancés par des
entreprises françaises (Total en Angola). La formation de personnels
directement par les entreprises participe évidemment à cet effort (je
pense à AREVA au Niger).





Dans le secteur des ressources forestières.




La forêt est un secteur où les critères de durabilité sont et seront des avantages compétitifs.



1.
La France est, depuis longtemps, fortement impliquée dans la gestion
durable des forêts en Afrique, particulièrement en Afrique centrale. A
ce titre, nous soutenons le processus sur la gouvernance forestière et
l'application des lois forestières (FLEGT), et comme les autres Etats
membres de l'Union européenne, les dispositions liées au commerce des
bois tropicaux. Ce processus repose sur des accords de partenariat avec
les pays exportateurs, à même de certifier la légalité des bois
exportés vers l'Union européenne. Cela suppose sur place un réel
engagement, tant des administrations forestières que des exploitants
forestiers sur le respect des réglementations et la traçabilité des
bois.





2.
La France, via les interventions de l'AFD, soutient les entreprises qui
en Afrique développent un réel savoir-faire en matière de gestion
durable des forêts. Nous attendons des entreprises qu'elles soient
moteur et source de réponses techniques durables. L'aménagement
forestier est le cœur de notre coopération en matière de gestion
durable des forêts.



C'est
la seule voie soutenable sur le long terme pour l'exploitation des
ressources ligneuses des forêts naturelles. Dans ce domaine, je veux
saluer l'action des sociétés forestières françaises, souvent pionnières
et exemplaires, je pense notamment à la société Rougier qui, je crois,
est présente aujourd'hui.





Dans le secteur du tourisme



Le
tourisme est un des secteurs dont la croissance est la plus soutenue
dans la durée depuis deux décennies. Le bénéfice en termes de
développement dépend grandement des formes qu'il prend, de son
insertion dans une dynamique locale.





1.
La France a été à l'origine d'un groupe de travail international sur le
tourisme durable auquel participe les entreprises françaises du secteur
avec le programme des Nations unies sur l'environnement. Il s'agit de
promouvoir les meilleures pratiques de tourisme durable.






2.
La DGCID soutient le réseau international des acteurs du tourisme
solidaire qui se réunissent depuis 2003 tous les deux ans dans un pays
du Sud. La prochaine réunion aura lieu sur notre proposition au Mali en
octobre 2008. Les collectivités locales françaises, à l'initiative de
la DGCID et de la région Auvergne, ont constitué une plate-forme de
partenariat en la matière.





Voilà,
rapidement évoqué, nos principales interventions dans ce domaine de la
gouvernance que j'estime d'une importance primordiale.





La France
a des intérêts en Afrique, et notre diplomatie a légitimement pour
objectif de défendre ces intérêts. Le premier de nos intérêts, c'est
que l'Afrique devienne un continent fort afin d'être le partenaire
fiable qu'elle a vocation à être.



Acteur croissant des relations internationales, une Afrique en développement sera un des moteurs de la croissance mondiale. A
l'inverse, nous le savons tous, une Afrique instable et pauvre sera
porteuse d'insécurité, pour elle-même et pour le reste du monde.



Il
s'agit d'un intérêt bien compris, d'un intérêt d'Etat, parfaitement
avouable, donc d'une politique qui se fait dans la transparence. C'est
en disant clairement les choses et en les décidant ensemble avec les
Africains que nous construirons une relation franco-africaine rénovée,
respectueuse, et un partenariat gagnant-gagnant avec ce grand continent.



C'est,
je le sais, le sens du message que le président portera la semaine
prochaine, lors de son second déplacement en Afrique, dans lequel je
l'accompagnerai.



Place
maintenant au dialogue, car je suis venu pour avoir avec vous un
échange, pour vous écouter, et pour enrichir mon expérience et ma
réflexion en la partageant avec vous.



Je vous remercie./

Tout Sauf Sassou !
Cessons d'avoir peur !
Pour un Etat de Droit au Congo !

[/size]


Savoir c'est bien, Comprendre c'est mieux
"Chaque génération à le choix entre trahir ou accomplir sa mission"




Patrick Eric Mampouya
 

DU BALAI AU QUAI D'ORSAY pour mieux piller l'Afrique

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