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 Partie V: Inégalités raciales en Afrique du Sud

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Tite Prout
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05062005
MessagePartie V: Inégalités raciales en Afrique du Sud

3.1.2 Le “Growth, Employment and Reconstruction program” (GEAR)
L’ANC de Mandela tente de rendre son programme crédible auprès de tous. Cela devient difficile puisque l’Afrique du Sud est depuis longtemps dépendant des ressources et des investissements du secteur privé. Les dirigeants du secteur économique ne croient pas en la crédibilité du RDP. En 1996, le gouvernement de l’ANC décide de remplacer le RDP par le « Growth, Employment and Reconstruction Programme » (GEAR), car le RDP n’offrait pas la crédibilité et la confiance nécessaire pour une bonne gestion macro-économique de l’économie sud-africaine.

De plus, les entrées de capitaux diminuent. Donc, en 1996, le gouvernement de l’ANC procède à un remaniement ministériel. Le Ministère du RDP est supprimé. Avec l’aide de la Banque Mondiale, l’ANC remplace le RDP par le GEAR. Certains économistes de renommé viennent alors affirmer que le GEAR vient complèter le programme qu’était le RDP. Le GEAR possède les mêmes objectifs finaux que le RDP, seulement, les priorités ne sont pas les mêmes. Les objectifs du GEAR sont le développement d’une économie de marché ainsi que la « redistribution par la croissance » et ces objectifs se concrétiseront avec une restructuration de l’État et des entreprises publiques.

Plus clairement, la stratégie que veut utiliser le gouvernement en mettant sur pied le GEAR se résume en cinq points : « discipline monétaire et financière; établissement d’un environnement favorable à la croissance économique; politiques industrielles et commerciales visant une plus grande ouverture de l’économie; modernisation de la formation professionnelle; réforme du fonctionnement du marché du travail. »

Le GEAR vise une croissance de 3% par année jusqu’à l’an 2000 et à partir de 2000, une croissance de 6% est envisagée. Ainsi, ce que veut le GEAR c’est créer des emplois, diminuer le taux d’inflation en bas de 10%. Sur le terrain, le gouvernement sud-africain croit que cette croissance doit passer par les exportations et les investissements. Pour réussir cet objectif de croissance, il doit y avoir de l’épargne, point faible de l’Afrique du Sud. En effet, l’épargne est un aspect important à la croissance d’un pays puisque c’est sa source d’investissement. Pour augmenter l’épargne de l’Afrique du Sud, on doit diminuer son déficit budgétaire et adopter une politique de désinflation.

Le GEAR est aussi considéré comme un programme d’ajustement structurel qui vise la stabilisation de l’économie sud-africaine. Le programme est fondée sur les hypothèses et les recommandations du Consensus de Washington : « déréglementation, l’orientation vers les exportations, la privatisation, la libéralisation, la dépendance vis-à-vis l’IDE et la réduction des déficits budgétaires par la réduction des dépenses sociales ». Ce programme néolibéral n’est pas un réel programme d’ajustement structurel, car le gouvernement sud-africain refuse de coopérer avec les institutions de Bretton Woods et, habituellement, lors de l’application d’un programme d’ajustement structurel, le gouvernement travaille avec ce dernier. Donc, le GEAR est un plan auto-imposé.

En général, le GEAR est un programme bien reçu par la population et est encouragé énormément par les milieux d’affaires. Finalement, en ce qui a trait au travail, le GEAR vise à créer des emplois ( plus de 400 000 emplois par an) et c’est en passant par des mesures comme : davantage de flexibilité sur le marché du travail, modification du régime fiscal, etc., que le gouvernement créera plus d’emplois.

Le bilan du GEAR est très positif quant à la stabilisation monétaire et financière de l’Afrique du Sud. Par contre, au niveau social, le bilan est plutôt négatif, surtout en ce qui a trait aux emplois et aux inégalités. Toutefois, l’éducation et la santé ont été des domaines particulièrement privilégiés par le GEAR. « Selon les estimations officielles présentées au début de 1998, le nombre d’enfants scolarisés a ainsi augmenté de 10 % (…); 500 nouvelles cliniques ont par ailleurs été construites (…). » Par ailleurs, l’essentiel des budgets provinciaux d’éducation est consacré au paiement des salaires, et il n’en reste en moyenne que 8% pour d’autres dépenses courantes. L’État participe donc assez peu au réajustement des inégalités de l’offre d’éducation. »

Nous pouvons affirmer par conséquent que le bilan du GEAR est plutôt nuancé. À priori, les points positifs de l’application de ce rapport se situent au niveau de l’amélioration du taux de croissance du pays, une baisse remarquable du taux d’inflation, un certain accès aux Noirs à l’économie, une amélioration des exportations et des entrées de capitaux et, finalement, le rand, monnaie sud-africaine, s’est stabilisé.

Par contre, de l’autre côté de la médaille, le taux de chômage reste en croissance fulgurante, peu d’amélioration valable quant aux infrastructures sociales et matérielles.

Le taux de croissance du pays a augmenté de près de 3%, ce qui constitue un aspect positif. Par contre, ce taux de croissance n’est pas suffisant pour assurer une augmentation des emplois où le nombre de jeunes aptes au travail est en augmentation. Le développement de l’Afrique du Sud n’est pas non plus assuré par ce taux de croissance en légère augmentation. En effet, il faut constater que malgré ce taux de croissance, le nombre d’emplois diminuent et ceux qui possèdent un emploi ont un revenu inférieur à celui qu’il avait en 1970.

Aussi, le GEAR prévoyait la privatisation de plusieurs entreprises ce qui n’a été fait qu’avec quelques compagnies seulement comme l’entreprise de télécommunication Telkom.

Les exportations ont connu une légère augmentation, mais rien de vraiment significatif. Ce n’est pas réellement le GEAR qui a aidé cette hausse des exportations, mais plutôt la levée des sanctions internationales et l’augmentation de la compétitivité du marché sud-africain. L’entrée de capitaux a connu une nette augmentation qui était un objectif clair du plan du GEAR. L’épargne a, elle aussi, diminuée.

Du côté social, l’Afrique du Sud connaît deux problèmes majeurs. Premièrement, le chômage a augmenté de façon drastique du à la diminution des emplois dans le secteur minier et manufacturier. Deuxièmement, les infrastructures sociales ne se sont pas réellement améliorées. Par conséquent, les conditions sociales ne se sont soldées que par une légére amélioration qualitative chez les Noirs. Le gouvernement sud-africain s’est imposés d’énormes contraintes financières afin de respecter le GEAR, ce qui a entraîné l’ajustement des priorités vers la réduction du déficit budgétaire bien avant la mise en place d’infrastructures sociales.

3.2 CONSÉQUENCES SOCIOÉCONOMIQUES DU GEAR

Si le GEAR a permis d’établir un bilan économique global plutôt positif de l’économie sud-africaine post-apartheid, et cela compte tenu des conditions économiques désastreuses prévalant avant 1994, l’intégration socioéconomique des laissés pour comptes de l’apartheid ne semble guère aujourd’hui effective. C’est en matière d’emplois que les attentes ont été les plus fortes et c’est probablement dans ce secteur que les écarts entre les prévisions et les réalisations ont été les plus larges. Dans les faits, si le GEAR a créé de la croissance, il n’a certes pas contribué suffisamment à la création d’emplois et à la redistribution des richesses.

Par conséquent, l’ambiguïté concernant la consolidation démocratique ne sera réglée que si un équilibre vient pallier les inégalités socioéconomiques entre Blancs et Noirs. Le problème des inégalités ne saura se résoudre à travers le désinvestissement de l’État et sa réduction minimale, principalement dans une situation sociale où le lègue des dislocations et des tensions peuvent être comparées à celles des Juifs ou des Tutsis au Rwanda.


3.2.1 L’Afrique du Sud : une nation à deux vitesses
Si l’Afrique du Sud s’est investi principalement de 1994 à 1996 dans l’assainissement des finances publiques, le taux d’épargne, qui n’est que de 15 %, n’aura pas été suffisant afin de voir augmenter la croissance nationale. Conséquemment, l’emploi n’est pas suffisant afin de faire augmenter la croissance, véritable spirale qui s’engouffre vers la catastrophe. En deçà des statistiques peu fiables qui nous permettent malgré tout d’effectuer notre travail d’analyse, des constats sont évidents, claires et sans ambiguïtés. Les inégalités, tout comme le chômage, sont contraintes par les inégalités perpétuées tant d’années sous l’apartheid, mais également par le programme de libéralisation économique mis en œuvre ne 1996. L’observation de l’évolution du chômage nous démontre que « la diminution de l’emploi est de 12% depuis 1995, soit 640 000 emplois dans le secteur formel (public et privé) non agricole. En 2001, la baisse a été de 2,2% dans le secteur public et de 1,3% dans le secteur privé. »

Il faut dire que cette tendance à l’augmentation du chômage n’était pas prête d’être réconfortée au lendemain des élections de 1994. La stratégie économique du GEAR, codifiée en 1996, propose comme moyen de lutte contre la pauvreté ses propositions les plus controversées à propos du marché du travail. Un système à deux vitesses, flexibles et deux secteurs d’emplois dissociés : un ayant un standard élevé et l’autre peu élevé avec aucun salaire minimum. Bien évident, les grands objectifs de ces politiques économiques concernant la création d’emplois ne seront pas atteints. Qui plus est, la crise du chômage est pire que jamais. Le revenu moyen par habitant de 7 007 rand en 1996 est inférieur au niveau des années 70.

Graphique 3.9 : Taux de chômage
Source : Laborsta Internet. International labour service, [En ligne]. http://laborsta.ilo.org/cgi-bin/brokerv8.exe . (page consultée en hiver 2004)


Si l’on se réfère à l’observation du graphique, l’on constate que cette augmentation s’est opérée drastiquement depuis 1999. Le manque de données nous empêche toutefois de comparer cette période avec celle précédent les élections de 1994 et du fait même, d’arriver à des conclusions certaines concernant l’évolution du chômage et des revenus. L’on pourrait toutefois avancer que le taux de chômage ne devait pas être aussi élevé, compte tenu des bas coûts que représentait la classe ouvrière noire. L’augmentation de la productivité au détriment de la création d’emploi a permis au patronat dans les années 80 et 90 de réduire sa dépendance à la main-d’œuvre et du coup, échapper à l’augmentation nominale des salaires de 1990 à 1996 de 69%.

Le GEAR n’a certainement pas engendré à lui seul un tel taux de chômage. Mais l’accélération progressive du taux de chômage que nous pouvons observer sur le graphique, au même moment où l’économie sud-africaine trouvait au sein des nouvelles politiques économiques les canons de son expansion et de sa libéralisation, n’a certes pas participée à l’intégration socioéconomique des Noirs d’Afrique du Sud. Les conditions, au contraire, propices à de nouvelles formes d’exploitation capitaliste, particulièrement où « la ségrégation raciale comprenait notamment une ségrégation de l’habitat qui existe encore largement aujourd’hui », a plutôt réduit les conditions de recherche d’emplois à une vaste masse sociale à des emplois précaires et sous qualifiés.

3.2.2 Stigmatisation et racialisation des salaires : le coefficient GINI
Cette ascension du chômage s’est accompagnée progressivement d’une augmentation des revenus chez la population noire, ce qui a eu pour conséquence de réduire les écarts entre les salaires des Noirs et des Blancs. Cette augmentation des salaires s’est toutefois effectuée à l’avantage d’une petite classe privilégiée des Noirs, ne laissant aucun doute de la manière dont s’est effectuée la redistribution des richesses nationales. On peut donc s’interroger sur cet accès des Noirs à l’économie sud-africaine.

Le coefficient GINI, dont nous avons déjà parlé brièvement, nous indique que le coefficient varie entre 0,58 et 0,68 selon les différentes années. Le coefficient GINI a souvent atteint des niveaux très élevés en Afrique du Sud.

Graphique 3.2 : Coefficient GINI
Source : Données du South Africa Survey (plusieurs années)

Entre 1975 et 1991, sa valeur a variée autour de 0,6 alors qu’après 1994, elle a variée entre 0,55 et 0,67. Au niveau de la consommation, « le dernier rapport du PNUD (2002) montre que 20% des plus pauvres de la population sud-africaine consomment 2,9% de la consommation totale, tandis que les 20% des plus riches consomment 64,8 % du total. » Ce niveau important des inégalités de revenus est d’autant plus surprenant qu’officiellement, le nouveau régime démocratique a statué de nombreuses lois visant à pallier à la discrimination dont souffrent les Noirs : Labour Relations Act, Basic Conditions of Employment Act, Employment Equity Bill, Skills Development Act. Certains aspects de ces lois constituent probablement des obstacles à la création d’emplois.

Ces mesures nous démontrent que la différenciation des facteurs liés aux inégalités de revenus est probablement à l’origine de nouveaux supports de discrimination raciale. Lorsque nous avons mentionné au début du travail que nombre de principes économiques avaient été intégrés au sein même de la nouvelle constitution multiraciale de la République d’Afrique du Sud, il était clair que les intentions du président De Klerk n’étaient pas d’intégrer la masse de pauvres Noirs sud-africains illico presto au sein de la nouvelle Afrique du Sud. Il fallait préserver les avantages socioéconomiques des Blancs, ce qui a pour le moins été accompli en date d’aujourd’hui. Tout ceci suppose de larges couches de pauvreté, dont les premières victimes sont les hommes noirs et les femmes, principalement des zones rurales.

Selon les recherches effectuées par Cappa, un phénomène nouveau aurait été observé au cours des dernières années. La démocratisation de l’Afrique du Sud aura certes permis l’ouverture de certains secteurs économiques aux Noirs, autrefois réservés au Blancs, et la diminution des inégalités entre leurs revenus, mais aura permis d’accentuer les inégalités intra-raciales. Ainsi, même si le pourcentage des revenus des Blancs a diminué de 19% et celui des Noirs augmenté de 20 à 36%, « les inégalités intra-raciales représentent de nos jours plus des deux tiers des inégalités totales, alors que cette valeur était de 38% en 1975. » Ce phénomène a eu pour cause les modifications du marché du travail, mais aussi la valorisation de la discrimination positive envers une classe noire déjà très active pendant le système d’apartheid.

Le marché de l’emploi n’est toutefois pas le seul domaine où se perpétue et se cristallise les inégalités raciales à l’échelle nationale. Plusieurs autres facteurs jouent dans la balance et permettent au système de se reproduire sous couvert d’égalité de chance. Le GEAR, comme nous venons de le voir, a été à l’origine, de part ses politiques économiques orthodoxes, d’un ralentissement de la croissance et une diminution de l’emploi, mais aussi de l’aggravation de crises sociales beaucoup plus inquiétantes.
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