MONDE-HISTOIRE-CULTURE GENERALE

Ce Forum MONDE-HISTOIRE-CULTURE GENERALE est lieu d'échange, d'apprentissage et d'ouverture sur le monde.IL EXISTE MILLE MANIERES DE MENTIR, MAIS UNE SEULE DE DIRE LA VERITE.
 
AccueilAccueil  PortailPortail  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  
Derniers sujets
Marque-page social
Marque-page social digg  Marque-page social delicious  Marque-page social reddit  Marque-page social stumbleupon  Marque-page social slashdot  Marque-page social yahoo  Marque-page social google  Marque-page social blogmarks  Marque-page social live      

Conservez et partagez l'adresse de MONDE-HISTOIRE-CULTURE GENERALE sur votre site de social bookmarking
MON BLOGUE-MY BLOG
QUOI DE NEUF SUR NOTRE PLANETE
 
LA FRANCE NON RECONNAISSANTE
Ephémerides

Partagez | 
 

 Partie I: Inégalités raciales en Afrique du Sud

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Tite Prout
Maître de Cérémonie du forum
avatar

Nombre de messages : 1737
Localisation : Montréal
Date d'inscription : 01/06/2005

05062005
MessagePartie I: Inégalités raciales en Afrique du Sud

Le 27 avril 1994, un événement mémorable détourne l’attention de la population mondiale : l’Afrique du Sud enclenche pour la première fois dans son histoire des élections muliraciales, libres et démocratiques. Le processus électoral est un succès. L’ANC avec à sa tête Nelson Mandela, est élu à la présidence. L’Afrique du sud tourne le dos à plus de trois cents ans d’exploitation et de ségrégation raciale. L’apartheid n’est plus.
Les structures héritées du système d’apartheid pèsent toutefois très lourd dans l’évolution socioéconomique actuelle du pays. Même si l’Afrique du Sud s’est dotée en 1996 de la constitution la plus libérale au monde et d’institution, tout ce qu’il y a de plus démocratiques, les crises et tensions internes portent encore en elles les vestiges d’un douloureux passé colonial. L’Afrique du sud est le pays récoltant la médaille d’or en terme de criminalité, de viol et d’infection au VIH/SIDA. Conformément aux politiques socioéconomiques du RDP, les débats portés è l’agenda politique en 1994 traitaient tous plus ou moins de ces problèmes. Toutefois, le vice-président de l’époque, Thabo Mbeki, opère un virage économique néolibéral en 1996, duquel Mandela est tenu de coopérer. Le projet est annoncé comme « non négociable ». Le gouvernement aboli le RDP et stipule ses nouveaux objectifs économiques à l’intérieur d’un projet d’ajustement structurel auto-imposé : le GEAR.
La question posée est : est-ce que le programme d’ajustement structurel auto-imposé a permis l’intégration des parias de l’apartheid?


Partie I : Statistiques de base et présentation générale de l’Afrique du Sud

1.1 Situation géographique
La République d’Afrique du Sud est probablement le seul État au monde à posséder deux capitales : la capitale législative est située à Cape town et la capitale administrative à Pretoria. L’Afrique du Sud est le pays de l’Afrique se situant le plus au sud du continent entre l’océan Atlantique à l’ouest et l’océan Indien au sud et au sud-est. Le pays est bordé par le Swaziland à l’est, le Mozambique au nord-est, le Zimbabwe et le Botswana au nord ainsi que la Namibie au nord-ouest. Le Lesotho est un pays complètement enclavé en Afrique du Sud. Les 1 221 040 kilomètres carrés de superficie que possède l’Afrique du sud sont divisés en neuf provinces : Cap-Est; État libre; Gauteng; KwaZulu-Natal; Mpumalanga; Cap-Nord; Limpopo; Nord-Ouest; Cap-Ouest.

L’environnement géographique de l’Afrique du Sud comporte plusieurs zones climatiques et de végétations. L’intérieur du pays est formé d’un grand plateau et une vaste partie du territoire est constituée de prairies qui permettent l’élevage de bovins et d’ovins. L’Afrique du Sud est bordée à l’ouest et au nord-ouest par une végétation aride et désertique, tandis qu’au sud et à l’est du pays, c’est une végétation de montagne qui y prime.

Il existe quatre zones climatiques dans le pays : la côte est, la côte ouest, le désert Karroo au sud, et le territoire du nord-ouest. Beaucoup d’animaux sauvages se retrouvent à l’est où le climat est chaud et humide, à l’ouest, c’est tout le contraire, où le climat est plutôt chaud et sec. La végétation se développe très peu dans le désert Karroo où les pluies sont très rares. Le territoire du nord-ouest a les plus grandes précipitations du pays, ce qui en fait la principale région agricole du pays.



1.2 Situation démographique
En 2004, la population sud-africaine s’élève à plus de 46 millions d’habitants, dont approximativement 55% résident dans les zones métropolitaines. Bien que la densité de population représente moins de 36 habitants par kilomètres carrés, la répartition de la population demeure fortement empreinte des privilèges dont jouissait la population « blanche » jusqu’en 1990. Ainsi, la société sud-africaine doit être largement comprise en fonction des stigmates qui l’ont structuré pendant plus de trois siècles d’apartheid et de domination blanche.

D’après l’ancien système de classification raciale, la répartition de la population en fonction de l’origine ethnique est représentée comme suit : 77% Noirs, 11% Blancs, 9 % Métis et 3 % d’Indiens et d’Asiatiques. Diverses langues sont officiellement reconnues depuis la nouvelle constitution en 1996 : IsiZulu (22,9% de la population totale), IsiXhoza (17,9%), Afrikaans (14,6%), Sepedi (9,2%), Anglais (8,6%), Setswana (8,3%), Sesotho (7,8%), Xitsonga (4,4%), SiSwati (2,5%), Tshivenda (2,2%) and IsiNdebele (1,6%). L’anglais demeure toutefois privilégié comme langue de communication.

Le taux de croissance constant de la population accompagné d’une croissance économique lente ne favorise pas l’amélioration des conditions de vie de la population. Le coefficient GINI est primordial à l’analyse, puisque l’Afrique du Sud détient un des coefficients les plus élevés à l’échelle mondiale. Le coefficient GINI sert à déterminer la distribution de la richesse et du revenu dans un pays donné. Dans le cas d’un coefficient de 0,62 en Afrique du Sud (2000) , « only 6% of all people in the country reaching the retirement age of 65, can be regarded as financially independent. About 47% of people retiring are dependent on their families, 31% have to continue working, and 16% rely solely on a pension from the government. »

L’indice de développement humain , calculé selon l’ONU, nous indique quant à lui que l’Afrique du Sud possède un niveau de développement humain moyen, soit de 0,695 en 2000, se classant au 107ième rang sur l’échelle mondiale. Toutefois, la République sud-africaine fait partie des rares 11 pays au monde ayant un IDH en décroissance. Cette dégradation est principalement liée à une faible espérance de vie estimée à 47,4 ans.

La pandémie de SIDA qui sévit en Afrique du Sud est probablement la plus dramatique au monde. Elle explique la faible espérance de vie de sa population, mais également le taux élevé de mortalité infantile. Selon les statistiques disponibles, le VIH représente le défi le plus sérieux que l’Afrique du Sud devra faire face au cours des 15 prochaines années. Elle aura définitivement des impacts majeurs sur la démographie du pays.

1.3 Situation politique
Les élections démocratiques de 1994 viennent sonner le glas à plus de 300 ans d’exploitation et de domination raciale des Blancs sur les Noirs en Afrique du Sud. L’ANC emporte les élections avec en poche 62,65% des votes. Ces élections sont déterminantes puisqu’elles annoncent la fin du règne du Parti National, au pouvoir sans interruption de 1946 à 1994, et le démantèlement politique, économique et juridique de l’apartheid. La République d’Afrique du Sud est aujourd’hui une démocratie parlementaire, multiraciale et un gouvernement d’unité nationale. Le gouvernement de coalition regroupe l’ANC, le SACP et le COSATU.

Nelson Mandela fût, de 1994 à 1999, la figure emblématique d’une Afrique du Sud en émergence. Sa vie entière aura été vouée à la libération politique et économique de son peuple grâce notamment à l’action militante de l’ANC. Certains affirment que la transition démocratique n’aurait pu être envisageable sans son charisme et sa force de caractère. Il aura été emprisonné de 1964 à 1990. En 1999, il lègue la tête du parti, l’African National Congress, à Thabo Mbeki, l’actuel président de l’Afrique du Sud.

Ce sont les contradictions économiques engendrées par l’apartheid qui vont pousser graduellement par la force des choses le gouvernement sud-africain vers la transition démocratique à la fin des années 80 : échec des Homelands, urbanisation massive des noirs, le développement industriel, embargo international, crise de confiance des banques américaines. L’affrontement de Soweto en 1976 jette sur le monde entier une image terrorisante des affrontements orchestrés par l’armée et la police sud-africaine dans les « townships » et les bantoustans noirs.

Les années 80 en Afrique du Sud vont être caractérisées par une série de mesures répressives à la fois contre sa propre population, mais aussi contre les États voisins. Les tensions politiques et les affrontements civils engendrent un climat économique fragile et peu propice aux investissements. Le gouvernement de De Klerk ne peut maintenir cette révolte et continuer à assurer le style de vie auquel l’apartheid avait habitué les Blancs. L’Afrique du Sud, isolée et continuellement sous le joug de l’opinion internationale, se voit contrainte d’entamer des changements significatifs.

Une partie importante des négociations vont se dérouler dans la cellule de Mandela, là où d’importants pourparlers sont négociés secrètement entre Mandela, Cotsee et de Klerk. En 1991, les grands piliers de l’apartheid sont démantelés et le processus de transition est officiellement enclenché. En 1993, le gouvernement et l’ANC sont d’accord afin de se partager le pouvoir. L’ANC remporte les élections en 1994, les sanctions d’armement sont levées, l’Afrique du Sud intègre le Commonwealth et devient un membre de la SADC. En 1997, le pays intègre officiellement sa nouvelle constitution, probablement la plus libérale au monde, qui protège « tout un chacun quels que soient sa race, son genre, sa langue, son handicap, sa religion et son orientation sexuelle ».

L’Afrique du Sud s’est finalement taillée une place de choix sur le continent africain mais également à l’échelle mondiale. Elle a d’ailleurs parrainé, avec le Sénégal, le NEPAD, dont l’objectif principal est de troquer des financements appréciables des pays occidentaux contre leur assurance en retour de l’application de politiques de bonne gouvernance.

1.4 Situation économique
La République de l’Afrique du Sud est le pays le plus riche et le plus puissant militairement de l’Afrique. En effet, il est le géant économique africain : 60% de la production africaine provient de l’Afrique du Sud. Le pays s’est transformée en un État d’agriculteur à celui de pays industriel moderne à partir de 1867, lors de la découverte de diamants et d’or par les colons britanniques. C’est à partir de ce moment que le pays s’est industrialisé.

Les deux guerres mondiales et la Guerre froide ont aidé cette « poussée industrielle » puisque l’Afrique du Sud se voit devenir le premier fournisseur de métaux stratégiques pour la construction d’armement militaire en Occident. La République d’Afrique du Sud est le pays le plus industrialisé d’Afrique avec une vaste industrie minière et la fabrication de nombreux produits. Les trois plus grands secteurs actifs est l’industrie minière, l’agriculture et l’industrie manufacturière.

Le pays est autonome sur le plan alimentaire. L’agriculture y est bien exploitée et bien diversifiée. On y cultive des céréales, des fruits, on y élève des bovins et on y pêche. Les ressources minérales et énergétiques de l’Afrique du Sud constituent les principales exportations du pays. En effet, il est, pour plusieurs ressources (or, chrome, platine, etc.), dans les premiers producteurs au monde. Le sous-sol africain est d’une richesse incomparable. Il est le quatrième producteur de charbon au monde. Le pays exploite cette richesse pour en faire de l’électricité. La production d’électricité en Afrique du Sud constitue soixante-dix pour cent de toute l’électricité produite en Afrique. Les minerais provenant de l’Afrique du sud sont vendus à très bon marché en raison de la main-d’œuvre peu coûteuse. Il faut aussi noter que l’Afrique du Sud, même industrialisée, fait partie du cycle du cycle de l’internationalisation du capitalisme : c’est-à-dire qu’elle ne fait qu’exporter des matières premières et importer des produits industrialisés, en général.

Le taux de chômage est particulièrement élevé, surtout chez les Noirs qui constituent près de 80% de la population. Les Noirs habitent surtout en milieu rural, c’est-à-dire où il n’y a pas d’emplois, tandis que les villes sont encore largement occupées par les Blancs. C’est ce qui expliquent que le taux de chômage est particulièrement élevé chez les Noirs. Il n’existe pas de statistiques fiables sur le chômage, mais les données varient entre 40% et 60% pour le taux de chômage en l’Afrique du Sud.

Aujourd’hui, l’Afrique du Sud détient un système politique noir, mais une économie guidée par les blancs. En effet, l’ANC a dû accepter un compromis lors de son accession au pouvoir en 1994. Le parti devait donner des garanties constitutionnelles aux Blancs. Grosso modo, ces garanties entraient dans l’acceptation d’une économie de marché. La nouvelle constitution devait, dès 1996, protéger le droit à la propriété privé et déclarer la Banque Nationale comme indépendante. Pour l’Afrique Sud, accepter ce système capitaliste signifiait interdire toute nationalisation, accepter les programmes d’ajustement structurel, etc.

Bref, la situation sociale de l’Afrique du Sud ne s’est que très légèrement améliorée aujourd’hui, malgré l’adoption d’un système démocratique représentatif et cela est dû, selon plusieurs spécialistes, aux politiques économiques adoptées en 1996 par Mandela et Mbeki.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

 Sujets similaires

-
» Comment laisser une seule partie de couleur ???
» Lignes Maritimes d'Afrique Equatoriale
» TP MAZEMBE CHAMPION D'AFRIQUE DE CLUB1
» La famille nombreuse en Afrique!
» 50 personnalités qui comptent en RDC selon Jeune Afrique
Partager cet article sur : diggdeliciousredditstumbleuponslashdotyahoogooglelive

Partie I: Inégalités raciales en Afrique du Sud :: Commentaires

Aucun commentaire.
 

Partie I: Inégalités raciales en Afrique du Sud

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MONDE-HISTOIRE-CULTURE GENERALE :: MONDE-GEOPOLITIQUE/WORLD-GEOPOLITICS :: AFRIQUE/AFRICA-
Sauter vers: