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 L'argent envoyé par les immigrés dans leur pays d'origine...

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AuteurMessage
zapimax
membre mordu du forum
zapimax


Nombre de messages : 654
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 14/06/2005

L'argent envoyé par les immigrés dans leur pays d'origine... Empty
29082005
MessageL'argent envoyé par les immigrés dans leur pays d'origine...

L'argent envoyé par les immigrés dans leur pays d'origine a t-il du sens ?

Cet article est le deuxième article que grioo.com consacre au sujet trop méconnu des relations qu’ont les particuliers avec les institutions bancaires et financières. Le premier article était consacré au thème de l’exclusion bancaire

Savez vous que l’argent envoyé par les immigrés dans leur pays d’origine constitue, une part significative, et en très forte augmentation dans le cadre des flux financiers internationaux ? 175 millions de personnes au niveau mondial vivent hors de leur pays de naissance, soit 2,8% de la population mondiale. L’émigration ne procure pas que des emplois. Les transferts financiers des immigrés du tiers monde dans leur pays d’origine, durables et réguliers, complètent les ressources locales, et soutiennent les économies locales : migrants ou familles achèteraient des logements, créeraient des entreprises, participeraient collectivement à la construction d’écoles, de dispensaires ou d’adduction d’eau .J' ai lu dans le " The San Francisco Chronicle que les immigrés aux USA ont expédiés $23 millions de dollars à l' étranger durant l' année 2000. Et en 2003 ce montant a atteint $32 milliards de dollars. Au niveau mondial, chaque année près de 81 milliards de dollars sont envoyés par les immigrés dans les pays d’origine estime la Banque Mondiale. Les transferts informels sont estimés à près de 16 milliards d’euros. Au dernier sommet du G8, en juin dernier les américains ont développé l’idée de « bancariser » le plus largement possible ces transferts non seulement pour contrôler l’argent du terrorisme mais surtout faire payer le développement par les ressortissants des pays en développement eux-mêmes. En effet cet apport dépasse celui de l’aide publique au développement et surpasse parfois les investissements directs étrangers. Pour les petits pays cela représente une vraie manne, 12 à 16% du produit intérieur brut pour le cap vert, et jusqu’à 26% pour le Lesotho proviennent de ces transferts de fond. On comprend donc l’intérêt de faire financer partiellement le développement par les immigrés…

Selon la Banque Mondiale, les versements des travailleurs immigrés constituent une source essentielle du financement et du développement. Dans certains pays d' Amérique centrale ces transferts financiers appelés " remittances" en anglais ou communément appelé moudou-modou dans un pays comme le Sénégal représentent plus de 10 pourcent du produit national brut du pays. Et même 29 % au Nicaragua et 15% au salvador. A la lecture de ces informations j’avais d'abord été surpris. J’ai ensuite saisi l’impact de ces immigrés sur les économies des pays d' origine: ils contribuent à augmenter la consommation locale, stimulent l' économie et contribue en apportant une aide financière significative à leurs amis et proches. Une célèbre société spécialisée dans les transferts de fond a récemment lancé une campagne publicitaire dans les métros parisiens en jouant sur l’émotion des clients qui « envoient bien plus que de l’argent... ».
Au Mexique par exemple, à Mexico, certains travaux publics qui en principe seraient du ressort de la province de mexico sont en partie financés via ces fonds transférés au pays d’origine. En fait cette pratique a été institutionnalisée par le président Vicente Fox qui a proposé de valoriser ces fonds dans certains cas et sous certaines conditions.
L’état mexicain appelé Zacatecas reçoit $1 million de dollars par jour de ses anciens résidents, selon un expert local des migrations. Ce montant est supérieur à ce que l' Etat de Zacatecas reçoit du gouvernement. Dès lors plusieurs ouvriers augmentent leur qualité de vie en attendant les virements en provenance des USA..... Désormais il existe certains jobs que des mexicains refusent...
The Wall Street Journal (5/22/01) a réalisé une étude de cas qui montre comment ces "remittances" ont transformé Pozorrubio, aux Philippines, une ville de 60,000 habitants. Un habitant sur 10 travaille à l’étranger selon des sources officieuses, de Hong Kong à Los Angeles en passant par New York. Pozorrubio a une avenue centrale où des nouveaux magasins se construisent de jour en jour et les affairent reprennent, les jeunes aiment à s'y amuser dans les 3 nouveaux Karaokés clubs et les vidéos clubs. Figurez vous qu'un banquier local se plaint d'avoir trop d'argent en dépôt et pas assez d' emprunteur?.
Toutefois, le Wall Street Journal n'est pas aussi positif concernant les effets ces transferts de fonds. Il cite une étude sur Mexico et sur certaines villes d’Afrique montrant que la moitié de l'argent est utilisé pour les dépenses de la vie quotidienne et des biens de consommation et que uniquement 10% sont investis ou épargnés. Cet argent facile tendrait à créer un cycle autour duquel les personnes ne sont pas aussi motivés dans la recherche d' un emploi, et aucun réel developpment économique apparaît. Les jeunes les plus énergiques et brillants quittent le pays, diminuant le capital humain.
En définitive, ces " remittances" sont des fonds envoyés par des étrangers dans leurs pays d’origine et par conséquent qui quittent les Etats unis ou l’Europe..... C'est un argent qui ne circule pas dans les pays développés, et n’accroît donc pas la richesse des communautés des pays développés. Certains se posent la question suivante: les pays en développement sont ils tellement riches de sorte que ces transferts puissent s’accroître indéfiniment ? Ou considérons nous que ces transferts ont une réelle valeur ajoutée sociale ? Au Sénégal selon la coordination patronale du Sénégal, près de 400 milliards de FCFA passent par les circuits informels ou par les banques « ambulantes » organisées par certains immigrés. Cet argent pourrait être mieux canalisé vers des secteurs productifs qui constituent une priorité.
Dans un rapport la banque Mondiale indique que le coût des transferts « peut atteindre 20% du montant pour les petites sommes ». Pour réduire ces frais, elle suggère plusieurs moyens : encourager la concurrence, améliorer le climat de l’investissement dans les pays bénéficiaires en supprimant par exemple les restrictions sur les changes et faciliter l’accès des immigrés dans leurs pays d’ accueil, tout comme celui de leur famille dans leur pays d’ origine
Question fondamentale: qu'en est il en France ? nous avons interviewé un jeune africain suite à son utilisation du service transferts de fonds, d’une société leader sur ce marché
Pierre, 35 ans, Béninois, envoie régulièrement de l’argent dans son pays . Pour cela il a recours à une société de transfert de fond, service qu’il utilise 12 fois par an à raison de 100€ en moyenne à chaque fois.« Par rapport à d’autres ce n’est pas grand-chose » affirme-t-il. Certains travailleurs africains envoient en effet près de 700€ par mois. C’est que le service proposé par « cette société » est rapide et pratique : cinq minutes suffisent pour remplir le questionnaire, présenter une pièce d’identité au guichetier et envoyer l’argent, disponible immédiatement du côté du destinataire. Cependant ce service se révèle très coûteux : pour 50€ envoyés, Pierre nous informe qu’ une commission de 10,5€ est demandée ( soit 21 % )… Reste la possibilité de recourir aux virements bancaires. Mais dans le cas de l’Afrique noire nous dit il en général et du Bénin en particulier, le compte en banque n’est pas encore généralisé à l’ensemble de la population, même urbaine. En outre, les banques ne mettent à disposition l’argent du virement qu’au bout de plusieurs jours alors qu’avec cette firme l’argent est tout de suite disponible. Pierre espère donc l’émergence d’une réelle alternative : un service de virement qui serait instantané, non bancaire et moins coûteux.
Nous vous proposerons régulièrement une autre sélection d'articles et des conseils sur les thèmes des vos relations avec les organismes bancaires et financiers.

Christian Kamayou, diplômé d'HEC et consultant en marketing financier,a fondé l'association Mapesa, organisation chargée de promouvoir le marketing ethnique, l'accès aux services bancaires pour tous et des produits innovants pour les étrangers.

christian.kamayou@grioo.com
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