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 Analyse théorique de crise des missiles de Cuba- Partie 2

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Tite Prout
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Tite Prout

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crise - Analyse théorique de crise des missiles de Cuba- Partie 2 Empty
23022006
MessageAnalyse théorique de crise des missiles de Cuba- Partie 2

Sentant que l’équilibre entre sa puissance et celle des États-Unis était précaire, Moscou recherchait une égalité de statut. Cela étant, il voulait renverser le statut quo existant dans le système international interprété par Morgenthau comme de l’impérialisme, c’est-à-dire qu’un pays tente de déséquilibrer la balance des puissances mondiales . En fait, quelques auteurs tels que Raymond Aron et Jean-Yves Haine s’entendent pour affirmer que l’enjeu fondamental de la crise de Cuba était plutôt situé à Berlin. Kroutchev voulait, en faisant des pressions nucléaires sur les États-Unis, obtenir un règlement du conflit de Berlin en sa faveur. Ainsi, la thèse de l’État unitaire rationnel comme seul acteur du système international selon Allison Graham est ici probable puisque Kroutchev a pesé les avantages et désavantages à ce déploiement d’armes à Cuba et a finalement opté pour en ayant en tête un tout autre but que d’attaquer directement les États-Unis. En fait, aussitôt que Kroutchev a été convaincu que les États-Unis allaient attaquer l'île, il a tout de suite cédé aux demandes de Kennedy. Les réalistes expliquent bien que les finalités d’un recours à la guerre ne sont pas vraiment la destruction de l’ennemi, mais plutôt « la soumission de l’adversaire à sa volonté politique . »

Le déploiement de missiles à Cuba est interprété par les États-Unis comme une provocation mettant leur sécurité en péril, mais aussi la « paix » mondiale. La question du choix politique de Kennedy d’intervenir le vingt-deux octobre par ce que l’on a appelé « la quarantaine », c’est-à-dire la création d’un blocus naval qui avait pour but d’empêcher les navires soviétiques d’atteindre l’île de Cuba, est analysée, en termes réalistes, comme étant une sage décision de la part de Kennedy qui, tout en poursuivant les intérêts de son pays, respecte l’ordre international. Effectivement, selon Thucydide, un État qui agit strictement en fonction de ses intérêts et de sa puissance est voué à l’échec . Malgré la notion de puissance du réalisme classique, il existe un minimum de responsabilité éthique. Par contre, ne levons pas trop vite notre chapeau aux États-Unis puisque ce blocus va à l’encontre du droit international d’autrefois, selon Raymond Aron : il était illégal d’empêcher un pays d’échanger avec un autre . Cet acte fait partie de la souveraineté nationale, de l’indépendance que chaque État possède. Entre autre, les États-Unis ont été les premiers à envoyer ses armes dans d’autres pays tel que la Turquie sans que personne ne s’insurge puisque ce déploiement a été effectué au nom de l’OTAN. Kroutchev le dira haut et fort qu’il ne voit aucun problème au transport des armements de l’U.R.S.S. vers Cuba puisque les États-Unis font de même. Mais en fait, le fait d’être un « hégémon » dans le système mondial donne des droits spéciaux au pays en question. La loi réaliste résume cela ainsi : les pays puissants font ce que leur puissance leur permette de faire et les pays faibles acceptent ce qu’ils ont à accepter . Ainsi, une grande puissance se donne le droit d’intervenir et de briser cette souveraineté étatique si sa sécurité ou sa puissance est menacée. « Le souci de l’équilibre doit, dans l’intérêt de la paix, l’emporter sur le respect des formules . »


Le principe de réciprocité est aussi de mise dans la vie internationale vue par les réalistes. L’État « accepte un sacrifice à court terme en vu de préserver l’intérêt à long terme des États . » Le sacrifice de la quarantaine constitue le fait qu’elle ne renvoie par les armes déjà arrivées sur la terre cubaine en U.R.S.S. Elle ne fait que bloquer les éventuels navires transportant d’autres armes. Ainsi, les réalistes verront dans le blocus naval des États-Unis un moyen à court terme pour tenter d’éviter une guerre qu’ils n’ont jamais voulue. Par la quarantaine, les États-Unis protègent ses intérêts à long terme. La quarantaine imposée par les États-Unis est une conséquence du système international anarchique. Les réalistes expliquent ce phénomène par le dilemme de la sécurité. L’U.R.S.S., en envoyant des armes à Cuba, tente de se protéger. Remarquant ces armes, les États-Unis se sentent menacés et vont donc s’armer davantage à leur tour pour se défendre de leur ennemi créant ainsi un cercle vicieux.

Le dernier point important de cette crise et auquel les réalistes accordent beaucoup d’attention est l’équilibre des puissances . Ce concept est, pour les réalistes, la cause principale de la non-entrée en guerre de l’U.R.S.S. et des États-Unis à l’époque. En effet, les tenants de cette approche affirment que les Relations internationales sont constituées de rapports interétatiques conflictuels menant à un équilibre des puissances ou encore à la guerre. Cette notion est très souvent représentée par des alliances militaires entre les États. L’alliance en question pour ce conflit est l’OTAN : une organisation militaire créée après la Seconde Guerre mondiale par les États-Unis pour rassembler l’Europe contre l’Union soviétique. Tout au long du conflit, l’Alliance a influencé les décisions des États-Unis, directement ou indirectement. Les États-Unis ont toujours réfléchi et agi en fonction des intérêts de l’Alliance atlantique, car leur poids était important pour les Américains. Pas seulement leur poids militaire, mais aussi diplomatique .

Libéralisme : la raison humaine nous sauvera de l’état de guerre

L’arrivée du libéralisme a constitué une alternative un peu plus positive à la vision noire du réalisme en réfléchissant sur les conditions essentielles à respecter pour qu’une paix soit possible entre les États de la planète. Par contre, les modalités d’instauration d’une paix universelle ne sont pas nombreuses, mais elles sont difficilement applicables par tous les États du monde. En énumérant certains articles définitifs du Projet de paix perpétuelle d’Emmanuel Kant, philosophe du siècle des Lumières, nous arriverons à analyser pourquoi la crise de 1962 a frisé la guerre, mais aussi pourquoi elle a su l’éviter de justesse. En fait, le libéralisme a domestiqué les relations internationales en faisant un parallèle sur les relations entre les États souverains et les individus .

Alors, quel est l’état originel de l’Homme. L’être humain possède naturellement un double penchant. D’une part, il est porté à faire la guerre puisqu’il porte en lui des qualités agressives, avides et guerrières . « La guerre est entée dans la nature humaine . » D’autre part, la nature donne des droits naturels sur la personne qu’est l’Homme le rendant ainsi autonome. C’est une question des droits naturels inhérents à l’existence même de l’être humain. Cette universalité des droits naturels crée une égalité de droits entre tous les individus. Par contre, en général, les libéraux possèdent des croyances normatives envers les êtres humains. Ils croient en la bonté de l’humain, son altruisme, etc.

Le principal déterminant de l’individu est sa rationalité : il obéit aux lois de la raison qui s’applique par le calcul de ses intérêts égoïstes. La caractéristique rationnelle existant en chacun des individus leur permet de maximiser leurs gains, principal postulat du choix rationnel. Ainsi, selon Jeremy Bentham, ils « sont capables de calculer par eux-mêmes ce qui est moralement bon ou mauvais pour eux, sans intervention de l’État ou de l’Église . » Dans le même ordre d’idées, c’est par sa faculté de raisonner que le droit existe. « Il régule les rapports de force et les intérêts en remplaçant les relations brutes et immédiates régies par la seule mécanique de la force par un système de relations rationnelles . » De par la racine même du mot libéralisme qui vient du terme latin liber, c’est-à-dire liberté, les êtres humains sont des Hommes rationnels jouissant de liberté. Le droit est une contrainte générale s’alliant avec la liberté des individus selon des lois universelles.

Dans le même ordre d’idées, c’est en transposant au niveau mondial les comportements des êtres humains en tant qu’individus rationnels que les libéraux arrivent à analyser les relations internationales. Les libéraux prêtent aux États, acteurs des relations internationales, des vertus reliées à la raison. En fait, ils attribuent davantage au décideur ce qualificatif de « raison d’État ».

Le libéralisme d’Emmanuel Kant dans son Projet pour une paix perpétuelle fait un rapprochement entre le libéralisme et la démocratie d’où naîtra le libéralisme républicain pour parvenir à une paix universelle. La paix ne pouvant seulement être construite, et n’est donc pas naturelle, est la construction de relations réglées par le droit ce qui a pour conséquences d’éliminer des affrontements. Ainsi, la paix comme acte artificiel est le produit d’un contrat entre les Hommes où ils acceptent une contrainte manifestée en des lois communes : l’État institué. Toujours selon Kant, cette paix perpétuelle a lieu seulement si certaines conditions sont respectées : « le genre humain a le droit de se donner la constitution politique qui lui plaît, de son devoir de choisir une constitution telle que la guerre étrangère soit en principe évitée, c’est-à-dire une constitution républicaine . » Effectivement, le premier article définitif de la paix perpétuelle de Kant est que la constitution civile de tout État doit être républicaine . Ainsi, les individus se sentiront davantage impliqués et seront donc plus réticents à faire la guerre.

D’ici découle le premier objet de conflit entre les États-Unis et l’U.R.S.S. pendant cette crise. Depuis 1787, la population américaine a décidé que leur constitution respecterait les valeurs républicaines de liberté, égalité et dépendance entre les Hommes. Par contre, l’U.R.S.S. ne possède pas ce type de constitution . L’U.R.S.S. sous Kroutchev était plutôt un État communiste considéré comme totalitaire. Par conséquent, les Soviétiques ne respectaient pas les assises du premier article de la deuxième section du Projet de paix perpétuelle de Kant ce qui, un jour ou l’autre, allait éclater en un conflit avec un État démocratique. Selon des libéraux idéalistes comme Kant et Hegel, les États autoritaires suivent leur instinct de puissance en ayant recours à la force au lieu d’utiliser la raison ou l’intérêt général pour désamorcer le conflit . Les États libéraux sont généralement plus stables au niveau interne et aussi plus pacifiques dans leurs relations internationales. Cela s’explique par la plus grande représentation des individus dans les États libéraux. Si ces derniers avaient le choix d’entrer en guerre ou pas, il y aurait largement moins de conflits armés entre les États. Par contre, les démocraties sont aussi agressives dans leurs relations avec les États totalitaires et surtout imprudentes . En fait, un monde où des États démocratiques et autoritaires se confrontent est désastreux puisqu’un voudra toujours l’anéantissement de l’autre. Le contexte dans lequel la crise de Cuba a vu le jour, c’est-à-dire la guerre froide, en est bien le reflet : le communisme représenté par l’U.R.S.S. veut la destruction des pays capitalistes et vice-versa.

Plus concrètement, nous voyons cette agressivité de l’État libéral représentée par les États-Unis concrètement lors de l’imposition du blocus naval. La définition d’un blocus est une opération menée par les militaires pour couper toutes communications entre certains pays. Pour ce faire, les forces armées empêchent le passage des frontières . L’instauration de la quarantaine est interdite selon les lois internationales existantes à cette époque qui stipule que la navigation libre est permise sur toutes les mers ouvertes. Étant contraire au droit international, le blocus est résolument un acte de guerre et démontre que l’État libéral n’est pas plus pacifique que les États autoritaires lorsqu’il s’agit de relations entre ces deux régimes différents, mais il sera au contraire parfois l’initiateur des guerres en appliquant le principe : « l’attaque est la meilleure des dépenses ».

En même temps que les États doivent avoir un régime constitutionnel républicain pour assurer une paix, ces derniers doivent aussi faire disparaître leurs armées permanentes pour réellement jouir d’une impossibilité de faire une guerre interétatique. C’est ce que l’article III de la première section du Projet pour une paix perpétuelle d’Emmanuel Kant stipule . De plus, les « 14 points » de Woodrow Wilson vont dans le même sens en affirmant que les pays doivent réduire leurs armements nationaux. Le contexte de la guerre froide a plutôt créé une course aux armements entre les États-Unis et l’U.R.S.S.. Ces armées étant toujours prêtes à entrer en guerre, elles laissent planer une menace d’affrontements constamment. En effet, les États-Unis sachant l’installation de missiles pouvant les atteindre à Cuba ont quasiment choisi la voie militaire pour régler le conflit. Leurs armées étaient aux aguets et n’attendaient que le signal du président Kennedy pour attaquer. Cette initiative aurait sûrement dégringolée par la suite. En réalité, cette volonté d’attaquer s’est manifestée dans les troupes de l’armée américaine. L’un des commandants ordonna l’envoi de missiles à partir d’un navire américain. Cela aurait pu être considéré comme une attaque de la part de l’U.R.S.S. et déclenché un conflit militaire pour ne pas dire nucléaire. Donc, sans armées, peu de possibilités sont présentes pour le déclenchement d’un conflit militaire et, par conséquent, cette crise entre l’U.R.S.S. et les États-Unis n’aurait pas pu friser la guerre d’aussi près qu’en 1962.
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