MONDE-HISTOIRE-CULTURE GENERALE

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QUOI DE NEUF SUR NOTRE PLANETE
 

LA FRANCE NON RECONNAISSANTE
Ephémerides
 

LES JOYAUX NOIRS DE L'EMPIRE

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mihou
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Inscrit le : 28 Mai 2005
Messages : 7652
Localisation : Washington D.C.

MessageSujet: LES JOYAUX NOIRS DE L'EMPIRE   Ven 1 Sep - 8:35

LES JOYAUX NOIRS DE L'EMPIRE


En août 1444, plus de deux-cents Africains débarquent
au Portugal pour y vivre une vie d'esclaves ; au XVIIe
siècle, ils sont estimés à dix mille rien qu'à
Lisbonne.

http://depositfiles.com/files/231259/Histoire-LES_JOYAUX_NOIRS_DE_L.html

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_________________
Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE


Dernière édition par le Ven 1 Sep - 9:05, édité 1 fois
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mihou
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Messages : 7652
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MessageSujet: Un complément à '' LES JOYAUX NOIRS DE L'EMPIRE ''   Ven 1 Sep - 8:37

Un complément à '' LES JOYAUX NOIRS DE L'EMPIRE '' : Lisbonne, la belle métisse (Le Monde 18-8-05)

Dans la capitale portugaise, la négritude s'exprime dans la musique, la
gastronomie, les rituels

Lisbonne, la belle métisse


Dans la capitale portugaise, la négritude s'exprime dans la musique, la
gastronomie, les rituels Lisbonne, la belle métisse

A quelques pas du Coliseu dos Recreios, salle de spectacle construite en
dur pour remplacer un cirque voisin dévoré par les flammes, la Société de
géographie occupe une vaste demeure à l'escalier monumental. " Fondée en 1875
par Luciano Cordeiro, elle a joué, écrit le poète Fernando Pessoa dans Lisbonne,
un rôle extrêmement patriotique, organisant des conférences, des congrès, des
expositions, des commémorations nationales, des expéditions scientifiques, et
autres."

Au Rossio, coeur de la ville basse, la Société de géographie a procédé par
accumulation pour refléter le destin portugais. En son musée, elle expose " des
manuscrits, raconte Pessoa, des gravures, des peaux d'animaux sauvages, des
spécimens de fibres textiles et d'autres articles analogues, des produits de
l'Angola, du Mozambique, de Macao, de Timor, etc., notamment du café, du
caoutchouc, des bois exotiques et autres, des idoles indigènes, des dents
d'animaux, des crânes... des globes terrestres...".

Pour l'heure le Musée de la Société de géographie est fermé, pour
dépoussiérage, " sans prévision de délai", précise le portier en uniforme avec
une nonchalance apparente - c'est plutôt de la lucidité, de celle dont parle
Amalia Rodrigues, la voix du fado, comme d'une qualité portugaise.

Lisbonne a gagné, en 1995, un musée d'ethnographie moderne, bien tenu,
bien classé, dirigé par un grand amateur de fado. Le bâtiment moderne est perché
en haut de Belém, point de départ des aventuriers des mers, et temple du pastel
de nata, petit gâteau rond, pâte presque feuilletée, garniture de flanc au lait,
jamais aussi craquant qu'à la Casa dos Pasteis de Belém - murs en azulejos, les
carreaux de faïence, bleus et blancs.

Si, au Rossio, on est privé du capharnaüm muséal, la bibliothèque des
géographes demeure ouverte. Avec ses cartes posées sur les tables, son grand
escalier précédé d'un tableau peint, en 1898, par Velos Salgado : Vasco de Gama
devant le zamorin (gouverneur local) de Calicut, turban, peau ambrée, ors et
brocards.

Presque en face, ouverts sur la rue des Portes de Saint Antoine, le Sem
Rival et le Francisco Espinheira servent de la giginha, cerises à l'eau de vie,
aux touristes et aux Lisboètes. Là, sur les trottoirs de céramiques bicolores,
règne une intense activité téléphonique - portables, cartes à gratter, tout ce
qui sert à appeler le pays.

Pré carré de l'africanité lisboète depuis le XVIe siècle - des Noirs y
proposaient déjà leurs services, pour passer les murs des maisons à la chaux -,
les alentours de l'église de Santo Domingos et de la place Dom Pedro V ont été
rebaptisés " ambassade de Guinée". C'est le point de rendez-vous communautaire
des Guinéens de Bissau et des Angolais, libérés de leurs attaches coloniales
après la révolution du 25 avril 1974 et l'arrêt brutal de quarante ans de
salazarisme.

Sur la place Dom Pedro V, près de la pâtisserie Suiça, trop rénovée, une
échoppe à l'ancienne, comptoir et vitrine de bois foncé, vante toujours ses
chapeus coloniais (chapeaux coloniaux) et propose d'authentiques panamas crème.

Les vendeuses de fèves, de poisson ou de moules, et les lavandières
s'agglutinent au bord du Tage, sur le Cais do Sodré - près de l'embarcadère des
bateaux qui traversent le fleuve pour relier les cités-dortoirs de Barreiras où
vivent beaucoup d'Afro-Européens.

Impossible d'appréhender Lisbonne en oblitérant son métissage. Que disent
les statistiques ? De 1450 à 1500, entre 700 et 900 prisonniers africains sont
vendus chaque année au Portugal. Au XVIIe siècle, ils sont plus de 100 000 à
vivre en terres portugaises. En 1620, on dénombre 10 470 Noirs, esclaves ou
libres, à Lisbonne.

Les esclaves étaient chargés de la corvée de l'eau. Des tableaux d'époque
représentent l'effervescence colorée qui règne autour des chafariz, un mot
d'origine arabe qui désigne la fontaine : charafiz d'El Rey, chafariz de Dentro,
au pied de l'Alfama, face au Musée du fado, autre genre marqué de négritude.

Au début du XIXe siècle, la famille royale s'exile au Brésil devant
l'arrivée des troupes napoléoniennes. Elle en revient avec un contingent de
serviteurs noirs, et d'habitudes lascives, comme celle du lundum, d'où naquit le
fado. Des colonies arrivent Angolais, Mozambicains, Guinéens, Cap-Verdiens.

En 1974, commerçants métis, fonctionnaires, soldats, entrepreneurs blancs,
de retour des colonies, sont imbibés de culture africaine - comme Mariza, star
du nouveau fado, née en 1972 à Lourenço Marques, aujourd'hui Maputo, capitale du
Mozambique.

On apprécie tous ces brassages au Chapito, école de cirque, restaurant,
lieu de croisements citoyens et alternatifs, qui, depuis les flancs du château
Saint-Georges, domine le Tage. Plus haut encore, sur l'un des promontoires
spectaculaires de Lisbonne, l'Igreja da Graça, Notre-Dame de la Grâce, et ses
saints noirs, dont sainte Iphigénie et saint Elesbao, sont aussi chéris qu'à
Salvador de Bahia.

L'église fut cruellement atteinte par le tremblement de terre de 1755, et
le Largo do Pelourinho - la place du Pilori -, où se tenait le commerce des
esclaves, près de la Praça do Municipio - de l'Hôtel de ville - fut balayée par
le raz de marée et les incendies qui s'ensuivirent.

La statue de pierre du géant Adamastor domine le belvédère de Santa
Catarina. Ambiance beatnik des grandes années, vue imprenable. Adamastor a surgi
de l'inconscient du poète classique Luis de Camoes, dont Les Lusiades, parues en
1572, narrent l'épopée de Vasco de Gama. Camoes voyagea de par le monde, fut
soldat aux Indes, à Goa, puis creva la faim au Mozambique, deux ans durant.
Adamastor est celui qui surgit face aux Portugais pour barrer le passage des
Indes, et qui va jusqu'à réduire une famille chrétienne à l'esclavage, près du
cap de Bonne-Espérance.

La présence mythique de l'Afrique mène insensiblement vers le quartier de
Sao Bento, et sa rue créole, le Poço dos Negros, le puits des Nègres, où, au
XVIe siècle, le roi Manuel exigea que les " Guinéens" soient enterrés. Les pavés
noirs, les loupiotes aux fenêtres des façades blanches, les arrière-cours, les
bistrots allongés vers les profondeurs, ont longtemps brillé d'autres feux : de
la joie, de l'amour, du grogue, le rhum cap-verdien, et de la catchupa, le
cassoulet des îles, avec son piment.

Cesaria Evora y eut ses quartiers, et son producteur des années 1970, le
chanteur Bana, y tient un restaurant et un magasin de cassettes. Sao Bento est
encore marqué de ces virées nocturnes, et des sons de la coladeira enlevée, mais
la communauté a déménagé vers les banlieues lisboètes, telle Cova da Moura,
surnommée " la onzième île du Cap-Vert", archipel qui en compte dix.

Bana a changé de quartier et a installé un nouveau restaurant au Rato,
près de B. Leza, la boîte de nuit qui porte le nom du plus renommé des
compositeurs cap-verdiens. Parquets cirés, salle à arcades, lustres
antédiluviens, le B. Leza, temple de la nuit africaine à Lisbonne, est, pendant
la journée, le siège de la Casa Pia Atletico Clube, un club sportif.

Catchupa, xabeu, moamba, kalulu de poisson se méritent à Lisbonne, ville
bigarrée, où tout est mélange. Les Portugais ont prôné le métissage comme
principe de colonisation.

Le grand brassage mondial de la flore - comme le définissait Fernand
Braudel - en témoigne au jardin botanique (l'un des plus importants en Europe
pour sa végétation subtropicale), en implantant, par exemple, le manioc
brésilien en Afrique, et en imposant la banane à l'Amérique du Sud.

A Lisbonne, les provinces ont gardé leurs " casas", des maisons, qui sont
aussi des restaurants, des coopératives artisanales - de l'Alentejo, de Madère,
du Minho, etc. Celle du Cap-Vert fait danser les mardis et mercredis midi les
travailleurs des services du centre-ville, sans distinction d'origine.



A quelques pas du Coliseu dos Recreios, salle de spectacle construite en
dur pour remplacer un cirque voisin dévoré par les flammes, la Société de
géographie occupe une vaste demeure à l'escalier monumental. " Fondée en 1875
par Luciano Cordeiro, elle a joué, écrit le poète Fernando Pessoa dans Lisbonne,
un rôle extrêmement patriotique, organisant des conférences, des congrès, des
expositions, des commémorations nationales, des expéditions scientifiques, et
autres."

Au Rossio, coeur de la ville basse, la Société de géographie a procédé par
accumulation pour refléter le destin portugais. En son musée, elle expose " des
manuscrits, raconte Pessoa, des gravures, des peaux d'animaux sauvages, des
spécimens de fibres textiles et d'autres articles analogues, des produits de
l'Angola, du Mozambique, de Macao, de Timor, etc., notamment du café, du
caoutchouc, des bois exotiques et autres, des idoles indigènes, des dents
d'animaux, des crânes... des globes terrestres...".

Pour l'heure le Musée de la Société de géographie est fermé, pour
dépoussiérage, " sans prévision de délai", précise le portier en uniforme avec
une nonchalance apparente - c'est plutôt de la lucidité, de celle dont parle
Amalia Rodrigues, la voix du fado, comme d'une qualité portugaise.

Lisbonne a gagné, en 1995, un musée d'ethnographie moderne, bien tenu,
bien classé, dirigé par un grand amateur de fado. Le bâtiment moderne est perché
en haut de Belém, point de départ des aventuriers des mers, et temple du pastel
de nata, petit gâteau rond, pâte presque feuilletée, garniture de flanc au lait,
jamais aussi craquant qu'à la Casa dos Pasteis de Belém - murs en azulejos, les
carreaux de faïence, bleus et blancs.
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mihou
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Inscrit le : 28 Mai 2005
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MessageSujet: Re: LES JOYAUX NOIRS DE L'EMPIRE   Ven 1 Sep - 8:37

Si, au Rossio, on est privé du capharnaüm muséal, la bibliothèque des
géographes demeure ouverte. Avec ses cartes posées sur les tables, son grand
escalier précédé d'un tableau peint, en 1898, par Velos Salgado : Vasco de Gama
devant le zamorin (gouverneur local) de Calicut, turban, peau ambrée, ors et
brocards.

Presque en face, ouverts sur la rue des Portes de Saint Antoine, le Sem
Rival et le Francisco Espinheira servent de la giginha, cerises à l'eau de vie,
aux touristes et aux Lisboètes. Là, sur les trottoirs de céramiques bicolores,
règne une intense activité téléphonique - portables, cartes à gratter, tout ce
qui sert à appeler le pays.

Pré carré de l'africanité lisboète depuis le XVIe siècle - des Noirs y
proposaient déjà leurs services, pour passer les murs des maisons à la chaux -,
les alentours de l'église de Santo Domingos et de la place Dom Pedro V ont été
rebaptisés " ambassade de Guinée". C'est le point de rendez-vous communautaire
des Guinéens de Bissau et des Angolais, libérés de leurs attaches coloniales
après la révolution du 25 avril 1974 et l'arrêt brutal de quarante ans de
salazarisme.

Sur la place Dom Pedro V, près de la pâtisserie Suiça, trop rénovée, une
échoppe à l'ancienne, comptoir et vitrine de bois foncé, vante toujours ses
chapeus coloniais (chapeaux coloniaux) et propose d'authentiques panamas crème.

Les vendeuses de fèves, de poisson ou de moules, et les lavandières
s'agglutinent au bord du Tage, sur le Cais do Sodré - près de l'embarcadère des
bateaux qui traversent le fleuve pour relier les cités-dortoirs de Barreiras où
vivent beaucoup d'Afro-Européens.

Impossible d'appréhender Lisbonne en oblitérant son métissage. Que disent
les statistiques ? De 1450 à 1500, entre 700 et 900 prisonniers africains sont
vendus chaque année au Portugal. Au XVIIe siècle, ils sont plus de 100 000 à
vivre en terres portugaises. En 1620, on dénombre 10 470 Noirs, esclaves ou
libres, à Lisbonne.

Les esclaves étaient chargés de la corvée de l'eau. Des tableaux d'époque
représentent l'effervescence colorée qui règne autour des chafariz, un mot
d'origine arabe qui désigne la fontaine : charafiz d'El Rey, chafariz de Dentro,
au pied de l'Alfama, face au Musée du fado, autre genre marqué de négritude.

Au début du XIXe siècle, la famille royale s'exile au Brésil devant
l'arrivée des troupes napoléoniennes. Elle en revient avec un contingent de
serviteurs noirs, et d'habitudes lascives, comme celle du lundum, d'où naquit le
fado. Des colonies arrivent Angolais, Mozambicains, Guinéens, Cap-Verdiens.

En 1974, commerçants métis, fonctionnaires, soldats, entrepreneurs blancs,
de retour des colonies, sont imbibés de culture africaine - comme Mariza, star
du nouveau fado, née en 1972 à Lourenço Marques, aujourd'hui Maputo, capitale du
Mozambique.

On apprécie tous ces brassages au Chapito, école de cirque, restaurant,
lieu de croisements citoyens et alternatifs, qui, depuis les flancs du château
Saint-Georges, domine le Tage. Plus haut encore, sur l'un des promontoires
spectaculaires de Lisbonne, l'Igreja da Graça, Notre-Dame de la Grâce, et ses
saints noirs, dont sainte Iphigénie et saint Elesbao, sont aussi chéris qu'à
Salvador de Bahia.

L'église fut cruellement atteinte par le tremblement de terre de 1755, et
le Largo do Pelourinho - la place du Pilori -, où se tenait le commerce des
esclaves, près de la Praça do Municipio - de l'Hôtel de ville - fut balayée par
le raz de marée et les incendies qui s'ensuivirent.

La statue de pierre du géant Adamastor domine le belvédère de Santa
Catarina. Ambiance beatnik des grandes années, vue imprenable. Adamastor a surgi
de l'inconscient du poète classique Luis de Camoes, dont Les Lusiades, parues en
1572, narrent l'épopée de Vasco de Gama. Camoes voyagea de par le monde, fut
soldat aux Indes, à Goa, puis creva la faim au Mozambique, deux ans durant.
Adamastor est celui qui surgit face aux Portugais pour barrer le passage des
Indes, et qui va jusqu'à réduire une famille chrétienne à l'esclavage, près du
cap de Bonne-Espérance.

La présence mythique de l'Afrique mène insensiblement vers le quartier de
Sao Bento, et sa rue créole, le Poço dos Negros, le puits des Nègres, où, au
XVIe siècle, le roi Manuel exigea que les " Guinéens" soient enterrés. Les pavés
noirs, les loupiotes aux fenêtres des façades blanches, les arrière-cours, les
bistrots allongés vers les profondeurs, ont longtemps brillé d'autres feux : de
la joie, de l'amour, du grogue, le rhum cap-verdien, et de la catchupa, le
cassoulet des îles, avec son piment.

Cesaria Evora y eut ses quartiers, et son producteur des années 1970, le
chanteur Bana, y tient un restaurant et un magasin de cassettes. Sao Bento est
encore marqué de ces virées nocturnes, et des sons de la coladeira enlevée, mais
la communauté a déménagé vers les banlieues lisboètes, telle Cova da Moura,
surnommée " la onzième île du Cap-Vert", archipel qui en compte dix.

Bana a changé de quartier et a installé un nouveau restaurant au Rato,
près de B. Leza, la boîte de nuit qui porte le nom du plus renommé des
compositeurs cap-verdiens. Parquets cirés, salle à arcades, lustres
antédiluviens, le B. Leza, temple de la nuit africaine à Lisbonne, est, pendant
la journée, le siège de la Casa Pia Atletico Clube, un club sportif.

Catchupa, xabeu, moamba, kalulu de poisson se méritent à Lisbonne, ville
bigarrée, où tout est mélange. Les Portugais ont prôné le métissage comme
principe de colonisation.

Le grand brassage mondial de la flore - comme le définissait Fernand
Braudel - en témoigne au jardin botanique (l'un des plus importants en Europe
pour sa végétation subtropicale), en implantant, par exemple, le manioc
brésilien en Afrique, et en imposant la banane à l'Amérique du Sud.

A Lisbonne, les provinces ont gardé leurs " casas", des maisons, qui sont
aussi des restaurants, des coopératives artisanales - de l'Alentejo, de Madère,
du Minho, etc. Celle du Cap-Vert fait danser les mardis et mercredis midi les
travailleurs des services du centre-ville, sans distinction d'origine.
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