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LA FRANCE NON RECONNAISSANTE
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 Mal a la France

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AuteurMessage
mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

15112005
MessageMal a la France

Mal a la France
Par Guy Millière © Metula News Agency

Voici quatre ans, j'avais publié un livre consacré à la société française. Je
l'avais appelé « Un goût de cendres ». En sous-titre, pour être un peu plus
explicite, j’avais averti : « France, fin de parcours ». Avec un point
d'interrogation après le mot « parcours » pour ne pas paraître trop pessimiste.

Le pessimisme, pourtant, j’en étais empli, imaginant que cette histoire
finirait mal, que les violences étaient inéluctables. Je les attendais certes un
peu plus tard, les situant à l'horizon 2010. Elles sont survenues plus tôt que
je ne l’avais prévu.

Il y a des victimes : de nombreux blessés et deux morts au moins, au moment où
j'écris ces lignes. Des milliers de gens ont perdu leur véhicule et n'ont plus
de moyen de transport pour se rendre à leur travail. Les dégâts sont
considérables. Des commerces, des écoles, des gymnases, des entrepôts, des
entreprises. L'addition va être très lourde.

Il y a aussi des gens qui ont commis des crimes. Dealers, adolescents d'origine
maghrébine ou africaine désoeuvrés, petits voyous, adolescents recrutés par
l'islam radical. Néanmoins, ce ne sont pas eux qui sont à mes yeux les premiers
à devoir être incriminés.

Voici plusieurs décennies, le gouvernement français a fait venir les
grands-parents de ceux qu'on appelle aujourd'hui les « jeunes » : c'étaient des
arabes et des berbères venus des colonies et protectorats français d'Afrique du
Nord, des noirs venus parfois du sud du Sahara. Ils travaillaient pour pas très
cher. Ils habitaient dans des logements insalubres, souvent des bidonvilles.

Un peu plus tard, on a construit spécialement pour eux, à l'écart des villes,
des grands ensembles, des « cités-dortoirs » où on les a entassés.

Il y eut la décolonisation, la guerre d'Algérie. Une génération a passé, puis
une deuxième. La France est entrée dans une période de chômage massif et de
laxisme judiciaire dont elle n'est depuis plus jamais sortie. Une troisième
génération est arrivée. Quel est son univers ?

- Les cités-dortoirs où ils vivent toujours et où ils sont toujours entassés,
avec leurs parents et quelquefois leurs grands-parents. A l'école et au lycée,
qui sont souvent des « établissements poubelles », on ne leur y enseigne rien
qui pourra déboucher sur un métier et surtout, programmes « politiquement
corrects » obligent, ils y apprennent le mépris de l'Occident, parfois
l'antisémitisme sous son déguisement « antisioniste ». Même s'ils ne quittent
pas le système scolaire prématurément et font des études supérieures, ils
découvrent qu'un diplôme ne sert souvent à rien lorsqu'on est basané et qu'on
s'appelle Karim ou Mohamed. Alors il leur reste « la cité », le désoeuvrement,
la tentation des trafics et de la délinquance. Et la tentation vient d'autant
plus facilement que la police ne dispose pas des moyens d'agir, surtout qu'en
haut lieu, on se résigne à l’émergence des zones de non droit. L'islam radical
s'implante presque naturellement dans les zones de non droit et vient
attiser les frustrations.

Pendant ce temps, les dirigeants politiques français, qu'ils soient de droite ou
de gauche, pratiquent la « politique arabe » (soutien aux dictateurs du Maghreb
et du Proche-Orient, critique d'Israël et des Etats Unis), croyant ainsi acheter
le calme dans les « banlieues ». Les journalistes emboîtent le pas et adoptent
le discours officiel d’après lequel l'Occident a presque toujours tort et les «
damnés étrangers de la terre » presque toujours raison.

Il suffira, pour que la situation devienne vraiment explosive, de quelques
facteurs d'accélération. La seconde Intifada, déclenchée par Arafat contre
Israël, en sera un : les journalistes peindront une geste « héroïque » du
terrorisme palestinien, sans discerner que non seulement ils créent une ignoble
diabolisation d'Israël, mais ils contribuent aussi, ce faisant, à légitimer
l'action terroriste meurtrière de « désespérés » contre une société de droit. Le
renversement de Saddam Hussein sera un autre facteur : les journalistes
dépeindront là l'émergence d'une « résistance » à la démocratisation du pays et
glorifieront cette « résistance ».

Le fait qu'en France, nombre de conflits sociaux s'achèvent dans la violence
et que celle-ci apparaisse comme un moyen accepté de se faire entendre, jouera
également un rôle certain dans la révolte des banlieues.

Le baril de poudre se sera formé, et il ne restait qu'à y mettre le feu.

Nicolas Sarkozy a vraisemblablement perçu les dangers qui ont pris racines et
ont grandi au fil du temps en France dans les « banlieues » susdites. Il a perçu
vraisemblablement le besoin urgent de porter le fer dans la plaie. Certains de
ses propos en témoignent, et il est honnête de le constater. Mais je dis aussi
qu'il lui a manqué jusqu’à maintenant une ligne stratégique claire, et surtout,
les moyens concrets de mettre en oeuvre cette ligne stratégique.

Quant à l'emploi de termes comme « nettoyer au Kärcher » ou « racaille », il a
relevé de surcroît, au mieux de la maladresse, au pire de la provocation. Il est
aisé de comprendre que ces mots ont été reçus comme une humiliante
stigmatisation par des gens qui ne se livrent pas tous à des activités
criminelles et qui sont dans une situation de ghettoïsation. Ces mots sont en
soi regrettables. Dans un contexte de situation explosive et de manque de moyens
d'action efficaces pour faire face à l'explosion, ces paroles me semblent avoir
été lâchées de façon irresponsable.

Le feu allumé finira par s'éteindre. « Force reste à la loi. L'ordre est
rétabli », pourront dire bientôt, vraisemblablement, les représentants de
l'autorité.

Ce qui s'est passé n'aura pas été une guerre civile, et ceci doit être souligné
: il n'y aura pas eu, face aux « forces régulières », des « forces irrégulières
organisées, porteuses d'un projet alternatif. Il y aura eu des émeutes, qu'on
peut qualifier de nihilistes, car porteuses de destruction. Même si l'islam
radical est présent en France, il n'y aura pas eu, sinon marginalement, d' «
islamistes menant une Intifada des banlieues », et cela doit aussi être dit.

Le discours xénophobe doit être laissé à l'extrême droite. Il importe de
raison garder, de ne pas confondre islam et islamisme, de discerner qu'il existe
aujourd'hui une population française musulmane qui, pour le moment, ne se
définit pas essentiellement par rapport à l'islam. Il faut comprendre (selon la
formule de Daniel Pipes) que « l'islam radical est le problème, l'islam modéré
est la solution », voir que le cours du désordre, c'est la marginalisation
forcée de toute une fraction de la population, voir que les références de cette
population se situent actuellement – à voir les tenues vestimentaires et la
musique écoutée – moins du côté de l'islam radical que du côté du rap et des
gangs à l'américaine. Eviter la propagation de l'islam radical suppose que, par
des propos hâtifs, on ne pousse pas vers lui, en rejetant tous les musulmans.

Il faut voir, surtout, car c'est essentiel, que ce qui s'est passé (et se passe
encore) aura été la révélation convulsive et chaotique du cour de ce que
j'appellerais « le syndrome français ».

La France a prétendu être un modèle : voici peu Jacques Chirac publiait sous sa
signature un article dans tous les quotidiens d'Europe vantant une soi-disant
exemplarité française. La France apparaît désormais comme un anti-modèle, une
société profondément détraquée, en plein naufrage, pathétiquement ridicule aux
yeux du reste du monde. Comme l'écrivait voici peu un journaliste américain : «
La France voulait donner des leçons au monde, mais c'est un pays qui n'est pas
capable de faire régner l'ordre à l'intérieur de ses frontières ».

Le « syndrome français », c'est un Etat hypertrophique qui produit du chômage,
du découragement à la création d'entreprises, une fuite du capital intellectuel,
une incitation pour une immigration de venir vivre de rentes et non du travail,
car de travail, il n'y en a pas.

C'est une école dans laquelle on utilise des méthodes pédagogiques fabriquant
des crétins, comme le disait un livre récent. C'est, dès la scolarisation, la
sélection par l'échec et par l'exclusion. Le discours officiel parle d'égalité
de droits, tandis que la marginalisation concrète d'une part importante de la
population d'origine maghrébine et africaine se poursuit sans limites. Après
trois générations de citoyenneté, ces Français continuent d’être traités comme
une population « à intégrer ».

C'est une société officiellement anti-raciste mais où la discrimination
raciale continue à fonctionner sans dire son nom. Une société où la police
préfère s'en prendre aux automobilistes et pratiquer des contrôles d'identité au
faciès (accompagnés parfois d'humiliations délibérées) plutôt que de lutter
efficacement contre la délinquance. C'est une société dans laquelle on tient des
discours de fermeté, mais où des agriculteurs peuvent mettre à sac des villes
entières, des syndicalistes prendre des gens en otages ou détourner un bateau
sans que les forces de l'ordre n’interviennent. Une société où les grèves dans
la fonction publique font partie du patrimoine national et où l'ignorance en
matière d'économie est, semble-t-il, ce qui permet de revendiquer le titre
d'économiste. C'est une société où la justice peut commettre des erreurs
méprisables sans que les responsables ne soient sanctionnés ; où elle relaxe des
antisémites dévoilés.

De plus en plus souvent les grands criminels sont traités comme des victimes
plus que comme des criminels. La France est un pays où l'offre politique est
bloquée et où, lors d'une récente élection présidentielle, on a pu conseiller –
c'était écrit sur des milliers d’autocollants ! – de « voter escroc, pas facho
». C'est un pays où il est impossible de parler de la réalité économique,
politique et géopolitique du reste de la planète sans adopter le discours
artificiel, aseptisé et schizophrène, d'élites autarciques.

Un pays où, abominable méprise, pour apaiser les banlieues, on a laissé monter
l'antisémitisme et où, toujours en pensant apaiser les banlieues, on continue à
pratiquer la haine antiaméricaine et anti-israélienne, à outrance et en toutes
les occasions possibles. La France est un pays dont les dirigeants ont défendu
la dictature de Saddam Hussein jusqu'au bout et ont organisé un hommage national
à Yasser Arafat au moment de sa mort. Un pays qui prétend réaliser l’impossible
amalgame d’aimer ses Juifs tout en étant aveuglément « pro palestiniens », et
qui prétend intégrer les musulmans français en les parquant à l'extérieur des
villes, en leur refusant le moindre ascenseur social, en leur distribuant des
aides sociales qui entretiennent la misère, la passivité et la désintégration.

C'est le système où, en politique étrangère, la préférence pour les dictateurs
et les autocrates semble souvent s’ériger en règle et où, tout en prétendant
créer un « islam de France », on ironise dédaigneusement sur la possibilité de
voir émerger des démocraties dans le monde musulman. On y raye rageusement la
Turquie sur les billets de banque, pays qui semble devenir le nouvel ennemi
héréditaire des Français ainsi que l'Etat musulman qu'on peut se permettre de
détester sans risque.

La France est un pays où, pour l'essentiel, la presse est asservie au pouvoir
politique en place et à la pensée « politiquement correcte ».

Le syndrome français est-il curable ? Il faudrait tant de réformes et de
changements radicaux dans tous les domaines pour le soigner qu'il m'arrive très
souvent d'en douter.
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