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 France:les bavures policières impunies comme toujours

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

07112005
MessageFrance:les bavures policières impunies comme toujours

5 août 1997. Dans le Gard, des gendarmes ouvrent le feu sur deux
jeunes hommes qui ont pris la fuite à bord d'une voiture volée :
l'un d'eux reçoit une balle dans la tête et meurt.

Aucune suite judiciaire connue.

25 novembre 1997. Le tribunal correctionnel de Valence relaxe un
gendarme qui avait tué d'une balle dans la nuque un automobiliste
fuyant un contrôle en janvier 1993.

Le procureur avait pourtant demandé une forte peine
d'emprisonnement. Au cours du procès, l'accusé avait fait valoir
qu'un gendarme peut tirer s'il n'a pas d'autre moyen pour stopper un
véhicule, comme le prévoit un décret de 1903, jamais abrogé.

18 décembre 1997. Dans la forêt de Fontainebleau, un policier abat
un jeune garçon de seize ans, Abdelkader Bouziane, d'une balle dans
la nuque.

Le policier a tiré alors qu'Abdelkader Bouziane venait de franchir
sans s'arrêter un barrage de police et que son véhicule était en
fuite, à une vitesse qui sera estimée à 36 km/h lors de la
reconstitution.

Le 16 décembre 2001, le policier en cause bénéficiera d'un non-lieu.

31 août 1998. À Tarbes, un policier en civil abat de trois balles de
revolver un "sans-domicile-fixe" qui lui avait demandé une
cigarette.

Aucune suite judiciaire connue.

6 novembre 1998. À Tourcoing, cinq policiers contrôlent Sydney
Manoka Nzeza, un jeune Zaïrois âgé de 25 ans, alors qu'il est en
train de circuler en rollers : jeté à terre et menotté, le jeune
homme meurt d'une " compression thoracique ".

Le 5 juillet 2000, le tribunal relaxe trois des cinq policiers. Les
deux policiers jugés directement responsables de la mort du jeune
homme sont condamnés à sept mois de prison avec sursis

20 novembre 1998. Trois policiers toulonnais tuent un jeune Tunisien
en état de dépression nerveuse en l'étouffant par écrasement.

Les faits se déroulent sur la terrasse de son domicile, lors d'une
interpellation. L'homme était alors à terre, menotté et maîtrisé. Le
12 octobre 2000, les policiers mis en cause bénéficient d'un non-
lieu.

13 décembre 1998. Un policier toulousain, accompagné de ses
collègues, tue le jeune Habib, 17 ans, d'une balle dans la tête,
tirée à bout touchant lors d'une interpellation.

Habib est décédé suite à une double hémorragie, provoquée par la
balle qui a traversé son cou et son épaule, avant de ressortir par
le sein droit. Son corps est retrouvé trois heures plus tard : les
policiers l'avaient abandonné agonisant sur la chaussée, sans
avertir le SAMU ni les pompiers. Ils avaient également négligé de
rendre compte à leur hiérarchie du coup de feu tiré, comme
obligation leur en était faite. Deux des collègues du meurtrier sont
même retournés sur les lieux du meurtre pour récupérer les douilles
des balles tirées.

Ce meurtre provoque plusieurs journées d'émeutes, durant lesquels un
jeune homme de vingt-deux ans tire sur un policier et le blesse ; il
sera condamné à douze ans de prison ferme. En revanche, il faudra
attendre trois ans pour que le policier meurtrier comparaisse devant
un tribunal, pour être finalement condamné à trois ans de prison
avec sursis...

17 décembre 1998. La cour d'assises de Nice acquitte le sous-
brigadier Karenco, de la police des frontières, qui avait abattu
d'une balle dans le dos un jeune tzigane installé à bord d'une
voiture en fuite.

Les faits avaient eu lieu dans la nuit du 19 au 20 août 1995 à
Sospel. Deux jours plus tard, le 22 août 1995, le ministre de la
Justice (Jacques Toubon) avait réagi en déclarant sur RTL : " C'est
un policier qui a fait son travail ".

14 mai 1999. Le tribunal de Bobigny acquitte un lieutenant de police
qui avait tué d'une balle dans la tête un chauffeur de taxi
guadeloupéen.

Une semaine auparavant, il avait été décoré de la médaille d'honneur
de la police française.

23 juin 1999. Le tribunal de Bobigny relaxe un commissaire de police
et un inspecteur en service à Roissy jugés pour des violences ayant
entraîné la mort d'un sans-papiers sri-lankais, Arunam Fiva, au
cours de son expulsion.

1er septembre 1999. À Cormeilles-en-Parisis, lors d'un simple
contrôle d'identité, un policier abat un homme de 28 ans d'une balle
dans la tête.

Le policier affirme avoir tiré en l'air. Aucune suite judiciaire
connue.

24 mars 2000. Un homme interpellé en état d'ébriété meurt au
commissariat de police de Mayenne.

On évoque un suicide par étouffement, mais, quelques jours plus
tard, l'autopsie révèle des " ecchymoses inexpliquées " et des
hématomes autour du cou. Aucune suite judiciaire connue.

16 avril 2000. À Lille, un policier, accompagné d'un collègue, abat
d'une balle dans la nuque (à bout portant) le jeune Riad Hamlaoui,
vingt-trois ans, alors qu'il est assis dans une voiture à l'arrêt,
côté passager, en train de boire avec un ami.

Le 19 avril 2000, le ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement
fait savoir qu'il ne souhaite pas réagir sur cette affaire, qu'il ne
qualifie pas de " bavure ", mais de " drame affreux " et "
consternant ".

Le 4 juillet 2002, le policier, reconnu coupable, sera condamné à
trois ans de prison avec sursis.

10 février 2001, à Saint-Martin-d'Uriage, vers une heure du matin,
un gendarme tue un jeune homme qui le menaçait avec un cutter.

Aucune suite judiciaire connue.

20 mars 2001. La Cour de Versailles condamne les policiers
responsables de la mort du jeune Aïssa Ihich, dix-neuf ans, le 27
mai 1991, à dix mois de prison avec sursis.
Ils l'avaient matraqué au sol et frappé (devant un groupe de CRS qui
ont témoigné), puis privé de ses médicaments lors de sa garde-à-vue.
Le jeune homme, asthmatique, avait réclamé ses médicaments, et ses
parents étaient passés au commissariat pour les lui faire
transmettre - en vain.

La Cour d'Appel de Versailles réduira finalement la peine des
policiers à huit mois de prison avec sursis - ce qui leur permettra
de ne pas être révoqués, et de bénéficier de l'amnistie
présidentielle (applicable uniquement aux peines inférieures à neuf
mois de prison).

19 juin 2001. À Montigny-les-Cormeilles, un jeune homme d'origine
maghrébine meurt d'un accident de scooter à la suite d'une course-
poursuite.

Il avait été pris en chasse par des policiers alors qu'il roulait
sans casque, en compagnie d'un ami. Aucune suite judiciaire connue.

28 septembre 2001. Après dix ans de procédure (instruction
interminable, non-lieu, appel...), le jury de la Cour d'assises de
Versailles acquitte le policier Pascal Hiblot, qui avait abattu le
jeune Youssef Khaïf, vingt-trois ans, d'une balle dans la nuque.

La balle avait été tirée à une distance estimée supérieure à douze
mètres par les expertises balistiques et l'autopsie.

13 octobre 2001. Sur les hauteurs de Thonon-les-Bains, quatre jeunes
hommes meurent dans un accident de voiture causé par une course-
poursuite.

Aucune instruction n'est ouverte

29 octobre 2001. Un Congolais décède après une nuit passée en garde-
à-vue au commissariat de police du neuvième arrondissement de Paris.

Plusieurs personnes témoignent de la brutalité de son
interpellation, alors qu'il était au volant de sa voiture. Aucune
suite judiciaire connue.

5 novembre 2001. À Antibes, un jeune homme d'origine maghrébine
meurt d'une crise cardiaque en pleine rue lors d'un contrôle
d'identité.

Les policiers ont empêché ses camarades de lui faire un massage
cardiaque. Aucune suite judiciaire connue.

2 janvier 2002. Un policier abat le jeune Moussa, seize ans, d'une
balle dans la tempe lors d'une course-poursuite en voiture.

Aucune suite judiciaire connue.

21 mai 2002. À Dammarie-les-Lys, un policier abat le jeune Xavier
Dhem d'une balle dans la tête lors d'une interpellation au domicile
de son grand-père.

Aucune suite judiciaire connue.

23 mai 2002. Mohamed Berrichi meurt d'une chute de moto à la suite
d'une course-poursuite.

Les policiers avaient pris en chasse le jeune homme parce qu'il ne
portait pas de casque. Aucune instruction n'est ouverte.

30 décembre 2002. Ricardo Barrientos, un Argentin âgé de 52 ans,
meurt des suites d'un malaise cardiaque au cours de son expulsion
forcée.

Bien que ce type de malaise cardiaque soit rarissime, la police des
frontières conclut à une "mort naturelle". L'enquête est en cours.

18 janvier 2003. Mariame Getu Agos, un Somalien âgé de 24 ans, meurt
des suites d'un malaise survenu lors de son expulsion forcée.

Quelques jours plus tard, le chef de cabine de l'avion témoignera de
la violence des policiers : l'un d'entre eux s'est "assis sur la
taille et les cuisses" du jeune Somalien, le second "sur le thorax",
et le troisième a appliqué un coussin sur sa tête pour étouffer ses
cris. Les trois fonctionnaires sont suspendus, et une enquête est
ouverte.

1er mars 2003. Aux alentours de Durfort, dans le Gard, un gendarme
abat Mourad Belmokhtar, dix-sept ans, d'une balle dans la nuque,
alors qu'il est à bord d'une voiture en fuite.

La voiture était recherchée pour tentative de cambriolage. Quinze
coups de feu ont été tirés, par deux gendarmes. Les gendarmes en
cause ne sont pas suspendus, et le Conseil municipal de Saint-
Hippolyte-du-Fort vote une motion de " sympathie " et de " soutien "
aux gendarmes, pour les " moments difficiles " qu'ils traversent,
sans un mot pour les proches de la victime.

10 mars 2003. Un adjudant de la Loire tue d'une décharge de fusil à
pompe dans le dos Aurélien Joux, 23 ans, qui avait avoué une
tentative de cambriolage.

Le coup de feu serait parti sous l'emprise de la panique, à cause
d'un chien. Enquête en cours.

Extrait de Pierre Tévanian, Le ministère de la peur. Réflexions sur
le nouvel ordre sécuritaire
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