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 Obasanjo et la françafrique (fin)

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zapimax
membre mordu du forum
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Nombre de messages : 654
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 14/06/2005

29092005
MessageObasanjo et la françafrique (fin)

Progressivement, Olusegun Obasanjo se rapproche de nouveau des Français qui ont tant aidé un Sani Abacha qui l’avait mis en prison. Ils ne sont pas très exigeants, et le président nigérian peut tirer des dividendes d’une cogestion dans laquelle les intérêts stratégiques globaux de la France et les intérêts étriqués du clan Obasanjo sont les points de départ des «deals». La stratégie nigériane, sans doute conçue progressivement, en fonction des «propositions indécentes» successives de Paris, peut se résumer ainsi. Au départ, le Nigeria se met en travers du chemin de la France, de manière frontale ; puis il négocie son retrait ou sa mise au service d’intérêts qui ne sont pas ceux de son peuple. Ainsi de la crise ivoirienne. Dès le déclenchement des hostilités, le Nigeria fait atterrir des avions Alphajets en Côte d’Ivoire au nom du Protocole d’assistance mutuelle (voir encadré). Mais refuse de les faire décoller, et entre dans des négociations tendues avec une France qui prend le sommet d’Accra I, organisé à l’initiative de la CEDEAO, pour une bravade, alors que Paris appuie des négociations à Marrakech sous l’égide de la Françafrique maçonnique (Omar Bongo, Sassou N’Guesso, Compaoré…). Obasanjo tance un moment Abdoulaye Wade, qui travaille ouvertement pour Paris dans le cadre du conflit ivoirien. La France ne renonce pas : elle le travaille au corps et lui promet monts et merveilles, notamment un siège africain au Conseil de sécurité de l’ONU. Elle joue sur son orgueil blessé : Obasanjo se rend compte qu’il ne peut plus tout obtenir de Gbagbo épuisés par ses conseils sans suite. Il soupçonne progressivement le leader ivoirien d’avoir offert à Thabo Mbeki des concessions qu’il ne lui aurait pas accordées…
Sur ce, arrive l’affaire togolaise, avec la mort de Gnassingbé Eyadéma et le coup d’Etat constitutionnel de son fils Faure. Obasanjo, président en exercice de l’Union africaine, lève le ton et demande un rétablissement de l’ordre constitutionnel, menaçant à mots couverts la junte civilo-militaire d’une intervention militaire. Galvanisé par son discours démocratique, le peuple togolais défie la dictature dans la rue, et vomit ouvertement la France chiraquienne, qui la soutient. Ce n’est que le temps d’un «deal» avec la France. Une fois l’accord secret conclu, le président nigérian tourne casaque. Il accompagne le coup d’Etat électoral de Faure Gnassingbé, s’acharnant contre Alpha Oumar Konaré, qui maintient la ligne démocratique originelle – par conviction démocratique ou par sensibilité partisane, c’est selon. Les patriotes togolais n’ont que leurs yeux pour pleurer. Quelques semaines plus tard, le président Olusegun Obasanjo est reçu en France en visite officielle, où il obtient l’annulation totale de la dette de son pays et des nouveaux contrats entre le Nigeria et Total, dont les détails ne sont pas connus.
L’opération togolaise s’est si bien déroulée que c’est encore à Obasanjo que la France, dont les féaux naturels – Omar Bongo, Abdoulaye Wade ou Blaise Compaoré – sont de toute façon discrédités, fait appel pour torpiller la médiation de Thabo Mbeki et empêcher le désarmement des rebelles. Le président nigérian réagit immédiatement, même s’il n’ose pas attaquer directement son homologue et se contente d’entrer dans des schémas où l’intoxication médiatique le dispute au flou artistique. Président en exercice à l’UA, il se comporte de fait comme un ennemi de cet ensemble et comme le leader naturel de la CEDEAO (le président en exercice, Mamadou Tandja, n’étant même pas présent lors de la réunion qui remet en selle l’organisation ouest-africaine). Qu’importe : il a réussi à transformer l’organisation créée par son prédécesseur Yakubu Gowon pour contrecarrer des initiatives déstabilisatrices venues notamment de la France, en instrument de validation des manœuvres subversives des pions de l’Hexagone. Quel est cette fois-ci la monnaie d’échange ? De nombreux observateurs pensent que le président nigérian négocie avec la France la poursuite d’une imposture : alors que dans l’affaire de la presqu’île qui oppose son pays au Cameroun, la Cour Internationale de Justice a donné raison au Cameroun, les troupes nigérianes tardent à se retirer, grâce à la complicité de Jacques Chirac – la France est liée par un accord de défense avec le Cameroun, et peut donc raisonner le Nigeria – et de Kofi Annan – qui noie l’arrêt de la CIJ dans de nombreux pourparlers entre les présidents camerounais et nigérian, alors qu’il n’y a plus rien à négocier, mais une décision de la justice internationale à faire appliqué. Le Nigeria négocie-t-il une baisse du soutien français au Cameroun, qui lui permettra de commencer à exploiter le pétrole de Bakassi, sous des sociétés-écrans ? L’avenir nous le dira. Comme l’avenir nous dira si ses manœuvres auront raison de la détermination de l’Autre Afrique incarnée par le président Thabo Mbeki.

Par Théophile Kouamouo
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