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 Obasanjo et la françafrique

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zapimax
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Localisation : Washington D.C.
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29092005
MessageObasanjo et la françafrique

Obasanjo et la françafrique

http://news.abidjan.net/article/?n=150837

Diplomatie – Comment se fait-il que le Nigeria, ennemi numéro un de la France officielle depuis les indépendances, soit devenu quasiment son valet, dans ses stratégies impériales en Côte d’Ivoire et au Togo ? Retours sur l’Histoire et explications.
Ou comment Olusegun Obasanjo a liquidé la dimension panafricaine de la politique étrangère de son pays, pour se satisfaire d’intérêts à courte vue…

Et si en Olusegun Obasanjo, deux hommes se battaient ? Et si, derrière ses boubous chamarrés, le président de la Fédération nigériane cachait un violent conflit intérieur entre l’officier héroïque de la guerre du Biafra, déclarée par une coalition françafricaine travaillant main dans la main avec les sécessionnistes ; et le chef d’Etat blasé et sans scrupules implémentant aujourd’hui les stratégies les plus hargneuses de la Françafrique ?
En effet, ce qui apparaît de plus en plus aux yeux des observateurs comme une alliance claire et nette entre le président français Jacques Chirac et le locataire du palais d’Abuja est un retournement historique profond, pour ne pas dire une trahison phénoménale de l’histoire du Nigeria. Car depuis les indépendances, la France gaulliste, à travers un des «pères spirituels» de Jacques Chirac, Jacques Foccart, n’a pas cessé de se mettre en travers du chemin du Nigeria, considéré comme le seul obstacle à une hégémonie de l’Hexagone en Afrique de l’Ouest à travers le pacte colonial. C’est un fait que la France officielle elle-même n’a jamais été tentée de contredire. En témoigne un livre riche d’enseignements, «Afrique : les stratégies française et américaine» de la Française d’origine africaine Niagalé Bagayoko-Penone, édité par L’Harmattan… et financé par le ministère français de la Défense, qui endosse de ce fait des vérités généralement attribuées avec dédain aux «extrémistes proches de Gbagbo».
«La posture politico-diplomatique de la France en Afrique de l’Ouest s’est articulée autour de trois axes majeurs : la conservation de liens privilégiés avec les pays francophones de la sous-région ; la lutte en sous-main contre l’influence du Nigeria dans la zone ; le contrôle des mécanismes multilatéraux à la fois économiques et sécuritaires mis en place à la fin des années 1970.» Vous lisez bien : la guerre d’influence contre le Nigeria est un des trois axes fondamentaux de la politique de la France en Afrique de l’Ouest. Et pourquoi donc ? Niagalé Bagayoko-Penone (qui, il faut insister, a reçu le prix 2003 de la recherche universitaire décerné par l’Institut des Hautes Etudes de la Défense Nationale en France), répond à cette question et indique pourquoi la France a déclenché la guerre du Biafra qui a fait près de 3 millions de morts. «Le privilège accordé à la relation avec les pays francophones d’Afrique de l’Ouest a pour corollaire les rapports difficiles entretenus avec la puissance anglophone de la sous-région, le Nigeria, perçu à la fois par les décideurs français comme le héraut des positions anticolonialistes et panafricanistes et comme le chantre d’une politique révisionniste tendant à remettre en cause le principe d’intangibilité des frontières . Réciproquement, les dirigeants nigérians successifs ont toujours vu dans la présence de la France, et plus largement des anciens Etats tutélaires, un obstacle à l’affirmation de leur puissance sur la scène régionale. La réduction de l’influence française sur les pays francophones d’Afrique de l’Ouest a constitué l’un des axes traditionnels de la politique du Nigeria. Dès 1961, les relations entre les deux Etats se détériorent lorsque le gouvernement nigérian décide de suspendre les relations diplomatiques afin de protester contre les essais nucléaires engagés par la France au Sahara. C’est au cours de la guerre du Biafra que la dégradation des relations atteint son paroxysme, la France, par le biais de la Côte d’Ivoire et du Gabon, apportant son soutien à la sécession biafraise, menée par le lieutenant-colonel Odumegwu Ojukwu, et demeurant le principal fournisseur du Biafra, toujours via la Côte d’Ivoire et le Gabon, malgré l’embargo décidé en juin 1968 et bien que les traités de coopération militaire franco-ivoirien et franco-gabonais interdisent la réexpédition des armes fournies par la France à un pays tiers. La position du Général de Gaulle semble avoir été inspirée par des motivations comparables à celles qui avaient précédemment guidé son attitude dans la sécession katangaise, notamment la rancune nourrie à l’encontre de la Grande-Bretagne. Le souci majeur était cependant de réduire la taille du géant nigérian, susceptible d’attirer dans son orbite les petits Etats francophones voisins.» Rarement dans l’histoire du continent un Etat occidental se sera acharné avec tant de hargne contre une Nation sous-développée !
Après la guerre du Biafra, le leader nigérian (et panafricain) Yakubu, prend conscience de la nécessité pour l’Afrique de l’Ouest de s’unifier pour ne plus faire face à des souffrances telles que celles que le Nigeria a endurées. C’est d’ailleurs pour cette raison que la CEDEAO est créée, et combattue violemment par la France. Niagalé Bagayoko-Penone raconte : «A l’issue de la guerre civile nigériane, c’est par le biais de canaux multilatéraux que la rivalité franco-nigériane a continué de s’affirmer. La France a ainsi soutenu la création, à Bamako, en 1972, de la CEAO (Communauté des Etats d’Afrique de l’Ouest), exclusivement francophone, composée de la Côte d’Ivoire, du Sénégal, du Bénin, du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie et du Niger : l’objectif tacite était de parvenir à former un bloc uni contre le Nigeria. Le Togo et la Guinée se bornèrent à occuper des sièges d’observateurs au sein de l’organisation. En 1975, sous la houlette du leader nigérian Yakubu Gowon, mais aussi du Togo, est lancée la création de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest) que rejoignent l’ensemble des pays de la CEAO ainsi que le Cap Vert, la Gambie, le Ghana, la Guinée, la Guinée-Bissa, le Nigeria et la Sierra Leone : la naissance de la CEDEAO est ainsi en partie une réponse à celle de la CEAO.»
La CEDEAO développe assez vite un programme ambitieux et se doute d’outils pertinents qui, s’ils avaient été mis en œuvre, auraient empêché la «guerre-feu-de-brousse» qui a ravagé le Liberia, la Sierra Leone et maintenant la Côte d’Ivoire (voir encadré). Ces instruments sont le Protocole de Non-Agression et le Protocole d’Assistance mutuelle en matière de sécurité (PAM). L’organisation régionale met en place une force d’intervention rapide : l’ECOMOG. Elle est censée venir préserver la paix et la légalité partout où elles sont menacées. De nombreux obstacles viennent rendre difficile l’action de l’ECOMOG sur les terrains du Liberia et de la Sierra Leone, où une entreprise rebelle internationale attaque les Etats constitués. D’abord, des Etats de la CEDEAO comme le Burkina Faso de Blaise Compaoré et la Côte d’Ivoire d’Houphouët-Boigny s’affranchissent des règles communément adoptées pour soutenir l’action de Charles Taylor et de sa filiale sierra-léonaise, le Front révolutionnaire unifié (RUF) de Foday Sankoh. Ces violations des règles communes sont activées par la France, comme le souligne Niagalé Bagayoko-Penone : «La France a fermé son ambassade à Monrovia au début du conflit libérien mais, parallèlement, a incontestablement soutenu en sous-main ses alliés traditionnels dans leur tentative d’influencer sur le cours des conflits libérien et sierra-léonais. Elle s’est en effet discrètement impliquée aux côtés de Charles Taylor, en donnant carte blanche au Burkina Faso et à la Côte d’Ivoire pour soutenir le NPLF, en lutte, selon son analyse, contre les forces relevant de la sphère d’influence anglophone. Taylor a notamment su exploiter les inquiétudes de Paris quant au rôle prédominant joué par le Nigeria au sein de l’ECOMOG. Les responsables politiques français considéraient l’intervention du Nigeria au Liberia à l’aune du conflit de Bakassi entre le Nigeria et le Cameroun, membre de la sphère d’influence française. Par extension, la prédominance militaire du Nigeria dans l’opération multinationale menée au Liberia et les rumeurs selon lesquelles les forces nigérianes vendaient des armes et fournissaient un soutien logistique aux combattants anti-NPLF ont conduit les responsables français à envisager de faire valoir leurs intérêts sous la couverture des forces de Taylor. La France est également apparue à travers l’implication de divers acteurs économiques, sans qu’il soit possible de déterminer la part exacte prise par les autorités gouvernementales. Ainsi, outre le rachat des exportations clandestines de bois, on retrouve des intérêts français dans l’exploitation du fer du mont Nimba : engagés dans le projet MIFERGUI, qui prévoyait l’exploitation du gisement de fer guinéen de Mifergui et l’exploitation du minerai par la ligne de chemin de fer Yekeba-Buchanan, Usinor a continué à se procurer du fer dans le Taylorland, après le déclenchement des hostilités. Le refus de la France d’appuyer les critiques des Nations Unies sur les conséquences environnementales du projet NIMCO (de construction d’une ligne de chemin de fer desservant le port de Buchanan) a démontré l’importance des intérêts commerciaux français et expliqué les efforts discrets de Paris pour gêner les tentatives de l’IGNU pour mettre un terme aux affaires menées par Taylor. En 1992, c’est encore la France qui a bloqué la résolution du Conseil de Sécurité visant à imposer les sanctions aux factions libériennes.»
Les échecs de l’ECOMOG sont également liés à des considérations internes au Nigeria. La faillite progressive de l’Etat se manifeste par des pouvoirs militaires prédateurs, dont le plus caricatural est celui de Sani Abacha.
C’est justement sous le règne de ce dictateur que la France amorce un rapprochement spectaculaire avec son ancien ennemi structurel. Paris profite de l’isolement international du Nigeria et de la réprobation de ses alliés atlantistes traditionnels (Grande-Bretagne et Etats-Unis) quant aux choix politiques de la junte et à sa rapacité sans limites. Le Nigeria est-il exclu du Commonwealth ? La France l’accueille dans la Francophonie, à tel point que Sani Abacha adopte le français comme deuxième langue officielle. Les contrats pétroliers les plus appétissants sont signés par Total.
A priori, cette alliance de circonstance se modère lorsque Sani Abacha meurt et qu’Olusegun Obasanjo gagne les élections. Les grandes nations espèrent en un relèvement du géant démographique de l’Afrique, et accourent au chevet du Nigeria, qui peut ainsi sortir d’un tête-à-tête aliénant avec une France qui profitait de ses difficultés. C’est la consécration diplomatique d’Obasanjo, qui est coopté pour être un des acteurs de premier plan du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) et se présente comme l’interlocuteur numéro un des Etats-Unis en Afrique de l’Ouest. Mais Obasanjo contrarie les espoirs placés en lui. Il n’arrive pas à restaurer l’autorité de l’Etat dans le Nord du pays contrôlé par les islamistes. Ses alliés américains s’en plaignent et vont jusqu’à assimiler son laxisme à de la complaisance, voire à de la complicité. La lutte contre la corruption se résume, selon certains de ses partenaires, à des effets d’annonce et à un habillage cosmétique. La dette internationale étrangle le Nigeria.
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