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 Appeler un raciste un raciste

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AuteurMessage
mihou
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

16112008
MessageAppeler un raciste un raciste

Appeler un raciste un raciste



Par Claude Ribbe,
dimanche 16 novembre 2008 à 11:15 :: General
:: #95
:: rss



La médiatrice du journal Le Monde,
Véronique Maurus, se félicite que l’élection d’Obama permette
«d’appeler un noir un noir » sans «recevoir une volée de messages
criant au racisme» (édition du 16 novembre 2008, page 18). Elle note,
non sans satisfaction, que le journal a qualifié 21 fois le candidat
démocrate de « noir » dans la seule édition du 6 novembre. Cette
comptabilité est édifiante. On se doute que si Mc Cain avait été
vainqueur, Le Monde n’aurait pas répété 21 fois que c’était un « blanc ».
Sans que cela semble être le propos de son article, Véronique Maurus nous révèle indirectement que de nombreux lecteurs du Monde
(dont le journal ne peut garantir la couleur...) protestent
régulièrement contre cette tendance à vouloir imposer une vision
raciale. Comment expliquer alors l’obstination du Monde à
maintenir le cap coûte que coûte ? Les articles publiés dans ce journal
sur ces questions sensibles laissent si peu transparaître les
protestations à mon sens parfaitement justifiées de ces lecteurs
indignés que je ne les aurais pas soupçonnées si Véronique Maurus n’en
avait fait état.
Pour ma part, j’ai pu observer, depuis trois ans, que Le Monde
a adopté une ligne favorable à la banalisation du racialisme et
apparemment bienveillante pour les manipulateurs s'efforçant de
fabriquer une pseudo-communauté fondée sur le critère de la couleur. On
connaît cette méthode qui consiste à inventer une communauté qu'ensuite
on accusera de communautarisme. Tout le monde sait que le
différentialisme va à l’encontre de tous les principes républicains
auxquels les Antillo-Guyanais et les Afro-Français sont majoritairement
attachés et renforce toujours la discrimination. Ce racisme des
intellectuels, le pire de tous, la médiatrice du Monde ose
l'appeller une «approche décomplexée».
Plus d'une fois, le grand journal français a donné l’impression d’avoir
activement participé à la médiatisation du CRAN par une succession
d’articles ouvertement promotionnels qui ne reflètent guère l’influence
réelle de ce mouvement insignifiant. D'ailleurs, malgré trois ans de
promotion, le CRAN ne représente toujours rien et se trouve
actuellement déchiré par des contestations internes qui pourraient
avoir des prolongements judiciaires dont on peut douter que Le Monde rendra compte.







Les deux champions du communautarisme racialiste
que certains journalistes du Monde
présentent depuis trois ans
comme représentants des "noirs"
de France : MM. Tin et Lozès,
lors du plus important meeting jamais organisé
par le Cran
qui avait rassemblé 14 manifestants
devant France Télévisions
en décembre 2006
(photo Régis Durand de Girard in blog FXG Paris Caraïbe)








Idem pour le livre de Pap N'Diaye, annoncé deux ans à l'avance, porté aux nues dans Le Monde
autant qu'il était possible, au motif que Pap N'Diaye, co-fondateur du
Cran, fut le propagandiste de Pétré-Grenouilleau (qui n'a jamais été
judiciarement attaqué pour son travail d'historien, mais pour des
déclarations intempestives) : un bide retentissant.
Autre exemple : on a pu voir il y a quelques semaines Louis-Georges
Tin, interviewé dans la série "grands entretiens" comme le penseur de référence. Pour être engagé dans un combat légitime contre l'homophobie ? Pour avoir publié en 2000 : Séquence bac français 2e 1re histoire littéraire,
éditions Breal ? Non, parce qu'il valide l'idéologie de la "race" et
parce qu'il serait représentatif des "noirs". De qui se moque-t-on ?
Une journaliste du Monde a fait ouvertement, obstinément,
aveuglément campagne pour l’introduction dans la statistique publique
de critères racistes (elle se croyait excusée en les qualifiant d’
«ethniques», ignorant sans doute que ce mot a été inventé par Vacher de
Lapouge). Dans cet esprit de confusion, un journaliste s'est même
étonné dans la présentation d'une photo que dans les années trente des
Guadeloupéens fussent "vêtus à l’européenne" (voir Le Monde
du 9 novembre 2007 et mon billet sur ce blog du 11 novembre 2007).
Cette légende trahissait un sophisme sous-jacent : Tout noir est un
sauvage. Les Guadeloupéens sont des noirs. Donc les Guadeloupéens sont
des sauvages. D’un point de vue déontologique, c’est d’autant moins
convenable que Le Monde n’a jamais donné aucune possibilité à
ceux qui, comme moi, défendent une position différente, d’exprimer leur
point de vue sur la question. J’ai pu l’éprouver plus d’une fois en
voyant plusieurs de mes articles proposés à la page Débats-Opinions,
mais contraires à la ligne éditoriale adoptée par le journal,
systématiquement rejetés, ce qui, dans le cas d’espèce équivaut à une
censure. C’était d’autant plus grave que même si Le Monde me qualifie parfois d’auteur «guadeloupéen» (un sauvage déambulant cul nu ?) je méritais a priori autant de respect que d’autres auteurs auxquels Le Monde
ouvre régulièrement ses tribunes, et que j’étais membre de la
commission nationale consultative des droits de l’homme (et le seul
afro-descendant à y siéger, ce qui m'avait valu, le jour même de ma
nomination, la publication d'une tribune extrêmement insultante de
Pierre Nora).
J’ai pu observer également qu’un journaliste des pages littéraires
semblait me vouer une haine d'une extrême férocité que ne saurait
suffisamment expliquer le simple fait que je ne partage pas son
admiration pour Napoléon.


Ce que Véronique Maurus ne nous explique pas, c’est pourquoi son
journal s’obstine à mettre une majuscule au substantif «noir». On sait
que la majuscule ne se justifie que pour les substantifs désignant un
peuple homogène. Je ne savais pas qu’un fils de ministre de la
Françafrique et un rmiste de Villers-le-Bel étaient du même peuple,
eussent-ils la même couleur.
Quant aux contorsions pour expliquer qu’Obama, qui ne fait pas partie
du groupe homogène des Afro-Américains, est bien un « noir », elles ne
sont guère convaincantes. Une négrification d’autant plus déplacée que
l’intéressé s’est défendu de faire campagne sur ce thème.
Non le choix typographique du Monde n’a rien d’anodin. Mais
puisque ce journal se veut si "décomplexé", qu’il nous révèle donc,
dans un prochain numéro, combien de ses collaborateurs sont des
«noirs» ? Car si Le Monde veut donner des leçons de
discrimination positive fondée sur la "race", qu'il commence donc par
appliquer des quotas dans son journal et, pourquoi pas, dans sa
direction.
http://www.claude-ribbe.com/dotclear/index.php?2008/11/16/95-appeler-un-raciste-un-raciste

_________________
Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE
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Appeler un raciste un raciste :: Commentaires

lundi 17 novembre 2008
Le Médiateur du journal "Le Monde" avoue croire aux races humaines !




Par Claude Ribbe,
lundi 17 novembre 2008 à 18:22 :: General



Pour
un scoop, c’est un scoop et franchement, j’en reste ébahi. Je n’invente
rien. Voici le texte du mail que Véronique Maurus, médiateur du journal
Le Monde, auteur de l’article Appeler un noir un noir (Le Monde du 16 novembre 2008) m’adresse ce jour en réponse à mon billet : Appeler un raciste un raciste (16 novembre 2008).


« Le Monde n'a pas, je pense, m’écrit Véronique Maurus le 17
novembre 2008, toutes les arrières pensées que vous lui prêtez. Sur la
majuscule du mot un "Noir", il se contente d'appliquer la règle
typographique en usage pour tous les mots désignant une race, une
ethnie ou un habitant (d'un pays, d'une région, et.). On écrit un Noir,
un Blanc, un Français, et c... C'est seulement la règle typographique
et il n'y a là aucun sens caché. »


On a bien compris que, dans l’esprit de Véronique Maurus (que je me
remercie de me rappeler les règles du français) un «noir» est quelqu’un
qui appartient à la «race» noire, un « blanc », quelqu’un qui
appartient à la « race blanche», d’où cette fameuse majuscule, qui, en
l’espèce, ne peut s’expliquer ni par le «pays», ni par «l’ethnie» (une
autre manière soit dit en passant de désigner la «race»). Ainsi y
aurait-il donc pour la médiatrice du journal Le Monde des
"races" humaines ! Oui, comme au bon temps de Jules Ferry. Il n’est
plus question de traquer des «arrière-pensées» puisque l’aveu est là,
indiscutable. On peut supposer qu’on n’embauche pas les gens au Monde
sans s’assurer qu’ils ont une certaine éducation. Véronique Maurus est
certainement une personne éduquée. Elle a été désignée pour répondre
aux lecteurs et elle m’avoue naïvement, à moi, qu’elle croit aux races
humaines ! De deux choses l’une : ou bien elle ne reflète pas la ligne
éditoriale du journal et c’est au directeur de la publication d’en
tirer les conséquences, ou bien la notion de «race humaine» est
communément admise par les journalistes du Monde en 2008, ce
qui pourrait expliquer certains articles et certaines prises de
position, comme ceux, par exemple de Laetita Van Eeckout, de Jérôme
Gautheret ou de Pierre-Yves Catinchi. Qu’ont-ils en commun ? Ils
mettent la majuscule au mot « noir » et, vraiment, ils ne m’aiment pas
du tout a priori alors qu’ils n’ont rien à me reprocher.
En ce qui concerne l’explication donnée par Véronique Maurus, la
« règle d’usage», dans le cas d’espèce, n’est pas typographique, mais
grammaticale. L’ouvrage de référence, connu de tous les correcteurs, de
tous les journalistes et de tous les auteurs, est Le Bon Usage
de Maurice Grévisse (14e édition, 2007, éditions De Boeck-Duculot). Que
nous dit-il à ce sujet (p 94) ? « On met souvent une majuscule à des
noms qui désignent des groupes humains, par ex. d’après la couleur de
leur peau ».
Grévisse donne plusieurs exemples littéraires où le mot « noir » prend
la majuscule. Ainsi Malraux et Beauvoir mettaient-ils parfois la
majuscule à « noir ». Mais c’était il y a cinquante ans et tout le
monde pensait alors que la notion de race avait une valeur
scientifique.
Grévisse indique clairement que si on met « souvent » la majuscule, on
ne la met ni «toujours» ni «forcément». La «règle d’usage» invoquée par
Véronique Maurus est donc une pure invention idéologique
qui reflète le fond de sa pensée.
Grévisse prend bien soin de donner des exemples où « noir » prend la
minuscule, par exemple en citant l’excellent André Pieyre de
Mandiargues, qui tenait, comme moi, à la minuscule.
Grévisse précise que « l’usage est partagé pour le nom juif ». On
remarquera que dans Le Monde,
le mot « juif » prend toujours la minuscule. Beauvoir, elle, mettait
une majuscule…
Bien évidemment, Maurice Grévisse se garde bien d’utiliser le mot de
«race» ni même celui d «ethnie» (inventé par le théoricien raciste
Vacher de Lapouge).
Il est clair qu’on ne peut mettre une majuscule au substantif « noir »
ou au substantif « blanc » que si justement on valide la notion de race
humaine. En ce qui me concerne, j’ai toujours prescrit à mes
correcteurs « distraits » de ne pas le faire (comme on pourra vérifier
en lisant mes livres) et ils l’ont toujours admis sans aucun problème
et sans discussion.
Deux questions :


1. Comment appelle-t-on ceux qui déclarent croire aux races humaines en 2008 ?


2. Quelqu’un qui déclare par écrit croire aux races humaines a-t-il sa place dans un journal comme Le Monde, surtout comme médiateur ?


Pour joindre Véronique Maurus :


mediateur@lemonde.fr
mercredi 19 novembre 2008
Pour se disculper, le médiateur du "Monde" accuse implicitement de racisme les correcteurs de son journal.




Par Claude Ribbe,
mercredi 19 novembre 2008 à 18:53 :: General



L’honnêteté
m’oblige à revenir sur l’affaire Maurus et à faire état des
explications données par le médiateur, visiblement assez secouée par ma
réaction et celle des lecteurs. Après m’avoir adressé le fameux mail
dans lequel elle se fondait explicitement sur la notion de "race" pour
justifier la majuscule au substantif « noir », elle a reçu
immédiatement de ma part un mail en réponse dans lequel je prenais acte
de ses déclarations :


« Je constate que la notion de race humaine a un sens pour vous et
j’en prends bonne note, avec une certaine peine, je ne vous le cache
pas. Dans ce cas, votre article prend tout son sens. Quant aux règles
typographiques que vous invoquez, elles sont discrétionnaires. C’est
donc un choix du journal. La majuscule ne s’impose que pour les
peuples. Considérer les «noirs» ou les «blancs» comme un peuple est un
choix idéologique. Je ne parle pas de race, car, vous le savez bien, et
c’est le sens de mon courrier, dire comme vous le faites qu’une «race
humaine» a une valeur est lourd de sens. Directeur de collection et
auteur de 9 ouvrages publiés, je crois connaître à peu près les règles
typographiques. Pour ma part, j’ai toujours imposé la minuscule à mes
correcteurs, Vous devriez en discuter avec ceux du Monde qui sont sûrement prêts à suivre les instructions que vous leur donnerez. »


Affolée de constater qu’elle s’était «oubliée», le médiateur a
répliqué par un second mail où elle s’abritait derrière les
« correcteurs » du Monde :


« Mon courriel, s'excuse-t-elle, faisait précisément suite à une
discussion avec les correcteurs, que j'avais saisi (sic) de votre
question. Il n'entre bien entendu pas dans mon propos de réhabiliter la
notion de race, d'une quelconque façon, je ne faisait que transcrire
leur réponse.»


Ayant alors demandé à madame Maurus les noms et les coordonnées de
ces correcteurs qu’elle accuse implicitement de racisme, puisqu’elle ne
ferait « que transcrire leur réponse », voici ce qu’elle m’a répondu :


« La règle typographique en question n'est pas propre au Monde et figure d'ailleurs dans le dictionnaire Larousse».


Véronique Maurus a raison de dire que ce choix typographique (et non pas cette règle) n’est pas propre au Monde. Libération aussi, hélas, met la majuscule. Mais je n’ai pas encore lu d’article dans Libération
où l’on se réjouit de pouvoir répéter 21 fois le mot « noir » dans un
article et appeler à une approche «décomplexée », c’est-à-dire raciste,
de la question.


J’ai suffisamment expliqué dans le billet précédent que cette
majuscule est un choix, ce qu’atteste la référence incontournable
qu’est le Grévisse. Puisqu'elle préfère le Larousse, Madame Maurus ne
nous dit pas de quelle édition elle se sert. S’il s’agit de l’édition
de 1942, je lui conseille de se procurer un Larousse plus récent.


Je constate que depuis l’article désolant de madame Maurus, le journal Le Monde
a publié pas moins deux articles vantant ce que ce journal appelle
«statistiques ethniques» et que j’appelle, moi, statistiques racistes,
toujours avec la majuscule au substantif «noir», cela va de soi.


Aujourd’hui encore, Philippe Bernard, dans un éditorial intitulé Les pièges de l’Obamania à la française,
où certaines analyses ne manquent pas de justesse, se croit obligé
d’accuser la gauche d’une « troublante pusillanimité » et exhorte
Nicolas Sarkozy qui, selon lui, aurait « les mains libres » à recourir
aux statistiques racistes et à la discrimination positive fondée sur la
couleur, ce que le président de la République a raison de refuser, même
si pendant un temps ses positions étaient différentes.


Le sondage de la Commission nationale consultative des droits de
l’homme (CNCDH) de novembre 2006 montre que 18 % des Français
déclaraient que « les races humaines, ça n’existe pas », (contre 16 %
les années précédentes, ce qui est encourageant); 67 % considéraient
que « toutes les races humaines se valent » (admettant implicitement la
validité de l’idée de race) et 12 % soutenaient qu’ «il y a des races
supérieures à d’autres»... Je me demande dans quelle catégorie se
situerait Madame Maurus…


Petite remarque : la CNCDH, qui est certainement bien placée pour
avoir une position juste sur ce point, ne met pas de majuscule au
substantif «noir » dans ses rapports officiels, publiés chaque année
par la Documentation française. Mais, ces rapports, les journalistes du
Monde les lisent-ils ? En tout cas, ils n’en parlent jamais.
J'ai décidé de demander un rendez-vous à Eric Fottorino, président du
directoire du groupe Le Monde, pour connaître son opinion sur
cette affaire typographique et savoir s'il applique les statistiques
ethniques à ses journalistes. On va bien voir s'il me reçoit et ce
qu'il me dit...
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Re: Appeler un raciste un raciste
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Appeler un raciste un raciste

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