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 Qui sont les artisans du désastre économique?

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Tite Prout
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MessageSujet: Qui sont les artisans du désastre économique?   Mer 12 Nov - 16:25

Qui sont les artisans du désastre économique ? L’administration Obama inversera-t-elle la tendance ?















Global Research, Michel Chossudovsky, 9 novembre 2008

La plus grave crise économique de l'histoire moderne

L’effritement
financier d’octobre 2008 n’est pas l’effet d'un phénomène économique
cyclique. C’est un aboutissant calculé de la politique du gouvernement
des États-Unis, orchestré par son Ministère des Finances et sa Réserve
fédérale.

C’est la plus grave crise économique de l'histoire du monde.

Le « renflouage » proposé par le trésor public
étasunien ne constitue pas une « solution » à la crise. C’est en fait
tout le contraire : il provoque davantage de débâcle. Il crée une
concentration de richesses sans précédent, qui à son tour contribue à
creuser les inégalités économiques et sociales, à l'intérieur et entre
nations.

Le niveau d'endettement est monté en flèche.
Poussées à la faillite, les corporations industrielles sont rachetées
par les institutions financières mondiales. Le crédit, c’est-à-dire, l'offre de prêts de financement,
qui constitue la bouée de sauvetage de la production et de
l'investissement, est contrôlé par une poignée de conglomérats
financiers.

Avec le « renflouage, » la dette publique a
dérapé. Les États-Unis sont le pays le plus endetté de la planète.
Avant le « renflouage, » leur dette publique était de l'ordre de 10
billions de dollars. Cette dette libellée en dollars US se compose de
bons du Trésor et d’obligations en souffrance, détenues par des
particuliers, des gouvernements étrangers, des entreprises et des
institutions financières.


« Le Renflouage « : L'administration étasunienne finance son propre endettement

Ironiquement, les
banques de Wall Street bénéficiaires de l'argent du renflouage sont
aussi les courtiers et les assureurs de la dette publique des
États-Unis. Bien que les banques ne détiennent qu’une partie de la
dette publique, elles font des affaires et du commerce dans le monde
entier avec les titres de la dette publique libellés en dollar.

Dans une conjoncture déplaisante, les banques
sont bénéficiaires d’une aumône de plus de 700 milliards de dollars, et
agissent en même temps à titre de créanciers du gouvernement.

Nous avons affaire à un sac de nœuds absurde :
Pour financer le renflouement, Washington doit emprunter à des banques
qui bénéficient du renflouage.

L'administration étasunienne finance ses propres dettes.

Les administrations fédérale, étatiques et
municipales sont de plus en plus paralysées, sous strict contrôle des
conglomérats financiers mondiaux. Les créanciers réclament de plus en
plus au gouvernement le lancement d’une réforme.

Le renflouage incite à la consolidation et à la
centralisation du pouvoir bancaire, ce qui à son tour produit des
retombées sur l'activité économique réelle, conduisant à une série de
faillites et au chômage de masse.


L’administration Obama inversera-t-elle la tendance ?

La crise financière fait suite à la déréglementation du système financier.

Obama a déclaré sans
équivoque sa volonté de s'attaquer aux échecs politiques de
l'administration Bush, et de « démocratiser » le système financier
étasunien. Barack Obama, le Président élu, affirme être déterminé à
inverser la tendance :


« Rappelons-nous que si cette crise financière nous a appris quelque chose, c'est que nous ne pouvons avoir une Wall Street prospère pendant que le monde laborieux souffre.
Dans ce pays, nous nous élevons ou chutons en tant que nation, en tant
que peuple. » (Président élu Barack Obama, 4 novembre 2008)



Avec désinvolture, les démocrates reprochent à l'administration Bush la débâcle financière d’octobre.

Obama a fait savoir qu'il établira un programme politique tout autre, qui servira les intérêts du monde laborieux :

« Demain, vous pourrez tourner la page sur les politiques qui poussent à la cupidité et à l'irresponsabilité de Wall Street
devant le dur labeur et le sacrifice des hommes et des femmes de
partout dans le monde du travail. Demain, vous pourrez choisir les
politiques qui investissent dans notre classe moyenne, créent de
nouveaux emplois et accroissent leur économie, de sorte que tout le
monde ait une chance de réussir, du directeur général à la secrétaire
et au concierge, du propriétaire de l'usine aux hommes et femmes qui y
travaillent. (Barack Obama, campagne électorale, 3 novembre 2008)





Obama est-il engagé dans le « domptage de Wall Street » et dans la « neutralisation des marchés financiers « ?

De manière ironique, cette politique de « cupidité et d'irresponsabilité » fut instaurée sous l'administration Clinton.

La Financial Services Modernization Act (FSMA ou loi de modernisation des services financiers) de 1999 a incité à abroger la Glass-Steagall Act de 1933. La Glass-Steagall Act,
ce pilier du « New Deal » du président Roosevelt, fut instaurée en
réponse au climat de corruption, de manipulation financière et de
« délit d'initié, » qui mena à la faillite de plus de 5.000 banques
dans les années qui suivirent le krach de Wall Street en 1929.



Bill Clinton signe la Gramm-Leach-Bliley Financial Services Modernization Act, 12 novembre 1999

Dans le cadre de la Financial Services Modernization Act
de 1999, le contrôle effectif de l'ensemble du secteur des services
financiers des États-Unis (incluant les compagnies d'assurance, les
fonds de pension, les titres, etc) a été cédé à une poignée de
conglomérats financiers et à leurs associés, les fonds de spéculation (hedge funds).

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Tite Prout
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MessageSujet: Re: Qui sont les artisans du désastre économique?   Mer 12 Nov - 16:26


Les instigateurs du désastre financier

Qui sont les artisans de cette débâcle ?

Ironie amère,
l’équipe de transition du Président élu Barack Obama songe à présent
aux instigateurs du désastre financier pour le poste de Ministre des
Finances :


Lawrence Summers a joué un rôle clef dans le lobbying au Congrès pour l'abrogation de la Glass Steagall Act.
Sa nomination opportune au poste de Ministre des Finances par le
Président Clinton en 1999 a permis de forcer l'adoption de la Financial Services Modernization Act
en novembre 1999. Au terme de son mandat à la tête des Finances, il est
devenu président de l'université de Harvard (2001-2006).


Paul Volker était
président de la Réserve fédérale dans les années 80 de l'ère Reagan. Il
a joué un rôle central dans la mise en œuvre de la première phase de
déréglementation financière, qui a favorisé la foule de faillites,
fusions et acquisitions menant à la crise financière de 1987.


Timothy Geithner est
directeur général de la Banque de la Réserve fédérale de New York
(FRBNY), la plus puissante institution financière privée d’Amérique. Il
est aussi ancien fonctionnaire des Finances de l'administration
Clinton. Il a travaillé pour Kissinger Associates et fut aussi en poste
au FMI. La FRBNY joue un rôle en coulisses dans la mise au point de la
politique financière. Geithner agit pour le compte de puissants
financiers derrière la FRBNY. Il est en plus membre du Council on
Foreign Relations (CFR).


Jon Corzine, aujourd’hui gouverneur du New Jersey, est un ancien directeur général de Goldman Sachs.



Larry Summers (à gauche) et Timothy Geithner

Au moment de la rédaction de cet article, le favori d’Obama pour le poste de Ministre des Finances était Larry Summers.

Lawrence Summers,
professeur d'économie à l'université de Harvard, a servi d’économiste
en chef à la Banque mondiale (1991-1993). Il a contribué à la
conception des réformes macro-économiques imposées à nombre de pays
émergents endettés. L'impact social et économique de ces réformes, dans
le cadre du programme d'ajustement structurel (PAS), parrainé par le
FMI et la Banque mondiale, a été dévastateur, entraînant la misère de
masse.


La période de Larry
Summer à la Banque mondiale coïncidait avec l'effondrement de l'Union
Soviétique et l'imposition de la « médecine économique » mortelle du
FMI et de la Banque mondiale en Europe de l'Est, dans les anciennes
républiques soviétiques et dans les Balkans.


En 1993, Summers a
déménagé au Ministère des Finances des États-Unis. Il a d'abord occupé
le poste de secrétaire général des Finances pour les affaires
internationales et, plus tard, de Ministre adjoint. En liaison avec ses
anciens collègues du FMI et de la Banque mondiale, il a joué un rôle
clef dans l'élaboration du « traitement de choc » économique du train
de réformes imposées à la Corée du Sud, à la Thaïlande et à
l’Indonésie, lors de l’apogée de la crise asiatique de 1997.


Les accords de
renflouage négociés avec ces trois pays ont été coordonnées du
Ministère des Finances, par Summers en liaison avec la Banque de la
Réserve fédérale de New York et les institutions de Bretton Woods à
Washington. Summers a travaillé en étroite collaboration avec le
directeur général adjoint du FMI, Stanley Fischer, nommé ensuite gouverneur de la Banque centrale d'Israël.


Larry Summers est
devenu Ministre des Finances en juillet 1999. C’est un protégé de David
Rockefeller. Ce fut l'un des principaux artisans de l'infâme Financial Services Modernization Act, qui, purement et simplement, légitima le délit d’initié et la manipulation financière.



Larry Summers et David Rockefeller


« Mettre le renard à la garde du poulailler »

Summers est aujourd’hui consultant pour Goldman Sachs et directeur général de DE Shaw Group,
un organisme de fonds spéculatifs. En tant que gestionnaire de fonds de
spéculation, ses contacts avec les Finances et Wall Street lui
procurent de précieuses informations privilégiées sur le mouvement des
marchés financiers. Sous la gouverne de Larry Summers, et en
conséquence directe de la crise financière, le DE Shaw Group a fait des
bénéfices records. Fin octobre 2008, à l’apogée de la crise financière,
le DE Shaw Group a annoncé 7 milliards de dollars de revenu, en
augmentation de 22 pour cent sur l'année précédente, « avec près de
trois fois plus d'argent dans la main qu’il y a un an » (2theadvocate.com 31 octobre 2008).

Mettre un gestionnaire de fonds de spéculation
(ayant des liens à l’establishment financier de Wall Street) en charge
des Finances équivaut à placer le renard à la garde du poulailler.


Le Consensus de Washington












Summers,
Geithner, Corzine, Volker, Fischer, Phil Gramm, Bernanke, Hank Paulson,
Rubin, sans mentionner Alan Greenspan, et autres, sont des copains. Ils
jouent au golf ensemble ; ont des liens avec le Council on Foreign
Relations et les Bilderberg ; agissent de conserve conformément aux
intérêts de Wall Street ; se rencontrent à huis clos ; sont sur la même
longueur d'onde ; sont Démocrates et Républicains.

Bien qu'ils puissent se disputer sur certaines
questions, ils sont fermement attachés au Consensus Washington-Wall
Street. Ils sont absolument impitoyables dans la gestion de leurs
opérations économiques et financières. Leurs actions sont à but
lucratif. En dehors de leur strict intérêt envers le « rendement » des
« marchés, » ils sont peu concernés par la « vie des êtres humains, »
par comment la vie des gens est affectée par l’éventail de réformes
macro-économiques et financières implacables, qui force à la faillite
des secteurs entiers de l'activité économique.

Le raisonnement sous-jacent au discours
économique néolibéral est souvent cynique et méprisant. À cet égard, le
discours économique de Lawrence Summers se distingue. Il est connu chez
les écologistes pour avoir proposé de déverser les déchets toxiques
dans les pays du tiers monde, car, là-bas, les gens ont la vie plus
courte et le coût de main-d'œuvre est extrêmement bas, ce qui signifie
essentiellement que la valeur de marché des gens du tiers monde est
très inférieure. Selon Summers, ça rend beaucoup plus « rentable »
l’exportation des matières dangereuses vers les pays pauvres. En 1991,
une note de service controversée de la Banque mondiale, signée par
l’économiste en chef Larry Summers, indique ce qui suit (extraits avec
emphase rajoutée) :

Date : 12 décembre 1991 – Pour : Distribution – De : Lawrence H. Summers – Objet : GEP [GEP signifie Bonnes Pratiques Environnementales, ndt]

Industries « sales « : Juste entre vous et
moi, la Banque mondiale ne devrait-elle pas encourager DAVANTAGE la
migration des industries sales vers les pays les moins développés ?
Je vois trois raisons :

1) La mesure du coût de la pollution altérant
la santé dépend des gains prévus d’avance de l'augmentation de la
morbidité et de la mortalité
. . . De ce point de vue une quantité
donnée de pollution affectant la santé doit être faite dans le pays
ayant les coûts les plus faibles, qui sera le pays dont les salaires
sont les plus bas. Je pense que la logique économique derrière le
déchargement de déchets toxiques dans le pays aux salaires les plus bas
est irréprochable et nous devons la regarder en face
.

2) Le coût de la pollution est susceptibles
d'être non linéaire, car l’ajout de la première pollution a sans doute
un coût très bas. J'ai toujours pensé que les pays sous-peuplés d'Afrique sont infiniment peu pollués,
la qualité de leur air est sans doute considérablement peu rentable par
rapport à Los Angeles ou Mexico. Seuls ces faits déplorables, que tant
de pollution soit produite par des industries non négociables
(transport, production d'électricité), et que coût unitaire du
transport des déchets solides soit si élevé, empêchent l’amélioration
du bien-être du monde du commerce de la pollution de l'air et des
déchets.

3) La demande d’un environnement propre pour
des raisons esthétiques et de santé est susceptible d'avoir une très
grande élasticité de revenus
. [La demande augmente avec le niveau
de revenu]. L'inquiétude à propos d’un agent ayant une chance sur un
million de provoquer le cancer de la prostate est de toute évidence
beaucoup plus élevée dans un pays où les gens survivent au cancer de la
prostate que dans un pays où le taux de mortalité des moins de 5 ans
est de 200 pour mille. . .

www.globalpolicy.org/socecon/envronmt/summers.htm


L’attitude de Summers sur l'exportation de la
pollution vers les pays émergents a eu un impact marqué sur la
politique environnementale des États-Unis :

En 1994, pratiquement tous les pays du monde ont
rompu d’avec les réflexions de logique économique de M. Summers formé à
Harvard, sur le déversement des poisons des pays riches chez leurs
voisins plus pauvres, et ont décidé d'interdire l'exportation des
déchets dangereux de l'OCDE vers les pays [émergents] non membres de
l'OCDE dans le cadre de la Convention de Bâle. Cinq ans plus tard, les
États-Unis sont l'un des rares pays n'ayant toujours ni ratifié la
Convention de Bâle ni l'Amendement d'Interdiction de la Convention de
Bâle sur l'exportation des déchets dangereux de l'OCDE vers les pays
hors OCDE. (Jim Valette, La guerre contre la Terre de Larry Summers, Counterpunch, non daté)



Crise asiatique de 1997 : Répétition générale des choses à venir

Courant 1997, la
spéculation monétaire, instrumentée par de grandes institutions
financières contre la Thaïlande, l'Indonésie et la Corée du Sud, a
favorisé l'effondrement des monnaies nationales et le transfert de
milliards de dollars des réserves des banques centrales entre les mains
de financiers privés. Plusieurs observateurs ont signalé la
manipulation délibérée du marché des actions ordinaires et des devises
par des banques d’affaires et des sociétés de courtage.

Bien que les accords de renflouage asiatiques
étaient négociés officiellement par le FMI, les grandes banques de
commerce de Wall Street (dont Chase, Bank of America, Citigroup et JP
Morgan), ainsi que les « cinq grandes » les banques d'affaires (dont
Goldman Sachs, Lehman Brothers, Morgan Stanley et Salomon Smith Barney)
ont été « consultées » sur les clauses à inclure dans ces accords.

Les Finances des États-Unis, en liaison avec
Wall Street et les institutions de Bretton Woods, ont joué un rôle
central dans la négociation des accords de renflouage. Larry Summers et
Timothy Geithner, ont participé activement au nom des Finances des
États-Unis au renflouage de la Corée du Sud en 1997 :

[En 1997] MM Summers et Geithner s’activaient à
persuader M. Rubin pour qu’il soutienne l'aide financière à la Corée du
Sud. M. Rubin s’inquiétait de pareille mesure, se tracassant du fait
que fournir de l'argent à un pays en situation désespérée pourrait être
une affaire perdue d’avance. . . (WSJ, 8 novembre 2008)


Ce qui est arrivé en Corée du Sud du fait des
conseils du sous-secrétaire des Finances Summers et des autres, n'a
rien à voir avec l’« aide financière. »


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Tite Prout
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MessageSujet: Re: Qui sont les artisans du désastre économique?   Mer 12 Nov - 16:26


Le pays a été littéralement mis à sac. Le
sous-secrétaire des Finances, David Lipton, a été envoyé à Séoul en
début décembre 1997. Des négociations secrètes ont été engagées.
Washington a exigé le congédiement du Ministre des Finances de Corée du
Sud et l'acceptation sans réserve du « renflouage » du FMI.

Aussitôt après sa nomination, le nouveau
Ministre des Finances, qui se trouvait être un ancien fonctionnaire du
FMI et de la Banque mondiale, est parti précipitamment à Washington
pour des « consultations » avec son ancien collègue Stanley Fischer,
directeur général adjoint du FMI,.

Le corps législatif coréen s’est réunis en
sessions extraordinaire le 23 décembre. La décision finale, concernant
le marché de 57 milliards de dollars, a été prise le lendemain, le 24
décembre, lors du réveillon de Noël, après les heures de bureau à New
York. Les plus hauts financiers de Wall Street, de Chase Manhattan,
Bank America, Citicorp et JP Morgan, ont été convoqués pour une réunion
à la Banque de la Réserve fédérale de New York. C’est aussi dans la
salle du réveillon de Noël qu’étaient les représentants des cinq
grandes banques d’affaires de New York, notamment Goldman Sachs, Lehman
Brothers, Morgan Stanley et Salomon Smith Barney. Et à minuit, au
réveillon de Noël, recevant le feu vert des banques, le FMI a accordé à
la hâte 10 milliards de dollars à Séoul pour répondre à l'avalanche de
dettes à court terme venant à échéance.

Les coffres de la Banque centrale de Corée du
Sud ont été mis à sac. Les créanciers et les spéculateurs attendaient
anxieusement pour toucher leur butin. Ces mêmes institutions, qui
spéculaient contre la victoire coréenne, ont encaissé l’argent du
renflouage du FMI. C’était une escroquerie. (Voir Michel Chossudovsky, The Recolonization of Korea, publié par la suite en chapitre de The Globalization of Poverty and the New World Order, Global Research, Montréal, 2003.)


Cette « puissante médecine économie « est la
prescription du Consensus de Washington. « Souffrance à court terme
pour gains à long terme » était la devise de la Banque mondiale durant
la période de Lawrence Summers en tant que son économiste en chef.
(Voir IMF, World Bank Reforms Leave Poor Behind, Bank Economist Finds, Bloomberg, 7 novembre 2000)

Ce dont nous avons à faire est tout un « réseau
de vieux copains, » fonctionnaires et conseillers des Finances, de la
Réserve fédérale, du FMI, de la Banque mondiale, des groupes de
réflexion de Washington, qui est en liaison permanente avec les
principaux bailleurs de fonds de Wall Street.

Quel qu’il soit, celui que choisira l’équipe de transition d’Obama fera partie du Consensus de Washington.


La Financial Services Modernization Act de 1999

Ce qui est arrivé en octobre 1999 est décisif.

Suite à de longues négociations à huis clos dans
les salles de réunion de Wall Street, dans lesquelles Larry Summers
joua un rôle central, le cadre réglementaire contrôlant les puissants
conglomérats bancaires Wall Street fut abrogé « d’un trait de plume. »

Larry Summers travaillait en étroite collaboration avec le sénateur Phil Gramm (1985-2002), président du comité sénatorial des banques, qui fut l'artisan législatif de la Gramm-Leach-Bliley Financial Services Modernization Act,
promulguée le 12 novembre 1999 (voir la photo de groupe ci-dessus).
(Pour le texte complet voir sur le site du Congrès des États-Unis : Pub.L. 106-102). En tant que sénateur du Texas, Phil Gramm fut étroitement associé à Enron.

En décembre 2000, en fin du mandat de Clinton, Gram présenta un deuxième projet de loi appelé Gramm-Lugar Commodity Futures Modernization Act (FSMA),
qui ouvrait la voie à l'attaque spéculative dans les produits de base,
notamment le pétrole et les denrées alimentaires.

Cette loi, a-t-il déclaré, permettrait de s'assurer que ni la SEC
ni la Commodity Futures Trading Commission (CFTC) ne puissent contrôler
les affaires des produits financiers modernes appelés swaps, et donc "
protégerait les institutions financières de la sur-réglementation » et
la « positon de leader mondial de notre secteur des services financiers
dans le nouveau siècle. » (Voir David Corn, Foreclosure Phil, Mother Jones, juillet-août 2008)


Phil Gramm était le premier choix de McCain pour le poste de Ministre des Finances.

Dans le cadre des nouvelles règles de la FSMA,
ratifiée par le Sénat en octobre 1999 et approuvée par le Président
Clinton, les banques commerciales, sociétés de courtage, fonds
spéculatifs, investisseurs institutionnels, fonds de pension et
compagnies d'assurance, peuvent investir librement dans toute autre
entreprise, ainsi que regrouper entièrement leur opérations
financières.

Un « supermarché financier mondial » a été créé,
ouvrant la voie à une énorme concentration de puissance financière.
L'un des personnages clefs à l’origine de ce projet fut le Ministre des
Finances Larry Summers, en coopération avec David Rockefeller. Summers
décrivait la FSMA comme « le fondement législatif du système financier
du 21ème siècle. » Ce fondement législatif est l'une des principales
raisons de la débâcle financière de 2008.


Démilitarisation de la finance

Il ne peut y avoir
de solution constructive à la crise, sauf réforme majeure dans le
système financier, ce qui implique, entre autres, le gel du négoce
spéculatif et la « neutralisation des marchés financiers. » Le projet
de neutralisation des marchés financiers fut proposé pour la première
fois dans les années 40 par John Maynard Keynes, comme un moyen pour
l’institution d’un un système monétaire international multipolaire.
(Voir JM Keynes, Activities 1940-1944, Shaping the Post-War World: The Clearing Union,
The Collected Writings de John Maynard Keynes, Royal Economic Society,
Macmillan et Cambridge University Press, Vol. XXV, Londres 1980, p. 57)
.


Le monde laborieux contre Wall Street

Où sont « les gens
du monde du travail nommés » par Obama ? C’est-à-dire, ceux qui
obéissent aux intérêts des gens des quatre coins des États-Unis. Aucun
leader du travail ou communautaire n’est sur la liste des postes clefs
d’Obama.

Le Président élu désigne les artisans de la déréglementation financière.

Aucune réforme financière constructive ne peut
être adoptée par des fonctionnaires nommés par Wall Street et agissant
en son nom.

Ceux qui en 1999 ont incendié le système financier, sont rappelés pour éteindre le feu.

La « solution » du « renflouage » proposée pour la crise provoque davantage de débâcle économique.

Il n'y a aucune solution politique à l'horizon.

Les conglomérats bancaires mènent la danse. Ils
décident de la composition de l’administration Obama. Ils ont aussi
choisi l'ordre du jour du sommet financier de Washington (15 novembre
2008), prévu pour jeter les bases de la création d'un nouveau « système
financier mondial. »

Le plan de Wall Street a déjà été discuté
derrière les portes closes : le programme secret est d'établir un
système monétaire international unipolaire, dominé par la puissance
financière des États-Unis, qui à son tour protégera et garantira la
supériorité militaire du pays.


Le néolibéralisme à « visage humain »

Rien
n'indique qu’Obama rompra les ponts avec ses sponsors de Wall Street,
qui ont largement financé sa campagne électorale.


Goldman Sachs, JP Morgan Chase, Citigroup, Microsoft de Bill Gates sont parmi ses principaux donateurs de la campagne.

Au nombre des
individus les plus riches du monde, Warren Buffett n’a pas fait que
soutenir la campagne électorale de Barak Obama, il est membre de son
équipe de transition, jouant un rôle clef dans la formation de ses
ministères.



Warren Buffett

Sauf
bouleversement majeur dans le système des nominations politiques aux
postes clefs, un ordre du jour économique alternatif de Barack Obama,
axée sur la lutte contre la pauvreté et la création d'emplois est
grandement improbable.



Barack Obama à la
conférence de presse du 7 novembre. Joe Biden (à gauche), Rahm Emanuel
(à droite), récemment nommé chef d'état-major. Photo : Charles Dharapak


Ce à quoi nous assistons est la continuité.

Obama procure un « visage humain » au statu quo.
Ce visage humain sert tromper les Étasuniens sur la nature de
l'économie et de l’action politique.

Les réformes économiques néolibérales restent inchangées.

L’essentiel de ces réformes, dont le
« renflouage » des plus importantes institutions financières
étasuniennes, détruit en fin de compte l'économie réelle, tout en
forçant à la faillite des régions entières du secteur manufacturier et
de l'économie des services.

Original : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=10860
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info




































Mercredi 12 Novembre 2008

Lien :
http://www.alterinfo.net/Qui-sont-les-artisans-du-desastre-economique-L-administration-Obama-inversera-t-elle-la-tendance-_a25877.html?TOKEN_RETURN
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