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 « Comment raconter le développement de l’Afrique… »

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

02092008
Message« Comment raconter le développement de l’Afrique… »

« Comment raconter le développement de l’Afrique… »

Georges COURADE, publié le 14/10/2007










Comment
communiquer au grand public français une image à peu près correcte de
ce qu’est le devenir du sous-continent et son développement [1] ? Comment
éviter d’alimenter idées reçues et clichés incrustés depuis le temps
colonial dans les esprits ou la vision catastrophiste récente tout en
restant compréhensible ? Enjeu politicien, le sous-continent suscite en effet peurs et compassion …


Comment aussi répondre aux questions sensibles
(pourquoi la faim, le pillage des ressources ou la faiblesse de la
culture scientifique et technologique, etc.) tout en pointant certaines
particularités africaines dans son rapport au développement entendu ici
comme mieux-vivre en évitant la notion de retard dans une évolution
vers un progrès matériel supposé linéaire et mimétique ?


Le regard scientifique et technique utilisé ici est
structuré par un découpage du savoir en disciplines et par une
hiérarchie de celles-ci déterminé par son évolution autonome au niveau
global. La programmation de la science est une utopie et les
scientifiques de la puissance dominante, in fine, pilotent celle-ci. Et
comme la recherche scientifique est supposée, par construction,
développer un langage et des approches universelles,
pourquoi le développement africain a-t-il tant de mal à être formaté
par les grands groupes de disciplines, de la nature, de l’homme et de
la société ? Au point de remettre en cause le découpage du savoir et la hiérarchie disciplinaire.


Comment expliquer les difficultés à construire des
nations et des Etats sans recourir à l’histoire longue et à la science
politique plutôt que de se référer au concept-valise de « gouvernance »
introduit par les économistes et les managers ? Autre défi, rendre
compte de la complexité et de la diversité des Afriques. On se laisse
influencer par la vision économiciste.


Pourquoi parler du pétrole et du gaz du golfe de Guinée
ou du Soudan plutôt que des mutations peu visibles qui affectent
l’islam et les religions chrétiennes dans le sous-continent qui
relèvent de la géopolitique aussi ? Dans le même ordre d’idées, on
agrége des chiffres pour décrire les crises (alimentaires, sanitaires,
guerrières ) sachant qu’un enfant mort émeut et que des milliers de
morts ne sont que des statistiques. Avec, en prime des éléments
chiffrés faux ou manipulées. Comment rester juste et prudent comme
modeste pour un sous-continent encore insuffisamment connu ?


Si le grand public construit sa vision de l’Afrique
subsaharienne à travers préjugés et idées reçues, le positivisme
(Comte, Renan et leurs émules actuels comme Allègre) reste une méta
référence dans le milieu scientifique encore alors qu’il battait son
plein à l’apogée de la période coloniale dans un pays comme la France.


Nos polytechniciens pensaient le développement colonial
comme une mise en valeur appuyée par des technologies éprouvées (les
grands barrages, les tracteurs, etc.) tout en diffusant la
« civilisation des Lumières » via l’école. Nombre de coopérants
techniques et de technocrates africains positivistes, ne relèvent-ils
pas l’archaïsme des mentalités face à certaines résistances légitimes à
des transferts de technologies ?


Même si la culture technique n’est pas entrée dans les
normes, chaque groupe sait parfaitement identifier et accepter des
techniques qu’il sent utile si elles ne contredisent pas ses objectifs
fondamentaux. Et l’expérience acquise nourrit des savoirs et des
savoir-faire locaux qui méritent d’entrer dans la connaissance
scientifique. Les rapports à la nature des sociétés africaines ne cadrent que rarement avec une écologie romantique ou politique.
Comment en rendre compte pour éviter les effets de la deep ecology qui
n’hésite pas à exiger des aires protégées immenses pour quelques
touristes au détriment des éleveurs et agriculteurs.


Difficile de dire aussi que la science et la
technologie, surtout étrangère, ne peuvent garantir le développement.
Il faut du temps pour l’apprentissage de la pratique scientifique et la
diffusion dans le corps social de la culture technique. Des moyens
conséquents et des convictions politiques sont nécessaires pour faire
le pari de l’industrialisation de la science avec la création
d’institutions et de corps de scientifiques nécessaires pour porter une
recherche pour le développement autochtone mise à mal avec l’ajustement
structurel prôné par FMI et Banque mondiale.

GEORGES COURADE est Directeur de recherches à l’IRD, membre de la CADE.


[1]
Ce texte est issu de réflexions réalisées à l’occasion de l’exposition
de la cité des Sciences et de l’industrie intitulée : « Quand l’Afrique
s’éveillera… » (26/06-5/11/2007) à laquelle j’ai participé comme
conseiller scientifique


http://www.linternationalmagazine.com/article4.html

_________________
Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE
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