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 général Alexandre Dumas:Lettre ouverte à Christophe Girard

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AuteurMessage
mihou
Rang: Administrateur


Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

06122007
Messagegénéral Alexandre Dumas:Lettre ouverte à Christophe Girard

Lettre ouverte à Christophe Girard
Maire adjoint de Paris, chargé de la Culture
Mon cher Christophe,
Suite à la parution d’un entrefilet bien anodin dans Marianne
du 1er décembre 2007 qui disait ma colère et le mépris que
tu affiches pour un projet d’Ousmane Sow, tu as réagi en m’adressant
un message téléphonique et la copie d’un courrier destiné
à Jean-François Kahn, ès qualités de directeur de Marianne.
C’est curieux que tu ne réagisses qu’à Marianne, car il y
a un article beaucoup plus féroce dans Jeune Afrique du 3
décembre intitulé L’Affaire Ousmane Sow. Mais tu ne lis sans
doute pas Jeune Afrique. Et Le Parisien, le lis-tu ? Tu n’y
étais pas épargné la semaine dernière. C’était d’autant plus
grave qu’on citait tes propos. En tout cas, il y a quelque
chose d’assez étrange dans cette lettre que tu adresses à
Jean-François Kahn le jour même où l’on apprend que justement
il vient de quitter Marianne. Je vois dans ce décalage comme
un signe. Tout se passe comme si l’homme à la mode que tu
es prenait soudain du retard. Depuis trente ans, tu es pourtant
de tous les dîners, de tous les cocktails, de tous les raouts.
Mais l’histoire irait-elle trop vite ? Oui, nous vieillissons,
Christophe. Et les hommes politiques vieillissent beaucoup
plus vite encore que les artistes. Après notre mort, on ne
retiendra de nous que ce qui était important. Tu seras le
politicien qui s’est opposé à un projet de statue du général
Dumas par Ousmane Sow. Et moi, je serai l’écrivain qui l’a
imposé. Franchement, je préfère mon rôle posthume à ta gloire
éphémère et mon modeste grenier au palais où s’empresse ton
secrétariat.
Bon, parlons un peu de cette lettre. Pourquoi l’as-tu écrite
? Parce que Marianne t’a épinglé et que, forcément, cela t’a
piqué. Tu n’as pas l’habitude d’être critiqué, toi qui te
voudrais si consensuel. Je te comprends, mais tu verras, on
s’habitue.
Puisque tu m’as fait adresser copie de cette lettre avec le
risque que je la lise, c’est que tu dois en être assez satisfait.
Marianne a dit que tu n’aimais pas le projet d’Ousmane Sow.
Marianne n’a pas menti. Dans un message que tu m’as laissé
en octobre, tu m’as fait savoir très clairement que les projets
présentés à la commission pour l’art dans la ville n’étaient
« pas bons». Parmi ces projets, figurait celui d’Ousmane Sow.
Donc tu as bien dit que son projet n’était « pas bon ». Tu
t’abrites derrière l’autorité d’une commission « que le maire
et moi, son adjoint à la Culture, écoutons beaucoup ». Tu
aurais pu ajouter «une commission que je préside en ma qualité
de maire-adjoint à la Culture». Car tu la présides, n’est-ce
pas, cette commission ? Donc tu écoutes l’écho de la commission
que tu présides. Tu t’écoutes toi-même en quelque sorte. N’est-ce
pas un peu lassant ? D’autant plus que ta commission ignore
tout du général Dumas, sauf ce que tu crois être l’essentiel
: c’était un « noir ».Nous y reviendrons.
Vous considérez, la commission que tu présides et toi, que
le projet d’Ousmane Sow n’est « pas bon ». C’est évidemment
subjectif. Mais dans Le Parisien, tu t’expliques : « Un cheval
qui se cabre, c’est trop attendu ». Donc pour plaire à la
commission que tu présides, il faut être « inattendu ». Ousmane
Sow a fait de l’Ousmane Sow. Pour vous plaire, il aurait dû
faire du Buren. Je vois. Le problème, c’est que tu sembles
confondre un cheval qui se cabre avec un cheval qui s’effondre.
Ousmane Sow l’avait bien précisé dans sa note d’intention.
Mais, diras-tu, ce n’est qu’un détail. Un détail d’autant
plus insignifiant qu’il était, selon l’artiste, inspiré par
un livre que j’ai écrit. Tu n’as lu ni mon livre ni la note
d’intention d’Ousmane Sow. Tu n’as lu que Marianne.
Dans ta lettre, on apprend que « les célébrations liées au
bicentenaire de la mort du général Alexandre Dumas avaient
été l’occasion pour Bertrand Delanoë, maire de Paris, George
Pau Langevin, alors déléguée générale à l’Outremer et moi-même,
adjoint chargé de la Culture, de rappeler l’attachement de
la Ville de Paris à sa mémoire.»
La mairie avait effectivement diffusé à la sauvette un communiqué
le vendredi 24 février 2006, deux jours avant le jour du bicentenaire
de la mort du général Dumas. Tu nous parles de l’occasion
donnée par les « célébrations liées au bicentenaire ». Quelles
célébrations ? Comme si tu avais fait quelque chose pour ce
bicentenaire. Or il n’y a rien eu. En 1906, la ville de Paris
élevait une statue à la gloire du général Dumas. En 2006,
rien qu’un communiqué administratif bâclé, pour ne pas dire
« trop attendu ».
Que disait-il, ce communiqué de 2006 ?
« Alexandre Dumas, né esclave aux Antilles françaises, est
le premier général noir de l’histoire de France. Combattant
de la Révolution française, il a porté sa vie durant l’idéal
républicain. Le Général Dumas symbolise l’affrontement entre
deux réalités françaises : l’élan progressiste des Lumières
et l’idéologie coloniale. Il a consacré sa vie à la promotion
révolutionnaire de l’égalité entre les hommes tout en ayant
souffert de l’injustice de l’esclavage imposé aux Antilles.
Sur proposition de Christophe Girard et de George Pau-Langevin,
la Ville de Paris a lancé une consultation pour implanter
une œuvre en hommage au Général Dumas place du Général Catroux
dans le 17ème arrondissement. Cette œuvre prendra place aux
côtés des monuments dédiés aux deux Dumas hommes de lettres,
respectivement fils et petit-fils du Général. La statue précédemment
implantée en l’honneur du Général Dumas sur cette même place
(précédemment dénommée Place des 3 Dumas) fut déboulonnée
par les nazis en 1940 puis envoyée à la fonte. Trois artistes
participent à la consultation en cours : Jean-Louis Faure,
Ousmane Sow, Barthélemy Toguo. Le choix de l’œuvre interviendra
après consultation du Comité de l’Art dans la Ville et de
la Mairie du 17ème arrondissement. »
Et que dis-tu aujourd’hui dans ta lettre à Marianne ?

« Alexandre Dumas, né esclave aux Antilles françaises, est
le premier général noir de l’histoire de France. Combattant
de la Révolution française, il a porté sa vie durant l’idéal
républicain. Le Général Dumas symbolise l’affrontement entre
deux réalités françaises : l’élan progressiste des Lumières
et l’idéologie coloniale. Il a consacré sa vie à la promotion
révolutionnaire de l’égalité entre les hommes tout en ayant
souffert de l’injustice de l’esclavage imposé aux Antilles.
Sur proposition de Christophe Girard et de George Pau-Langevin,
la Ville de Paris a lancé une consultation pour implanter
une œuvre en hommage au Général Dumas place du Général Catroux
dans le 17ème arrondissement.Cette œuvre doit prendre place
aux côtés des monuments dédiés aux deux Dumas hommes de lettres,
respectivement fils et petit-fils du Général. La statue précédemment
implantée en l’honneur du Général Dumas sur cette même place
(précédemment dénommée Place des 3 Dumas) fut déboulonnée
par les nazis en 1940 puis envoyée à la fonte.Trois artistes
ont participé à cette consultation : Jean-Louis Faure, Ousmane
Sow, Barthélemy Toguo. Le comité de l’art dans la ville n’a
pas donné un avis favorable à ces propositions. Une nouvelle
consultation a été lancée. De nouveaux projets seront présentés
prochainement au Comité de l’Art dans la Ville »

_________________
Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE
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général Alexandre Dumas:Lettre ouverte à Christophe Girard :: Commentaires

N’as-tu pas l’impression de te répéter un peu ? La seule chose
dont tu ne parles plus en décembre 2007, c’est de l’avis de
la mairie du 17e. Tu annonçais pourtant en février 2006 que
tu en tiendrais compte. Mais, forcément, pour des raisons
politiques, tu écoutes moins l’avis de Françoise de Panafieu,
l’adversaire de Bertrand Delanoë, que l’écho de la commission
que tu présides. C’est de bonne guerre.
Ton communiqué de février 2006 oubliait de dire que la décision
de remettre la statue à sa place avait été prise dès juin
2005. Et ce communiqué, je vais te rappeler pourquoi il a
été diffusé. Parce que je t’avais moi-même conjuré de ne pas
laisser passer le bicentenaire de la mort du général Dumas.
Une association d’Ultramarins, dont je faisais alors partie,
avait même adressé en recommandé une lettre indignée au maire.
Nous sommes en décembre 2007. Cinq ans après une décision
prise à l’unanimité par le conseil de Paris, tu n’as rien
à nous dire d’autre que cela : «De nouveaux projets seront
présentés prochainement au comité de l’Art dans la Ville »
! Il est vrai que tu déclarais dans Le Parisien que ce dossier
ne devait pas être traité dans la précipitation. Et pourquoi
ne pas se précipiter ? Parce qu’il s’agit d’un « noir»? Tu
écris en effet que le général Dumas était un « général noir
». Te rends-tu compte? Il y aurait des généraux «blancs» et
des généraux «noirs» ? Des élus « blancs » comme toi et des
élus « noirs » comme Pau-Langevin ? Dirais-tu d’elle que c’est
une «noire», une «négresse» ? Pourquoi alors ne pas préciser
sur l’en-tête de ta lettre «Christophe Girard, maire-adjoint
« blanc » de Paris» ? Pourquoi ne pas dire que la commission
pour l’art dans la ville est une commission de « blancs »
présidée par un « blanc », chargée de donner au maire « blanc
» de la ville un avis objectif sur la valeur d’un projet de
statue présenté par un artiste « noir » pour rendre hommage
à un « général noir » ?
Ainsi donc, dans ta pensée, il y aurait les «noirs» et les
«blancs». Le général Dumas, parce que sa mère est d’origine
africaine, tu le ranges bien entendu parmi les «noirs», même
si son père est «blanc». Et moi qui suis né à Paris, ce qui
n’est pas ton cas puisque tu es de Saumur, ni celui de Bertrand
Delanoë qui vient de Tunis, je suis aussi un « noir » ? Un
étranger auquel tu vas naturellement prêter une attention
bienveillante. As-tu seulement conscience, Christophe, que
tout cela est du niveau d’Alain Finkielkraut qui me traitait
de « normalien noir ». Tu sembles oublier que la République
française ne fait pas de distinction de couleur. Tu sembles
ignorer que «l’élan progressiste des Lumières » sur lequel
tu t’extasies dans tes courriers et tes communiqués est le
terreau sur lequel le racisme colonisateur français a prospéré.
Comment nous connaissons-nous ? Tu m’avais adressé une lettre
à la Commission des droits de l’Homme pour me féliciter. Me
féliciter d’être « noir » ou de ressembler à tel de tes anciens
amis ? À l’époque on me voyait souvent à la télévision et
on parlait beaucoup de moi dans les journaux. On m’insultait,
mais on parlait de moi. Ensuite, nous avons déjeuné. C’était
il y a deux ans. Depuis, tu n’as jamais pris la peine de m’accorder
le moindre entretien pour que nous parlions sérieusement de
l’affaire Ousmane Sow. Tu ne m’as jamais demandé de venir
éclairer la commission que tu présides et qui, visiblement,
ne comprend rien à ce projet. Je t’ai pourtant laissé de nombreux
messages. Mais, comme on parlait moins de moi dans les journaux
et qu’on me voyait moins à la télévision, tu n’as pas estimé
utile de prêter à ces messages l’attention que tu prêtes à
un simple entrefilet de Marianne.
Je constate avec désolation que tu adoptes l’idéologie de
certaines associations qui font de la «race» leur principe
et du comptage par couleur de la population le remède aux
discriminations. Tu avais proclamé haut et fort dans un article
de Libération, co-signé avec ce que tu appellerais un « noir
», ta bienveillance de « blanc » de gauche à l’égard des «minorités
visibles». Et dans ce même journal, tu avais ensuite volé
au secours de l’ignoble Pascal Sevran pour lui servir de témoin
de moralité. Pascal Sevran dit publiquement que « la bite
des « noirs » est responsable de la famine en Afrique » et
que « le tourisme sexuel est une bonne chose pour les pays
pauvres. Sinon qu’irions nous faire dans ces contrées infestées
de moustiques». Mais il n’est pas raciste. C’est Bertrand
Delanoë et Christophe Girard qui le disent.
Je crois bien que c’est aussi à cause du cheval que tu n’aimes
pas ce projet. Qu’il tombe ou qu’il se cabre, c’est un cheval.
Et tu es né à Saumur, une ville bourgeoise, capitale du cheval.
C’est pour cela qu’un équidé qui se « cabre », c’est tellement
«attendu » pour toi, n’est-ce pas ? Mais je ne suis pas psychanalyste.
Je te demande simplement d’arrêter de parler de « noirs »
pour désigner des êtres humains. Je te demande simplement
de retenir sans délai l’excellent projet présenté par Ousmane
Sow. Je te demande simplement de respecter le goût des autres
et de sortir un peu de ta condescendance mondaine qui pourrait
bien finir par être confondue, malgré que tu en aies, avec
cette négrophobie vulgaire si répandue chez les politiciens
français de tous bords.
Je reste prêt à parler de tout cela avec toi de vive voix,
ma colère étant une ire lucide et constructive, ce qui est
toujours mieux, tu en conviendras, qu’une indifférence aveugle
et entêtée.
http://www.claude-ribbe.com/blog.htm
 

général Alexandre Dumas:Lettre ouverte à Christophe Girard

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