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 Le Niger de nos hontes !

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zapimax
membre mordu du forum
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Nombre de messages : 654
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 14/06/2005

26082005
MessageLe Niger de nos hontes !

Le Niger de nos hontes !
11/08/2005

Une fois de plus, l’Afrique est humiliée. Une fois de plus, les Occidentaux, friands d’images catastrophistes sur notre continent, peuvent pavoiser. Ah ! Malgré leurs problèmes et leur mal de vivre, ils font toujours plus envie que pitié ! Et il y a encore des endroits dans le monde où ils peuvent exprimer leur belle générosité ! Les «négrologues» salivent de contentement. Ne vous avait-on pas dit que «l’Afrique est un Ubuland sans frontières, terre de massacres, de famine, mouroir de tous les espoirs» (dixit Stephen Smith) ? Elle est la seule responsable de ses malheurs ! Regardez la, elle est incapable de se nourrir elle-même, et nous devons la materner, nous les bonnes âmes autoproclamées, pour l’empêcher de se suicider !



Les images qui nous viennent du Niger ces dernières semaines sont une honte pour l’Afrique. Des enfants décharnés, les yeux embrumés de reconnaissance, mendiant leur pitance auprès de blondes infirmières travaillant pour une de ces firmes bien connues de «charity business». Un ministre français des Affaires étrangères (Philippe Douste-Blazy) profitant d’un afflux d’aide dérisoire pour insulter Tony Blair – le Premier ministre anglais coupable d’avoir mené, avec le G8, une initiative en faveur de l’Afrique – et vanter les mérites et le grand cœur de son Jacques Chirac de président. Une cohorte de mépris et de bons sentiments s’abattant sur l’Afrique, alors qu’à Paris, la jeunesse dorée chante au rythme du nouveau tube de l’été : «Bouger – bouger» de Magic System… Demain, quand Jacques Chirac décidera de se jeter pour la deuxième fois avec hargne sur la Côte d’Ivoire, ce même mélange de cynisme et de sensiblerie fondera le discours officiel expliquant que la France n’est à Abidjan que pour «éviter les massacres» et «sauver les Africains d’eux-mêmes»…

Comment en est-on arrivé là ? Par quelle mystérieuse logique nous sera-t-il possible d’expliquer devant la postérité l’existence d’une famine telle qu’on est obligé d’aller à plus de 8 000 kilomètres pour la juguler, alors que tubercules, fruits et oléagineux pourrissent sur pied à moins de 1000 kilomètres, c’est-à-dire en Côte d’Ivoire, au Togo, au Ghana ? Quel incommensurable gâchis !

La famine au Niger n’était pas une fatalité, loin de là. Mais elle pose un problème fondamental auquel l’élite politique et intellectuelle ouest-africaine doit répondre ici et maintenant : celui de l’intégration régionale. De nombreux flatteurs ont souvent vanté les mérites de l’UEMOA et l’avance qu’elle a sur d’autres ensembles régionaux en Afrique.

La crise humanitaire du Niger nous remet les pieds sur terre : beaucoup reste à faire pour prendre en charge ensemble notre «sécurité collective» et accéder ainsi, en tant que Noirs et Africains, à la dignité d’êtres humains pouvant régler tous seuls leurs problèmes. On ne peut pas parler d’intégration régionale sans intégration dans le secteur des transports. La famine dans le «pays Afrique de l’Ouest» n’étant au fond que le résultat d’une incapacité logistique à répartir la richesse alimentaire commune vers les différents destinataires, il est évident que si la route et le rail fonctionnaient bien des zones d’abondance aux zones de pénurie, les «French doctors» perdraient au moins un marché sur le continent. Hélas ! Le train géré actuellement par la SITARAIL s’est arrêté au Burkina Faso, alors que le projet initial devait le conduire jusqu’au Niger (d’où la dénomination RAN : Rail Abidjan Niger). En visite de travail à Paris en février 2004, le président ivoirien Laurent Gbagbo, «ivoiritaire xénophobe», a demandé le soutien politique de son homologue français, «Jacques Chirac l’Africain», à un projet de poursuite du chantier jusqu’à sa destination finale. Il n’a essuyé qu’une vague approbation qu’on pourrait traduire par «cause toujours, tu m’intéresses»… Quant au réseau routier sous-régional, il est au point mort faute de financements. Mais n’allez surtout pas proposer à la BCEAO des meilleurs placements et une meilleure rémunération des avoirs communs (actuellement déposés au Trésor français) pouvant financer ou garantir des investissements conséquents… Sacrilège anti-français !



Autre leçon nigérienne : l’intégration régionale n’est qu’un vain mot sans intégration des peuples et des intellectuels. Peut-on seulement imaginer une catastrophe en Allemagne qui laisserait indifférentes l’intelligentsia et l’opinion publique italiennes ? Non. Tout simplement parce que, malgré les couacs de la construction européenne institutionnelle, les peuples sont engagés dans un «vivre ensemble» fondé sur la conscience des brûlures de l’Histoire (les deux guerres mondiales) et l’évidence de la faiblesse de leurs Etats-nations face aux impérialismes américain et chinois.
Mais les peuples ouest-africains peuvent-ils se regarder autrement qu’en «étranges étrangers» (selon la belle expression de Diégou Bailly) alors que leurs dirigeants ont édicté un dogme selon lequel tout ce qui est mauvais pour le voisin est bon pour eux ? L’on se souvient qu’au début de la guerre en Côte d’Ivoire, Aïchatou Mindanaou, ministre nigérienne des Affaires étrangères, ferraillait de manière forcenée pour obtenir la partition de la Côte d’Ivoire, à la tête d’un «groupe de contact» de la CEDEAO. La même diplomatie nigérienne mercenaire était la tête de pont de la Françafrique pour écraser, il y a quelques mois, les espoirs du peuple togolais. Que diraient donc les paysans ivoiriens et togolais si on leur demandait aujourd’hui de participer à une campagne de soutien alimentaire au Niger ? Pourquoi Nyamien Messou et Adoté Akweï Ghandi, ténors des sociétés civiles ivoirienne et togolaise, traités par le mépris par la diplomatie nigérienne en service commandé pour l’ex-métropole, mobiliseraient-ils leurs opinions pour le Niger ? Il nous suffit juste de considérer l’hostilité que les populations ivoiriennes nourrissent pour le train Abidjan-Ouaga depuis qu’au lieu de convoyer des vivres du Sud au Nord, il convoie des armes du Nord au Sud, pour entrevoir le fossé qui existe au sein de l’espace économique UEMOA. Comment les bonnes volontés ivoiriennes du Sud peuvent-elles envoyer de l’aide alimentaire au Niger quand elles sont bloquées dès Djébonoua par une horde hirsute de tueurs amoureusement protégés par la CEDEAO et la France ? Si Mamadou Tandja avait seulement condamné les tueries de Licorne en novembre 2004, quelle excuse les Ivoiriens auraient-ils pour ne pas voler au secours de leurs frères Nigériens ?

L’Afrique peut nourrir l’Afrique. L’Afrique peut sauver l’Afrique. Mais il faudrait pour cela que ses leaders comprennent qu’ils ont un destin commun, et que ses populations sachent qu’elles sont dans le même bateau. Le frère d’un Africain est avant tout, hier comme aujourd’hui, son semblable Africain.










Théophile Kouamouo - kouamouo@yahoo.com

Source : Le Courrier d’ Abidjan.
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