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 Un nouveau Statut de la Traite Négrière propice aux Réparati

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zapimax
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26082005
MessageUn nouveau Statut de la Traite Négrière propice aux Réparati

Un nouveau Statut de la Traite Négrière propice aux Réparations
23/08/2005

En choisissant la date du 23 Août comme Journée internationale de la Traite négrière et de son Abolition, l’Unesco et la communauté des acteurs oeuvrant à la libération d’un sens non eurocentrique du crime contre l’humanité que fut l’horreur négrière, a ruiné l’unilatéralisme séculaire relatif à l’histoire des destructions des civilisations extra européennes. En particulier, la dimension combattante, résistante et victorieuse des esclavisés nègres a-t-elle toujours été étouffée et camouflée, obstruée par le primat de la culpabilisation des Africains et la magnanimité abolitionniste blanche, que le schoelcherisme français exemplifie. Une autre version de l’histoire est désormais en marche, en cours de réécriture avec ses attendus lourds d’implications internationales…

C’est pendant la nuit du 22 au 23 août 1791 que l’esclavisé Boukman, au cours d’une cérémonie vaudou au Bois Caïman, appela les autres asservis à renverser l’ordre colonial, serment fut solennellement prêté d’accepter le sacrifice de leurs vies pour arracher la liberté. Il suivait ainsi une tradition de résistance et de lutte de libération engagée sur île de Saint-Domingue, future Ayiti [Haïti], par le pionnier martyr connu de la révolution des esclaves, Makandal, plusieurs décennies plus tôt. En 1804 Ayiti devenait le premier Etat noir indépendant de l’ère post-esclavagiste naissante, ce que les anciennes métropoles ne risquent pas de pardonner de si tôt à la nation inventrice de la liberté des humains par delà les différences ethniques. La première armée à avoir vaincu les troupes napoléoniennes…

Cette date symbolique déchoit l’arrogance qui avait suivi le crime, la profanation banalisée de la mémoire des morts, martyrs, résistants, combattants, sacrifiés. En rendant aux acteurs véritables de l’Abolition -qui, cela dit, tient à des facteurs complexes - la victoire méritée sur l’abomination de cinq siècles de chrétienté négrière, l’ensemble des résistances africaines, africaines américaines, afrocaribéennes et créoles sont réhabilitées, ainsi que les anti-esclavagistes de toutes races qui ont apporté une solidarité multiforme et agissante à la démolition inachevée de l’armature civilisationnelle négrière. Bien davantage encore, ce sont les descendants des captifs et esclavisés qui retrouvent une dignité et accèdent à la parole par le chemin privilégié de la légitimité morale, celle d’avoir par leurs ascendants fait front. Un certain monopole du discours touche ainsi à son crépuscule.

Que les combats héroïques des vaillants soldats africains qui dès le 15ème siècle s’opposèrent au projet de meublisation de l’autre, le Nègre, trouvent enfin, par un souvenir digne restauré, un repos honorable payé du sang de leurs veines. Les Besagichi, aux larges des côtes du Cap vert et de Guinée, dont les flèches empoisonnées terrassèrent le razzieur et précurseur de la traite portugaise, Nuno Tristan ; les expéditions militaires anti-esclavagistes des Luba, Lunda, Imbagala en Afrique centrale, ainsi que les attaques des intrépides Jaga contre les intérêts et royaumes inféodés aux négriers ; les N’zinga, les Kimpa Vita, les Nègres Bubis de Sao Tome et Principe qui repoussèrent les négriers ; les populations côtières qui diligentèrent nombre d’attaques pour délivrer les captifs… Les révoltes dans les bateaux telle celle du célèbre Amistad, les suicides, les captifs se jetant à la mer…

Les résistances sur le sol des colonies furent également une incessante et inventive activité des Africains, dynamisées autour de foyers culturels et religieux comme la religion vaudou, parvenant à ériger des territoires autonomes en Amérique latine dès le 15ème siècle, les Kilombo, à l’instar de ceux de Palmarès au Brésil, de l’île de Queimada à l’instigation de José Dolorès, de Jamaïque sous l’autorité de «Cudjoe the maroon», émérite roi des esclavisés de la Jamaïque, descendant de Naquan, fondateur de l’Etat noir de la Jamaïque.

Des actes de résistances individuelles ou organisées se produisirent également en Amérique du Nord comme partout où se pratiqua l’esclavage des Africains, sous des formes diverses et innovantes. En 1739, en Caroline du Sud, Cato tue tout seul trente esclavagistes blancs, en 1750 dans le Massachusetts c’est Cris Pus Attucks qui commet des meurtres de Blancs avant de s’enfuir pour Boston. Les Denmark Versey, Aaron, Ceasar Hendricks, Josiah Housson, Nat Turner, Frederick Douglass ou Harriet Tubman organisèrent des rebellions, fuites collectives, sabotages, incendies, actions abolitionnistes sans répit ni relâche. Tout un pan des parlers des esclavisés, de leurs chants et élaborations musicales -Negro spirituals-, de leurs danses, chorégraphies -capoera- et loisirs renvoyaient au secret de la gestation d’actes de libération, d’évasion, de sédition.

Ce sont ces grandes figures, ces peuples, ces martyrs qui retrouvent grâce aux yeux de la postérité dans un souvenir associé au refus par les victimes du projet de leur anéantissement par l’instrumentalisation, la chosification de leur être, la contestation, la disqualification de leur appartenance à l’humaine condition.

Le statut de l’histoire prend un sens nouveau, d’outil de domination manipulé par les puissants, il s’affranchit peu à peu, autorisant une réelle criminalisation de la Traite négrière puis des prédations coloniales abominables, couvertes par le pare-feu idéologique du lourd fardeau de l’homme leucoderme, débouchant sur l’épouvantail [pour l’ethnie blanche des ultranégateurs] des réparations dues pour le crime reconnu. Car en effet, crime reconnu entraîne ipso facto réparations à la mesure des dommages infligés sur le long terme à d’autres humains.

Plus loin que le renversement de la charge de l’accusation grossière de la lignée des victimes par les descendants des coupables, l’histoire de la Traite négrière devrait maintenir le cap d’une histoire authentique, cependant rigoureuse et socialisée. Cette histoire serait toute entière tendue vers la mise à disposition des Africains, des Descendants de captifs africains, Africains Américains, Caribéens et des Humains comme genre commun, d’une connaissance performative permettant de comprendre, et d’éviter la réédition de telles horreurs, en leur temps absoutes par les autorités politiques, morales, religieuses, intellectuelles pas les moins distinguées d’Europe.

Que cette version émergente de l’histoire porte vers de nouveaux espoirs et de nouveaux horizons les négro-africains dominés, victimes et culturellement pétrifiés, au lieu d’un négationnisme eurocentrique fonctionnel et efficace à aggraver les plaies encore saignantes d’un passé trop présent et ce de pire façon.

Que plus généralement l’histoire reprenne sa mission d’éclaireur des consciences, de réveil politique au besoin, de régénération des vaincus d’hier, assise sur un travail de deuil authentique de profondeur politique et sociale.

Que le renversement de cette perspective enfin fasse son entrée dans les manuels scolaires et dans l’industrie de l’édition avec la même systématique que d’autres crimes contre l’humanité, ou autres faits d’histoire et de société, valorisés dans les cercles dominants, autocrates faiseurs de sens à l’échelle planétaire.

Les courants impétueux de cette exigence de réécriture et de relecture de la Traite négrière naturellement se jettent dans la problématique incontournable des réparations. Ils vont bientôt sécréter une nouvelle agressivité négationniste et révisionniste, comme c’est déjà le cas avec toutes les historiographies opportunistes qui tentent de minimiser les effets de la Traite négrière européenne en maximisant ceux de la Traite arabe, ou tout simplement intentent un procès en équi-responsabilité de production de l’indicible à l’Afrique. Le déferlement de ces programmes de falsification ne sera pas le moindre des écrans de contrevérités surmédiatisées que les passéistes et technocrates de la falsification trouveront intérêt à entretenir si ce n’est plus.

Les véritables acteurs de cette histoire affranchie, détachée des menottes d’un passé tronqué pour faire disparaître mentalement l’autre, afin que ne reste que l’hégémonie morale et matérielle blanche, sont les Africains et Afrodescendants au premier chef, qui ne seront jamais assez en avance pour assumer leur mission historique.









Lire : pour les résistances et une perspective globale, «Esclavages et servitudes d’hier et d’aujourd’hui», Actes du colloque de Strasbourg 29 et 30 mai 1998, Histoire et Anthropologie, 1999.



Article parue initialement le 21.08.04

Ze Belinga
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