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 Que se passe-t-il donc en C.I.?le rôle de la France(suite)

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

02062005
MessageQue se passe-t-il donc en C.I.?le rôle de la France(suite)

Ainsi va l’Afrique. Ce qui se passe en Côte d’Ivoire et qui aurait pu se passer au Cameroun, au Gabon, au Togo, etc... n’est rien d’autre qu’une convulsion d’une République françafricaine qui tente de se dégager d’un carcan hégémonique dans lequel elle est enfermée. La Côte d’Ivoire, comme les autres républiques françafricaines, n’a pas eu besoin, il y a 45 ans, de combattre la colonisation pour gagner son indépendance. Celle-ci lui avait été octroyée sur la base de conditions restées jusqu’à ce jour secrètes. La République de Guinée, qui voulut une indépendance véritable, fut reléguée au rang de paria, probablement parce que la jeune république voulut jouir d’une indépendance véritable symbolisée par cette réplique historique de Sekou TOURE en 1958 : « Nous préférons la pauvreté dans la dignité à l’opulence dans l’esclavage ».

Quel observateur n’a pas eu l’impression d’assister à quelque chose qui s’était passé en Algérie ou au Cameroun dans les années 50 ? Comme en Algérie, comme au Cameroun, la France n’a jamais avoué les véritables raisons qui l’ont amenée à engager une guerre sanglante honteuse qui ne disait pas son nom. Les opérations militaires de ces interventions étaient mensongèrement qualifiées d’opérations de police, de pacification, de neutralisation, alors qu’il s’agissait de véritables opérations guerrières pour défendre un certain ordre, l’ordre colonial. D’ailleurs la France elle-même ne s’y trompe pas aujourd’hui en accordant spontanément aux rapatriés de Côte d’Ivoire, tellement les situations sont similaires, les mêmes avantages que ceux accordés aux rapatriés d’Algérie il y a plus de quarante ans. Les années passent, mais la France, fidèle à sa réputation et à ses intérêts, continue de mener ses guerres coloniales, néocoloniales rebaptisées « Opération LICORNE » pour la circonstance.

La nouveauté dans cette crise franco-ivoirienne est que la France, contrairement à ses habitudes, ne vole plus au secours du pouvoir en place. Appelée pourtant par le gouvernement légal ivoirien en vertu des fameux accords de Coopération pour aider ce dernier à se débarrasser d’une rébellion fortement armée, la France toujours seule à interpréter ces accords selon son bon vouloir, les circonstances et surtout ses intérêts, a estimé dans le cas d’espèce que la seule chose qu’il convenait de faire, c’est de stopper l’avancée des rebelles et d’organiser à Linas-Marcoussis en banlieue parisienne des pourparlers entre belligérants. Une manière objective d’accorder des lettres de noblesse à des individus dont la légitimité ne repose que sur les armes. Une véritable première en Afrique Noire.

Pour la première fois dans l’histoire néo-coloniale en françafrique, une intervention militaire française ne vise pas à protéger le régime en place, mais à accorder un pouvoir de négociation et une légitimité à la rébellion. Et comme le gouvernement ivoirien s’est entêté à vouloir mettre hors d’état de nuire les rebelles, alors, l’intervention militaire française s’est transformée en une équipée contre l’armée du pays et la population civile. Nous savons aujourd’hui que l’armée française n’a pas hésité, malgré les dénégations de ses officiers ou de sa ministre, à tirer sur la foule où l’on a dénombré une soixantaine de corps inanimés de jeunes ivoiriens abattus par balle sans autre forme de procès.

Une situation ubuesque et inédite dans les annales de la diplomatie internationale : une puissance étrangère, l’armée française en l’occurrence, s’est octroyée la liberté, en dehors d’une situation de guerre déclarée, en vertu d’un droit ou d’une autorité d’essence obscure dans les relations internationales, d’annihiler la flotte aérienne ivoirienne, d’occuper les abords de la résidence du chef de l’Etat ivoirien et de tirer sur la population civile comme s’il s’agissait d’une opération de police exécutée par les forces de sécurité nationales ivoiriennes. Doit-on comprendre que dorénavant, en vertu des accords secrets qui lient la France à ses anciennes colonies, tout incident menaçant les intérêts français sur le sol africain donne lieu, pour ceux qui en douteraient encore, à un déploiement de forces transformant au besoin l’ex-colonie en territoire national français ? Manifestement en Côte d’Ivoire, la France a voulu donner un signal fort à tous ceux qui auraient des velléités. Et pas un seul chef d’Etat africain n’a eu l’outrecuidance d’émettre une moindre réserve sur la réaction disproportionnée française en terre ivoirienne. Bien au contraire, tous se sont fendus en remerciements pour le rôle pacificateur de la France dans la « crise ivoirienne ». La leçon a donc été bien assimilée.

Bien évidemment, décrire ou dénoncer les relations troubles entre la France et ses anciennes colonies africaines ne revient pas nécessairement à apporter un soutien inconditionnel au Président ivoirien. Il appartient naturellement aux citoyens ivoiriens de se déterminer dans ce domaine suivant leur propre agenda. Mais il apparaît tout à fait mal venu de se joindre à l’ancienne puissance coloniale, la France, pour dénoncer le « caractère fasciste » du régime de Laurent GBAGBO. Pour quelle raison un Africain devrait-il diaboliser plus aujourd’hui, sur la base des récriminations de la France, le régime GBAGBO que celui de BEDIE, d’EYADEMA, de BONGO ou de BIYA, pour ne prendre que quelques exemples ?

Manifestement il apparaît que, malgré leur caractère dictatorial et leur niveau de corruption avérés, certains régimes du Continent noir ne font pas l’objet de la part de la France d’une publicité négative tapageuse et d’agression guerrière caractérisée comme l’a enduré la Côte d’Ivoire de Laurent GBAGBO. Parce que ces régimes amis ne menacent point le statu quo, c’est-à-dire l’ordre néocolonial en Afrique. L’ordre néocolonial, voilà le critère principal sur la base duquel un régime africain est apprécié en françafrique. A tout dirigeant africain qui ne respecte pas l’ordre néocolonial en Afrique, il lui arrive généralement malheur : assassinat ou coup d’Etat. Un véritable complot contre la race nègre depuis que l’Occident semble avoir conçu son projet de contrôler à jamais l’espace culturel, politique économique et militaire africain. En illustration de cette situation, l’on peut égrener les cas de LUMUMBA, de UM NYOBE, de MOUMIE, de BOGANDA, MURTALA MOHAMED, de Toussaint LOUVERTURE, du pasteur Martin LUTHER KING, de Thomas SANKARA etc,... tous assassinés par le rouleau compresseur occidental pour avoir eu des velléités d’indépendance et de liberté véritables de leur pays ou de leur peuple, au risque de porter atteinte aux intérêts matériels occidentaux.

Par la crise franco-ivoirienne, la Côte d’Ivoire semble avoir inauguré une ère de lutte pour le recouvrement d’une véritable indépendance, pleine et entière, alors que la politique africaine de la France continue à reposer imperturbablement sur la fameuse équation AVANT L’INDEPENDANCE = APRES L’INDEPENDANCE. L’ancienne puissance colonisatrice qui continue à tirer profit de la situation de ses ex-colonies, semble avoir été surprise par la volonté de la Côte d’Ivoire de se libérer du carcan hégémonique de la françafrique. Il s’agit là d’un coup de semonce dont la France serait bien inspirée de tenir compte.

L’histoire des relations internationales le rappelle amplement : de plein gré, aucun Etat au monde n’accepte d’abandonner une position de force. Cependant, il faut bien se rendre à l’évidence : les pays africains aujourd’hui sous domination étrangère malgré leur accession à la souveraineté internationale, ont fatalement vocation à imiter la Côte d’Ivoire si le corset hégémonique françafricain qui les enserre depuis les indépendances n’est pas relâché. Il appartient à la France d’anticiper ce mouvement afin qu’elle n’ait plus à utiliser ses MIG et autres mitraillettes contre la population civile africaine
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