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 La diversité en débat dans la république

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AuteurMessage
mihou
Rang: Administrateur
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

21082007
MessageLa diversité en débat dans la république

La diversité en débat dans la république






Lucien Pambou revient sur le concept de diversité qu'il juge flou,
indéfini et ambigu, et propose aux organisations communautaires de se
définir comme telles



Par Lucien Pambou

































Lucien Pambou

























La diversité est en débat dans la République française depuis de
nombreuses années mais de façon décisive après la marche des beurs pour
l’égalité des droits dans les années 80 et les incendies des années
2005 qui ont entraîné la création de fédérations et d’associations dont
l’objet est la promotion de la diversité.



Pour la plupart de ces organisations, la diversité est un objet de
discours politique, économique, culturel et social. J’estime que le
concept de diversité est indéfini et ambigu, ce qui rend illisible les
missions et les stratégies de ces organisations en charge de la
problématique de la diversité. La diversité est-elle liée à la couleur
de la peau, dans ce cas il est normal de parler de noirs, d’asiatiques,
de maghrébins.



Or cette définition de la diversité est insuffisante car elle n’englobe
pas que des phénotypes identifiés. Dans le cas de la France, la
diversité est aussi assimilable aux populations considérées comme
marginales (homosexuels, handicapés, etc.). Cette assimilation concerne
aussi les territoires et les populations autochtones blanches de classe
ouvrière. Pour éviter d’être cataloguées de communautaristes, certaines
associations et fédérations défendant des noirs de France utilisent le
concept de diversité à la place de celui de noirs.











J'estime le concept de diversité indéfini et ambigu





Lucien Pambou















L’élection de Nicolas Sarkozy à la Présidence de la République et la
nomination d’une noire française d’origine africaine ont contribué à
renforcer l’ambiguïté du concept de diversité. Nicolas Sarkozy a-t-il
nommé Rama secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères en charge des
droits de l’homme en pensant à sa couleur de peau ou à la diversité.



Nicolas Sarkozy a, à sa manière, appliqué la discrimination positive à
la Française, qui n’est autre que le volontarisme en politique pour
promouvoir les débuts d’une politique d’égalité des chances. Le comble
est que certaines associations et fédérations sensées représenter les
noirs de France et en France ont combattu la politique de Nicolas
Sarkozy pour s’en approprier par un tour de passe-passe, lorsqu’elles
demandent que des noirs soient recrutés à un niveau hiérarchique élevé
dans la fonction publique, dans l’armée ou dans les ministère
régaliens.



Nous sommes là au cœur d’une politique de quotas qui ne dit pas son nom
et a honte de s’afficher comme telle au nom de l’égalitarisme
républicain. Le concept de diversité camoufle en fait une insuffisance
de courage politique et de responsabilité actionnelle de la part de ces
dirigeants d’associations et de fédérations. Il n’y a pas de honte, si
on représente les noirs à afficher son communautarisme car la
République reconnaît les particularismes.









Il n'y a pas de honte, si on représente les Noirs à afficher son communautarisme car la république reconnaît les particularismes





Lucien Pambou









































©
census.gov























Le problème pour ces associations et leurs dirigeants qui n’ont pas
assez approfondi les liens entre universalisme de la République (celle
des citoyens) et les particularismes individuels, fait que la diversité
est un exutoire facile pour exister dans l’espace public. Sur le plan
intellectuel, le concept de diversité reste indéterminé. Il en est de
même sur le plan statistique ;



quand on parle des noirs, pourquoi ne pas parler de statistiques
ethniques plutôt que de louvoyer vers le concept de statistiques de la
diversité. Un esprit non averti pourrait penser qu’il s’agit de la
diversité globale (ethnique, territoriale, politique,culturelle) alors
qu’il s’agit d’une diversité stratégique concernant soit des noirs,
soit des jaunes, soit des blancs de classe populaire, soit des métis,
soit des homosexuels.

_________________
Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE
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La diversité en débat dans la république :: Commentaires

Il faut appeler un chat un chat et ne pas avoir honte de la catégorie
de population que l’on défend sous prétexte qu’on refuse par stratégie
d’être catalogué de communautariste. Ma participation à la création
d’associations et de fédérations depuis une dizaine d’années, ainsi que
mes fonctions en tant que responsable, m’ont amené à voir que la
diversité est instrumentalisée par des dirigeants d’associations et de
fédérations et par les pouvoirs publics. Un livre reste à écrire pour
présenter de l’intérieur des associations comment on conceptualise et
on met en pratique le concept de diversité.







La diversité en tant qu’instrument pour les dirigeants et en tant que
principe œcuménique pour les pouvoirs publics satisfait les uns et les
autres. Pour les dirigeants d’associations, c’est le moyen privilégié
d’accéder aux subventions locales et nationales. Pour les pouvoirs
publics, c’est le moyen d’éviter de résoudre la question centrale qui
est celle de l’intégration, de l’immigration que posent les populations
étrangères sur le sol français. De manière stratégique, les tenants de
la diversité à travers les statistiques sur la diversité veulent
montrer qu’il y a des écarts de traitement entre les populations
étrangères ? Noires ? Oui noires, quand on décode ce qu’il y a derrière
le mot diversité.



En terme de solution, c’est le concept d’égalité qui est mis en avant,
or il me semble que celui de proportion est préférable. Au-delà des
méthodes de tri et d’échantillonnage et de techniques statistiques
utilisées et discutables, il faut que les dirigeants des associations
en charge de cette question, sensées représenter certaines catégories
de populations (noire, jaune, maghrébine, même si pour certains de ces
dirigeants on peut toujours disserter à l’infini pour dire que le noir
et le jaune ne sont pas des couleurs) adoptent le concept de diversité
active. Ce concept de diversité active est plus opératoire, celui de la
simple diversité passive qui vise à dénoncer les discriminations ou
l’absence de diplômés dans la haute administration ou la hiérarchie
militaire.



























©
marne.pref.gouv.fr























Demander que l’on recrute des membres de la diversité dans ces hautes
fonctions, c’est ni plus ni moins recourir à la méthode des quotas et à
la discrimination positive qui a été critiquée par ces mêmes dirigeants
d’associations. Nous sommes là dans le cas du serpent qui se mord la
queue. Ce qu’il faut en terme de diversité active et pour que les
statistiques aient un sens, c’est s’interroger sur l’absence des
populations de la diversité dans les concours et examens qui préparent
à ces hautes fonctions.



Les populations issues de la diversité n’y sont pas pour de multiples
raisons dont celle-ci : manque d’information pour ces carrières,
préparation insuffisante. En tant que membre du jury du CAPES
d’économie, j’y vois très peu de noirs, à l’oral comme à l’écrit.
Pourquoi ? Ils ne sont pas plus bêtes que d’autres, cela tient à une
absence d’information et la plupart des populations d’origine africaine
sont dans des filières courtes professionnelles.



L’observation statistique avec les populations d’origine asiatique
montre des résultats étonnants, de l’ENA en passant par Polytechnique,
Sciences Po et les grandes écoles ainsi que l’Université, on trouve de
façon massive des représentants de ces populations. Plutôt que de
s’indigner, de demander que les pouvoirs publics apportent de l’aide,
il est dans le devoir des dirigeants des associations de la diversité
d’informer les élèves et étudiants sur la connaissance du système
éducatif français et à quoi sert l’école en France.







Voilà un débat que je veux mettre sur la place publique, je n’ai pas
raison sur tout. Le responsable d’association que je suis, doublé de «
l’honnête homme » maniant les idées, veut que certaines questions ne
soient cadenassées par des associations et des fédérations et qu’il est
urgent de rendre intelligible un certain nombre de concepts et de
pratiques pour éviter de duper les populations. La diversité est l’un
de ces concepts qui nécessitent une activité sociale en terme de
réflexion et de pratique beaucoup plus sérieuse qu’il en a été jusqu’à
présent.



Lucien Pambou

Professeur de Sciences économiques et politiques

Président de l’association DEDIP développement, diversité, partage







 

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