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 Histoire et conscience Nègre par Joseph Ki-Zerbo

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AuteurMessage
Anton
Membre initié


Nombre de messages : 27
Date d'inscription : 14/06/2007

14062007
MessageHistoire et conscience Nègre par Joseph Ki-Zerbo

Notre dette à nous qui avons été envoyés pour nous équiper au contact de l’Occident, est très lourde à l’égard de nos compatriotes. Ils attendent de nous que nous témoignions pour les nôtres, que nous les aidions à se situer dans un monde en pleine évolution et éventuellement à choisir un chemin.


Mais pour se situer et s’orienter, il est bon de s’arrêter un moment – pour réfléchir sur le chemin déjà parcouru. D’où l’importance de la mémoire. Dans la vie individuelle, la mémoire, comme dit Pascal, est nécessaire à toutes les opérations de l’esprit ; mais elle est aussi indispensable pour la cohésion de la personnalité. Prenez un homme, retranchez-lui brutalement toute les données enregistrées et conservées par sa mémoire. Infligez-lui, par exemple, une amnésie totale. Cet homme n'est plus qu'un être errant dans un monde où il ne comprend plus rien, dénué qu’il est de tout axe de référence. Dépouillé ainsi de son histoire, il est étranger à lui-même ; on dira qu’il est aliéné et il l’est, en effet, dans tous les sens de ce terme.

De même, les collectivités et les peuples sont le fruit de leur histoire. L’histoire est la mémoire des nations. C’est pourquoi il est de la plus haute importance pour la personnalité d’un peuple de cultiver cette mémoire collective ou, au contraire, d’en laisser oblitérer les trésors.

Ainsi, le fait de reprendre conscience de son histoire est un signe de renaissance pour un peuple. Tout cela justifie amplement la tentative que je fais ce soir (et qui n’est qu’une simple ébauche) de voir quelle place tient l’histoire dans l’évolution de la conscience collective chez les peuples nègres et, singulièrement, chez ceux de l’Afrique occidentale.

On peut y arriver en examinant successivement la place de l’histoire, de la mémoire collective et, plus généralement, de la notion de temps et du passé dans la vie traditionnelle des nègres.

Ensuite, comment pendant des siècles, depuis le XVe siècle, l’histoire des nègres leur a été brutalement confisquée au profit de leurs maîtres européens tant au plan de l’action qu’au plan de la connaissance ; ainsi que les conséquences qui en résultent pour la conscience nègre.

En conclusion, les perspectives qui, après ce gigantesque court-circuit, s’offrent à nous et en particulier à l’historien pour une reprise de conscience des peuples négro-africains.

1. Place de l'histoire dans l'Afrique traditionnelle

La place de l’histoire, c’est-à-dire de la notion du temps, de ce qui est antérieur, bref du passé, est une des constantes de la mentalité traditionnelle chez les nègres, constante qui donne son originalité à leur vie économique, sociale, politique et artistique.

En Afrique noire, la terre comme on le sait, est l’objet d’une appropriation non pas individuelle, mais collective. Il faut préciser d’ailleurs que la famille, le village ou la tribu n’est que le dépositaire du bien-fonds, la propriété éminente appartenant aux esprits locaux (qu’on songe ici aux dieux des nomes égyptiens).

Le chef successeur du fondateur du village est donc seul habilité à nouer des contacts avec les esprits qui ont permis à ses aïeux de s’établir là. Il est donc le commettant de ces esprits, de même qu’il est le médiateur obligé de tous ceux qui viennent s’établir là. Il intervient dans toute attribution nouvelle de terre. Et même dans les régions conquises, ce pouvoir demeure l’apanage du maître de la terre (dugu kolotigui en bambara, tengsoba en mossi), descendant du clan vaincu qui primitivement, avait occupé le pays.

On voit l’importance de l’histoire dans l’idée de propriété foncière chez les nègres.

Dans la vie sociale, il en va de même : quand j’étais berger, toute notre petite hiérarchie était fonction de l’âge. Le même mot signifie d’ailleurs souvent aîné et chef (en mossi). D’où l’importance des classes d’âges. C’est par promotions organisées que les jeunes franchissent une à une les étapes qui les conduisent aux droits et responsabilités de membres à part entière dans la cité. Les écoles de brousse, parfois très longues (sept ans chez les Guerzés), se chargent de les préparer. Ainsi l’appartenance à une même classe d’âge, par la communauté des épreuves subies et des rites perpétrés, crée une parenté d’un type particulier et très profond. Chez les bambara, ceux qui appartiennent à la même n’tomoya sont dit fulani, c’est-à-dire jumeaux.

Citons en passant les prérogatives qui reviennent à la première femme d’un polygame, uniquement parce qu’elle est la première en date. Notons d’ailleurs que la coquetterie féminine n’échappe pas à cette règle générale de la vie africaine. La femme dès qu’elle a quelques enfants, se dit et se fait passer pour vieille. Elle ne s’adonne pas comme ailleurs à la lutte incessante contre « l’irréparable outrage », tant est puissante cette sorte d’attraction de l’ancienneté.

Cette mentalité trouve son expression la plus forte dans la vénération pour les anciens et le culte des ancêtres. On ne reconnaît au père de famille la puissance paternelle sur la grande famille patriarcale (faya) que si, entre autres conditions il est vraiment le plus ancien c’est-à-dire le membre de sa génération, le plus proche de l’ancêtre. Cette règle de succession joue aussi du point de vue politique pour les rois.

Le collège des vieillards est vénéré. Experts dans les rites et les symboles ils assurent la prospérité de la communauté. Maîtres ès traditions, ils sont les intermédiaires nés, dans l’espace, avec les autres collectivités et dans le temps, avec le monde des aïeux.

L’ancêtre lui, est l’objet d’un véritable culte. Le serment qu’il a fait de ne pas tuer ni consommer tel animal, oblige toutes les générations issues de lui et cela ad infinitum. On l’invoque toujours dans les grandes étapes de la vie. Ainsi au cours des rites du mariage chez les Dagari, des libations sont faites aux ancêtres à qui on présente la jeune mariée en les priant de lui donner de nombreux enfants.

L’esthétique et la parure expriment souvent aussi cette importance de l’événement – collectif ou individuel. Les masques M’Boum à Pao aux environs du Tchad portant de longues barbes de paille ou de fibre sont de majestueuses figurations des ancêtres. De nombreuses statuettes jouent le même rôle. L’animal totem allié de l’ancêtre est l’un des thèmes favoris de l’art négro-africain. Enfin les scarifications mi-ornementales, mi-religieuses, soulignent les différentes étapes de l’histoire individuelle graduellement intégrée à celle de la collectivité. Telles les différentes marques reçues par le jeune Kabrai du Togo de quatorze à vingt ans.

La littérature enfin, témoigne de la place que tient l’histoire dans la mentalité des Noirs d’Afrique. Ce sont les légendes et les contes dont le but est fréquemment d’expliquer un fait actuel. « Autrefois les animaux sauvages vivaient avec les hommes. Autrefois le chien vivait dans la brousse » ; tels sont les exordes de quelques contes de chez nous. Et la conclusion est par exemple : « C’est depuis ce temps là que le chien et le chat ne peuvent pas se sentir ».

Il y a là une tentative d’explication générale par l’histoire. Il faut faire ici un sort aux griots, cette caste bigarrée et protéiforme, mais qui, dans les meilleurs des cas, fournissaient des conseillers avisés aux princes, par exemple aux Bours du Sénégal. Parfois les fils de rois devaient être allaités par une griotte avant leur propre mère. Les griots avaient leur franc parler avec le monarque même, comme l’atteste un passage d’Ibn Batouta dans sa description de la cour du Mali.

Or le griot constitue des archives vivantes, c’est un annaliste doué d’une mémoire prodigieuse, c‘est une des sources de l’histoire africaine à utiliser avec les précautions qui s’imposent.

En effet, parfois il établit un ordre de succession réel mais incomplet, en ce sens que les règnes qu’il relate, sont dans un ordre exact, mais peuvent être séparés par d’autres dont il n’a pas été instruit ou qu’il a oubliés. De plus, le sensationnel étant le plus demandé par la foule des auditeurs, il risque d’être polarisé par le détail qui fait mouche, quitte à le « faire mousser » dans ce but. Mais avec ces réserves, des recoupements entre les récits de plusieurs griots, d’après une méthode critique appropriée peuvent permettre d’établir un enchaînement historique valable à travers les chansons de geste des troubadours noirs.

Les épopées constituent d’ailleurs, avec la poésie lyrique la part maîtresse de la littérature négro-africaine. Certes les morceaux de littérature religieuse ne manquent pas. Mais ils revêtent souvent un caractère ésotérique. D’ailleurs elles s’expriment souvent selon un mode historique dans ces cosmogonies grandioses qui sont une tentative d’explication de l’univers par l’histoire, une genèse. Véritables fresques métaphysiques intégrant tous les plans de la pensée et de la création, et qu’on retrouve partout chez les bambara, les dogons, les bantous, le Yoruba, etc. La base de ces systèmes c’est le souffle et les forces vitales qui sont sous l’empire de la loi de l’univers. Tout a une place dans ces constructions, du ciel aux vermisseaux, de la terre aux astres, de la vie à la mort. Systèmes totalitaires, au sens premier du terme où l’esprit de synthèse du nègre ainsi que son penchant pour l’explication historique se donnent libre cours.

Ainsi donc, à tous les stades, depuis la conception de la propriété foncière, jusqu’à celle de la religion et de l’esthétique, en passant par l’organisation sociale, nous voyons que l’histoire tient une grande place dans la vie traditionnelle des nègres.

Quels sont les effets négatifs ou bénéfiques de cette attitude mentale ?

On impute tout d’abord à ce repli sur le passé, le conservatisme et la réticence au changement observé parfois chez les Noirs. « Il est donc contraire au fond de la mentalité noire, écrit Richard Mollard, de prendre quelque initiative particulière de progrès ; c’est pour cela que tout Noir non déraciné objectera que les ancêtres ne le faisaient pas si on lui suggère quelque nouveauté ». Cette « éthique fixée », cet univers organisé une fois pour toutes comme une horloge montée pour l’éternité, comme un système clos, n’offriraient aucune échappée progressiste et aboutirait forcément à une société stagnante « en tête à tête avec soi ».

De plus, l’histoire individuelle serait entièrement annexée par l’histoire de la collectivité. Disons d’abord que si les nègres traditionnels refusent les nouveautés, il faut voir de quelle nouveauté il s’agit. Réaction d’ailleurs caractéristique du paysan sous toutes les latitudes, en Auvergne comme en Chine.
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