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 Pour une nouvelle coopération Afrique-Chine (1)

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AuteurMessage
Anton
Membre initié


Nombre de messages : 27
Date d'inscription : 14/06/2007

14062007
MessagePour une nouvelle coopération Afrique-Chine (1)

Pour une nouvelle coopération Afrique-Chine: des erreurs à ne pas répéter

Par Yves EKOUE AMAIZO (13-03-2007)

Dans ce texte clair, précis et documenté, l'économiste Yves Ekoué Amaizo passe en revue les erreurs commises dans la politique économique des Etats africains sortis de la colonisation. Fort de ses constats et dans le contexte de la montée en puissance chinoise sur le continent africain, il liste les enjeux et préconise un ensemble de mesures afin de permettre aux économies africaines de saisir les opportunités d'un véritable partenariat entre la Chine et l'Afrique.

http://www.afrology.com/eco/amaizo_chinafric2.html

Introduction : renouveler l’esprit de Bandung ?

Le 22 avril 2005, lors du sommet Asie-Afrique rappelant les 45 ans de la Conférence de Bandung [1], le Président chinois Hu Jintao a annoncé la "construction d'un nouveau type de partenariat stratégique Asie-Afrique à long terme, stable et substantiel, qui réponde aux changements du temps" : la solidarité politique, la coopération économique et les relations culturelles forment la base d’une nouvelle approche reposant sur l’esprit de Bandung, sur la paix et la coexistence pacifique par des dialogues fréquents et approfondis. Il est question de rechercher ce qui rassemble ou ce que les deux continents ont en commun en mettant de côté les différences. Sur le plan économique, il faut rechercher les approches facilitant des partenariats complémentaires afin de soutenir des approches "gagnant- gagnant".

1. L’Afrique : vendre ses matières premières sans les transformer ?

Sans passé colonial en Afrique et après d’âpres luttes pour organiser son auto-détermination, la Chine populaire marque des points sur tous les plans sur le continent : coopération au plan international, commerce, accès aux matières premières, échanges entre gouvernement locaux, entrée en force de la Chine dans le capital des banques africaines, assistance financière et économique, coopération dans l’éducation, la science, la culture, la santé, paix et sécurité, approfondissement du forum Chine-Afrique lancé en 2000, coopération agricole, tourisme et contrôle des espaces, relation privilégiée avec les dirigeants africains. Cette véritable offensive économique et diplomatique de la Chine en Afrique n’est plus une option, c’est une obligation pour la Chine qui souhaite promouvoir une politique différente axée officiellement sur une approche "win-win" ou "gagnant-gagnant". S’il est rare d’entendre parler de démocratie, de droits de l’homme, d’égalité entre les citoyens, d’immigration, de racisme sino-africain, de conditionnalités pour accéder à une coopération avec la Chine, il est en revanche facile de comprendre qu’il est question de pénétration d’un marché où des pré-carrés occidentaux risquent de s’amoindrir pour ne pas dire disparaître à terme. Derrière les déclarations de coexistence pacifique et de partenariats complémentaires, la Chine tisse sa toile "aspirateur" des ressources africaines.

La Chine mise sur des relations de longue durée, sur cinquante ou cent ans. On peut par exemple véritablement parler d’infrastructures routières ou ferroviaires et donc d’intégration régionale. Les investissements peuvent se faire sur plusieurs générations, loin des considérations électoralistes. Pourtant, l’Afrique est en train de renouveler une erreur stratégique et ne semble pas avoir appris les leçons du passé. En effet, au cours de la guerre froide entre les pays du bloc occidental et ceux de l’ex-union soviétique, la compétition entre les deux géants faisait croire aux dirigeants africains qu’ils représentaient quelque chose d’important au plan global. Certes, les matières premières demeurent le cheval de bataille. Mais que valent des matières premières dont les termes de l’échange sont défavorables avec des manques à gagner avoisinant les 60 %, surtout lorsque les recettes subissent des dévaluations monétaires. L’Afrique est structurellement perdante dans ce genre d’échanges. Que vaut l’Afrique face à des nouveaux géants comme la Chine, l’Inde, le Brésil, etc. ? Quel peut être le poids d’une Afrique où les dirigeants continuent à gérer l’espace, les individus et les ressources comme s’il s’agissait d’une propriété personnelle dont beaucoup ont hérité par la loi des armes suite à des décennies de dépeçages orchestrés par les Etats colons et agresseurs ? Rien de très influent sur le plan global.

2. Arrêter de rêver à un "futur lumineux" et poser les préalables à son émergence

Le Président chinois a intitulé son discours prononcé lors du 45e anniversaire de la conférence de Bandung à Jakarta, en Indonésie en 2005 : "Du passé glorieux à un futur lumineux : construire un nouveau type de partenariat stratégique entre l'Asie et l'Afrique". Il faut croire qu’il ne doutait pas un instant que les objectifs des dirigeants africains avaient la même profondeur en termes de développement socio-économique que ceux de la Chine. Il faut croire aussi que les termes flatteurs sont pris très au sérieux par les dirigeants africains. La réalité africaine est bien moins lumineuse. L’Afrique n’a aucune chance d’émerger au 21e siècle si les dirigeants africains ne prennent pas conscience des nouvelles opportunités se profilant à l’horizon avec des nouveaux partenaires comme la Chine, l’Inde, le Brésil ou l’Afrique du sud qui n’ont pas pour politique affichée, une coopération qui appauvrit l’une des parties.

Depuis 1963, lorsque l’ex-Président ghanéen Kwame N’Krumah a lancé le rêve panafricaniste, rien de fondamental ne s’est produit sur le plan des approches stratégiques dans les relations du continent avec le monde extérieur. En effet, malgré des progrès ici et là sur le plan démocratique et des droits de l’homme, globalement les relations économiques et commerciales sont caractérisées par la fragmentation des approches, les négociations en catimini avec l’extérieur pour ne gérer que des intérêts purement nationaux, quant ceux-ci en sont pas tout simplement ethniques. Les dirigeants africains n’ont pas encore donné les moyens à l’Union africaine et au NEPAD (nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) de positionner l’Afrique sur un plan collectif. Non, malheureusement, les ambitions égoïstement nationalistes, voire claniques, sont encore trop fréquentes et gênent particulièrement l’émergence des Africains pris collectivement et le rayonnement de l’Afrique.

Dans un monde globalisé et interdépendant, toute action basée sur l’intérêt national aux dépens de l’intérêt régional voire continental, se paye à terme. La Côte d’ivoire en est l’illustration la plus criarde. La politique des anciennes équipes dirigeantes reléguant l’intégration régionale et continentale en priorité seconde a finalement bloqué le rayonnement tant attendu de la Côte d’Ivoire, terre d’accueil pour les pays voisins, sans pour autant faire office de contrepoids au géant Nigeria. Bref, il n’est plus question de continuer à feindre d’organiser la CEDEAO ou l’UEMOA si les transferts de pouvoir ne se font pas effectivement vers les institutions supranationales. Une rupture douce est nécessaire. Les Béninois semblent avoir été parmi les premiers à l’avoir compris.

La bouffée d’air frais a été apportée par l’élection présidentielle béninoise du 19 mars avec la victoire d’un candidat indépendant et neuf : Dr. Boni Yayi, ex-Président de la Banque ouest africaine de développement. Oui, les Béninois viennent de donner une leçon de démocratie à toute l’Afrique. Les Béninois viennent de faire leur profession de foi démocratique. Ils viennent de démontrer comment, en toute discrétion, ils ont su rejeter une certaine arrogance de l’ex-président Nicéphore Soglo, passer l’éponge sur les multiples maladresses de gestion de Mathieu Kérékou qui représentait malgré tout la gestion traditionaliste de la politique en Afrique caractérisée par la gestion du statu quo, stopper net l’essor d’Adrien Hougbédji considéré par beaucoup comme un candidat téléguidé de l’extérieur, réconcilier les trois perdants du premier tour (Bruno Amoussou, Léhadi Soglo et Antoine Idji Kolawolé) avec le nouveau Président du Bénin… Cette forme nouvelle d’alliances et de partage du pouvoir ne peut que donner des résultats à la hauteur d’une nouvelle génération de dirigeants libres d’arbitrer d’abord en fonction des intérêts de leur peuple et non en fonction des intérêts des dirigeants et de leur entourage. Les Béninois ont choisi l’humilité de celui qui a promis que les choses allaient changer s’il venait aux commandes. Oui, Dr. Yayi est différent. C’est la nouvelle génération qui se rappelle d’où elle est née (le père du nouveau président du Bénin était agriculteur) et souhaite améliorer le sort du monde agricole au même titre que celui de toute la population. La recette du peuple béninois est simple : mettre en avant des gens neufs, indépendants, dotés d’une éthique et d’une compétence au service du peuple.

Il est donc suggéré de ne plus renouveler les erreurs du passé en diversifiant les relations et la coopération vers les pays émergents. Non seulement la diversification est nécessaire pour obtenir plus de qualité dans les relations Afrique-monde occidental, mais la nouvelle concurrence offerte par les Chinois, la simplicité dans les négociations, le dynamisme des Chinois sur place en Afrique, l’espace de liberté qu’offre l’Afrique en comparaison avec la Chine sont quelques unes des motivations qui expliquent pourquoi l’Afrique risque d’être une destination prioritaire pour beaucoup de Chinois dans les années à venir.

Mais, il y a un risque majeur. Sans changement de mentalité de certains de nos dirigeants, sans une rupture souple avec les méthodes uni-critères de gestion des affaires sur le court terme [2], il faut s’attendre à ce que l’Afrique n’appartienne plus aux Africains. Il faut craindre que les dirigeants africains oublient de construire l’avenir des africains et ne se concentrent uniquement à faire des échanges-trocs sans valeur ajoutée pour les Africains. Pour être concret, continuer à échanger des matières premières (pétrole, minerais et autres produits de base) sans création de valeur ajoutée et maîtrise du processus de transformation, c’est aller vers un suicide collectif sur le plan économique. Lorsqu’un pays qui dispose de fer et d’alumine opte pour une offre chinoise de transformation sur place du minerai avec en plus une voie de chemin de fer permettant l’exportation d’un produit ayant subi au moins 2 à 3 niveaux de transformation avant exportation, il est clair que ce pays prépare l’avenir et tente de s’inscrire dans un segment porteur du système mondial de production.

En oubliant d’organiser le contrôle et le renouvellement dans un souci de préservation de l’environnement des ressources du continent africain, les dirigeants africains risquent de renouveler la faute stratégique consistant à vendre les ressources disponibles sans réinvestir dans le développement du continent et du pays. Avec la Chine, ce problème risque de s’accentuer car la Chine semble offrir des biens et des services à des coûts défiant toute concurrence. Mais en réalité, les propriétés des espaces, des usines et des systèmes de transport et de commercialisation échappent de plus en plus au contrôle des dirigeants africains. Certains se contentent d’en accepter le principe pourvu que quelques miettes, sous la forme de pourcentage, tombent dans leur escarcelle délocalisée dans une banque offshore. On ne peut développer un pays sans faire appel à ses ressources propres, y compris celles provenant de la Diaspora. La Chine donne un exemple frappant à l’ensemble des pays dits "non-alignés".

Si l’espace national est trop étroit, alors comme le suggèrent fortement l’Union africaine et le NEPAD, il importe de s’organiser au moins sur des bases régionale et continentale. Comment peut-on encore accepter que des ressources soient identifiées et exportées hors de l’Afrique pour être transformées ailleurs et reviennent sous forme de biens manufacturés… Comment peut-on accepter que des stades de football, des palais des congrès, des palais présidentiels ou des ponts sont construits sans aucun transfert de savoir-faire aux populations locales… ? C’est pourtant ce qui se passe actuellement dans les relations sino-africaines. Il arrive même que les dirigeants, parfois mal élus, signent des accords qui octroient la meilleure partie à l’investisseur étranger sans pour autant prévoir des clauses de sauvegarde permettant de s’assurer d’un quelconque transfert de capacités productives aux populations locales. A ce rythme, le secteur minier africain risque d’échapper entièrement aux gouvernements africains dans les années à venir.
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