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 CFA vs Euro fort: Les Africains sont perdants

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AuteurMessage
Anton
Membre initié


Nombre de messages : 27
Date d'inscription : 14/06/2007

14062007
MessageCFA vs Euro fort: Les Africains sont perdants

Comme on pouvait s’y attendre, la Banque Centrale Européenne (BCE) le 07 décembre, et ce pour la sixième fois en une année, ramène son principal taux directeur de 25 points de base à 3,5 %. A 3,5 %, le taux est désormais à son niveau le plus haut depuis 2001. Malgré l'euro fort et les pressions politiques, Jean-Claude Trichet, le président de la BCE s'impose et semble minimiser les risques inflationnistes.

En France, le Premier ministre et le ministre des Finances avaient pourtant appelé la banque centrale à marquer une pause, inquiets de la dégradation du déficit commercial français et du manque de compétitivité dû selon eux à la vigueur de l'euro. En août, Mr. Trichet avait pronostiqué une inflation moyenne de 2,4 % dans la zone euro pour 2006 et 2007, au-dessus de sa zone de confort de 2 %.

Cependant, la progression du crédit bancaire, le soutien de la demande des ménages par la baisse même légère du chômage annoncée par du premier ministre français, Mr. De Villepin, la croissance des ventes au détail, la revalorisation des salaires et la hausse de la TVA en Allemagne (portée de 16 à 19% le 1er janvier) pourraient soutenir l’inflation dans la zone euro.

Les craintes de la France

La prudence semble toutefois de mise : la force de l'euro face au dollar, si elle se poursuit, pourrait freiner les exportations européennes, essouffler la faible croissance amorcée, diminuer le rapatriement des bénéfices réalisés hors Europe et au bout du compte rendre toute nouvelle hausse de taux directeur inutile. Or, le durcissement monétaire devrait soutenir encore plus l'euro. Le relèvement des taux, un mauvais coup porté à la croissance, selon force ouvrière [1].

Le taux directeur de la BCE pourrait grimper jusqu’à 4 % fin 2007 car il se peut très bien que l’on assiste à un ou deux tours de vis monétaires supplémentaires en 2007. Jean-Claude Trichet juge le loyer de l’argent encore trop "accommodant". Selon la plupart des analyses, ce n'est qu’au-dessus du seuil de 1,37 $ US le taux de change de l'euro pourrait infléchir la stratégie de la BCE.

En un an, le principal taux de la BCE a augmenté au total de 1.5 point, quand celui des taux variables de crédit immobilier n’a progressé que de 0.5 point. "En un an, les taux fixes ont augmenté de 0.40% pour les prêts d'une durée de quinze ans et de 0.35% pour ceux d'une durée de vingt ans" note Geoffroy Bragadir, directeur Général d'Empruntis.com [2]. Les taux fixes, qui sont plébiscités par les emprunteurs, ne sont pas directement impactés par la politique monétaire de la BCE.

Jean-Claude Trichet a également levé un coin du voile sur les projets de la BCE en 2007. "Pour l'avenir, il est nécessaire d'agir avec fermeté et au moment opportun pour faire en sorte que la stabilité des prix sur le moyen terme soit assurée". Pour l'Europe. Aujourd'hui la France doute et s'inquiète, pour elle-même, et remet en cause sa dépendance par rapport à l’institution de la BCE. Le journal Figaro banalise, affirmant que les critiques françaises restent isolées [3].

Du côté de l’Allemagne, en effet, on relativise. Il est vrai qu’avec des exportations en termes ajustés atteignant un record de 81 milliards d'euros en octobre, elle est en passe de rester en 2006, et ce pour la quatrième année d'affilée, le premier exportateur mondial.

Et les Colonies Françaises d’Afrique (CFA) ?

Oubliées et sans aucune autonomie ; le Franc CFA est en effet complètement dépendant des tribulations de l'Euro (version Française), après la dernière lourde dévaluation, réduisant sa valeur de 50%.

Le franc CFA est la devise commune à 14 pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale, dont 12 sont des anciennes colonies françaises. Ces 14 pays forment une communauté virtuelle qui se compose de deux blocs régionaux économiques et monétaires. Huit pays (le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d'Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo) constituent l'Union économique et monétaire ouest-africaine – UEMOA - et six autres pays (le Cameroun, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République centrafricaine, la République du Congo, et le Tchad) qui forment la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale - CEMAC.

Personne ne se soucie de ce que les pays pauvres doivent subir tant qu’il s’agit de réévaluer la valeur de l’aide au développement, d’effacer de moitié la dette envers l’Afrique, de réduire de moitié les créances africaines sur l’Europe. La surévaluation de la monnaie européenne fait du franc CFA une monnaie dont on se soucie peu sauf pour assurer des compléments de recettes. On parle de l'Euro et des problèmes du continent européen; on feint d’oublier le cas du cfa, qui finalement n’a qu’une représentation marginale dans la gestion de l’Euro. Les ministres de l’économie et des finances des pays africains ne semblent pas voir le danger, à moins qu’ils n’aient abandonné la lutte. Un Euro fort face au dollar signifie entre autres, une perte sèche sur la plupart des matières premières facturées en dollar, une plus grande dette liée au fait que l’essentiel du commerce des pays francophones africains au sud du Sahara se fait avec l’Europe et un véritable frein aux exportations africaines qui manquent singulièrement de valeur ajoutée liée au manque de transformation dans le processus industriel.

Le coton béninois ou le cacao ivoirien risquent d’être de moins en moins compétitifs, face aux cultures révolutionnaires de l'Amérique latine et devant les champs subventionnés aux Etats-Unis. Même si, d’après les faiseurs de la théorie dominante, l'avènement de l'Euro a toujours été présenté comme une chance pour la zone cfa, les faits semblent aujourd'hui contredire les analyses les plus optimistes. La dépendance se raffermit à tous les niveaux. Le problème singulier de l’échange inégal lié à la monnaie semble souvent être absent dans les négociations entre l’Europe et les pays Afrique, Caraïbes et Pacifique ou au niveau des cycles de négociation commerciale y compris Doha.

La BCE quant à elle s’est dédouanée de toute implication dans le dossier CFA, estimant dès le départ que ces accords ne sont pas susceptibles d'influer sur la politique monétaire et de change de la zone euro [4]. Le projet énonce en effet que la France peut maintenir les accords existants concernant les questions de change avec l'Union économique et monétaire ouest-africaine, la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale et les Comores lors du remplacement du franc français par l'euro. C’est ce qu’on appelle un blanc-seing.

L'ancrage du CFA à l'euro entraîne une réduction des zones d'échange pour l'Afrique

En Afrique de l'Ouest, la moitié des 16 nations de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) sont des pays de la zone franc. Sur le plan technique, l'incidence de la construction monétaire européenne sur les accords de la Zone franc se limite à la substitution de l'euro au franc français comme point d'ancrage pour le franc CFA. D'un point de vue économique, cette substitution est censée contribuer à la stabilité économique et monétaire des pays africains de la zone franc. L'arrimage du franc CFA à l'euro offre également pour les pays de la zone euro de nouvelles opportunités d'investissement et de commerce dans la zone, dans la mesure où il réduit leur risque de change. La frilosité du monde des affaires en Europe pour investir dans les capacités productives sur le continent se heurte toutefois au contexte d’instabilité sociopolitique et à la nouvelle compétition avec les nouveaux pays émergents.

Les exportations de la zone franc vers les pays de l'Union monétaire européenne devraient, elles, normalement s'en trouver favorisées. Il convient de noter que les pays africains de la zone franc réalisent plus de la moitié de leurs échanges commerciaux avec les pays de l'Union européenne, le passage à l'euro aurait dû entraîner une plus grande stabilité du taux de change effectif des francs CFA. D'après les chiffres du FMI, de 40 à 50 % de tous les échanges commerciaux de l'Afrique s'effectuent avec des clients de la zone euro [5]. Pourtant, l’Afrique subsaharienne francophone ne semble pas bénéficier particulièrement des "avantages supposés" de cet espace.

Avec un Euro fort, on comprend que la diversification des zones d'échange (même intra continent) est difficile à mettre en place. Il persiste un flou autour de la capacité de l’Afrique à s’organiser collectivement pour aller vers un panier de monnaies, notamment en s’organisant autour des autres devises comme le dollar, le yen, le yuan... Il revient à l’Afrique d’améliorer ses échanges intra-africains et graduellement organiser un système de surveillance monétaire et de respect des critères de convergence afin d’aller vers une monnaie africaine tant souhaitée par les populations africaines. L'union africaine reste un projet incomplet sans une maîtrise des devises nationales.

10 décembre 2006
Gustav Ahadji




1. Voir www.force-ouvriere.fr
2. Voir http://www.empruntis.com/financement/actualites/index.php?id_actu=1313
3. Lire http://www.lefigaro.fr/election-presidentielle-2007/20061209.FIG000001002_les_critiques_francaises_contre_l_independance_de_la_bce_restent_isolees.html
4. Journal officiel des Communautés européennes 15.7.1999 - (CON/98/37)(1999/C 200/05)
5. Source : Afrique Relance - ONU. vol.12#4.Euro effets en Afrique
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CFA vs Euro fort: Les Africains sont perdants :: Commentaires

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CFA : La réforme se pose avec acuité
Message le Jeu 20 Sep - 22:43 par mihou
CFA : La réforme se pose avec acuité


Pour
les uns, « changer les règles, c’est risquer de faire éclater le
système », pour les autres, une réforme-même du système permettrait
d’encaisser en temps réel les pertes de compétitivité, évitant ainsi
que l’on attende des décennies pour recourir à une dévaluation massive.
En attendant, c’est toujours le statu quo. On l’aura compris, le
système monétaire en vigueur dans la zone CFA basé sur la parité fixe
du franc CFA à l’Euro, la monnaie européenne, en inquiète plus d’un à
la faveur de son actualité brûlante.


Mercredi
19 septembre 2007, la monnaie européenne a atteint un nouveau record
absolu face au billet vert qui a perdu près de 40% de sa valeur, à
1,3879 dollar, dépassant son précédent plus haut de 1,3852 dollar qui
datait du 24 juillet. Hier jeudi, voilà que l’Euro a frôlé la barre de
1,41 dollar. La surélévation constatée depuis quelques années
maintenant de la monnaie européenne entraînant de facto celle du franc
CFA, le taux de change fixe entre le CFA et l’euro présente un
inconvénient majeur : le CFA a tendance à s’apprécier artificiellement
vis-à-vis des grandes devises. Ceci suscite dès lors un commentaire :
« ce n’est pas bon pour les affaires ! ». Les affaires pour qui ? pour
les pays de la zone franc, pardi. Parmi eux, le Sénégal où, dans les
milieux économiques, on a toujours craint un Euro fort en dépit de la
garantie de convertibilité du franc CFA dans toutes les monnaies
étrangères que son arrimage à la monnaie européenne lui confère.

Il se trouve que la
compétitivité des produits de la zone CFA est au niveau le plus bas,
depuis des années, du fait de la surélévation de l’Euro. La situation
est telle, que des rumeurs et autres appréhensions d’une deuxième
dévaluation du franc CFA viennent alimenter le débat. Celui-ci est
d’autant plus intéressant qu’il est apparu que ce n’est pas une énième
dévaluation qui va régler le problème. La question est jusqu’à quel
niveau peut-on dévaluer une monnaie, quand on sait que le franc CFA a
déjà perdu 50% de sa valeur lors d’une première dévaluation opérée en
1994, qui ruina les fonctionnaires même si elle permit aux économies de
la zone de sortir de la récession ?

La solution, dans le
contexte actuel, semble donc être dans une réforme du système monétaire
qui reviendrait à indexer le franc CFA à un panier de devises
internationales. En somme, un système de flexibilité monétaire plutôt
qu’une parité fixe, comme c’est le cas du franc CFA. Un tel système
permettrait d’encaisser en temps réel les pertes de compétitivité de
nos économies.

On a souvent évoqué
les avantages, certains, d’un régime de change fixe et à travers
l’arrimage du CFA à l’Euro, on peut rappeler que cela a, entre autres,
permis de contrôler l’inflation, en plus du fait qu’à la faveur de ce
cordon ombilical, la France apporte un soutien budgétaire aux pays de
la zone en cas de crise budgétaire majeure. Cependant, cela pose
également le problème des inconvénients d’un système de changes fixes.
A ce niveau, il convient de préciser d’abord que dans un régime de
changes fixes, il n’est pas exclu de rattacher la monnaie domestique à
un panier de devises. Le problème principal, ici, c’est donc bien le
caractère figé de la parité. Les politiques monétaires des pays
concernés comme le Sénégal sont moins libres ; les réserves
internationales de devises du pays doivent être importantes ; les
politiques de rééquilibrage des balances des paiements s’appuient sur
des pratiques nationales inflationnistes ou déflationnistes, affectant
la politique de tarification dans ce pays ; les taux de change peuvent
être maintenus à des niveaux incompatibles avec la situation économique
et amener l’Etat à une crise financière comparable à celle que les pays
asiatiques ont connue en 1997.

A contrario, dans un
régime de changes flexibles qui, il faut bien le souligner n’est pas
dénué d’inconvénients parmi lesquels une volatilité plus grande des
cours de change qui peut avoir une influence négative sur le commerce
international ; la devise du pays peut inspirer moins confiance qu’une
devise à taux de changes fixes, etc... il est permis un ajustement plus
rapide aux chocs externes puisque l’ajustement est constant ; les
politiques monétaire et fiscale des pays peuvent être plus flexibles ;
les Banques Centrales n’ont plus besoin de conserver des réserves
importantes de devises pour défendre le cours de la monnaie. Dans un
système de change à taux de change flexibles, les taux de change
fluctuent librement en fonction du libre jeu de l’offre et de la
demande ou, à tout le moins, ils fluctuent dans les limites de marges
fort larges. Les banques centrales peuvent en effet être amenées à
intervenir dans le cadre de fluctuations trop importantes. Aussi,
l’inconvénient majeur d’un tel système c’est qu’il n’entraîne pas
forcément une certaine discipline dans les politiques internes
appliquées par les gouvernements.

Ce qui revient à
dire que,si une réforme du système monétaire de la zone franc qui
regroupe 14 pays africains autour de deux banques centrales - BEAC
(Afrique centrale) et BCEAO (Afrique de l’Ouest) - sous la tutelle de
la France, se pose avec acuité à travers une section du cordon
ombilical qui lie la France à la zone à travers la monnaie CFA, il
demeure que ces pays ne peuvent échapper au fait qu’une monnaie ne peut
assurer à elle seule le développement qui dépend surtout de la bonne
gouvernance et d’une gestion économique de qualité.

Toujours est-il que,
dans le contexte actuel, les exportations des pays de la zone franc
s’abîment puisque les produits provenant de la zone CFA sont 40 % plus
chers. Conjuguez cette hausse de prix avec les subventions
astronomiques versées aux agriculteurs des pays riches, et ce sont des
millions de ruraux de la zone CFA qui sont en danger. Dans l’équation
de la croissance, l’exportation apparaît ainsi comme une variable si
importante que les pays riches ont créé des banques pour appuyer les
leurs.

Par ailleurs, les
importations, qui favorisent le chômage dans la zone CFA en contribuant
au marché de l’emploi des concurrents, augmentent considérablement et
bien plus que les exportaions. Les marchés sont inondés par ces
produits moins chers, et puisque tout d’un coup tous les importateurs
veulent ces produits dans notre marché, la demande pour la production
monte et de facto des emplois considérables sont créés dans les pays
asiatiques, par exemple, au lieu du Sénégal.


http://www.seneweb.com/news/elections2007/article.php?artid=12346
 

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