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 La destruction des sols par l'Homme

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mihou
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Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

11062007
MessageLa destruction des sols par l'Homme

Claude BOURGUIGNON Microbiologiste des Sols





lundi 23 juin 2003






A
ce stade de la complexité des questions soulevées par notre rapport
actuel à l’environnement, à l’Agriculture, il est utile d’écouter
maintenant ce que Claude Bourguignon nous expliqua en 1991, lors d’une
rencontre-entretien réenrichie en 1994.


Claude Bourguignon est docteur es-sciences, directeur
du Laboratoire d’Analyse Microbiologique des sols (analyse sur le
terrain et au laboratoire, sur le plan chimique et biologique des sols
agricoles afin d’aider les agriculteurs dans leur gestion sol en
France, en Europe, en Amérique et en Afrique), ingénieur agronome (INA
PG), membre de la Société d’Ecologie, membre de la Société Américaine
de Microbiologie, enseignant à la première Chaire Française de
Pédologie et de Microbiologie du sol (Beaujeu), auteur du livre : "Le
sol, la terre et les champs" (Ed. La Manufacture/Sang de la Terre.
1989.), expert du sol auprès de la CEE. Le passage constant du terrain
au laboratoire, de la politique au fondamental, lui permet d’avoir une
approche globale du sol.









En tant que spécialiste de la vie des sols, pouvez-vous estimer le
pourcentage des sols de France atteints par la pollution (et dans
quelle proportion) ?



Claude Bourguignon :
10% des sols sont pollués par des métaux lourds. 60% sont frappés
d’érosion. 90% ont une activité biologique trop faible et en
particulier un taux de champignons trop bas. Idem dans le monde. De
plus le phénomène de fatigue des sols (chute de rendements) se fait
sentir en maraîchage et en culture betteravière.


Qu’est-ce que c’est pour vous, un sol ?


C. Bourguignon :
Le sol est une matière vivante complexe, plus complexe encore que l’eau
ou l’atmosphère qui sont des milieux relativement simples. Vous savez,
le sol est un milieu minoritaire sur notre planète : il n’a que 30
centimètres d’épaisseur en moyenne. C’est le seul milieu qui provienne
de la fusion du monde minéral des roches-mères et du monde organique de
la surface - les humus. Je vais être obligé d’être un peu technique
pour vous expliquer...


Sur trente centimêtres d’épaisseur, le sol héberge 8O %
de la biomasse vivante du globe. Et dans ce sol, très mince, il y a
beaucoup plus d’êtres vivants que sur le reste de la surface de la
terre. Cela ne se voit pas. C’est un monde microbien que l’on a
d’autant plus négligé qu’il ne coûte rien...Un énorme tabou pèse sur le
microbe. Il est extrement mal vu dans notre société. Il est source
centrale de mort dans la vision pasteurienne. Les microbes sont
fondamentaux pour la vie. Sans ces intermédiaires, les plantes ne
peuvent pas se nourrir. L’industrie de l’homme, dans son
fonctionnement, ne fait que copier le microbe. Le problème, c’est
l’énergie phénoménale que cela coûte. Les bactéries des sols fixent
l’azote de l’air pour faire des nitrates. Gratuitement ! L’homme, lui,
utilise 10 tonnes de pétrole pour fixer une tonne d’azote. Qu’il vend.
Cher. En oubliant de dire que les molécules chimiques ne fabriquent pas
un sol. C’est le paysan qui la fabrique de ses mains, ce sol. Alors
évidemment, l’industrie a eu intérêt à remplacer le modèle traditionnel
de l’agriculture Française... Et, lorsque j’ai mis au point ma méthode
de mesure de l’activité biologique des sols, je me suis rendu compte de
la réalité. Les agriculteurs biologiques ou biodynamiques ont des sols
beaucoup plus actifs que ceux qui travaillent en conventionnel. Des
sols vivants.


C’est le moment où vos ennuis commencent avec l’Inra ?


Claude Bourguignon :
Exactement. L’Inra a rejeté en bloc l’agriculture biologique,
bio-dynamique, sans l’avoir jamais étudiée ! C’est une faute
professionnelle grave de la part de cet Institut face à la déontologie
scientifique. C’est là où il a perdu sa liberté. Ce n’est plus
réellement un Institut d’état. C’est un Institut au service des grandes
entreprises marchandes d’engrais. Plus de la moitié des commandes de
thèses de l’Inra proviennent d’elles. Et il n’y a pas que l’Inra.
L’ensemble des instituts mondiaux se sont finalement laissés dominer
par les marchands. Mais cela ne veut pas dire que les chercheurs de
l’Inra soient heureux. Un certain nombre d’ailleurs le vivent mal...
Aujourd’hui, l’Inra prend peur parce que le monde agricole, entre
autres, lui réclame des comptes. Hier, les recherches favorisant
l’environnement n’étaient pas un créneau porteur. Aujourd’hui elles le
sont puisqu’il y a des budgets CEE et des marchés à saisir. Je pense
que dans dix ans l’Inra affirmera qu’il a toujours été pour
l’agriculture biologique. Dans trente ans, il rappellera qu’il a
toujours soutenu la bio-dynamie.
Et tant mieux. Ce sera la preuve que nous serons enfin parvenus à
travailler ensemble pour régler le vrai problème : la pollution de la
planète.


Quelle a été votre démarche au début de vos recherches ?


Claude Bourguignon :
J’ai essayé de comprendre pourquoi certains sols étaient plus vivants
que d’autres. Cela varie en fonction des modes de cultures choisis.
Traditionnellement, on fertilisait le sol avec de l’humus, l’argile
était marnée et on utilisait un liant, le calcium souvent. On
mélangeait l’ensemble au compost que l’on répandait sur le sol. Les
engrais verts, eux, favorisaient les microbes minéralisateurs. Les
microbes "intermédiaires" vivants près des racines des plantes étaient
fertilisés par la rotation des espèces végétales cultivées. Enfin les
microbes vivants près des roches mères étaient stimulés par les roches
broyées. Aujourd’hui, ces étapes n’existent plus. On donne dans la
monoculture... On ne pratique plus la fertilisation. Ce mode de
production nie la vie microbienne. Et aujourd’hui, la production stagne
quand elle ne régresse pas. Mes relevés d’activité biologique indiquent
que les sols cultivés avec les engrais chimiques meurent, peu à peu.


Quelle est votre vision du rapport de l’homme à la terre, et à l’agriculture ?


Claude Bourguignon :
L’agriculture est d’abord l’histoire tragique de 15 000 ans de famine.
Dans la période de la cueillette, l’homme respecte la terre comme sa
mère nourricière. Plus tard naît l’agriculture. Mais elle ne commence à
nourrir les hommes qu’au XVIIIe siècle. L’empire romain naît puis
disparaît, ses sols détruits. Cinq siècles plus tard, l’Europe s’unifie
sous Charlemagne et s’attaque alors à son grand bloc forestier à peu
près intact, de la Gaule à la Pologne. En peu de temps, 70 % des forêts
disparaissent... Des tas de manuscrits du début du XIVe siècle
décrivent des orages terrifiants venant de la mer, provoqués par la
disparition des forêts qui tamponnaient le climat. Au XVIIe siècle,
l’Europe sort de ce cauchemar écologique à travers la pratique du
labourage et du pasturage. On remplace les jachères par la culture des
légumineuses qui fixent l’azote. Chose que l’on ne savait pas à
l’époque. Cela donne un abondant fourrage qui va nourrir le bétail.
Mais il faut le garder pour qu’il cesse d’errer sur les terres
cultivées. Alors on invente la haie. Les haies ont un rôle remarquable
de rééquilibrage du climat. En fait, on crée la forêt maillée. Et de
ces bêtes immobilisées dans les champs on récupère les excréments qui,
mélangés à la paille des céréales, donnent le fumier. Ce fumier est
composté puis répandu sur les terres. C’est ce qu’on appelle
l’amendement de la terre. On cesse alors de mourir de faim en Europe.


Mais au me moment où l’on résout le problème écologique
en réintroduisant l’animal dans le système agricole, l’industrie arrive
et fout tout par terre. Aujourd’hui, nous perdons en moyenne 10 tonnes
de sol par hectare et par an. Les paysans Français utilisaient 120
millions de tonnes de fumier pour 30 millions d’hectares. 4 tonnes de
fumier par hectare donnent 2 tonnes d’humus. La tâche de liaison avec
l’argile est assurée. Les sols sont équilibrés et continuent à
s’améliorer au fil des ans.


Le sol est une matière vivante. Aujourd’hui nous
perdons en moyenne 10 tonnes de sol par hectare et par an. Vous faites
le calcul et dans trois siècles, c’est le Sahara. Il faut réagir
maintenant. La nature réagit très fortement. Ce n’est pas grave. Ce
n’est pas la fin du monde. Je ne crois pas aux fins du monde. Il y a
des civilisations qui naissent, atteignent leur apogée et meurent.
D’autres prennent la relève. Je crois que telle que cette civilisation
est structurée, elle sera incapable de faire face au problème numéro 1
qui est le problème de l’Environnement et de la Terre. Avant le
problème était celui des choix politiques, de l’homme, de l’existence
des classes sociales. Mais notre grand problème à nous est unique.
C’est la Terre. Et la civilisation ne change pas, me face à sa mort
prochaine.


Continuer à nier ce fait nous mène droit à la
catastrophe. L’agriculture écologique au plan mondial est la garantie
d’un rapport juste entre l’homme et son environnement, pour une
alimentation saine et une juste rétribution du travail de chacun. Et la
culture bio-dynamique, ça veut dire sauver les pays du Tiers-Monde de
la famine, oui les sauver !!! Mais actuellement, cela va trop vite. Un
Ministre de l’Environnement ne peut rien faire face à Rhône-Poulenc qui
cherche à vendre ses molécules de synthèse. Il faut les amortir. Dans
la recherche c’est très net. Vous êtes payés par des contrats. Imaginez
que j’aille chez Rhône-Poulenc pour leur dire : J’ai un projet de
recherches que j’aimerais que vous financiez et qui montre que vos
produits détruisent la vie des sols...Ils éclateraient de rire !!! Mais
s’ils connaissaient le coût réel de leur éclat de rire, ils
reprendraient leur sérieux et ils accepteraient tout de suite...


Un autre problème soulevé est la capacité de retraitement de l’azote industriel par l’activité microbienne du sol...


CB : Le problème de la
circulation d’un élément dans le sol est lié à sa concentration. Si la
concentration d’un élément est très faible, par exemple s’il n’y a plus
d’azote dans les sols, la mobilité de l’élément sera surtout une
mobilité biologique c’est-à-dire que la Vie va se jeter dessus parce
qu’il est rare. La vie ne va surtout pas le laisser passer. Par contre,
si un élément devient très abondant, il y aura une mobilité physique
dominante, c’est- à dire qu’il peut suivre l’eau tout simplement. Parce
que la vie en a trop, elle ne va pas s’amuser à tout prendre ! Donc
elle laisse passer et l’environnement se trouve pollué. L’avantage du
microbe c’est qu’il travaille au fur et à mesure des besoins de la
plante puisqu’il travaille en me temps que la plante. Quand le sol est
sec les microbes s’arrêtent et les plantes ne pompent plus le sol.
Quand il fait trop froid, les microbes ne travaillent pas mais les
plantes ne poussent pas. Comme c’est un système vivant, que les
bactéries sont aussi des plantes, ils travaillent en symbiose totale.
L’homme de l’agriculture chimique met son azote à n’importe quelle
saison ; il ne le fractionne pas comme le microbe, donc il pollue. Ce
qui fait que, "curieusement", la grande majorité des agronomes ne
connaissent rien à la microbiologie des sols. Parce qu’il n’y a pas
d’enseignement. Il n’y a aucune chaire officielle de microbiologie des
sols en France depuis la disparition du secteur microbiologie des sols
de l’Institut Pasteur. l’Inra a confié son secteur à un professeur qui
s’intéressait surtout à la microbiologie industrielle qui est très à la
mode, d’où l’ignorance des agronomes en matière de cycles microbiens,
pour la plupart.
Pour eux, sans engrais chimiques, sans NPK, c’est la mort ... du sol !
Pour eux, le sol est d’ailleurs un simple support inerte sur lequel il
suffit de répandre des solutions chimiques magiques ! Alors que le
fondateur de l’agriculture chimique, Justus Van Liebig n’a jamais dit
ça. On a mal interprété ses paroles. Ses écrits ont été complètement
déformés par l’industrie des produits chimiques.


Liebig a montré sous quelles formes les plantes
absorbaient les éléments ; il a montré que la plante ne pouvait pas
prendre l’azote autrement que sous la forme nitrates, forme fabriquée
par les microbes. Il n’a jamais dit qu’il fallait mettre des nitrates
dans les sols. Il a montré que la plante attendait que les microbes
aient fabriqué des nitrates pour les prendre. Il a montré qu’elle
attendait la forme phosphate, sulfate. Les plantes attendent toujours
des formes électronégatives et cela, pour des problèmes de stratégie
d’absorption. Contrairement à nous, le gros ennui de la plante c’est
qu’elle se nourrit d’un support d’origine minérale où domine
essentiellement la silice (56% des roches mères), le fer, l’aluminium.
La plante, elle, est très pauvre en fer, en silice et en aluminium. Par
contre la plante est riche en azote, en phosphore et en sulfate,
éléments qui manquent dans la terre. La plante est donc obligée de
développer une stratégie très astucieuse d’absorption, "l’absorption
active". Elle ne peut se laisser traverser par les lois de la chimie
qui disent que toute substance tend à s’égaliser de part et d’autre
d’une membrane vivante. Si la plante se laissait faire par cette loi
là, elle aurait la meme concentration que le sol. Ce qui n’est pas du
tout le cas.


Alors comment fait-elle ? Elle utilise un système d’une
remarquable intelligence, système utilisé d’ailleurs par l’ensemble de
la vie dès qu’il y a des problèmes d’échange électrique à opérer. La
première série des éléments du tableau de Mendeleieff sont ce qu’on
appelle les cations monoatomiques. Ce sont des atomes qui sont porteurs
d’une charge positive. Ces éléments ne sont jamais constitutifs du
matériel vivant sauf l’hydrogène qu’on met en dehors du tableau de
Mendeleieff parce qu’il possède un comportement très spécial.

_________________
Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE
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La destruction des sols par l'Homme :: Commentaires

avatar
Re: La destruction des sols par l'Homme
Message le Lun 11 Juin - 22:28 par mihou
C’est un peu de la triche, lui ! C’est le Numéro 1 ! L’Hydrogène !


CB :
Oui c’est le numéro 1. Et bien sûr il fonctionne différemment. Mais si
vous prenez lithium, sodium, potassium, rubidium, césium, ils sont tous
parfaitement équivalents et ils servent à la plante à se charger
positivement. Donc la plante a des pompes qui consomment de l’énergie
accumulée en quantité par la photosynthèse. Elle dépense son énergie
pour charger ses cellules racinaires positivement avec ses cations
monoatomiques qui ne fabriquent aucune molécule vivante. Il n’existe
aucune cellule vivante contenant du potassium, contenant du sodium, du
lithium. Mais par contre, cela rentre très facilement à travers les
membranes. D’ailleurs cela fait partie des très rares atomes que nous
pouvons manger, nous les humains, à l’état pur, sans passer par la
forme organique. Il en est de me pour l’avant-dernière colonne du
tableau de Mendeleieff, celle des anions monoatomiques (chlore, fluor,
iode). Tous ces éléments nous pouvons les manger purs. Nous pouvons
manger du NaCl - du sel - et nous l’absorberons très bien. Nous pouvons
prendre du chlorure de potassium, idem. Ce sont les seules formes et
tous les êtres vivants peuvent le faire.


Donc la plante se charge positivement et une fois
qu’elle est plus, que fait-elle ? Une fois qu’elle est devenue une pile
positive, elle attend que les microbes fabriquent du "moins". Cela va
pouvoir entrer me si les concentrations sont faibles à l’extérieur
parce qu’elle va créer une force électrique tellement forte que ça va
attirer un ion négatif alors qu’il est très rare à l’extérieur et c’est
ainsi que les plantes se nourrissent.


Alors les microbes ont deux techniques pour fabriquer
des éléments négatifs. Ils ont la technique de l’oxydation. Ils oxydent
l’azote en nitrate, le phosphore en phosphate, le soufre en sulfate, le
sélénium en sélénate, le calcium en oxyde de calcium, etc. Mais il y a
des éléments oxydés qui sont insolubles, tel l’oxyde de fer. Comment la
Vie a-t-elle résolu ce problème ? Par un système très astucieux : la
chélation de l’élément ... par le microbe !
Il prend l’élément et l’attache sur une molécule organique. Quelle
molécule organique utilise-t-il ? Un acide organique qui est une
fonction chimique de type CO-O, fonction négative qui pourra rentrer
dans la plante. C’est une sorte de pince si vous voulez qui va
entraîner l’élément dans la plante, qu’elle capte électriquement. On
appelle cela la "chélation".

Nous ne faisons que copier la
Nature. Avec industrie et finances en prime. Justus Van Liebig avait
pourtant rappelé que la boîte de conserves de Nicolas Appert était une
nourriture militaire, pour temps de guerre, d’épreuves, transitoire
mais nullement préférable à une nourriture fraîche.






CB :

Oui, de secours. D’ailleurs que l’on ait extrait de l’huile à chaud

pendant la dernière guerre mondiale, parce qu’on n’avait pas d’huile à

donner aux Français, on comprend tout à fait. Mais que les huiliers

aient gardé le procédé d’extraction à chaud alors que c’était interdit

avant la guerre, là c’est scandaleux. Là, ils font de l’argent sur le

dos des gens et cela ne correspond plus du tout à un problème de

survie. C’est devenu un problème de gros sous.





C’est exactement comme à la sortie de la guerre de

14-18. Pourquoi a-t-on violé les agriculteurs avec les nitrates ? C’est

que les nitrates avaient été fabriqués par Haber, en 1913. Haber trouve

enfin la technique qui permet de prendre l’azote de l’air et de

fabriquer des nitrates. C’est cette découverte qui permet à l’Allemagne

de déclencher une puissance de feu phénoménale : les nitrates de

synthèse permettent de fabriquer des bombes en remplaçant le salpêtre.

L’Allemagne va avoir de l’azote à profusion, tant qu’elle veut.

L’azote, c’est 79% de l’atmosphère. La vie microbienne du sol et

certaines plantes captent l’azote de l’air, gratuitement. L’industrie,

elle, développe ses usines qui coûtent horriblement chères. Et

l’Occident va ainsi fabriquer ces nitrates avec ces techniques et cela

va être une grande guerre mondiale. A la sortie de cette guerre, il va

bien falloir pacifier ces usines qui ont coûté si chères. On ne peut

pas les fermer comme ça ! Il faut les amortir !! Et comme Justus Van

Liebig avait montré que c’est sous la forme de nitrates que les plantes

se nourrissent, ils ont fait tout de suite l’interface.

Et au début on a été raisonnable, comme dans la plupart des

interventions humaines. Entre les deux guerres, on préconise 20 à 30

kilos d’azote à l’hectare. On ne viole pas les sols. Les rendements

augmentent de façon spectaculaire. Et puis la loi du commerce

augmentant, on est passé à 50, puis 100, et maintenant on en est à 248

kilos d’azote à l’hectare Aujourd’hui, c’est du délire.

Je n’ai pas les positions extras des tenants les plus radicaux de

l’Agriculture Biologique. Je trouve normal que par son intelligence

l’homme comprenne les mécanismes vivants et les perfectionne. Mais

quand on en arrive à mettre 248 kg d’azote à l’hectare sur le blé on

délire. Du délire commercial. On abîme l’environnement et on abîme la

santé des gens. Et là je ne suis plus d’accord. Et en tant que

scientifique, je m’oppose à cette pratique là. On doit demander à un

sol ce qu’il est capable de produire en fonction de sa fertilité

naturelle. Tout le monde veut faire 100 quintaux à l’hectare en France.

Cela ne tient pas debout ! On ne roule pas à 240 km/h avec une 2 CV !!

C’est pareil avec les sols. La première chose : regardons notre sol et

travaillons en fonction de son potentiel de départ.





C’est là où vous intervenez. Comment évaluez-vous la fertilité d’un sol ?








CB :


J’ai développé cette technique à partir d’une idée fort simple : le sol


est un système dynamique souvent profond d’environ trente centimètres,


ce qui n’est pas très épais. Parfois, on analyse des sols qui sortent


directement de la roche-mère, que l’on touche en sondant le sol. Mais


d’autres sols sont si profonds qu’on ne peut pas toucher la roche-mère,


tel Roissy où trente-trois mètres de profondeur de limons fertiles ont


été recouverts par du béton et du goudron !








Bon. Quand vous étes en Bourgogne, sur la Côte d’Or, si


vous voulez reconnaître l’état d’un sol, vous allez jusqu’à la roche


mère. Je prélève le sol à différentes profondeurs et emplacements. Je


vais jusqu’à la roche et je prélève les différentes couches. Pour moi,


les différentes couches du sol c’est un peu comme des strates dans une


forêt équatoriale avec ses différents niveaux écologiques et ses


microbes variés. De multiples situations biologiques. Je peux alors


étudier l’évolution des argiles, leur qualité, leur surface interne de


la roche mère jusque vers la surface. Je compare avec la partie


travaillée par l’agriculteur. Je compare le travail accompli par la


Nature et celui de l’homme. Je vais comparer la qualité des argiles. En


analyse chimique, je vais comparer les choses classiques (degré


d’acidité en pH, pHO, pHKCL). Je vais comparer la capacité des charges


captioniques. Je vais regarder l’activité biologique des sols. Comment


elle évolue dans la profondeur du sol.








Je connais aujourd’hui beaucoup de sols sur tous les


continents de notre planète. La conclusion générale est la suivante :


normalement, les sols en bon équilibre ont une activité biologique qui


baisse avec la profondeur jusqu’à environ 30 centimètres, pour ensuite


rester parallèle à la roche mère. On a deux grands groupes microbiens :


en surface ceux de la matière organique. On est en présence de


l’atmosphère. On a les groupes les plus actifs, le gros de l’énergie


vivante qui se déploie. Ensuite, la seconde couche, des profondeurs,


aboutit un substrat purement minéral jusqu’aux organismes dévoreurs de


pierres, les chimio-lithotropes.








Avec l’ensemble de cette approche physique, chimique et


biologique entre ce que fait l’agriculteur, ce qu’il a donné au sol, je


peux déterminer le dynamisme du sol à venir. Si par exemple je vois de


bonnes argiles au fond et que je ne retrouve que de mauvaises argiles à


la surface ? Le sol est en train de s’abîmer. Les humus sont de


mauvaises qualités. Mon activité biologique n’est pas plus forte en


surface que dans la partie minérale ? Mon sol est en train de se


minéraliser jusqu’à la surface. Ce sol est mort.








C’est en faisant ces relevés et comparaisons que j’ai


constaté des faits importants. Tout le monde constate que la matière


organique baisse dans les sols. Mais personne ne s’est jamais occupé de


la qualité de cette matière organique. J’ai étudié la capacité de


charge cationique des agricultures conventionnelles. Elle est deux ou


trois fois plus importante. Hélas cet aspect qualitatif est peu étudié


car nous sommes encore dans une société du quantitatif qui se refuse


encore à comprendre que les sols sont en train de mourir en Occident.


Ce sont eux qui nous nourrissent, ne l’oublions pas. Alors si votre sol


est déséquilibré, ce n’est pas en lui apportant les éléments NPK que


vous allez recharger les choses. La plante prend environ 28 éléments


dans le sol. Ce n’est pas en lui en apportant trois que vous allez lui


rendre la santé. Alors la plante tombe malade. Le NPK fait grossir la


plante par les éléments de la turgescence. C’est d’ailleurs pour cela


que ces 3 éléments ont été retenus. Mais ils ne suffisent pas à la


plante. La nature est sans pitié. Dès qu’il y a quelque chose de


carencé, les parasites se jettent dessus pour l’éliminer. Il ne doit


pas faire de progéniture, il doit disparaître. Donc les plantes tombent


malades. Que font les agriculteurs ? Ils traitent. Comme ils traitent,


ils massacrent le peu de microflore et microfaune qui reste dans le


sol. Les plantes sont encore plus carencées. L’agriculteur rachète


encore plus de pesticides.


Et comme ce sont les mes firmes qui font les engrais, les pesticides,


et qui ensuite font les médicaments. Alors pour les gens qui mangent


ces plantes carencées ce n’est pas prêt de s’arrêter. D’autant que les


marchands d’engrais ont des marges de plus en plus faibles sur leurs


engrais et que les vraies marges, c’est sur les pesticides et les


produits phytosanitaires qu’ils les font. Donc, ils n’ont pas du tout


envie, pas du tout du tout, que cette manne s’arrête. Rééquilibrer nos


sols, rééquilibrer nos plantes, ça voudrait dire aussi baisser les


charges de Sécurité Sociale dans les sociétés occidentales. Ce que


personne ne veut voir ! Parce que toute l’industrie pharmaceutique est


là . Absurde.








Si on laisse faire, quelle est la perspective ?








CB :


Nul besoin d’être prophète. Tout ce que les écologistes sérieux ont


avancé depuis trente ans se vérifie aujourd’hui. Nous jouons à l’heure


actuelle l’avenir de notre civilisation. Nous sommes en train de vivre


l’Austerlitz de l’Occident. Que va-t-il se passer si on laisse faire ?


L’Occident va s’écrouler parce qu’il n’y a plus de critiques, plus de


remises en cause. Et nous allons mourir comme toutes les civilisations


par destruction des sols. Comme l’empire romain, les mayas...








L’humus c’est le mot humanité. Nous avons surtout notre


malheur en nous-mêmes. C’est notre civilisation qui est dangereuse car


elle porte sa mort en elle. Elle est en train de s’auto-détruire en


criant un grand cocorico de victoire. La science peut nous tuer car la


morale ne suit pas. Nous avons une morale biblique et une technologie


du XXIe siècle. Les scientifiques sont devenus les nouveaux prêtres.,


au XIIe siècle ils étaient moines !! Le commun des mortels est coupé de


la culture scientifique, technique et industrielle que manipulent les


spécialistes distanciés. Et cela fait très peur. Regardez le pilote


d’avion qui dirige sa bombe avec un laser sur des objectifs ! Il fait


une guerre propre. La preuve ? Il ne voit pas le résultat de son geste


sur son écran T.V. !!! La science occidentale moderne distancie


essentiellement les choses. Elle le fait de tout.
avatar
Re: La destruction des sols par l'Homme
Message le Lun 11 Juin - 22:28 par mihou
Et au niveau alimentaire de l’Occident ?








CB :


La distanciation au niveau alimentaire est claire. Les gens ne veulent


plus savoir qu’ils mangent la mort d’un animal. En conséquence, on leur


propose une espèce de viande carnée, congelée, mise en sachet dans un


bac. Les poissons ? Ils sont déjà panés. Les abattoirs sont présentés


comme très hygiéniques. Les bêtes n’y souffrent plus... Il n’y a plus


la moindre trace de meurtre. La personne peut donc manger la viande


comme si c’était de la purée. Elle n’a pas l’impression de participer à


un crime. Le steak haché type hamburger il faut beaucoup d’imagination


pour rapprocher cela de la viande. Donc l’homme se sent complètement


déculpabilisé et à ce moment il peut accepter que les bêtes soient


élevées comme elles le sont : dans des camps de concentration


absolument monstrueux. J’estime que tous les lycéens de France


devraient aller voir au moins une fois comment on traite les cochons,


les poulets, les veaux, etc. dans l’industrie intensive. Et ils


devraient aller ensuite visiter un abattoir. C’est très impressionnant


de voir des bêtes qui arrivent vivantes et qui, en moins de 15 mètres,


sont déjà complètement saignées. La vitesse de transformation de la


bête vivante.








C’est extraordinairement choquant !





Sans faire du passé un âge d’or, la notion de fête est perdue.


Autrefois, la mort d’un animal était rare et festive. L’animal était un


compagnon et sa mort était vécue, acceptée, transcendée, transformée


par un acte touchant la vie et la mort. La source du sacré. L’animal


était complice de la vie de l’homme, lorsque ceux-ci entretenaient un


rapport d’amour respectueux de la nature. Maintenant la viande est


devenue un produit totalement banal et pour pouvoir donner de la viande


de façon banale à tout le monde, tous les jours de la semaine, on fait


des camps d’élevage atroces. Les bêtes sont piquées tous les jours. Si


on ne pique pas les cochons industriels aux tranquillisants ils meurent


de crise cardiaque, etc. Ce qu’on arrive à faire dans les élevages


industriels, c’est à vomir. A vomir. Et c’est accepté en toute impunité


de la science, de l’hygiène, de la technologie. Vous savez je pense


qu’une société qui traite la vie comme cela ne peut pas se traiter


elle-même correctement. La société fait des guerres propres. C’est


comme l’agriculteur qui passe dans son champ avec ses produits de mort


à 400 grammes l’hectare. Après il a un champ nickel-chrome. Il n’y a


plus un seul coquelicot pour le blé. Plus une mauvaise herbe. Propre.


Rationnel. Enfin quelque chose de propre ! La mort est d’une grande


beauté...








Quelles solutions alors ?








CB :


Comme le disait très bien Kant, une chose est morale quand elle est


généralisable à l’ensemble de l’humanité. Notre agriculture


industrielle n’est pas généralisable. S’il fallait simplement pour


l’azote industriel apporter à l’ensemble des terres cultivées la


quantité d’azote que mange la France, la totalité de la flotte mondiale


ne suffirait pas transporter l’azote en question. C’est impossible. Ce


n’est pas généralisable. Donc il faut changer d’agriculture. Car on se


garde bien de dire aux Français qu’avec notre système alimentaire il


faut un hectare de terre cultivée pour manger dans les pays riches.


Tandis qu’il ne reste que 2600 m2 de terres cultivées par habitant.


Alors ? Si nous consommons un hectare, c’est qu’il y a des êtres


humains qui ne mangent pas. C’est une simple mathématique, mais elle


est vraie. Et il faut continuer. Il reste 3 hectares par habitant à


l’heure actuelle sur la planète Terre, toutes terres confondues,


Sahara, Pôles. Tout. Sur ces trois hectares on prélève de quoi


s’habiller, faire notre maison, notre voiture, etc. Et sur ces terres


il reste 2600m2 cultivés, pour manger. Et il en disparaît à l’heure


actuelle l’équivalent de la surface de la France tous les ans par


érosion. Les rendements sont en train de stagner en Europe. On parle de


fatigue des sols. Avant c’était tranquille, les engrais solubles


étaient déversés et on augmentait de 3 quintaux/hectare/an. Tout le


monde criait victoire. L’INRA annonçaitdéjà150quintauxàl’hectaredans le


début des années 80. Aujourd’hui, on remet sérieusement en doute cela.


On voit des agriculteurs habitués à leurs 100 quintaux qui tombent à 40


quintaux. Par fatigue des sols...


Or si vous comparez la teneur en éléments des sols telle qu’elle se


pratique dans les méthodes d’analyse conventionnelle, les sols


d’agriculture biologique ont souvent moins d’éléments solides que les


sols en conventionnel ; donc selon les critères retenus par


l’agriculture conventionnelle, ils sont moins fertiles. Par contre en


tant que milieu "sol", les sols en agriculture conventionnelle sont


déséquilibrés. Cela dit, il y a des gens en "Bio" qui travaillent très


mal. Certains ont simplement remplacé les engrais chimiques par des


engrais organiques. Ce n’est pas cela l’agriculture.


L’agriculture vivante est celle qui amende ses sols.


Amender ? Restituer. C’est l’équivalent pour l’agriculteur de


l’entretien du matériel productif par l’industriel ; le sol est ce qui


produit, donc il faut l’entretenir.


La fertilisation (ou l’amendement donc) possède trois volets.


Traditionnellement, on fabriquait de l’humus en compostant. Pour les


argiles, on marnait : on apportait des argiles calcaires et on les


mélangeait à un liant, la plupart du temps le calcium. Le tout était


mélangé au compost et on épandait sur le sol. On entretenait ainsi tous


les ans son matériel de production. Et on l’améliorait.








Second volet de l’amendement : la fertilisation des


microbes. Les microbes vont nourrir les plantes, donc il faut les


fertiliser. On fertilise les deux grands groupes : le groupe de la


matière organique et celui de la chimie lithotrophe. Le groupe de la


matière organique se divise en trois.





a) le groupe de l’humification que l’on fertilise par le compost.





b) le groupe de la minéralisation qui est fertilisé par les engrais verts.





c)


le groupe de la rhizosphère (les microbes qui vivent contre les racines


des plantes et qui les nourrissent), est entretenu par la rotation des


cultures. En effet, chaque espèce de plantes stimule une certaine


microflore. Et enfin il y a le groupe des chimiolithotrophes, c’est-à


dire celui des roches mères. On les nourrit par des roches broyées. Si


on est en terrain calcaire, on broie du granit et on équilibre ce que


la géologie a mal distribué.


Et puis enfin le dernier volet : la fertilisation des plantes. Elle


consiste à apporter ce que l’on a exporté pour ne pas appauvrir son sol


en éléments nutritifs. Vous prélevez 50 kg d’azote ? Vous restituez 50


kg d’azote. Maintenant avec l’agriculture industrielle, les deux


premiers volets n’existent plus. On fait de la monoculture. On ne fait


plus que la fertilisation des plantes. Et dès qu’on a un système non


généralisable qui se généralise c’est la mort garantie à très brève


échéance, dans n’importe quel groupe humain. On ne donne pas trente ans


à cette civilisation en analysant les sols.








Quand vous voyez l’Afrique, c’est affolant ! Les pays


comme l’Ethiopie et le Soudan ont coupé 95% de leur surface forestière


depuis 1960 ! Négociés en 30 ans ! Et maintenant c’est une marée


humaine de crève-la-faim. Les boat people vont être le gros problème de


l’Occident. On ne pourra pas faire face, surtout si on limite à la


peur, le rejet et la force. Allez en Indes, c’est le cauchemar l’Inde !


Et on a fait croire que le problème allait être résolu techniquement.


Mais le problème n’est pas technique. Le problème est bien plus subtil


que cela. La Terre est quelque chose de très subtil. Nourrir les


hommes, ce n’est pas simple.








On a cru qu’en vendant des engrais aux Hindous et en


mettant des variétés à haut rendement, on allait régler le problème. On


a érodé des millions d’hectares aux Indes depuis les années 70 par les


techniques dites de la Révolution Verte. Les résultats de cette


Révolution Verte qui a valu à son promoteur, Norbert Borlaug, un prix


Nobel, s’annoncent aujourd’hui en toute clarté : des millions de vies


exterminées par cette Révolution Verte.


Tous les pays du Maghreb étaient à peu près autosuffisants jusqu’en


1945. Ils sont maintenant importateurs à 85% de leur alimentation.


Alors ils s’amusent à faire pousser de la luzerne dans le désert sous


plastique noir. Je veux bien ! En Arabie Saoudite, on fait pousser du


blé dans le désert qui coûte 45 fois le prix mondial, quelque chose


comme Marie-Antoinette qui fait la promenade des moutons. Inepte.


Indigne de l’homme et de la Femme. Non. La seule chose qui puisse


sauver l’humanité des grandes catastrophes c’est l’agriculture


biologique & la biodynamie. L’Amour. Un nouvel Art de la Science.


Le Bon Sens.








Quelles sont les solutions adaptées que vous préconisez ?








CB : Il faut :





a) Replanter des haies en maillage de 20 hectares.





b) Reboiser les zones sensibles.





c) Gérer la matière organique des villes à part des gadoues


industrielles afin de pouvoir remonter le taux de matière organique des


sols.








La biodynamie ?








CB :


Je pense qu’à l’heure actuelle la seule et unique solution pour le


Tiers-Monde est l’agriculture biodynamique. L’agriculture biodynamique


ne coûte rien. Elle se fait uniquement avec des préparations manuelles.


Elle peut être enrichie des savoir locaux. Elle est d’une simplicité


extraordinaire. L’agriculture biodynamique correspond de plus


parfaitement à la mentalité des pays du Tiers-Monde qui ne sont pas


choqués de travailler avec des notions de forces cosmiques.








Mon point de vue scientifique sur l’agriculture


biodynamique c’est que d’évidence c’est spécial. Les préparations


biodynamiques font plus penser à des grimoires médiévaux de recettes de


sorcellerie qu’à de la science propre. Et pourtant, j’ai étudié


quelques préparations et il y en a qui m’ont totalement époustouflé. En


particulier la préparation de bouses de cornes.








La bouse de cornes au microscope c’est hallucinant ce


que cela peut entretenir comme vie microbienne ! Or, normalement, dans


la bouse de vache il n’y a pas grand chose. Et Steiner lui nous fait


enterrer une corne de génisse à la St Michel, puis la déterrer à la St


Jean. C’est carrément de la sorcellerie du Moyen-Age. Ou d’antiques


connaissances, d’anciennes sciences de la nature. Et ensuite ce qui est


hallucinant, c’est le résultat.








Qu’est-ce qui se passe ? Je n’en sais rien du tout. Je


ne sais pas quel type d’énergie touche la biodynamie mais en tant que


scientifique je me garde bien d’en rire. Je dis simplement que je n’ai


pas d’explication. Mes appareils de mesure ne voient rien, n’ont pas


accès à la fréquence des énergies actionnées par la biodynamie. La


seule chose que j’observe c’est que leurs sols sont plus actifs. Par


exemple les composts évoluent trois semaines plus tôt quand ils sont


traités avec les préparations biodynamiques de Rudolf Steiner. Et


effectivement, il y a des préparations qui ont des activités


biologiques remarquables. C’est tout ce que je peux dire. Mais je ne


peux pas mesurer les activités de la biodynamie. Si j’étais à la tète


d’un Institut, je ferai faire des expériences pour voir ce qu’il y a


derrière cela. Avec une vision scientifique. Telles la naissance ces


dix dernières années de plusieurs chaires de biodynamie dans un certain


nombre d’universités américaines, et également allemandes. Le dossier


de l’agriculture biologique débouche sur la vision de la naissance de


véritables universités écologiques rurales et urbaines.








La grande fracture dissimulée là par toute notre


histoire culturelle est le rapport à la Terre, à la Femme. La Terre a


besoin de respect. La Terre manque de bras pour être cultivée avec le


soin qu’elle demande mais hélas les hommes ne veulent plus la


travailler car être paysan est devenu dégradant. La destruction des


sols agricoles est le problème majeur auquel l’humanité va être


confrontée au siècle prochain. Il faut arrêter l’érosion des sols


cultivés. L’urgence de l’urgence c’est la vie des sols.


http://www.passerelleco.info/article.php3?id_article=113
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Des sols et des hommes
Message le Lun 11 Juin - 22:33 par mihou
Association Mieux Être et Synergie






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Des sols et des hommes



Par Mélodie,
lundi 13 novembre 2006 à 11:22 :: Bio et Agriculture
:: #37
:: rss


L'agriculture
occidentale se divise en deux camps, celui des conventionnels, et celui
des bios. À côté de ceux-ci, des chercheurs mettent à disposition des
connaissances pratiques issues de la rencontre entre leur savoir et
leur expérience de terrain.


Voici une copie d'un document mis à disposition sur Internet, avec l'aimable autorisation des auteurs, que je remercie ici.


Il s'agit d'un document écrit par le Professeur Claude Bourguignon et son épouse Lydia : 1 milliard d'hectares stérilisés en un siècle ? Il est grand temps de soigner les sols !

Ce document prend la forme d'une interview opérée par ABCD presse, il y
a quelques années. Tout ce qui est développé dans ce document vient
répondre directement à l'actualité.


Cet article apporte la majeure partie de ce que nous pouvons
souhaiter connaître sur la santé des sols qui nous nourrissent, et sur
ce qui doit absolument être fait pour réhabiliter les terres en voie de
détérioration, tout ce qui doit être mis en oeuvre pour les prochaines
décennies dans le cadre de l'exploitation des sols par l'agriculture et
la viticulture. Seule modification que vous trouverez, par rapport au
document d'origine est une mise en page faite en vue d'adapter
l'article au style de notre blog.


Ce texte existe toujours, BourguignonLastIssue.pdf. Il est sur le serveur du site www.abcdpresse.fr.

1 milliard d'hectares stérilisés en un siècle ? Il est grand temps de soigner les sols !



par Lydia & Pr. Claude Bourguignon Directeurs du Laboratoire d'analyses microbiologiques des sols (LAMS), en Bourgogne.



Présentation, par Catherine Célimène et Guy Deffeyes




Catherine Célimène et Guy Deffeyes sont auteurs de l'ouvrage 1995-2005, Le Nouveau Pari Monnaie Terre .

Lydia est ingénieur agricole, Claude est microbiologiste. Depuis les
années 70, ils défendent cette science qu'est la microbiologie des
sols, envers et souvent contre tous...
Rencontre avec ces "Médecins de la Terre" à l'esprit prospectif
auxquels les grands vins de France font confiance aujourd'hui. Les
savoirs et savoirs-faire de Claude sont reconnus dans toute l'AmérIque
Latine. Claude Bourguignon est issue d'une famille de grands médecins
de Bourgogne, sa soeur n'est autre qu'Anémone...


Tous deux ingénieurs agronomes, ils se sont rencontrés à l'INRA
dans les années soixante-dix. Lydia éveille Claude à une autre
sensibilité. Ils se décident à faire des recherches en microbiologie
des sols. Tu es fou, ce n'est pas un plan de carrière! dit-on à Claude alors. Ils s'accrochent. Mis à l'écart au sein de l'INRA, ils quittent cet institut et fondent leur propre laboratoire de recherche, le LAMS
(Laboratoire d'analyses microbiologiques des sols). Des années dures,
très dures suivent... Ils voyagent beaucoup en Amérique Latine,
essaimant, apprenant.


Aujourd'hui, le professeur Claude Bourguignon est demandé partout en
France. Son agenda déborde. Des grands vins lui font confiance
(Taittinger, Vosne Rosmanée entre autres). Des articles sont écrits sur
lui dans Cultivar, la revue agricole high tech française, c'est dire si
son savoir-faire a fait le tour de nos campagnes ! Jusqu'à la Banque
Mondiale, qu'il conseille depuis quelques années. Professeur es-Humus,
aux allures d'Indiana Jones, il fut l'élève du Professeur Jean Keilling
(l'ingénieur agronome qui innocenta Marie Bénard, et qui distillait aux
quatre coins de la planète dans les années 50 ses "Conférences
économiques de l'Humus"...)


Lydia et Claude Bourguignon sont aujourd'hui rejoints par un de leur
fils qui les aide à diriger le laboratoire. L'Humus est et reste la
clef de la santé des peuples. La microbiologie, science des sols tant
méprisée par les tout high tech, reprend son droit de cité. Il
y urgence, une urgence qui se mesure au nombre d'hectares perdus chaque
année, 225 000 hectares par an. Elle se mesure encore plus à l'aune de
ce chiffre qui laisse à méditer : un millard d'hectares de terres
fertiles ont été stérilisés en un siècle par l'agro-chimie, soit 25 %
des terres cultivables planétaires.


Aux Etats-Unis, ce chiffre monte à 28 %. Le professeur Bourguignon déclare : Les
sols lâchent. Ils sont en train de lâcher. PARTOUT. Il faut s'en
occuper ! Où nous risquons de voir resurgir les famines à une échelle
jamais vue auparavant dans l'histoire de l'humanité. Né d'une
famille de grands médecins Bourguignons, Claude est aussi le frère
d'Anémone... Lydia et Claude Bourguignon emploient une expression qui
parle aujourd'hui encore plus qu'hier, face aux drames et pandémies
d'origine agricole : Nous sommes en quelque sorte des Médecins de la Terre. C'est Vrai. Et la Terre en a bien besoin.

Catherine Célimène & Guy Deffeyes.



La Terre est la seule planète qui...



par Lydia & Pr. Claude Bourguignon

Claude Bourguignon : La Terre, est la seule planète à posséder un sol.
Le sol est une matière vivante, plus complexe encore que l'eau ou
l'atmosphère, milieux relativement simples. Le sol ne représente pas un
volume important sur notre planète, mais il est extraordinaire. Il ne
mesure que 30 centimètres d'épaisseur en moyenne, mais il héberge 80 %
de la biomasse vivante du globe. Il pèse 50 000 fois plus lourd que
tout ce qui vit à la surface de la terre. C'est le seul milieu qui
provienne de la fusion du monde minéral des roches-mères et du monde
organique issu de la vie à la surface de la terre. Il n'y a que la
planète Terre qui possède ce milieu, qui abrite plus d'êtres vivants
que sur tout le reste de sa surface ! Cela ne se voit pas.


À l'échelle planétaire, il existe 2 500 espèces de vers de terre et
ils pèsent aussi lourd que tous les autres animaux du monde. Les
Anciens ont eu raison d'appeler notre planète « Terre ». Il n'y a
qu'une seule planète ayant un sol, c'est la nôtre. C'est un milieu tout
à fait exceptionnel, le plus riche de notre planète. On compte dans un
sol vivant environ un milliard de microbes par gramme...


Ce monde microbien, on l'a négligé alors qu'il ne coûte rien ! Un
énorme tabou pèse sur le microbe : il est vu dans notre société comme
la source principale de mort avec la vision pasteurienne. Or, les
bactéries des sols fixent (gratuitement) l'azote de l'air pour faire
des nitrates, elles ! Le sol, nous l'avons vu, est formé de matières
organiques et d'argiles. Autrefois, les hommes l'entretenaient en lui
apportant la matière organique, -- le fameux fumier des Anciens. On
l'entretenait aussi en lui apportant des argiles qu'on appelle
«marnes ».


Depuis plusieurs dizaines d'années, on se contente de nourrir les
plantes avec des engrais et de les badigeonner de pesticides rémanents,
on ne s'occupe plus du sol. Et à force de subir des agressions
chimiques et mécaniques de plus en plus puissantes, les terres
s'épuisent. Conséquence ? La baisse des rendements. Ils ont en effet
augmenté de 3% de 1950 à 1984, de moins de 1% de 1984 à 1994, et la
plupart des chiffres sont en baisse depuis 1995 pour les rendements de
céréales notamment...


Cela vaut pour les États-Unis qui ont selon la FAO 28% de leur
superficie cultivable réduit à la stérilisation. On se préoccupe
beaucoup de l'atmosphère et de l'eau, personne ne parle du sol !!!
Il faut absolument s'occuper des sols dans les années qui vont venir.
Ils sont en train de lâcher partout ! Il faut développer une véritable
politique nationale de protection des sols. par l'humus reconstitué. Ce
qui, pour le moment, n'est absolument pas le cas.


La culture intensive mène à la famine. On aborde aujourd'hui
l'agriculture sous l'angle financier. On se préoccupe du nombre
d'hectares et de têtes de bétail possédés permettant d'obtenir des
subventions et des facilités à l'export. Le quantitatif prime sur le
qualitatif, avec un certain nombre d'effets différés redoutables et
officiellement reconnus, en France comme ailleurs. Or nous avons
environ 90 millions d'habitants en plus sur la planète tous les ans.


Si nous ne sommes pas capables d'augmenter nos rendements,
d'augmenter disons la production mondiale de céréales avec une
population qui augmente d'à peu près 100 millions d'habitants tous les
ans, nous allons tout droit à la famine. Et ce, bien qu'on nous ait
annoncé, dans les années 70, le règlement de tous les problèmes
alimentaires de l'Humanité ! Ce constat scientifique est inquiétant. Il
montre que le spectre des grandes famines n'est pas totalement écarté
en Europe, comme ailleurs.


Si l'on reprend l'histoire de l'Humanité, nous voyons qu'elle est
passée par des phases de grandes famines. Elle a tout d'abord vécu,
pendant plusieurs millions d'années, de chasse-cueillette. Les hommes
ne cultivaient pas la Terre et ne connaissaient pas la famine,
travaillant extrêmement peu, environ 2 heures par jour pour les plus
riches et 4 heures par jour pour les plus pauvres. Ce sont des vies
confortables. La Terre est effectivement assez généreuse pour les
nourrir à condition qu'ils soient de faible densité. Mais lorsque
l'homme a démarré les premières civilisations agricoles il y a environ
8 000 ans, il a commencé à découvrir ce qu'était la famine.


Passer de l'état sauvage à la domestication est quelque chose de
très difficile. car lorsque l'Homme laboure la Terre, il provoque des
phénomènes qu'il a du mal à contrôler. Par exemple les phénomènes de
l'érosion qui ont très vite entraîné des famines dans le Bassin
méditerranéen, les hommes ayant ruiné la Terre.



Du blé à la vigne, de l'abondance au désert...



On connaît bien l'enchaînement des cultures faites par les Romains
au fur et à mesure que les sols s'épuisaient. On commence par le blé,
puis on passe aux céréales, moins exigeantes, notamment le seigle, puis
le sol ne supporte plus les céréales et on passe à la culture des
arbres fruitiers comme les amandiers, les oliviers, enfin la vigne.
Quand une Terre est cultivée en vigne, c'est que vraiment le sol ne
peut plus rien porter...


Au XIXème siècle, au moment même où l'Homme trouve un équilibre avec
le milieu qui l'entoure, parvenant enfin à se nourrir de cette Terre
qu'il cultive lui-même, survient la chimie qui va remplacer la
polyculture et l'élevage de Sully, facteurs d'équilibre. Depuis, elle
n'a cessé de tuer les sols. Aujourd'hui nous perdons en moyenne 10
tonnes de sol par hectare et par an. Vous faites le calcul : dans moins
de trois siècles, c'est le Sahara partout. Il faut réagir maintenant.


Nul besoin d'être prophète... Tout ce que les écologistes sérieux
ont avancé depuis trente ans se vérifie aujourd'hui. Nous jouons à
l'heure actuelle l'avenir de notre civilisation. Nous sommes en train
de vivre l'Austerlitz de 1'Occident. Que va-t-il se passer si on laisse
faire ? L'Occident s'écroulera par manque d'autocritique, faute d'une
profonde remise en cause face à ses errements. Si tel est le cas, s'il
n'y a pas le sursaut nécessaire, l'Occident mourra comme toutes les
civilisations : par destruction des sols. Comme l'Empire Babylonien,
l'Empire Romain, comme les Mayas.


Pour s'en prémunir, il faut simplement penser à Emmanuel Kant pour qui une chose est morale quand elle est généralisable à l'ensemble des êtres humains.
Faites les Kant de l'agriculture actuelle. Or, prenons ce qui se passe
à l'heure actuelle : les Américains consomment 800 Kg de céréales par
personne et par an. Si nous regardons la production actuelle de
céréales dans le monde et que nous multiplions ces 800 Kg par 5
milliards et plus d'habitants, nous nous rendons compte que nous ne
pouvons pas nourrir 5 milliards d'habitants ; nous pouvons en nourrir
un milliard, ce qui signifie donc qu'il faut laisser mourir de faim sur
le modèle américain 4 milliards 600 millions d'habitants, ce qui n'est
pas envisageable. Alors si nous prenons un pays qui est plus
raisonnable dans son alimentation comme l'Italie - qui consomme 400 Kg
de céréales par habitant - nous pouvons nourrir environ près de 3
milliards d'habitants.


Mais si nous regardons ce que nous produisons à l'heure actuelle
dans le monde et que nous voulons le diviser par les 6 milliards
d'habitants existants, vous vous rendez compte que nous allons vers le
système Indien, c'est-à-dire environ 200 Kg de céréales par habitant et
par an. Et nous savons comment mangent les Indiens : très peu de
viande, à peu près une fois par mois, essentiellement du riz donc une
nourriture très frugale. Sommes-nous, nous Européens, prêts à accepter
cette nourriture frugale ? C'est la question que l'on peut se poser, et
là, nous serons dans une situation morale, d'autant que sur
le seul plan économique notre agriculture industrielle n'est pas
généralisable. Une Preuve ? S'il fallait simplement pour l'azote
industriel apporter à l'ensemble des terres cultivées la quantité
d'azote que mange la France, la totalité de la flotte mondiale ne
suffirait pas à transporter l'azote en question ! C'est impossible...


Donc il faut changer d'agriculture. Car on se garde bien de dire aux
français qu'avec notre système alimentaire il faut un hectare de terre
cultivée pour manger dans les pays riches. Alors si nous consommons un
hectare, c'est qu'il y a des êtres humains qui ne mangent pas. C'est
une simple mathématique, mais elle est malheureusement réelle.
Pourquoi ? Parce qu'il reste 3 hectares par habitant à l'heure actuelle
sur la planète Terre, toutes terres confondues, Sahara, Pôles. Tout.
Sur ces trois hectares, on prélève de quoi s'habiller faire notre
maison, notre voiture, etc. Et sur ces terres il reste 2600m2 cultivés,
pour manger. Et il en disparaît à l'heure actuelle l'équivalent de la
surface de la France tous les ans par érosion. On parle de fatigue des
sols, osons apporter les remèdes car ils existent.
avatar
Re: La destruction des sols par l'Homme
Message le Lun 11 Juin - 22:33 par mihou
L'agriculture vivante



C'est celle qui amende ses sols. Amender signifie restituer.
C'est l'équivalent pour l'agriculteur de l'entretien du matériel
productif par l'industriel ; le sol est ce qui produit, donc il faut
l'entretenir. Pour fertiliser on transforme les déchets organiques en
compost, on fait pousser des engrais verts et on établit des rotations
de cultures pour les microbes des racines, on remplace les éléments
utilisés. On ne donne pas trente ans à cette civilisation en analysant
les sols. Mais le problème n'est pas technique. Le problème est bien
plus subtil que cela. La Terre est quelque chose de très subtil.
Nourrir les hommes, ce n'est pas simple. Il faut du respect et de
l'humilité : ce dont manque précisément notre société malade.


Il faut :

a) Replanter des haies en maillage de 20 hectares.

b) Reboiser les zones sensibles.

c) Gérer la matière organique des villes à part des gadoues
industrielles afin de pouvoir remonter le taux de matière organique des
sols.



La seule chose qui puisse sauver l'humanité des grandes catastrophes c'est l'agriculture biologique et
la biodynamie authentique. Car son approche est locale tout autant que
globale. Un nouvel art de la science, un nouvel art de vivre ensemble à
la campagne comme à la ville, Le Bon Sens ! L'Amour, oui j'ose le dire,
l'Amour ! Ces quinze dernières années, plusieurs chaires de biodynamie
ont été créées dans un certain nombre d'universités, américaines et
allemandes, danoises, notamment. Le dossier de l'agriculture biologique
débouche sur la vision de la naissance de véritables universités
écologiques rurales et urbaines. En France, nous n'en sommes pas là, et
je le déplore... La grande fracture dissimulée là par toute notre
histoire culturelle est le rapport à la Terre, à la Femme. La Terre a
besoin de respect. La Terre manque de laboureurs de qualité pour être
courtisée et cultivée avec le soin qu'elle demande. Mais, hélas, les
hommes ne veulent plus la travailler et l'amender car être paysan est
devenu dégradant sur le plan de l'image sociale.


La destruction des sols agricoles est pourtant le problème majeur
auquel l'humanité est confrontée en ce début de siècle. La qualité de
l'eau ET de l'air ne peut pas être dissociée de la qualité des sols. L'urgence des urgences c'est d'arrêter l'érosion des sols cultivés.

Parle à la Terre et Elle t'Enseignera







(proverbe celte favori de Lydia Bourguignon)



Lydia Bourguignon : Les agriculteurs devraient prendre exemple sur les

vignerons qui étaient il y a un siècle de simples viticulteurs,

produisant des grappes de raisins qu'ils emmenaient aux coopératives

sans penser aux produit fini, le vin. Or, il y avait beaucoup de

problèmes à l'époque avec le vin, les consommateurs étant déjà à

l'époque de plus en plus exigeants sur sa qualité et sur son goût. Les

viticulteurs ont fini par se poser des questions et c'est suite à cette

réflexion qu'ils sont devenus des vignerons à part entière, qu'ils sont

allés du raisin jusqu'au vin.





À l'heure actuelle, les agriculteurs tels que les céréaliers comme

autre exemple, ne font que du blé la plupart du temps inpanifiable (car

de piètre qualité) qu'ils déposent en coopératives sans s'occuper du

reste. Pourquoi l'agriculteur ne reprendrait-il pas en mains le début

et la fin de sa chaîne lui aussi ? La solution face à ses problèmes et

ceux de la société se trouve là. C'est aussi une façon de répondre aux

exigences de qualité d'un nombre grandissant de consommateurs désireux

d'obtenir des produits finis (à haute valeur ajoutée) aux goûts du

terroir, et de se soulager du stress de la concurrence des produits

uniformisés.







ABCD Presse : Votre laboratoire d'analyse
microbiologique des sols est unique en France. Lorsque vous rendez un
diagnostic à l'agriculteur et que ce diagnostic est difficile pour lui,
comment cela se déroule-t-il ?


Lydia Bourguignon : J'aime beaucoup le mot diagnostic parce qu'en fait
c'est vrai que l'on peut nous comparer à des médecins de la Terre. Et
il n'est pas toujours facile pour l'agriculteur d'entendre que son sol
est en mauvais état, que sa terre est quasiment...morte.

Et on a, comme je pense chez un malade, deux types de réactions. Celui
qui va se laisser complètement abattre et qui ne fera rien, il
refermera le dossier et ne s'en occupera pas. Et puis il en est
d'autres qui prennent les choses en mains, suivent les conseils qui
s'échelonnent sur un, deux ou trois ans.

Parce qu'il est hors de question face à un sol mort de le remettre sur
pied en une année, ce n'est pas possible sous nos latitudes. En fait,
c'est un travail de longue haleine pour l'agriculteur. Mais s'il sait
faire preuve d'un peu de patience, la vie revient. De plus les conseils
que nous lui donnons ne sont pas très onéreux. Nous procédons à des
amendements de compost ou d'argile qui ne sont pas des produits
coûteux. L'agriculteur s'y retrouve, l'agriculture aussi... Les
agriculteurs que nous suivons depuis des années ont des sols de plus en
plus vivants, les activités biologiques ont remonté, les capacités
d'échanges entre le sol et la plante ont augmenté - et l'agriculteur,
en fait, est satisfait. Donc l'espoir est bien là.

Je crois aussi qu'à l'heure actuelle ce sont les femmes... Les femmes
reviennent. Nous nous en rendons compte au niveau du laboratoire et de
la demande croissante des agriculteurs... Quand nous sommes ensemble
avec l'agriculteur et l'agricultrice, c'est souvent plus la femme qui
va demander de procéder à une analyse, de modifier la façon de gérer
son sol. Et je pense que les femmes agricultrices sont beaucoup plus
sensibilisées sur la question de l'avenir de leurs enfants. Elles
reviennent au respect de la Terre.






L'Environnement planétaire







par Lydia & Pr. Claude Bourguignon.







L'érosion des sols est un problème préoccupant. En 6000 ans

d'agriculture, l'homme a provoqué 2 milliards d'hectares de désert,

dont 1 milliard au XXième siècle. Actuellement, l'intensité de

l'érosion augmente d'1 tonne à l'hectare par an.

















Quelques chiffres de l'érosion des sols













Le résultat est la production de 10 millions d'hectares de désert

par an. Nous déforestons 17 millions d'hectares de forêts,

essentiellement en zone tropicale et équatoriale. La balance est de

plus 7 millions d'hectares par an mis en culture. La population

augmente de 90 millions chaque année. Soit 700 m2 de terre cultivée par

nouvel habitant. C'est la surface de la famine selon la définition de

la FAO. Acutellement, nous cultivons 1 750 milliards d'hectares pour 6

milliards d'habitants, soit moins de 3 000 m2 par habitant. Or, les

pays développés consomment pour la france, 6 000 m2 par habitant, pour

les U.S.A., 8 000 m2 par habitant. De ce fait, plus d'1 milliard

d'habitants sont sous alimentés. Ce scandale ne durera pas

éternellement. Il faut apprencre à cultiver la terre sans l'éroder.

Cela n'a jamais été fait. C'est le grand challenge du 3ème millénaire.





Vers une nouvelle révolution verte







par Claude & Lydia Bourguignon







Introduction



La première révolution verte avec les variétés améliorées, les

pesticides de synthèse et les engrais a entrainé une grace dégradation

des sols à travers le monde (Annexe 1). Vu le développement rapide de

la population mondiale, il est urgent de développer une nouvelle

révolution verte. Celle-ci doit être globale et porter sur les quatre

piliers de l'agronomie : le travail du sol, la génétique, les

pesticides, les engrais.



Cette révolution verte demande deux changements profonds des agricuteurs et des agents de l'agriculture :


  • changement des pratiques agricole
  • changement des mentalités





Un changement agricole global



L'agriculture doit changer les quatre piliers de l'agronomie



I. La génétique



II. Les pesticides



III. Le travail du sol



IV. Les engrais







I. La génétique



L'industrie innove beaucoup (informatique, robots, etc...)



L'agriculture est conservatrice et continue de cultiver les mêmes

plantes et à élever les mêmes animaux que nos ancêtres. Il va falloir

introduire de nouvelles plantes et de nouveaux animaux en agriculture

pour gérer la biodiversité. Il existe 1 million d'espèces animales

seulement 100 sont domestiquées. Il existe 250 000 espèces végétales,

seules 250 sont cultivées.



Le choix du tout génétique reste traditionnel et archaïque.





Il faut améliorer génétiquement de nouvelles espèces de plantes pour :


  • Valoriser les sols pauvres.
  • Protéger des sols contre l'érosion (cultures intercalaires, couvertures, etc...).
  • Apporter de nouvelles solutions de remplacement à l'irrigation.
  • Recycler les engrais pour lutter contre la pollution des nappes phréatiques.
  • Il faut sélectionner et améliorer de nouvelles espèces de plantes de couvertures adaptées aux différentes agroécozones.





Il faut améliorer génétiquement de nouvelles espèces animales pour :


  • Valoriser les zones désertiques à l'aide des espèces d'antilopes qui ne boivent pas.
  • Valoriser les zones tropicales humides d'Afrique à l'aide du buffle
    africain et des antilopes africaines résistantes aux maladies, etc...





II. Les pesticides



Après les abus de ces produits, il faut utiliser les trois méthodes d'avenir :


  • Lutte raisonnée
  • Bas volumes
  • Réduction des doses





Il ne s'agit pas d'exterminer 100 % des parasites mais de limiter

leur population à un niveau économiquement viable. Les herbicides

peuvent être utilisés non as comme défoliants totaux, mais comme

molécules permettant de gérer des plantes de couvertures permanentes.

Ils deviennent alors un allié des techniques de semis directs. En

rééquilibrant les sols, on peut alors baisser les doses de fongicides

et d'insecticides. Il est nécessaire de développer les biopesticides

produits directement par les agriculteurs.





Exemple :


  • Insecticides : neem, pyrèthre
  • Herbicides : plantes de couverture à fort pouvoir allélopathique
  • Nématodes : crucifères, seigle, etc...)





III. Les engrais



Jusqu'alors l'industrie agricole a vendu des engrais solubles mal

adaptés aux conditions climatiques des tropiques. Il faut que les

entreprises développent des engrais peu solubles et non toxiques pour

les plantes afin de pouvoir les mettre en même temps que le semis au

contact de la graine. Il est nécessaire de développer les biopesticides

produits directement par les agriculteurs. Avec la technique du semis

direct sous couvert, on remonte la teneur en humus du sol et donc, la

capacité d'échange en action. Il devient alors possible d'énonomiser

les engrais positifs (cations)



K+, Ca, Mg, Na+ (annexe 2).





Avec le semis direct, on remonte l'activité microbienne des sols.

Or, les microbes produisent les engrais négatifs (anions) : N03, SO4,

PO4 (annexe 3). On peut alors économiser la quantité d'engrais et

descendre par exemple à 1 kg d'azote pour produire 100 kg de céréales.





L'utilisation des plantes pompes permet de remonter les engrais lessivés en profondeur :


  • l'éleusine coracana (pour le magnésium)
  • le sorgho (pour le calcium, la potasse).





IV. Le travail du sol semis direct



Dès le début de l'agriculture, l'homme a travaillé la terre pour lutter contre les mauvaises herbes car il n'avait ni engais, ni herbicides. L'agriculture ne s'est jamais posé la question : Pourquoi les mauvaises herbes ?



Parce que le sol nu est soumis à l'érosion et l'évolution a mis au point un système de couverture permanente

du sol. Maintenant, nous avons des engrais pour nourrir nos plantes et

des herbicides pour calmer les adventices, nous pouvons développer une

agriculture sous couvert. L'agriculteur de demain ne sera

plus celui qui est premier au concours de labour, mais celui qui sera

capable de semer ses cultures dans un couvert temporaire ou permanent.





Pour arrêter l'érosion, il faut s'inspirer des modèles de végétations sauvages (climax) car ceux-ci sont pérennes.



A. Pour développer cette technique du semis direct sous couvert, il faut respecter trois règles :





1° La recherche-action doit être faite pour, avec et chez les agriculteurs (L. Seguy, 1997)



2° Les parcelles doivent montrer des résultats de court terme :


  • Facilité de réalisation du semis direct ;
  • Economie du temps de travail et des intrants.





3° et de long terme : (L. Seguy, 1997)


  • Pérennité du système (essais longue durée) ;
  • Remontée et entretien de la fertilité du sol ;
  • Amélioration de la qualité des productions.





4° Ces parcelles de démonstration doivent montrer le semis direct

sous couvert mort et sous couvert vivant ainsi que leurs interactions.





B. Pour mettre en place cette technique du semis direct, il faut suivre le protocole suivant :



1° Diagnostic du sol




  • Si le sol est compacté (dégradation physique), il faut intervenir
    mécaniquement : Ripper sur 15-25 cm ou technique Zaï et installer très
    vite la plante de couverture.
  • Si le sol est lessivé chimiquement, il faut apporter de l'engrais
    soit organique (compost), soit minéral (cendres, engrais chimiques) sur
    la plante de couverture.
  • Si le sol est dégradé biologiquement, il faut choisir une
    légumineuse de couverture pour relancer l'activité biologique de
    surface et une graminée de couverture pour relancer l'activité
    biologique de profondeur.





2° Mettre en place une technique de semis direct adaptée :




  • au climat local,
  • aux culture annuelles ou pérennes,
  • à la présence ou à l'absence de l'élevage.





C. Place de l'arbre dans le semis direct sous couvert



L'arbre est indispensable dans les systèmes agricoles de maintien de la fertilité des sols. L'arbre a cinq rôles fondamentaux :



1° L'équipe de Lenton et Hamilton (Institut de Zoologie d'Oxford) a

montré que tous les arbres, sauf l'eucalyptus et les résineux, font

tomber la pluie par l'émission de microbes synthétisant du diméthyl

sulfide qui génère la coalescence des gouttes d'eau des nuages.





2° Les arbres protègent les sols contre l'érosion hydrique et éolienne. Pour cela, il faut placer des haies :


  • le long des rivières pour conserver leur limpidité,
  • le long des routes pour boire l'eau non absorbée par le goudron ou la piste,
  • dans les points de convergences des pentes (Thalweg).





3° Les haies d'arbres ont 2 rôles :


  • la haie défensive pour protéger la parcelle du bétail
  • la haie utilitaire : bois de chauffe, arbres fruitiers, bois de construction, fourrage pour les animaux.





4° L'arbre du Sahel



Deux espèces comme Acacia Albida sont en feuillage en saison sèche et

fournissent du fourrage aux animaux et de l'ombrage au sol. En saison

humide, elles perdent leurs feuilles et permettent de cultiver les

plantes vivrières à leur pied.





CONCLUSION



Cette révolution verte, par le choc de mentalité qu'elle représente,

demande un effort général de la société humaine, pour se développer.

Tous les échelons de la société doivent s'imliquer dans cette nouvelle

révolution verte, politiques, chercheurs, enseignants, vulgarisateurs

et paysans.



C'est à ce prix que nous relèverons le défi du nouveau millénaire : la réconciliation de l'homme avec sa planète la Terre.



http://meets1901.info/dotclear/?2006/11/13/37-des-sols-et-des-hommes
"1 MILLIARD D'HECTARES STERILISES EN UN SIECLE ?
IL EST GRAND TEMPS DE SOIGNER LES SOLS !"
par
Lydia & Pr. Claude Bourguignon


Directeurs du Laboratoire d'analyses microbiologiques des sols (LAMS), en Bourgogne.
Lydia est ingénieur agricole, Claude est microbiologiste. Depuis les années 70, ils défendent
cette science qu'est la microbiologie des sols, envers et souvent contre tous... Rencontre
avec ces "Médecins de la Terre" à l'esprit prospectif auxquels les grands vins de France
font confiance aujourd'hui. Les savoirs et savoirs-faire de Claude sont reconnus dans toute
l'AmérIque Latine. Claude Bourguignon est issue d'une famille de grands médecins de
Bourgogne, sa soeur n'est autre qu'Anémone...
Tous deux ingénieurs agronomes, ils se sont rencontrés à l'INRA dans les années soixante-dix.
Lydia éveille Claude à une autre sensibilité. Ils se décident à faire des recherches en
microbiologie des sols. "Tu es fou, ce n'est pas un plan de carrière!" dit-on à Claude alors. Ils
s'accrochent. Mis à l'écart au sein de l'INRA, ils quittent cet institut et fondent leur propre
laboratoire de recherche, le LAMS (Laboratoire d'analyses microbiologiques des sols). Des
années dures, très dures suivent... Ils voyagent beaucoup en Amérique Latine, essaimant,
apprenant. Aujourd'hui, le professeur Claude Bourguignon est demandé partout en France. Son
agenda déborde. Des grands vins lui font confiance (Taittinger, Vosne Rosmanée entre autres).
Des articles sont écrits sur lui dans Cultivar, la revue agricole high tech française, c'est dire si
son savoir-faire a fait le tour de nos campagnes ! Jusqu'à la Banque Mondiale, qu'il conseille
depuis quelques années. Professeur es-Humus, aux allures d'Indiana Jones, il fut l'élève du
Professeur Jean Keilling (l'ingénieur agronome, qui innocenta Marie Bénard et qui distillait aux
quatre coins de la planète dans les années 50, ses "Conférences économiques de l'Humus"...
Lydia et Claude Bourguignon sont aujourd'hui rejoints par un de leur fils qui les aide à diriger le
laboratoire. L'Humus est et reste la clef de la santé des peuples. La microbiologie, science des
sols tant méprisée par les "tout hig tech", reprend son droit de cité. Il y urgence, une urgence qui
se mesure au nombre d'hectares perdus chaque année, 225 000 hectares par an. Elle se mesure
encore plus à l'aune de ce chiffre qui laisse à méditer : un millard d'hectares de terres fertiles ont
été stérilisés en un siècle par l'agro-chimie, soit 25 % des terres cultivables planétaires. Aux
Etats-Unis, ce chiffre monte à 28 %. Le professeur Bourguignon déclare : "Les sols lâchent. Ils
sont en train de lâcher. PARTOUT. Il faut s'en occuper ! Où nous risquons de voir resurgir les
famines à une échelle jamais vue auparavant dans l'histoire de l'humanité". Né d'une famille de
grands médecins Bourguignons, Claude est aussi le frère d'Anémone... Lydia et Claude
Bourguignon emploient une expression qui parle aujourd'hui encore plus qu'hier, face aux
drames et pandémies d'origine agricole : "Nous sommes en quelque sorte des Médecins de la
Terre".
C'est Vrai. Et la Terre en a bien besoin
Catherine Célimène & Guy Deffeyes



"LA TERRE EST LA SEULE PLANETE QUI…"
par
Lydia & Pr. Claude Bourguignon
Claude Bourguignon : La Terre, est la seule planète à possèder un sol. Le sol est une matière
vivante, plus complexe encore que l’eau ou l’atmosphère, milieux relativement simples. Le sol
ne représente pas un volume important sur notre planète, mais il est extraordinaire. Il ne mesure
que 30 centimètres d’épaisseur en moyenne, mais il héberge 80 % de la biomasse vivante du
globe. Il pèse 50 000 fois plus lourd que tout ce qui vit à la surface de la terre. C’est le seul
milieu qui provienne de la fusion du monde minéral des roches-mères et du monde organique
issu de la vie à la surface de la terre. Il n’y a que la planète Terre qui possède ce milieu, qui
abrite plus d’êtres vivants que sur tout le reste de sa surface ! Cela ne se voit pas. À l’échelle
planétaire, il existe 2 500 espèces de vers de terre et ils pèsent aussi lourd que tous les autres
animaux du monde. Les Anciens ont eu raison d’appeler notre planète « Terre ». Il n’y a qu’une
seule planète ayant un sol, c’est la nôtre. C’est un milieu tout à fait exceptionnel, le plus riche de
notre planète. On compte dans un sol vivant environ un milliard de microbes par gramme… Ce
monde microbien, on l’a négligé alors qu’il ne coûte rien ! Un énorme tabou pèse sur le microbe
: il est vu dans notre société comme la source principale de mort avec la vision pasteurienne. Or,
les bactéries des sols fixent (gratuitement) l’azote de l’air pour faire des nitrates, elles ! Le sol,
nous l’avons vu, est formé de matières organiques et d’argiles. Autrefois, les hommes
l’entretenaient en lui apportant la matière organique, — le fameux fumier des Anciens. On
l’entretenait aussi en lui apportant des argiles qu’on appelle « marnes ». Depuis plusieurs
dizaines d’années, on se contente de nourrir les plantes avec des engrais et de les badigeonner de
pesticides rémanents, on ne s’occupe plus du sol. Et à force de subir des agressions chimiques et
mécaniques de plus en plus puissantes, les terres s’épuisent. Conséquence ? La baisse des
rendements. Ils ont en effet augmenté de 3% de 1950 à 1984, de moins de 1% de 1984 à 1994, et
la plupart des chiffres sont en baisse depuis 1995 pour les rendements de céréales notamment…
Cela vaut pour les États-Unis qui ont selon la FAO 28% de leur superficie cultivable réduit à la
stérilisation. On se préoccupe beaucoup de l’atmosphère et de l’eau, personne ne parle du sol !!!
Il faut absolument s’occuper des sols dans les années qui vont venir. Ils sont en train de lâcher
partout ! Il faut développer une véritable politique nationale de protection des sols. par l’humus
reconstitué. Ce qui, pour le moment, n’est absolument pas le cas.
La culture intensive mène à la famine
On aborde aujourd’hui l’agriculture sous l’angle financier. On se préoccupe du nombre
d’hectares et de têtes de bétail possédés permettant d’obtenir des subventions et des facilités à
l’export. Le quantitatif prime surle qualitatif, avec un certain nombre d’effets différés
redoutables et officiellement reconnus, en France comme ailleurs. Or nous avons environ 90
millions d’habitants en plus sur la planète tous les ans. Si nous ne sommes pas capables
d’augmenter nos rendements, d’augmenter disons la production mondiale de céréales avec une
population qui augmente d’à peu près 100 millions d’habitants tous les ans, nous allons tout
droit à la famine. Et ce, bien qu’on nous ait annoncé, dans les années 70, le règlement de tous les
problèmes alimentaires de l’Humanité ! Ce constat scientifique est inquiétant. Il montre que le
spectre des grandes famines n’est pas totalement écarté en Europe, comme ailleurs. Si l’on
reprend l’histoire de l’Humanité, nous voyons qu’elle est passée par des phases de grandes
famines. Elle a tout d’abord vécu, pendant plusieurs millions d’années, de chasse-cueillette. Les
hommes ne cultivaient pas la Terre et ne connaissaient pas la famine, travaillant extrêmement
peu, environ 2 heures par jour pour les plus riches et 4 heures par jour pour les plus pauvres. Ce
sont des vies confortables. La Terre est effectivement assez généreuse pour les nourrir à
condition qu’ils soient de faible densité. Mais lorsque l’homme a démarré les premières
civilisations agricoles il y a environ 8 000 ans, il a commencé à découvrir ce qu’était la famine.
Passer de l’état sauvage à la domestication est quelque chose de très difficile. car lorsque
l’Homme laboure la Terre, il provoque des phénomènes qu’il a du mal à contrôler. Par exemple
les phénomènes de l’érosion qui ont très vite entraîné des famines dans le Bassin méditerranéen,
les hommes ayant ruiné la Terre.



Du blé à la vigne, de l'abondance au désert...
On connaît bien l’enchaînement des cultures faites par les Romains au fur et à mesure que les
sols s’épuisaient. On commence par le blé, puis on passe aux céréales, moins exigeantes,
notamment le seigle, puis le sol ne supporte plus les céréales et on passe à la culture des arbres
fruitiers comme les amandiers, les oliviers, enfin la vigne. Quand une Terre est cultivée en vigne,
c’est que vraiment le sol ne peut plus rien porter…Au xixe siècle, au moment même où
l’Homme trouve un équilibre avec le milieu qui l’entoure, parvenant enfin à se nourrir de cette
Terre qu’il cultive lui-même, survient la chimie qui va remplacer la polyculture et l’élevage de
Sully, facteurs d’équilibre. Depuis, elle n’a cessé de tuer les sols. Aujourd’hui nous perdons en
moyenne 10 tonnes de sol par hectare et par an. Vous faites le calcul : dans moins de trois
siècles, c’est le Sahara partout.
Il faut réagir maintenant
Nul besoin d’être prophète... Tout ce que les écologistes sérieux ont avancé depuis trente ans se
vérifie aujourd’hui. Nous jouons à l’heure actuelle l’avenir de notre civilisation. Nous sommes
en train de vivre l’Austerlitz de 1’Occident. Que va-t-il se passer si on laisse faire ? L’Occident
s’écroulera par manque d’autocritique, faute d’une profonde remise en cause face à ses
errements. Si tel est le cas, s’il n’y a pas le sursaut nécessaire, l’Occident mourra comme toutes
les civilisations : par destruction des sols. Comme l’Empire Babylonien, l'Empire Romain,
comme les Mayas. Pour s'en prémunir, il faut simplement penser à Emmanuel Kant pour qui
"une chose est morale quand elle est généralisable à l’ensemble des êtres humains".
Faites les Kant de l'agriculture actuelle
Or, prenons ce qui se passe à l’heure actuelle : les Américains consomment 800 Kg de céréales
par personne et par an. Si nous regardons la production actuelle de céréales dans le monde et que
nous multiplions ces 800 Kg par 5 milliards et plus d’habitants, nous nous rendons compte que
nous ne pouvons pas nourrir 5 milliards d’habitants ; nous pouvons en nourrir un milliard, ce qui
signifie donc qu’il faut laisser mourir de faim sur le modèle américain 4 milliards 600 millions
d’habitants, ce qui n’est pas envisageable.
Alors si nous prenons un pays qui est plus raisonnable dans son alimentation comme l’Italie - qui
consomme 400 Kg de céréales par habitant - nous pouvons nourrir environ près de 3 milliards
d’habitants.
Mais si nous regardons ce que nous produisons à l’heure actuelle dans le monde et que nous
voulons le diviser par les 6 milliards d’habitants existants, vous vous rendez compte que nous
allons vers le système Indien, c’est-à-dire environ 200 Kg de céréales par habitant et par an. Et
nous savons comment mangent les Indiens : très peu de viande, à peu près une fois par mois,
essentiellement du riz donc une nourriture très frugale. Sommes-nous, nous Européens, prêts à
accepter cette nourriture frugale ? C’est la question que l’on peut se poser, et là, nous serons
dans une situation "morale", d'autant que sur le seul plan économique notre agriculture
industrielle n’est pas généralisable. Une Preuve ? S’il fallait simplement pour l’azote industriel
apporter à l’ensemble des terres cultivées la quantité d’azote que mange la France, la totalité de
la flotte mondiale ne suffirait pas à transporter l’azote en question ! C’est impossible... Donc il
faut changer d’agriculture. Car on se garde bien de dire aux français qu’avec notre système
alimentaire il faut un hectare de terre cultivée pour manger dans les pays riches. Alors si nous
consommons un hectare, c’est qu’il y a des êtres humains qui ne mangent pas. C’est une simple
mathématique, mais elle est malheureusement réelle. Pourquoi ? Parce qu’il reste 3 hectares par
habitant à l’heure actuelle sur la planète Terre, toutes terres confondues, Sahara, Pôles. Tout. Sur
ces trois hectares, on prélève de quoi s’habiller faire notre maison, notre voiture, etc. Et sur ces
terres il reste 2600m2 cultivés, pour manger. Et il en disparaît à l’heure actuelle l’équivalent de
la surface de la France tous les ans par érosion.On parle de fatigue des sols, osons apporter les
remèdes car ils existent.
L’agriculture vivante est celle qui amende ses sols. "Amender" signifie "restituer". C’est
l’équivalent pour l’agriculteur de l’entretien du matériel productif par l’industriel ; le sol est ce
qui produit, donc il faut l’entretenir. Pour fertiliser on transforme les déchets organiques en



[size=12]compost, on fait pousser des engrais verts et on établie des rotations de cultures pour les
microbes des racines, on remplace les éléments utilisés. On ne donne pas trente ans à cette
civilisation en analysant les sols. Mais le problème n’est pas technique. Le problème est bien
plus subtil que cela. La Terre est quelque chose de très subtil. Nourrir les hommes, ce n’est pas
simple. Il faut du respect et de l’humilité : ce dont manque précisément notre société malade. Il
faut : a) Replanter des haies en maillage de 20 hectares. b) Reboiser les zones sensibles. c) Gérer
la matière organique des villes à part des gadoues industrielles afin de pouvoir remonter le taux
de matière organique des sols. La seule chose qui puisse sauver l’humanité des grandes
catastrophes c’est l’agriculture biologique & la biodynamie authentique. Car son approche est
locale tout autant que globale. Un nouvel art de la science, un nouvel art de vivre ensemble à la
campagne comme à la ville, Le Bon Sens ! L’Amour, oui j’ose le dire, l’Amour ! Ces quinze
dernières années, plusieurs chaires de biodynamie ont été créées dans un certain nombre
d’universités, américaines et allemandes, danoises, notamment. Le dossier de l’agriculture
biologique débouche sur la vision de la naissance de véritables universités écologiques rurales et
urbaines. En France, nous n’en sommes pas là, et je le déplore... La grande fracture dissimulée là
par toute notre histoire culturelle est le rapport à la Terre, à la Femme. La Terre a besoin de
respect. La Terre manque de laboureurs de qualité pour être courtisée et cultivée avec le soin
qu’elle demande. Mais, hélas, les hommes ne veulent plus la travailler et l’amender car être
paysan est devenu dégradant sur le plan de l’image sociale. La destruction des sols agricoles est
pourtant le problème majeur auquel l’humanité est confrontée en ce début de siècle. La qualité
de l’eau ET de l’air ne peut pas être dissociée de la qualité des sols. L’urgence des urgences c’est
d'arrêter l’érosion des sols cultivés.
avatar
Re: La destruction des sols par l'Homme
Message le Lun 11 Juin - 22:48 par mihou
“Parle à la Terre et Elle t’Enseignera"
(proverbe celte favori de Lydia Bourguignon)
Lydia Bourguignon : Les agriculteurs devraient prendre exemple sur les vignerons qui étaient il
y a un siècle de simples viticulteurs, produisant des grappes de raisins qu’ils emmenaient aux
coopératives sans penser aux produit fini, le vin. Or, il y avait beaucoup de problèmes à l’époque
avec le vin, les consommateurs étant déjà à l'époque de plus en plus exigeants sur sa qualité et
sur son goût. Les viticulteurs ont fini par se poser des questions et c’est suite à cette réflexion
qu’ils sont devenus des vignerons à part entière, qu’ils sont allés du raisin jusqu’au vin. A
l’heure actuelle, les agriculteurs tels que les céréaliers comme autre exemple, ne font que du blé
la plupart du temps inpanifiable (car de piètre qualité) qu’ils déposent en coopératives sans
s’occuper du reste. Pourquoi l’agriculteur ne reprendrait-il pas en mains le début et la fin de sa
chaîne lui aussi ? La solution face à ses problèmes et ceux de la société se trouve là. C’est aussi
une façon de répondre aux exigences de qualité d’un nombre grandissant de consommateurs
désireux d'obtenir des produits finis (à haute valeur ajoutée) aux goûts du terroir, et de se
soulager du stress de la concurrence des produits uniformisés.
ABCD Presse : Votre laboratoire d’analyse microbiologique des sols est unique en France.
Lorsque vous rendez un diagnostic à l’agriculteur et que ce diagnostic est difficile pour lui,
comment cela se déroule-t-il ?
Lydia Bourguignon : J’aime beaucoup le mot diagnostic parce qu’en fait c’est vrai que l’on
peut nous comparer à des médecins de la Terre. Et il n’est pas toujours facile pour l’agriculteur
d’entendre que son sol est en mauvais état, que sa terre est quasiment...morte. Et on a, comme je
pense chez un malade, deux types de réactions. Celui qui va se laisser complètement abattre et
qui ne fera rien, il refermera le dossier et ne s’en occupera pas. Et puis il en est d’autres qui
prennent les choses en mains, suivent les conseils qui s’échelonnent sur un, deux ou trois ans.
Parce qu’il est hors de question face à un sol mort de le remettre sur pied en une année, ce n’est
pas possible sous nos latitudes. En fait, c’est un travail de longue haleine pour l’agriculteur. Mais
s’il sait faire preuve d’un peu de patience, la vie revient. De plus les conseils que nous lui
donnons ne sont pas très onéreux. Nous procédons à des amendements de compost ou d’argile
qui ne sont pas des produits coûteux. L’agriculteur s’y retrouve, l’agriculture aussi... Les
agriculteurs que nous suivons depuis des années ont des sols de plus en plus vivants, les activités
biologiques ont remonté, les capacités d’échanges entre le sol et la plante ont augmenté - et

[/size]

l’agriculteur, en fait, est satisfait. Donc l’espoir est bien là. Je crois aussi qu’à l’heure actuelle ce
sont les femmes... Les femmes reviennent. Nous nous en rendons compte au niveau du
laboratoire et de la demande croissante des agriculteurs... Quand nous sommes ensemble avec
l’agriculteur et l’agricultrice, c’est souvent plus la femme qui va demander de procéder à une
analyse, de modifier la façon de gérer son sol. Et je pense que les femmes agricultrices sont
beaucoup plus sensibilisées sur la question de l’avenir de leurs enfants. Elles reviennent au
respect de la Terre.



"


L'ENVIRONNEMENT PLANETAIRE"


par
Lydia & Pr. Claude Bourguignon
L'érosion des sols est un problème préoccupant. En 6000 ans d'agriculture, l'homme a provoqué
2 milliards d'hectares de désert, dont 1 milliard aud XXè siècle. Actuellement, l'intensité de
l'érosion augmente d'1 tonne à l'hectare par an.
Quelques chiffres de l'érosion des sols
_____________________________________________________________________
Pays
Année
En tonne/hectare de SAU
(Surface Agricole Utile)
par an
France
1980
20 tonnes
France
1990
30 tonnes
France
2000
environ 40 tonnes
Espagne
2000
60 tonnes
Afrique du Nord
2000
100 tonnes
Pays tropicaux
2000
500 tonnes
___________________________________________________________________
Le résultat est la production de 10 millions d'hectares de désert par an. Nous déforestons 17
millions de forêts, essentiellement en zone tropicale et équatoriale. La balance est de plus 7
millions d'hectares par an mis en culture. La population augmente de 90 millions chaque année.
Soit 700 m2 de terre cultivée par nouvel habitant. C'est la surface de la famine selon la définition
de la FAO. Acutellement, nous cultivons 1 750 milliards d'hectares pour 6 milliards d'habitants,
soit moins de 3 000 m2 par habitant. Or, les pays développés consomment pour la france, 6 000
m2 par habitant, pour les U.S.A., 8 000 m2 par habitant. De ce fait, plus d'1 milliard d'habitants
sont sous alimentés. Ce scandale ne durera pas éternellement.
Il faut apprencre à cultiver la terre sans l'éroder. Cela n'a jamais été fait.
C'est le grand challenge du 3ème millénaire.



"


VERS UNE NOUVELLE REVOLUTION VERTE"


par
Claude & Lydia Bourguignon
INTRODUCTION
La première révolution verte avec les variétés améliorées, les pesticides de synthèse et les
engrais a entrainé une grace dégradation des sols à travers le monde (Annexe 1). Vu le
développement rapide de la population mondiale, il est urgent de développer une nouvelle
révolution verte. Celle-ci doit être globale et porter sur les quatre piliers de l'agronomie : le
travail du sol, la génétique, les pesticides, les engrais.
Cette révolution verte demande deux changements profonds des agricuteurs et des agents de
l'agriculture :
- changement des pratiques agricoles
- changement des mentalités
UN CHANGEMENT AGRICOLE GLOBAL
L'agriculture doit changer les quatre piliers de l'agronomie :
I. La génétique
II. Les pesticides
III. Le travail du sol
IV. Les engrais
I. LA GENETIQUE
L'industrie innove beaucoup (informatique, robots, etc...)
L'agriculture est conservatrice et continue de cultiver les mêmes plantes et à élever les mêmes
animaux que nos ancêtres.
Il va falloir introduire de nouvelles plantes et de nouveaux animaux en agriculture pour gérer la
biodiversité.
Il existe 1 million d'espèces animales seulement 100 sont domestiquées.
Il existe 250 000 espèces végétales, seules 250 sont cultivées.
Le choix du tout génétique reste traditionnel et archaïque.
Il faut améliorer génétiquement de nouvelles espèces de plantes pour :
. Valoriser les sols pauvres.
. Protéger des sols contre l'érosion (cultures intercalaires, couvertures, etc...).
. Apporter de nouvelles solutions de remplacement à l'irrigation.
. Recycler les engrais pour lutter contre la pollution des nappes phréatiques.
. Il faut sélectionner et améliorer de nouvelles espèces de plantes de couvertures adaptées aux
différentes agroécozones.
Il faut améliorer génétiquement de nouvelles espèces animales pour :
. Valoriser les zones désertiques à l'aide des espèces d'antilopes qui ne boivent pas.
. Valoriser les zones tropicales humides d'Afrique à l'aide du buffle africain et des antilopes
africaines résistantes aux maladies, etc...
II. LES PESTICIDES



Après les abus de ces produits, il faut utiliser les trois méthodes d'avenir:
. Lutte raisonnée
. Bas volumes
. Réduction des doses
Il ne s'agit pas d'exterminer 100 % des parasites mais de limiter leur population à un niveau
économiquement viable.
Les herbicides peuvent être utilisés non as comme défoliants totaux, mais comme molécules
permettant de gérer des plantes de couvertures permanentes. Ils deviennent alors un allié des
techniques de semis directs. En rééquilibrant les sols, on peut alors baisser les doses de
fongicides et d'insecticides.
Il est nécessaire de développer les biopesticides produits directement par les agriculteurs.
Exemple :
- Insecticides : neem, pyrèthre
- Herbicides : plantes de couverture à fort pouvoir allélopathique
- Nématodes : crucifères, seigle, etc...)
.
III. LES ENGRAIS
Jusqu'alors l'industrie agricole a vendu des engrais solubles mal adaptés aux conditions
climatiques des tropiques. Il faut que les entreprises développent des engrais peu solubles et non
toxiques pour les plantes afin de pouvoir les mettre en même temps que le semis au contact de la
graine. Il est nécessaire de développer les biopesticides produits directement par les agriculteurs.
Avec la technique du semis direct sous couvert, on remonte la teneur en humus du sol et donc, la
capacité d'échange en action. Il devient alors possible d'énonomiser les engrais positifs (cations)
K+, Ca++, Mg++, Na+ (annexe 2).
Avec le semis direct, on remonte l'activité microbienne des sols. Or, les microbes produisent les
engrais négatifs (anions) : N03, SO4, PO4 (annexe 3).
On peut alors économiser la quantité d'engrais et descendre par exemple à 1 kg d'azote pour
produire 100 kg de céréales.
L'utilisation des plantes "pompes" permet de remonter les engrais lessivés en profondeur :
- l'éleusine coracana (pour le magnésium)
- le sorgho (pour le calcium, la potasse).
IV. LE TRAVAIL DU SOL SEMIS DIRECT
Dès le début de l'agriculture, l'homme a travaillé la terre pour lutter contre les "mauvaises"
herbes car il n'avait ni engais, ni herbicides.
L'agriculture ne s'est jamais posé la question :
"Pourquoi les mauvaises herbes ?".
Parce que le sol nu est soumis à l'érosion et l'évolution a mis au point un système de "couverture
permanente" du sol.
Maintenant, nous avons des engrais pour nourrir nos plantes et des herbicides pour calmer les
adventices, nous pouvons développer une agriculture sous "couvert".
L'agriculteur de demain sera plus celui qui est premier au concours de labour, mais celui
qui sera capable de semer ses cultures dans un "couvert temporaire ou permanent".
Pour arrêter l'érosion, il faut s'inspirer des modèles de végétations sauvages (climax) car ceux-ci
sont "pérennes"
A. Pour développer cette technique du semis direct sous couvert, il faut respecter trois
règles :



La recherche-action doit être faite pour, avec et chez les agriculteurs (L. Seguy, 1997).
Les parcelles doivent montrer des résultats de court terme :
- Facilité de réalisation du semis direct ;
- Economie du temps de travail et des intrants
et de long termer : (L. Seguy, 1997)
- Pérennité du système (essais longue durée) ;
- Remontée et entretien de la fertilité du sol ;
- Amélioration de la qualité des productions.
Ces parcelles de démonstration doivent montrer le semis direct sous couvert mort et sous
couvert vivant ainsi que leurs interactions.
B. Pour mettre en place cette technique du semis direct, il faut suivre le protocole suivant :
Diagnostic du sol
- Si le sol est compacté (dégradation physique), il faut intervenir mécaniquement : Ripper sur 15-
25 cm ou technique Zaï et installer très vite la plante de couverture.
- Si le sol est lessivé chimiquement, il faut apporter de l'engrais soit organique (compost), soit
minéral (cendres, engrais chimiques) sur la plante de couverture.
- Si le sol est dégradé biologiquement, il faut choisir une légumineuse de couverture pour
relancer l'activité biologique de surface et une graminée de couverture pour relancer l'activité
biologique de profondeur.
Mettre en place une tecchnique de semis direct adaptée :
- au climat local,
- aux culture annuelles ou pérennes,
- à la présence ou à l'absence de l'élevage.
C. Place de l'arbre dans le semis direct sous couvert
L'arbre est indispensable dans les systèmes agricoles de maintien de la fertilité des sols. L'arbre a
cinq rôles fondamentaux :
L'équipe de Lenton et Hamilton (Institut de Zoologie d'Oxford) a montré que tous les arbres,
sauf l'eucalyptus et les résineux, font tomber la pluie par l'émission de microbes synthétisant du
diméthyl sulfide qui la coalescence des gouttes d'eau des nuages.
Les arbres protègent les sols contre l'érosion hydrique et éolienne. Pour cela, il faut placer des
haies :
- le long des rivières pour conserver leur limpidité,
- le long des routes pour boire l'eau non absorbée par le goudron ou la piste,
- dans les points de convergences des pentes (Thalweg).
Les haies d'arbres ont 2 roles :
- la haie défensive pour protéger la parcelle du bétail




- la haie utilitaire : bois de chauffe, arbres fruitiers, bois de construction, fourrage pour les
animaux.
L'arbre du Sahel
Deux espèces comme Acacia Albida sont en feuillage en saison sèche et fournissent du fourrage
aux animaux et de l'ombrage au sol. En saison humide, elles perdent leurs feuilles et permettent
de cultiver les plantes vivrières à leur pied.
CONCLUSION
Cette révolution verte, par le choc de mentalité qu'elle représente, demande un effort
général de la société humaine, pour se développer.
Tous les échelons de la société doivent s'imliquer dans cette nouvelle révolution verte,
politiques, chercheurs, enseignants, vulgarisateurs et paysans.
C'est à ce prix que nous relèverons le défi du nouveau millénaire : la réconciliation de
l'homme avec sa planète la Terre
Re: La destruction des sols par l'Homme
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La destruction des sols par l'Homme

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