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 Femmes africaines (4) - De la soumission à l'initiative

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12082005
MessageFemmes africaines (4) - De la soumission à l'initiative

Femmes africaines (4) - De la soumission à l'initiative
Monique Durand
Édition du vendredi 12 août 2005

Mots clés : Afrique (Région), Femme, Éducation, alphabétisation, oxfam-québec

Au Sénégal, 75 % des femmes sont analphabètes. Les femmes africaines sont l'espoir d'un continent qui croule sous les mauvaises nouvelles: guerres, sida, corruption, famines. Partout elles s'engagent pour améliorer le sort des leurs. Notre collaboratrice s'est rendue aux quatre coins du continent africain. Elle nous livre ici le quatrième d'une série de cinq articles.





Oxfam-Québec est au cœur d’une vaste entreprise d’alphabétisation des femmes au Sénégal.



Le tableau noir est installé en plein air, «sous la paillasse», comme on dit ici, c'est-à-dire sous un toit fait de tiges tressées, au milieu d'une nature verte, humide et exubérante. Certains élèves sont assis par terre sur des nattes. Les Sénégalais, en fait surtout les Sénégalaises, apprennent à lire et à écrire. Ils sont des dizaines de milliers d'adultes et de jeunes adultes à se rendre ainsi sous la paillasse deux, trois ou quatre fois par semaine, selon le rythme des saisons de culture, pour apprendre l'alphabet. Au Sénégal, la moitié des hommes et les trois quarts des femmes sont analphabètes.

Connu sous le nom de Papa-II (Projet d'appui au plan d'action en matière d'éducation de base des adultes et des jeunes - phase 2), ce vaste projet d'alphabétisation, qui a connu beaucoup de succès, est financé par l'Agence canadienne de développement international à hauteur de 20 millions de dollars. Mais il est mis en oeuvre par Oxfam-Québec, de concert avec les autorités sénégalaises. Cette année, Papa-II a mis sur pied 1870 classes qui rejoignent pas moins de 56 000 Sénégalais. On y enseigne les langues nationales sénégalaises qui sont codifiées et qui comportent des caractères latins, comme le ouolof ou le pulaa.

«Nous avons surtout visé les femmes, qui constituent 75 % des effectifs de nos classes», explique Kassa Diagne, le directeur du projet dont le siège est à Dakar, la capitale. «D'abord, parce qu'elles sont encore moins alphabétisées que les hommes. Mais surtout parce qu'éduquer une femme, c'est éduquer toute une famille. Quand la maman sait lire et écrire, il y a toutes les chances que ses enfants aillent à l'école.»



«L'originalité de ce projet, c'est son approche de proximité. Il est organisé et animé par des Sénégalais et Sénégalaises de la base, des associations locales, des regroupements communautaires. On s'est rendu compte que le système scolaire plus classique n'avait pas réussi à alphabétiser les gens des régions défavorisées du pays. On a découvert que l'alphabétisation ne passait pas forcément par l'école. Il fallait imaginer une structure parallèle, inventer une autre façon de rejoindre les gens, et le faire avec un autre état d'esprit.» Jean-Pierre Chicoine travaille à la direction des programmes outre-mer à Oxfam-Québec, à Montréal. «Nous formons aussi des gestionnaires qui pourront faire fonctionner le projet de façon permanente. Nous leur montrons comment aller chercher de l'argent, à quelles portes aller frapper : Banque mondiale, PNUD, récoltes de fonds au Sénégal même, etc. Le but ultime, c'est que les Sénégalais eux-mêmes, à court terme, prennent totalement le relais.»




Mohammed, portier dans un grand hôtel de Dakar, n'est jamais allé à l'école mais encourage les six enfants que lui ont donnés ses deux femmes, à s'alphabétiser. «Pour qu'ils puissent gagner leur vie, sans trop se fatiguer.» Il a deux filles et quatre garçons. «Les filles aussi vous les encouragez ?», je lui demande. «Oui.» Mohammed n'élabore pas davantage.



Fin de la trentaine, engoncé dans une livrée trop grande pour lui, Mohammed travaille de l'aube jusqu'au soir, souvent sept jours sur sept. De temps à autre, il va voir ses copains qui jouent, derrière l'hôtel, à une sorte de jeu d'échecs géant. Installés à l'ombre d'un grand arbre, ils tuent les heures en faisant claquer leurs pions sur le damier à coeur de jour, ne levant les yeux que pour saluer un joggeur ou admirer une voiture rutilante. «Moi, j'ai la chance de travailler, explique Mohammed. Et le temps passe plus vite pour moi que pour eux ! Mais je travaille trop dur. Mes enfants auront une meilleure vie parce qu'ils vont à l'école et savent déjà lire et écrire.» Le revenu annuel moyen par habitant au Sénégal est de 2000 $CAN par année.

Tout change quand on sait lire et écrire. «Les us et coutumes se transforment. Les gens gagnent de la confiance en eux-mêmes, s'ouvrent à de nouvelles façons de faire. Ils passent de la soumission à l'initiative», clame Jean-Pierre Chicoine, en écho aux propos de Kassa Diagne à Dakar : «C'est si émouvant d'entendre ces femmes, souvent âgées, nous raconter qu'enfin elles ne sont plus obligées de faire lire leurs lettres par un autre, elles peuvent garder pour elles leurs petits secrets.»

Les résultats du projet Papa-II sont jusqu'à maintenant très significatifs, voire spectaculaires. Le taux d'analphabétisme national, qui était de 73 % en 1994, est maintenant de 64 %. Et chez les femmes, il est passé de 82 % à 73 %. Kassa Diagne : «Savoir lire, écrire et compter, c'est aussi pouvoir faire des transactions, aussi minimes soient-elles, c'est pouvoir emprunter de l'argent, accéder au crédit ! Ça change tout, je vous dis !» Tellement, d'ailleurs, que l'alphabétisation est souvent vue comme une menace par les hommes et par une société qui perd ses repères traditionnels. «Certains hommes ont peur de cette nouvelle modernité, explique M. Chicoine, et des transformations qu'elle va entraîner chez les femmes. Vous savez, ça donne du pouvoir d'être capable de comprendre, de discuter, de manifester son accord ou son désaccord.»

Collaboration spéciale

Monique Durand s'est rendue au Sénégal grâce à un programme de l'ACDI destiné aux journalistes.
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