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 Les Nègres au Portugal du XV au XIXème siècle

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

27042007
MessageLes Nègres au Portugal du XV au XIXème siècle


Les Nègres au Portugal du XV au XIXème siècle


25/04/2007




Au
milieu du XVIe siècle occidental, 10% de la population de Lisbonne
était constituée d’Africains ! Cette statistique ahurissante traduit à
elle seule l’énormité de l’aventure négrière portugaise et européenne
en générale. Elle exprime aussi, par l’écart abyssal entre la
perception contemporaine de l’histoire prégnante des déportations
esclavagistes transatlantiques et la réalité que les historiens
exhument patiemment, une infinie difficulté à imaginer le passé
africain. Celui des rencontres avec l’Europe subi nettement les
assauts, bémols, ratiocinations des idéologies colonostalgiques ou
néo-négrières en mission de minoration en faits et effets d’un des plus
violents épisodes de l’emprise européenne sur le monde, le monde noir.
En ce sens revenir à l’histoire, aux faits, à leur reconstruction, à
leur reconduction, à leur réévaluation dans l’ensemble des aires
concernées est subversif en un sens des versions et doxologies qui se
veulent autorisées, d’autorité. Le Portugal ayant été la première
grande nation négrière européenne, en contact avec un des royaumes
africains les plus vastes et développés du XVe siècle, son histoire
africaine est nécessairement parlante, édifiante, en quelque chose
structurante de la suite des servitudes et inventions culturelles, qui
jalonneront la marche ibérique des Nègres.




Simao Souindoula, directeur du Musée National de l´Esclavage et Coordonnateur du Comité pour l´Angola du Projet de l´UNESCO «La Route de l´Esclave», nous propose la recension de l’ouvrage «Les Nègres au Portugal du XV au XIXème siècle»,
instructif, qui présente parmi maints attraits, les avancées de la
biologie cellulaire dans les recherches sur la connaissance des
Africains du Portugal, identifiés du point de vue de leur origine,
Bénin, Kongo -Angola-, Sénégal.






Route Ibérique de l’Esclavage

[color=black]


Des Portugais leucodermes attestent des gènes africains. Ce
fait génétique, inédit, constitue l´une des révélations du précieux
catalogue de la fameuse exposition «Os negros em Portugal – sécs. XV a
XIX », programme conçu, au début de cette décennie, dans le cadre de la Commission Nationale pour les Commémorations des Découvertes Portugaises.






S´étalant sur 241 pages, ce remarquable album restitue donc la substance de cette «amostra»
dans laquelle l´on retrouve des reproductions de vestiges
archéologiques, de manuscrits d´archives, d´objets d´art, de bas
reliefs, de peintures et gravures anciennes, de dessins divers, de
cartes, de plans de villes, d´écussons, de photographies et une
quinzaine de chapitres commentaires sur, notamment, en tête de liste,
le courageux thème de la génétique.




Les
autres articulations de l´ouvrage sont liées á la très notable présence
d´esclaves noirs au Portugal avant la grande et frénétique expansion
maritime, du milieu du XV éme siècle, de l´époque romaine á la période
arabe, aux premiers contingents de captifs venus, á partir de 1441, des
cotes de l´Afrique occidentale et á la prévisible poursuite des flux
esclavagistes vers la Péninsule Ibérique, parallèlement au spectaculaire développement du commerce triangulaire.




L´on
y note aussi des chapitres portant sur les taches pénibles d´ateliers
et autres petits métiers de labeur auxquels étaient astreints les « negrinhos »,
leur subséquent univers social, l´insertion des esclaves et autres
africains affranchis dans les consolantes confréries religieuses, la
facile victimisation inquisitoire des africains, leurs loisirs et le
lent processus de l´abolition de l´esclavage au Portugal.




L´ouvrage
dresse également une galerie de portraits de certaines personnalités
noires ou métisses, la plupart, nées au Portugal ou au Brésil,
(écrivains, peintres, hommes d´Eglises, officiers supérieurs,
administrateurs, médecins, etc.) qui se sont distinguées dans le pays
de l´infante D. Henrique. Et, l´on y note le baron Manuel José Puna,
Prince cabindais, né á Coimbra, l´un des signataires du Traité de
Simulambuco, de 1885.




Approche cytologique



Le
catalogue aborde, naturellement, l´influence culturelle engendrée par
l´installation de centaines de milliers de mélano -africains au
Portugal, dans des domaines aussi divers que la langue, la sculpture,
la tapisserie, la cuisine, la musique et la religion.


L´on révélera parmi les cristallisations d´origine africaine notées dans la langue de Camoes, des termes tels que banana, cacimba, cacimbo, furisco, missanga et soba.
Celles-ci sont aussi attestées, comme l´on pouvait s´y attendre, dans
une centaine de localités du territoire lusitanien (sites d´anciens
cimetières d´esclaves, monts, cours d´eau, fermes, potagers, pinières,
etc.). Ces toponymes se rencontrent dans des villes aussi diverses
qu´Aveiro, Braga, Coimbra, Evora en passant par Lisbonne et Porto.


Les termes noirs ou negres sont repris sous de dizaines de formes pretelha, pretetes, pretarouca, negrais, negracho, negrelos, etc.



La
grande identité musicale lusitanienne, le fado, tire, aussi, selon José
Luis Neto, dans sa contribution intitulée «Echanges et influences
réciproques», ses origines de cette migration venue de «l´Ethiopie occidentale».


Les négro-africains ont, finalement laissé en héritage, à Moncorvo, dans le Tras –os- Montes, la fête dos «Pretos».

La
singulière ferveur religieuse des «captifs» convertis au christianisme
a provoqué l´émergence, dans de nombreuses localités, des saints et des
anges noirs, souvent assimilés aux dieux et déesses des panthéons
africains.


Et, avant la dynamique inculturaliste moderne, les «negraxos»
bantu introduisirent, au XVII éme siècle, dans le cadre des
manifestations de la confrérie de Notre Dame do Rosario do Salvador,
ordre se revendiquant ouvertement de la «naçao Congo/ Angola», les marimbas (xylophones) , les congos et cangaz (tambours).




Le
volet génétique est abordé par Antonio Amorim dans une contribution
intitulée «Esclaves africains au Portugal». Ce spécialiste de
l´hérédité humaine, après une cartographie du gène HBB –S, responsable
d´une maladie hématologique virtuellement absente des populations de
l´Europe septentrionale et centrale, a constaté sa prédominance au sud
du Portugal, particulièrement dans les vallées du Sado et du Sorraia.


Sa classification de ce gène recoupe, curieusement, le triptyque esclavagiste de l´Afrique occidentale avec les distinctions senegal, benin et bantu;
ce dernier registre faisant référence, pour l´essentiel, á l´actuel
territoire de l´Angola (le vaste Royaume du Kongo et ses territoires
alliés ainsi que l´ancienne Colonie portugaise d´Angola, avec ses
esclavagistes villes de Luanda et Benguela).




Le
perfectionnement des méthodes de recherche dans ce domaine de pointe
(marqueurs génétiques et variations de l´ADN) confirmera, sans nul
doute, en plus de traces culturelles mises en évidence, l´empreinte
héréditaire laissée par les 10 000 noirs qui constituaient au milieu du
XVI éme siècle, 10% de la population de Lisbonne. En effet, l´on y
enregistrait, á cette époque, au moins, 20 groupes ethniques africains
différents.


En 1700, l´on estimait la population esclave de l´agglomération de l´embouchure du Tage á 30 000 individus.

[color:e0af=black:e0af]L´un
des enseignements qu´il faudra retenir de cette approche cytologique
est que le trafic triangulaire des esclaves a été également une
véritable aventure génétique.


Simão SOUINDOULA

Afrikara

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Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE
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Les Nègres au Portugal du XV au XIXème siècle :: Commentaires

souvent assimilés aux dieux et déesses des panthéons
africains.





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