MONDE-HISTOIRE-CULTURE GENERALE

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QUOI DE NEUF SUR NOTRE PLANETE
 
LA FRANCE NON RECONNAISSANTE
Ephémerides

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 COURRIEL D'INFORMATION ATTAC (n°568)

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mihou
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Localisation : Washington D.C.
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19042007
MessageCOURRIEL D'INFORMATION ATTAC (n°568)

COURRIEL D'INFORMATION ATTAC (n°568)

Vendredi 20/04/07
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______________________________

Dans ce numéro

1.- LA FACE CACHÉE DU CO-DÉVELOPPEMENT
Par Nicolas Sersiron, vice-président du CADTM
France
(http://www.cadtm.org) et Damien Millet,
président du CADTM France,
auteur de L’Afrique sans dette, CADTM/Syllepse,
2005.

2. - LA BANQUE MONDIALE CONTRE L’EDUCATION AU
NIGER
Par Moussa Tchangari, directeur de
l’Association Alternative Espaces
Citoyens, basée à Niamey au Niger.
(http://www.alternatives.ca)

3.- DÉCLARATION FINALE DU FORUM SOCIAL DU
BURKINA

4.- DÉCLARATION DE NYÉLÉNI

5.- APRES LA GUERRE, LA PRIVATISATION DU PÉTROLE
?
Par Adam Novak (Alternatives Quebec).

6.- DE LA CENSURE ET DE L’INFORMATION À
DESTINATION DU PEUPLE
Par Denis Robert, écrivain

______________________________

1.- LA FACE CACHÉE DU CO-DÉVELOPPEMENT
Par Nicolas Sersiron, vice-président du CADTM
France
(http://www.cadtm.org) et Damien Millet,
président du CADTM France,
auteur de L’Afrique sans dette, CADTM/Syllepse,
2005.
______________________________

Chez les principaux candidats à l’élection
présidentielle française,
l’expression fourre-tout du «
co-développement » fait florès. Pourtant,
le terme est particulièrement discutable : en
quoi ce co-développement
diffère-t-il de l’aide au développement, qui
appartient elle-même à la
pensée néocoloniale ? Car comme l’a écrit
l’historien burkinabè Joseph
Ki-Zerbo : « On ne développe pas, on se
développe. » Les peuples
africains sont privés de leurs propres richesses
au profit d’une
minorité qui s’enrichit démesurément, tant
au Nord que sur le continent
noir, et toute forme de développement est
impossible dans ces conditions.

La plus belle ambition internationale d’un
candidat à l’élection
présidentielle française ne serait-elle pas de
permettre aux populations
africaines d’enclencher le développement
qu’elles auraient elles-mêmes
choisi, en faisant en sorte que, débarrassées
du fardeau de la dette,
elles disposent enfin des leviers de décision ?
Dans ce cas, seulement
pourront émerger un réel espoir d’une vie
meilleure dans leur pays et la
dignité qui leur est refusé depuis des
siècles. Les solutions pour
permettre aux peuples du Sud de construire un
avenir plus juste sont
connues.

L’annulation immédiate de toutes les dettes
extérieures publiques, dont
une grande part est illégitime et odieuse,
rendrait possible la fin de
la domination subie avec une si grande violence
par les populations
africaines, notamment les plus démunies.
Asphyxiés par le remboursement
de la dette, qui représente très souvent plus
du tiers du budget, et par
la captation des richesses par des dirigeants peu
scrupuleux au service
des grandes puissances, les Etats africains sont
donc privés des moyens
financiers de garantir les droits humains
fondamentaux pour leurs
populations.

Un audit des créances de la France sur ces pays,
réalisé par le
gouvernement français avec la participation des
mouvements sociaux,
permettrait de savoir à qui ont profité les
sommes prêtées. Celles ayant
servi à corrompre des dirigeants africains (et
à rétro-corrompre
certains responsables politiques français), à
réprimer des populations
en quête de justice et de démocratie, à
enrichir des sociétés
transnationales ou à élaborer des projets
pharaoniques pour le profit de
dirigeants mégalomaniaques et d’entreprises
amies soutenues par la
France sont nulles et non avenues d’un point de
vue juridique.

Les paradis fiscaux sont au cœur du dispositif,
permettant une évasion
facile de capitaux ainsi soustraits à
l’impôt, ici comme ailleurs. Des
centaines de milliards de dollars, qu’ils aient
été acquis illégalement
ou non, sont dissimulés dans ces trous noirs de
la finance qui sont
moralement injustifiables. Ces paradis fiscaux
sont à nos portes
(Monaco, Andorre, Luxembourg, Suisse, City de
Londres et tant d’autres)
et le gouvernement français peut très
facilement, si la volonté
politique existe, porter le combat contre ce
scandale qui dépossède la
majorité des humains.

La France, quatrième actionnaire de la Banque
mondiale et du FMI,
pourrait utiliser son pouvoir au sein de ces
institutions pour placer
ces questions au cœur du débat public et
promouvoir un changement
radical de ces deux institutions-clés, au
bénéfice des plus démunis.
Actuellement, les conditionnalités qu’elles
imposent à ces pays
empêchent les Etats du Sud de mener une
politique orientée vers
l’amélioration des conditions de vie de leurs
populations. Cette forme
de colonisation économique, qu’on a osé
appeler « bonne gouvernance » et
dont les dirigeants du Sud sont complices, prend
différentes formes qui
frappent de plein fouet les populations pauvres :

- l’ouverture des frontières aux sociétés
transnationales qui
s’approprient une grande part des richesses
naturelles africaines et
rapatrient leurs bénéfices en ne laissant en
Afrique qu’inégalités et
désastres écologiques. Une taxe sur les
bénéfices de ces sociétés et sur
les transactions financières internationales
pourrait s’attaquer aux
inégalités les plus flagrantes du modèle
économique dominant ;

- le « tout à l’exportation », imposé par
les créanciers, au détriment de
l’agriculture vivrière, pour rembourser cette
dette dont le montant n’a
plus aucune réalité économique. Les nouveaux
prêts servent le plus
souvent à rembourser les anciens… Si l’on
sait que la moitié de la
population africaine vit avec moins de 2 dollars
par jour, on sait moins
que 70% de ces personnes vivent dans les
campagnes et sont les premières
touchées par la sous-alimentation.

- la disparition imposée de toute barrières
douanières de protection pour
l’agriculture des pays du Sud alors que les
productions européennes sont
largement subventionnées et particulièrement
polluantes. Elles arrivent
sur les marchés africains à des prix
inférieurs à ceux des productions
locales, empêchant les petits paysans – du Sud
mais aussi du Nord
d’ailleurs – de vivre dignement de leur
travail. La France pourrait
promouvoir à l’échelle internationale un
commerce plus équitable et une
agriculture paysanne, visant avant tout à la
souveraineté alimentaire de
tous les pays.

L’annulation totale et inconditionnelle de la
dette des pays du Sud, un
mécanisme de répartition équitable de la
richesse, la suppression des
paradis fiscaux et une autre architecture
financière internationale
seraient de nobles combats pour une France qui
aujourd’hui prend toute
sa part dans le puissant mécanisme
d’oppression en place. Question
secondaire lors d’une campagne présidentielle,
nous direz-vous ? Rien de
plus faux ! Prétendre gouverner demain la France
dans le respect des
valeurs de justice reconnues par le droit
international sans vouloir
rompre avec la logique néolibérale actuelle ne
peut être qu’une erreur
politique majeure.

______________________________

2. - LA BANQUE MONDIALE CONTRE L’EDUCATION AU
NIGER
Par Moussa Tchangari, directeur de
l’Association Alternative Espaces
Citoyens, basée à Niamey au Niger. 4 avril 2006
(Article tiré du site
d’Alternatives : http://www.alternatives.ca)
______________________________

Vaste pays d’Afrique de l’Ouest, le Niger est
l’une des victimes
emblématiques des politiques d’ajustement
structurel conduites par les
institutions financières internationales. Sous
l’impulsion de ces
dernières, la pauvreté et la misère ont
enregistré un bond prodigieux en
l’espace d’une vingtaine d’années. Les
services publics, que ce soit en
matière de santé ou d’éducation, ne sont
plus assurés correctement.
Depuis le début des années 1980, la part des
dépenses publiques
consacrées à ces secteurs ne fait que
décliner, alors que le service de
la dette extérieure engloutit une part
importante du budget de l’État.

À la faveur des accords d’ajustement
structurel passés avec les autorités
nigériennes, la Banque mondiale est devenue
l’unique maître d’œuvre de
la politique éducative du pays. L’école
publique a été mise sous coupe
réglée par les experts de ces institutions et
leurs acolytes locaux :
réduction de l’enveloppe des bourses et
allocations aux étudiants et
élèves, privatisation des œuvres
universitaires (cantine, résidence et
transport), remplacement progressif des
enseignants professionnels par
des contractuels sous-payés, arrêt du
recrutement des jeunes diplômés
dans la fonction publique, rehaussement des frais
d’inscription des
étudiants, etc.

Aujourd’hui, deux enfants nigériens sur trois
ne vont pas à l’école,
alors que 80% de la population ne sait ni lire ni
écrire. Au primaire, à
peine 32% des élèves réussissent à l’examen
final de fin de cycle,
tandis qu’au secondaire, sur 1000 élèves qui
y entrent, à peine 160
sortent avec leur diplôme de premier cycle sans
redoublement. Seul 1%
des enfants ont accès à l’enseignement
préscolaire, largement dominé par
le secteur privé. Les frais de scolarité
annuels demandés aux parents
varient de 15 $ dans le public à près de 1000 $
dans le privé.

Selon les statistiques officielles du
gouvernement nigérien, les enfants
issus des milieux ruraux pauvres ont moins de
chance d’aller à l’école
que ceux vivant dans les centres urbains. La
politique éducative dictée
par la Banque mondiale renforce non seulement les
inégalités sociales
entre les centres urbains et les campagnes, mais
aussi entre les filles
et les garçons. En 1999-2000, les filles ne
représentaient que 39% des
effectifs scolarisés, ce qui correspond à un
taux de scolarisation de
27%. Si la tendance actuelle se maintient, la
majorité des filles
nigériennes vont rester analphabètes pendant
des décennies encore.

Si le problème de l’accès à l’école
demeure important, il faut souligner
que le chômage endémique des jeunes diplômés
est encore plus
préoccupant. À l’heure actuelle, le Niger
compte des milliers de
diplômés sans perspectives réelles d’emploi,
alors que le pays a
cruellement besoin de cadres dans tous les
domaines. Après avoir passé
plus de vingt ans de leur vie sur les bancs de
l’école, les jeunes
diplômés n’ont droit à aucun emploi digne de
ce nom. Seuls les plus
chanceux d’entre eux ont droit au service
civique national ou peuvent
devenir « volontaires de l’éducation » - des
contractuels sous-payés qui
remplacent progressivement les enseignants -, des
formes honteuses
d’exploitation de la jeunesse.

Stigmatisée dans les années 1960 comme
l’anti-chambre du fonctionnariat,
l’école nigérienne est devenue aujourd’hui
l’anti-chambre du chômage.
Les produits de cette école ne parviennent pas
à s’insérer dans le tissu
social et économique pour deux raisons
essentielles. La première, c’est
que l’État, principal employeur potentiel, ne
veut plus recruter,
conséquence des critères de discipline
budgétaire imposés par le Fonds
monétaire international et par l’Union
économique et monétaire
ouest-africaine. La seconde, c’est que la
formation dispensée par les
écoles n’est pas adaptée aux réalités
sociales et économiques, et les
filières qui peuvent déboucher sur des emplois
sont strictement
contrôlées par le privé.

Face à cette situation, plusieurs organisations
de la société civile
nigérienne ont décidé d’engager une lutte
résolue pour la défense de
l’école publique. Elles s’insurgent
notamment contre la politique dite
de partage des coûts de l’éducation
instituée par la Loi d’orientation
du système éducatif, une loi scélérate qui
symbolise la renonciation de
l’État du Niger à son devoir d’éduquer.

_________________
Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE
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COURRIEL D'INFORMATION ATTAC (n°568) :: Commentaires

______________________________

3.- DÉCLARATION FINALE DU FORUM SOCIAL DU
BURKINA
______________________________

Le premier forum social du Burkina Faso a eu lieu
du 28 au 30 mars 2007 à
l’ENEP (Ecole Nationale des Enseignants du
Primaire) de Loumbila (près
de Ouagadougou). Ce forum a été préparé
depuis le 6 mai 2006 par une
trentaine d’associations du Burkina Faso.
Pendant 3 jours, il a
rassemblé 750 personnes de plus de 150
associations avec des délégations
de France, du Canada, de Belgique, d’Espagne,
d’Italie, de Cuba, du
Bénin, du Niger, du Mali et de toutes les
régions du Burkina Faso.

Après avoir travaillé dans 3 panels, 34
ateliers, 2 conférences
populaires, les participants à ce forum ont
retenu quelques
recommandations qu’ils souhaitent transmettre
à tous ceux qui se sentent
interpellés par les situations d’injustice
profonde engendrées par la
mondialisation néo-libérale. Bien sûr, tout ne
peut pas être dit ici,
nous avons retenu quelques points essentiels dans
lesquels les
participants sauront reconnaître leurs propres
mots.

Nous, participants au premier forum social du
Burkina,
- Nous refusons les politiques néolibérales qui
ne cessent de creuser les
écarts entre nations riches et nations pauvres,
entre riches et pauvres
dans une même nation… et dont on nous fait
croire qu’elles sont le seul
modèle économique possible.
- Nous refusons la concentration des richesses et
des pouvoirs aux mains
de quelques multinationales et de quelques Etats
au détriment de le
majorité des populations et de l’avenir de
notre planète. Cette
domination exercée par une minorité sur
l’ensemble est intolérable.
- Nous refusons le désengagement total de
l’Etat des services sociaux de
base nécessaires à la cohésion sociale et à
la solidarité (santé,
éducation, eau, communications,…). Le droit à
l’eau, en particulier dans
notre pays, doit devenir un droit humain effectif
et devenir l’affaire
de tous.
- Nous refusons les privatisations, telles
qu’elles sont faites, car
elles sont une spoliation des richesses
nationales et un abandon du
service public.
- Nous refusons les accords commerciaux
inéquitables tels qu’ils sont
dans le TEC (Tarif douanier = Tarif Extérieur
Commun) actuel et dans les
APE (Accords de Partenariat Economique) tels que
l’Union Européenne veut
nous les imposer (et dont les populations dûment
informées ne veulent
pas).
- Nous refusons la destruction de notre
agriculture qui va en résulter et
dont vit pourtant 80% de notre population
aujourd’hui.
- Nous refusons toute violation des droits
humains dans nos pays et nous
demandons à nos dirigeants d’oeuvrer pour la
paix : trop de guerres, de
réfugiés, de déplacés hypothèquent notre
développement.
- Nous refusons toute exclusion, quelle qu’elle
soit.

Nous, participants au premier forum social du
Burkina,
- Nous réaffirmons l’urgence d’une politique
agricole qui prenne
pleinement en compte la souveraineté
alimentaire.
Que nos Etats de la CEDEAO (Communauté
Economique des Etats de l’Afrique
de l’Ouest) rehaussent dès maintenant le TEC
(Tarif Extérieur Commun) en
y introduisant une bande tarifaire à hauteur de
50% pour la protection
de nos produits agricoles sensibles (graines de
coton, tomate, lait,
riz, viande…) dès maintenant et donc avant de
commencer la négociation
finale sur les APE (Accords de Partenariat
Economique) . (Pour éviter de
voir nos pays inondés par les sous produits des
agricultures
subventionnées d’ailleurs…)
Nous nous engageons à changer nos comportements
pour consommer nos
produits locaux et soutenir ainsi notre
agriculture.
Nous invitons les Organisations Paysannes à
proposer à tous les candidats
(maires, députés, président) de s’engager
sur quelques mesures
importantes pour le développement de notre
agriculture et pour une
meilleure prise en compte de notre agriculture et
de nos populations
rurales.
Que les Organisations Paysannes ne s’alignent
pas sur les seules
politiques gouvernementales, mais défendent
réellement les intérêts des
paysans.
Nous souhaitons que nos Etats délivrent aux
producteurs des titres
fonciers qui puissent assurer la sécurité et la
stabilité de notre
production agricole, en surtaxant
l’agrobusiness et les opérations
spéculatives.
Qu’en ce domaine, il y ait une réelle
égalité d’accès à la terre pour
tous, hommes et femmes, et que les femmes
puissent en hériter.
- Concernant les OGM (Organismes Génétiquement
modifiés), nous demandons
la révision de la mise en œuvre du protocole de
Carthagène, la
sensibilisation des populations à la base, et la
concertation entre
chercheurs sur les OGM pour mieux mesurer les
risques réels et mettre en
oeuvre le principe de précaution. Nous demandons
que cesse immédiatement
le chantage sur les producteurs de coton qui
refusent la culture des OGM
et leur imposition par les autorités dans notre
pays.
- Concernant la dette injuste qui accable nos
pays, nous demandons
qu’elle soit reconvertie intégralement en
programmes de développement à
la base – et avec des mécanismes de contrôle
transparents et accessibles
à tous par une information régulière.
- Concernant les OMD (Objectifs du Millénaire du
Développement) et
l’accès aux services sociaux de base, nous
constatons avec tristesse que
les objectifs sont loin d’être atteints, car
les choix politiques
actuels , la formulation et l’exécution des
projets ne sont pas
transparents.
- Concernant les mutuelles, nous souhaitons en
encourager toutes les
formes qui permettent aux populations de décider
elles-mêmes de leurs
priorités, de leurs manières de les gérer et
de se les approprier. Nous
souhaitons que les services publics nous y
encouragent.
- Concernant la santé, nous souhaitons que
toutes les régions du pays
soient également couvertes et bénéficient des
mêmes avantages que la
capitale.
- Concernant l’éducation, nous demandons
l’arrêt immédiat de
l’application des P.A.S. (Plans d’Ajustement
Structurel) ; que l’école
soit obligatoire et gratuite jusqu’à l’âge
de 16 ans, que soit relevé le
niveau de vie des enseignants et apprenants, que
l’éducation non
formelle soit encouragée et développée.
- Concernant les communications, nous demandons :
« Un village, un
téléphone avant 2015 »
- Concernant l’environnement, nous recommandons
qu’il soit mieux pris en
compte dans la pratique et l’élaboration de
nos politiques pour des
pratiques plus respectueuses de notre
environnement : reboisement,
agriculture biologique, éducation, exploitations
minières mieux
encadrées, sachets plastique noirs à proscrire,
assainissement et
viabilisation dans les villes.
- Concernant les OSC (Organisations de la
Société Civile), nous pensons
qu’il est urgent et important qu’un cadre
légal soit défini pour elles
et qu’elles puissent être associées de plus
en plus, selon leurs
compétences, aux prises de décision qui
engagent la vie du pays.
Qu’elles puissent aller en justice pour
défendre leurs intérêts et ceux
de leurs membres. Nous demandons qu’une
attention particulière soit
portée à la transparence dans la gestion
financière et à la
représentativité pour l’obtention des
financements.
- Concernant la corruption et la bonne
gouvernance, nous demandons aux
personnalités de l’Etat et de
l’administration de se soumettre à la loi
commune de l’Etat de droit faite pour tous :
que chacun paie ses
factures, renonce aux pratiques de corruption et
de pots de vin, etc.
Que l’égalité de droits et de devoirs entre
tous les membres de la
société soit respectée. Que l’Etat soit
garant de la justice et de la
bonne gouvernance (exploitation, torture,
exécutions extrajudiciaires…)
Que la liberté de presse soit renforcée
(dépénalisation des délits de
presse). Que la liberté d’association et
d’expression soit améliorée.

Il faut parler beaucoup de la corruption parce
qu’elle se répand partout.
Nous recommandons tout particulièrement :

- L’arrêt des retenues sur les frais
inexplicables au niveau du coton.
- Des pétitions de parents d’élèves pour
réduire les frais scolaires
abusifs.
- Des alliances avec nos voisins pour réduire
les fraudes douanières.
- L’implication des associations aux journées
de lutte anti-corruption.
- Possibilité pour tous d’accéder à un
logement décent.
- Retour à nos valeurs cardinales pour
rééduquer les jeunes.

Après le temps fort de ce forum, nous,
Organisations de la Société Civile
au BURKINA présentes à Loumbila, prenons
l’engagement de nous retrouver
à un rythme à préciser, pour faire le point
des mises en œuvre de cette
déclaration finale, pour continuer à renforcer
nos réseaux associatifs
et avancer dans notre réflexion et nos luttes.

Nous réaffirmons notre opposition aux politiques
néo-libérales, aux
institutions financières internationales qui
nous écrasent.
Nous sommes solidaires de tous ceux qui luttent
pour leur dignité, leurs
intérêts matériels et moraux, en organisant
des forums, en informant les
populations à la base, en organisant des marches
légales et
non-violentes, en disant « non » aux politiques
inadmissibles qui nous
écrasent, en étant solidaires de ceux qui
souffrent et qui sont
exclus,... en nous appropriant nos vies dans une
logique où ce n’est
plus la puissance financière qui nous domine,
mais dans une logique où
l’homme et la femme sont remis au centre !

Oui, un autre monde est possible,
Oui, une autre Afrique est possible, unie et
forte,
Oui, un autre Burkina est possible, moins
corrompu, plus juste, plus
solidaire !

Les participants au forum
Plus d’information :
http://www.forumsocialburkina.info
______________________________

4.- DÉCLARATION DE NYÉLÉNI
Sélingué, Mali
28 février 2007
______________________________

Nous, plus de 500 représentants de plus de 80
pays, d’organisations de
paysans, de pêcheurs traditionnels, de peuples
autochtones, de peuples
sans terre, de travailleurs ruraux, de migrants,
d’éleveurs nomades, de
communautés habitant les forêts, de femmes, de
jeunes, de consommateurs,
de mouvements écologistes et urbains, nous
sommes réunis dans le village
de Nyéléni à Sélingué, au Mali, afin de
renforcer le mouvement mondial
pour la souveraineté alimentaire. Nous le
faisons brique par brique, en
vivant dans des cases construites à la main dans
le respect de la
tradition locale et en consommant des aliments
produits et préparés par
la communauté de Sélingué… Nous avons
baptisé notre démarche collective
« Nyéléni », en hommage à une légendaire
paysanne malienne qui nous a
inspiré, une femme qui a remarquablement
cultivé les terres et nourrit
les siens.

La plupart d’entre nous sommes producteurs et
productrices alimentaires
et sommes prêts, capables et désireux de
nourrir les peuples du monde.
Notre patrimoine en tant que producteurs
alimentaires est crucial pour
l’avenir de l’humanité. Cela vaut
particulièrement pour les femmes et
les peuples indigènes, créateurs historiques de
savoirs alimentaires et
agricoles, qui sont sous-estimes. Cependant, ce
patrimoine et nos
capacités à produire des aliments sains, de
qualité et en abondance se
voient menacés, sapés, par le néolibéralisme
et le capitalisme mondial.
La souveraineté alimentaire nous donne
l’espoir et le pouvoir de
préserver, de récupérer et développer notre
savoir et capacité de
production alimentaire.

La souveraineté alimentaire est le droit des
peuples à une alimentation
saine, dans le respect des cultures, produite à
l’aide de méthodes
durables et respectueuses de l’environnement,
ainsi que leur droit à
définir leurs propres systèmes alimentaires et
agricoles. Elle place les
producteurs, distributeurs et consommateurs des
aliments au cœur des
systèmes et politiques alimentaires en lieu et
place des exigences des
marchés et des transnationales. Elle défend les
intérêts et
l’intégration de la prochaine génération.
Elle représente une stratégie
de résistance et de démantèlement du commerce
entrepreneurial et du
régime alimentaire actuel. Elle donne des
orientations pour que les
systèmes alimentaires, agricoles, halieutiques
et d’élevage soient
définis par les producteurs locaux. La
souveraineté alimentaire donne la
priorité aux économies et aux marchés locaux
et nationaux et fait primer
une agriculture paysanne et familiale, une pêche
traditionnelle, un
élevage de pasteurs, ainsi qu’une production,
distribution et
consommation alimentaires basées sur la
durabilité environnementale,
sociale et économique. La souveraineté
alimentaire promeut un commerce
transparent qui garantisse un revenu juste a tous
les peuples et les
droits des consommateurs a contrôler leurs
aliments et leur
alimentation. Elle garantit que les droits
d’utiliser et de gérer nos
terres, territoires, eaux, semences, bétail et
biodiversité soient aux
mains de ceux et celles qui produisent les
aliments. La souveraineté
alimentaire implique de nouvelles relations
sociales, sans oppression et
inégalités entres les hommes et les femmes, les
peuples, les groupes
raciaux, les classes sociales et les
générations.

À Nyéléni, lors des multiples débats et
échanges, nous approfondissons
notre compréhension collective de la
souveraineté alimentaire et avons
pris conscience de la réalité des luttes de nos
mouvements respectifs
pour conserver leur autonomie et recouvrer leurs
pouvoirs. Nous
connaissons désormais mieux les instruments
nécessaires pour bâtir notre
mouvement et promouvoir notre vision collective.

Pourquoi nous battons-nous ?

Un monde où …

… où tous les peuples, nations et états
puissent définir leurs propres
systèmes et politiques de production
alimentaire, garantissant à chacun
d’ entre nous une alimentation de qualité,
appropriée, abordable, saine
et respectueuse de la culture

… où le rôle et les droits des femmes dans la
production alimentaire
ainsi que la représentation des femmes au sein
de tous les organes
directeurs soient reconnus et respectes

… où tous les peuples de tous nos pays
puissent vivre dignement, obtenir
une rémunération décente pour leur labeur et
aient la possibilité de
rester chez eux

… où la souveraineté alimentaire est
considérée comme un droit humain
fondamental, reconnu et respecté par les
communautés, les peuples, les
états et les organes internationaux

… où nous puissions préserver et réhabiliter
les milieux ruraux, les
réserves halieutiques, le paysage et les
traditions alimentaires
reposant sur une gestion durable et respectueuse
de l’environnement, des
terres, sols, eaux, mers, semences, bétail et
autre biodiversité ;

… où nous reconnaissons, apprécions à sa
juste valeur et respectons notre
diversité de savoirs, d’ aliments, de langues
et de cultures
traditionnels et la façon dont nous nous
organisons et faisons entendre
notre voix ;

… où existe une véritable réforme agraire
intégrale qui garantisse aux
paysans tous les droits sur leurs terres, qui
défende et récupère les
territoires des peuples autochtones, assure aux
communautés de pêcheurs
l’accès et le contrôle de leurs zones de
pêche et écosystèmes, honore
l’accès et le contrôle des pâturages et des
voies migratoires,
garantisse un travail décent pour une
rémunération juste ainsi que les
droits de tous les travailleurs et un avenir à
la jeunesse dans les
campagnes. ;

… où la réforme agraire revitalise
l’interdépendance entre producteurs et
consommateurs, assure la survie de la
communauté, la justice économique
et sociale, la pérennité écologique ainsi que
l’autonomie et la
gouvernance locales, dans le respect des droits
égaux entre les hommes
et les femmes,

…où le droit au territoire et à
l’autodétermination des peuples est
garanti.

… où nous partageons pacifiquement et
équitablement nos territoires entre
nos peuples, que nous soyons paysans,
communautés autochtones, pêcheurs
traditionnels, pastoralistes, etc.

…où, dans le cas de catastrophes naturelles et
provoquées par l’homme et
de situations post-conflit, la souveraineté
alimentaire soit une «
assurance » qui renforce les initiatives de
reconstruction locale et
atténue les répercussions négatives. Où nous
gardons à l’esprit que les
communautés touchées ne sont pas désespérées
et où les organisations
locales et fortes d’aide à l’entraide sont
au cœur de la reconstruction.

…où le pouvoir des peuples à prendre des
décisions relatives à leurs
patrimoines matériels, naturels et spirituels
soit défendu.

Contre quoi nous battons-nous ?

L’impérialisme, le néolibéralisme, le
néocolonialisme et le patriarcat
ainsi que tous les systèmes qui appauvrissent la
vie, les ressources et
les écosystèmes mais aussi leurs promoteurs,
tels que les institutions
financières internationales, l’Organisation
Mondiale du Commerce, les
accords de libre échange les multinationales et
les gouvernements
ennemis des peuples.
Le dumping d’aliments à des prix inférieurs
aux coûts de production dans
l’économie mondiale.

La domination de nos systèmes alimentaires et
agricoles par les
multinationales qui font prévaloir les profits
sur les peuples, la santé
et l’environnement.
Les technologies et les pratiques qui minent nos
capacités futures de
production alimentaire, nuisent à
l’environnement et mettent en péril
notre santé. Entendons par là les cultures et
les animaux transgéniques,
la technologie terminator, l’aquaculture
industrielle et les pratiques
halieutiques destructives, la soi-disant
révolution blanche des
pratiques laitières industrielles, l’«
ancienne » et la « nouvelle »
révolution verte et les « déserts verts » des
monocultures industrielles
d’agrocarburants et autres plantations.

La privatisation et marchandisation des aliments,
des services publics et
de base, du savoir, de la terre, de l’eau, des
semences, du bétail et de
notre patrimoine naturel

Les modèles et projets de développement et
l’industrie d’extraction qui
déplacent les peuples et détruisent
l’environnement et notre patrimoine
naturel ;

Les guerres, les conflits, les occupations, les
embargos économiques, les
famines, les déplacements forces des peuples et
la confiscation de leurs
terres, ainsi que toutes les forces et
gouvernements qui sont à leur
origine et les appuient ; les programmes de
reconstruction a la suite de
conflits et de catastrophes naturelles qui
détruisent nos environnements
et nos capacités

La criminalisation de tous ceux qui luttent pour
protéger et défendre nos
droits ;

L’aide alimentaire qui cache le dumping,
introduit des OGM dans notre
environnement et systèmes alimentaires locaux et
crée un nouveau
colonialisme, l’internationalisation et
mondialisation des valeurs
paternalistes et patriarcales marginalisant les
femmes, les diverses
communautés agricoles, autochtones, pastorales
et de pêcheurs dans le
monde ;

Que pouvons-nous faire ?

Tout en travaillant avec la communauté locale a
Selinge pour créer un
espace de rencontre a Nyeleni, nous nous
engageons a développer notre
mouvement collectif pour la souveraineté
alimentaire en passant des
alliances, en appuyant nos luttes respectives et
en offrant notre
solidarité, forces et créativité aux peuples
du monde entier qui luttent
pour la souveraineté alimentaire. Toute lutte,
en tout lieu du monde,
pour la souveraineté alimentaire, est notre
lutte.

Nous avons abouti à plusieurs actions
collectives afin de partager notre
vision de la souveraineté alimentaire avec tous
les peuples de cette
terre, actions qui sont reprises dans notre
document de synthèse. Nous
mettrons ces actions en œuvre dans nos zones
locales et régions
respectives, au sein de nos mouvements et
conjointement avec les autres,
de façon solidaire. Nous partagerons notre
vision et plan d’action pour
la souveraineté alimentaire avec ceux qui
peuvent être ici avec nous a
Nyeleni, de sorte que l’esprit de Nyeleni se
répande dans le monde et
devienne la force puissante qui fera de la
souveraineté alimentaire une
réalité pour tous les peuples du monde.

Enfin, nous apportons notre soutien
inconditionnel et inébranlable aux
mouvements paysans du Mali et au ROPPA pour
répondre a leur souhait que
la souveraineté alimentaire devienne une realite
au Mali et par
extension dans toute l’Afrique

L’heure de la souveraineté alimentaire est
venue !

______________________________

5.- APRES LA GUERRE, LA PRIVATISATION DU PÉTROLE
?
Par Adam Novak (Alternatives Quebec), 30 mars
2007
______________________________

La clé de voûte de la stratégie américaine en
Irak semble en bonne voie
d’être complétée. Une nouvelle loi du
gouvernement irakien pourrait
bientôt placer l’extraction, le raffinage et
la vente du pétrole entre
les mains d’une poignée de multinationales
américaines ou britanniques.
Et la vive opposition des syndicats et des
mouvements sociaux en Irak
survient peut-être trop tard.

Le ministre irakien du pétrole, Hussein
al-Shahristani a confié à
l’agence de presse Reuter que seules les
multinationales occidentales
possèdent la technologie, l’expérience et les
capacités financières
colossales – entre 20 et 30 milliards de
dollars – pour moderniser
l’industrie pétrolière en Irak. Mais pour
leur donner le champ libre, il
lui faut trouver un moyen de contourner la
Constitution irakienne, qui
prévient la vente des ressources pétrolières
du pays à des intérêts
étrangers. Ce sera peut-être chose faite avec
le projet de loi sur les
hydrocarbures, dont certaines dispositions
pourraient autoriser les
compagnies américaines et irakiennes à signer
des contrats secrets leur
permettant de faire main basse sur le pétrole
irakien.
Les compagnies étrangères choisies
disposeraient d’un accès privilégié à
une série de zones d’extraction pétrolière
pour une durée de 25 ans.
Mieux, elles payeraient moins de 10 % de
redevances à l’État, tout en
pouvant conserver tous les profits. Une
véritable aubaine, qui ne serait
assortie d’aucune obligation d’employer des
Irakiens ou de maintenir
dans le pays des activités générant
d’importantes retombées économiques,
comme le raffinage et la mise en marché. De
plus, les multinationales
pourraient édicter leurs propres normes en
matière de santé, de sécurité
au travail ou de protection de l’environnement
sur « leurs » champs de
pétrole. Au diable les lois irakiennes.
Le Parlement irakien ne serait pas tenu informé
des contrats qui seront
signés. Et les différends qui ne manqueront pas
de surgir entre le
gouvernement et les compagnies étrangères
devront être tranchés par les
mécanismes d’arbitrage internationaux. Surtout
pas par les tribunaux
irakiens. Aucun autre pays du Moyen-Orient, même
parmi les alliés
inconditionnels des États-Unis dans le Golfe,
n’avait encore cédé de
manière aussi massive sa souveraineté sur une
ressource naturelle aussi
stratégique.

L’aide au service de la privatisation

L’Irak possède la troisième réserve de
pétrole en importance du monde. De
plus, son pétrole se révèle généralement de
très grande qualité, en plus
d’être relativement facile à extraire. Et
pourtant, en définitive, le
pays pourrait en retirer un prix inférieur à ce
que le Canada obtient
pour le pétrole extrêmement coûteux à
extraire et à raffiner des sables
bitumineux de l’Athabasca. Pire, si le
gouvernement parvient à atteindre
son objectif de faire passer sa production de 1,6
millions de barils par
jour à cinq millions de barils par jour, les
quelques multinationales
chanceuses pourraient réussir à pomper les
réserves irakiennes jusqu’à
la dernière goutte avant la fin des contrats de
25 ans.

Sans compter que l’afflux du pétrole irakien
sur le marché international
briserait le pouvoir de l’Organisation des pays
exportateurs de pétrole
(OPEP) et de pays comme l’Iran ou le Venezuela,
qui tentent de freiner
la production mondiale pour maintenir les prix
relativement élevés. Le
Parlement irakien a examiné pour la première
fois le projet de loi sur
les hydrocarbures il y a quelques semaines. Mais
les articles cruciaux
du projet relèvent d’un plan stratégique mis
sur pied bien avant
l’invasion de l’Irak, et raffinés depuis par
des experts britanniques et
américains, qui servent souvent de conseillers
auprès des ministères
irakiens du Pétrole ou de la Planification.

Selon le quotidien The Independent, le
gouvernement britannique a même
puisé dans son budget destiné à l’aide
internationale pour payer
l’Institut Adam Smith et d’autres think tanks
de droite qui étaient
chargés de « restructurer » certains
ministères devant assurer la
privatisation. « Le Fonds monétaire
international a même fait de
l’adoption d’une loi déréglementant les
hydrocarbures une condition pour
annuler environ 6 % de la monstrueuse dette de
l’Irak », s’est indigné
l’hebdomadaire américain The Nation.
La plupart des Irakiens sont bien trop occupés
à tenter de survivre pour
prendre note des transformations massives que
prépare « leur »
gouvernement. Les médias irakiens, qui
reflètent le plus souvent les
points de vue sectaires de politiciens ou
d’hommes d’affaires en vue,
ont fait dévier les débats sur d’autres
questions. Par exemple, ils se
sont beaucoup demandé si ce sont les provinces
ou le gouvernement
central qui devraient signer les contrats
d’exploitation pétrolière. Ou
encore, ils ont beaucoup discuté de la
représentation des diverses
communautés ethniques et religieuses au sein des
différentes commissions
gouvernementales qui doivent superviser le
processus. Peu importe. Les
multinationales sont toujours présentées comme
des partenaires
incontournables et indispensables.

Une rare unanimité

Contre toute attente, dans un rare élan
d’unité, les principaux syndicats
irakiens ont forcé le gouvernement à reporter
sa loi, dont les
États-Unis espéraient l’adoption durant
l’année 2006. Les syndicats ont
fait valoir que la privatisation du pétrole
constituait une ligne rouge
qu’aucun gouvernement irakien n’avait osé
franchir depuis l’expulsion
d’une nuée de compagnies britanniques et
américaines, au moment de
l’indépendance du pays. « Le pétrole doit
demeurer une ressource
nationale, (...) partout où cela est possible, a
expliqué Hassan Jumaa
Awad al Assadi, le président de la Fédération
des syndicats irakiens du
Pétrole. La production doit demeurer entre les
mains de compagnies
irakiennes, pour donner de l’emploi à nos
ouvriers, à nos techniciens et
à nos ingénieurs. Et si nous n’en avons pas
assez, nous n’avons qu’à en
former ! »

L’influent mouvement des femmes irakiennes
s’est joint récemment à la
campagne contre la privatisation, en faisant
valoir que seul un contrôle
national peut assurer des revenus suffisants pour
financer des
programmes de lutte contre la pauvreté. Le
mouvement attirait tout
particulièrement l’attention sur les pensions
accordées aux veuves, qui
constituent désormais les pauvres parmi les
pauvres, en Irak. «
Peut-être qu’une certaine forme de
coopération avec les multinationales
étrangères est inévitable, a expliqué la
présidente de la Ligue des
femmes irakiennes. Mais l’Irak doit demeurer
l’actionnaire principal, et
le gouvernement ne doit pas perdre de vue les
besoins fondamentaux des
citoyens. »

Les craintes entourant la privatisation se sont
étendues aux étudiants
irakiens, qui insufflent désormais beaucoup
d’énergie dans la campagne
contre la Loi sur les Hydrocarbures. Un
représentant de l’Union générale
des étudiants irakiens, qui se trouvait
récemment au Canada, a ainsi
résumé la situation. « En Irak, nous avons
désormais 40 syndicats
d’étudiants, tous divisés en fonction des
partis politiques, des
croyances religieuses, des origines ethniques ou
des sensibilités
régionales. Mais la plupart des étudiants
refusent de voir que leur pays
s’enfonce dans des luttes sectaires, et ils
veulent que leurs syndicats
s’unissent pour défendre l’intérêt public.
»
Les pressions exercées par les mouvements
sociaux commencent à modifier
la stratégie du Parti communiste irakien, le
seul groupe parlementaire
ouvertement opposé aux privatisations et à la
division de l’État sur des
bases religieuses. Depuis la chute de Saddam
Hussein, les parlementaires
communistes se sont même alliés à des «
libéraux » pour former un bloc
parlementaire démocratique opposé aux partis
ethniques ou islamistes.

Il faut dire que la résistance du Parlement et
de l’opinion publique
était aussi parvenue à défaire les premières
tentatives des États-Unis
pour s’approprier le pétrole irakien. Iyad
Allawi, l’ex-premier ministre
qu’avaient nommé les États-Unis, voulaient
ainsi permettre aux
compagnies étrangères d’acquérir la
propriété de certaines nappes de
pétrole souterraines. Une aberration, selon The
Nation. pour qui « ce
genre d’arrangement n’existe qu’aux
États-Unis. Dans tous les autres
pays, le pétrole est une propriété de
l’État, même si ce sont des
compagnies privées qui en font l’extraction et
la vente. »
De tout temps, quand il s’agit de
privatisation, les opposants peuvent
compter sur l’appui de certains fonctionnaires
du ministère irakien du
Pétrole. « Ces gens ont réussi à administrer
très convenablement
l’industrie durant les années de sanctions
internationales, a expliqué
Rafiq Latta, de la firme de consultants Argus
Energy, lors d’une
entrevue avec The Nation. Ils ont fait un travail
impressionnant, et ils
sont fiers de « leur » pétrole. Toute la
culture du ministère est
contraire à la privatisation. »

L’appui à la campagne contre la privatisation
gagne aussi de l’ampleur à
l’étranger, particulièrement dans des pays
comme la Grande-Bretagne et
l’Italie, où les gouvernements avaient
supporté l’invasion de l’Irak, en
2003. Paola Gasparoli, du groupe italien Un Ponte
Per, résume : «
permettre la vente de l’industrie du pétrole
irakien à des intérêts
étrangers tout en expédiant de l’argent en
Irak pour l’aide humanitaire
et la reconstruction, ce n’est pas seulement
une farce macabre, c’est
complètement immoral. »

Plus près de nous, aux États-Unis, la campagne
prendra pour cible
Chevron, l’une des compagnies qui auraient le
plus à gagner d’une
éventuelle privatisation du pétrole irakien.
Qui sait ? En tordant le
bras au gouvernement irakien pour qu’il fasse
adopter l’impopulaire loi
sur les Hydrocarbures par le Parlement, les
États-Unis sont peut-être
allés trop loin. Au point de réussir le tour de
force d’unir pour une
fois tous les Irakiens autour d’une même cause
?

______________________________



6.- DE LA CENSURE ET DE L’INFORMATION À

DESTINATION DU PEUPLE

Par Denis Robert, écrivain

______________________________



Jamais je n’aurais imaginé en arriver à

devoir me défendre comme je le

fais. Mon métier, c’est d’écrire. J’en

arrive parfois à être dégoûté de

l’exercer. Ce n’est pas une lubie passagère,

ni une panne d’inspiration,

ni un sentiment irrémédiable. Je déborde de

projets, mais ce matin, en

descendant à mon bureau, un appel de mon avocat

m’a tout à coup arrêté.



Il m’apprend que Clearstream envoie les

huissiers pour une saisie sur mes

comptes personnels. Environ huit mille euros me

sont réclamés. Jusqu’à

présent les huissiers m’amenaient des plaintes

par paquet de dix mais

c’est la première fois qu’il menace de

bloquer mes comptes. C’est à la

suite d’une énième plainte de Clearstream

contre une interview tronquée

publiée par VSD en juin dernier. De toutes les

galères (et les bonheurs)

que je vis depuis que je me suis intéressé au

fonctionnement trouble de

la multinationale luxembourgeoise, cette

condamnation est ce que j’ai le

plus de mal à accepter. Tant elle est

imméritée. Je suis condamné en

première instance et pour diffamation alors que

je ne me suis pas

défendu sur le fond, ne reconnaissant pas mes

mots dans la présentation

faite par l’hebdomadaire. Cette décision est

exécutoire. Ce qui est

exceptionnel en matière de diffamation. Même si

j’ai fait appel, je dois

payer. Il y a généralement entre des parties

opposées une sorte de

gentlemen agreement pour attendre l’appel avant

d’exécuter un jugement.

Là, l’huissier vient de recevoir l’ordre

impératif de récupérer des

fonds. Mes fonds.



Il y a volonté délibérée de me faire payer,

au sens propre comme au

figuré. Si la somme n’est pas anodine, je fais

d’abord une question de

principe de cette menace. Elle me permet

d’expliquer comment s’exerce

aujourd’hui la censure en France. Je

rappellerai seulement que le

chiffre d’affaires de la multinationale basée

à Luxembourg, mais qui

compte pour clients les plus grandes banques de

la planète s’est élevée

à près de vingt milliards d’euros l’an

passé.

Clearstream et son avocat ont appris à faire un

amalgame entre l’affaire

du corbeau qui occupe les journaux français

depuis un an et celle des

comptes non publiés qui permettent de dissimuler

des transactions qui

les fatigue par sa complexité supposée. Ma mise

en examen en décembre

dernier pour recel d’abus de vol et d’abus de

confiance devant les juges

d’Huy et Pons n’a rien arrangé. Je suis à

tort présenté comme celui qui

a initié la manipulation de listing, alors que

ma contre-enquête publiée

en juin dernier débloque l’instruction et

dédouane Clearstream. Passons…



Le service juridique de la multinationale va

maintenant pouvoir faire

publier (en partie à mes frais, ça me mine)

dans des journaux français

et étrangers le fait que j’ai été condamné

pour avoir dit (à VSD) qu’ils

étaient « un poumon de la finance parallèle

». C’est le but de

l’exécution de ce matin.



Il suffit de jeter un œil aux annexes de mes

livres ou aux listings

authentifiés par la firme et publiés dans la

presse, de comptabiliser

les comptes ouverts dans les 40 paradis fiscaux

alimentés par des

milliers de clients de Clearstream pour ne pas

douter du rôle

fondamental joué, au moins jusqu’en 2002, par

ce poumon financier dans

ce qu’on peut appeler « l’économie grise

». Doux euphémisme. Si ces

clients peuvent ouvrir au sein de la chambre de

compensation ces comptes

(entre 6000 et 7000 selon mes calculs et les

listes de 2001) dans ces

lieux protégés des regards importuns et

faciliter ainsi les transferts

de milliards d’euros en les rendant

inaccessibles à tout contrôle, ce

n’est pas alimenter une finance parallèle,

qu’est ce que c’est ?
Je rends publique cette question. Je ne devrais

pas. Là, intervient la

censure. Aujourd’hui, poser cette interrogation

légitime et de bon sens

(me) fait prendre un risque judiciaire et

financier. Ce n’est pas une

mais plusieurs dizaines de plaintes en

diffamation qui courent en ce

moment contre moi, mon éditeur ou la chaîne qui

a eu le malheur (ou le

courage, c’est selon) de diffuser mes films...

J’ai tout gagné jusqu’à

présent sauf ce foutu procès VSD et les deux

procès contre mon premier

livre et mon premier film où j’ai été

condamné deux fois à un euro et où

j’ai fait appel. Ceux qui en douteraient

peuvent facilement le vérifier

sur le Net (tapez Google ou

http://www.ladominationdumonde/blogspot.com).

Cette situation marque une

régression démocratique. Un abus de position

dominante. C’est un viol

supplémentaire et intolérable à la liberté

d’informer et d’écrire.



A trop laisser faire, on ne finira pas tous au

paradis mais à l’ANPE.

C’est de cela qu’il s’agit. L’argent

ainsi subtilisé par les champions

de la Forbes academy ne naît pas de rien,

n’est pas virtuel. L’argent

qui fuit est celui des hommes qui travaillent.

Passons…



Je reçois ces derniers jours, suite aux remous

récents suscités par

l’affaire du corbeau, des appels de

journalistes. Tous me racontent le

couplet servi par l’oiseau de mauvaise augure

chargé de la communication

de la Clearstream Company. Il passe ses journées

à faire la tournée des

rédactions et mettre en avant « ma »

condamnation (elle finira en

légion d’honneur…). Il prévient que je ne

suis « pas fiable », que je

suis « seul et de plus en plus isolé », que

j’ai « perdu tous mes

procès », que je suis « quémandeur d’un

accord »… Il envoie

complaisamment par fax les pages du dernier

jugement (merci pour les

copies). Ces journalistes à qui j’ai parlé

rendent compte qu’un « cordon

de sécurité » serait tendu autour de mon

travail. Ce n’est pas une

découverte. Je sens le souffre et la sueur

altermondialiste. Denis

Robert est excessif. C’est un poète. Un Jules

Verne de la finance. Il a

pété les plombs. Je les ennuie, je le

comprends. Il préfèreraient que je

n’existe pas. Je les comprends moins.



Je suis utile les gars… Et résistant. Plus

vous m’enverrez d’huissier.

Moins je serais gentil. C’est une règle

philosophique. Je sais ce que

j’ai fait ; et tout le monde peut se tromper.

Surtout vous et les

magistrats de la 17ième chambre du TGI de Paris.



Les huissiers qui débarquent ce matin et la

publication imminente dans la

presse du jugement VSD pourront être

interprétées de deux manières. Ceux

qui ne connaissent rien à ce dossier vont penser

à une défaite me

concernant. Les autres auront compris que c’est

le signe d’un énervement

manifeste de la part de la multinationale

Clearstream qui aimerait

étouffer les vérités que nous avons publiées.

Les gommer. Les pulvériser

à coups de menaces. La censure, par la peur des

procès, joue à fond.

J’ai une petite idée sur les raisons de cette

rapacité soudaine de la

part de Clearstream Banking à mon égard. Elle

tient aux démarches que

nous avons entreprises auprès des candidats à

l’élection présidentielle

pour mettre en cause le rôle de Clearstream dans

les évasions de

capitaux. Une lettre ouverte vient en effet

d’être envoyée à chacun

d’entre eux (http://lesoutien.blogspot.com/).

Elle tient encore plus à

la sortie simultanée cette semaine de deux

livres écrits par les

principaux protagonistes de l’affaire des

listings trafiqués.



Si le premier, celui de l’informaticien Imad

Lahoud (un coupable idéal,

Privé) s’en prend trop prudemment à

Clearstream et accumule tellement de

mensonges et de contre-vérités qu’il a perdu

toute crédibilité, le

second co-écrit par Jean Louis Gergorin, ex

numéro deux d’Eads,

(Rapacités, Fayard) est accablant pour la firme.

Gergorin raconte

comment il a découvert cet « instrument

extraordinaire de la finance

internationale aux capacités pour le moins

inquiétantes ». Il cite un

ancien directeur du Trésor qui explique «

Clearstream facilite la

réintégration dans le système financier de

fonds dont il vaut mieux ne

pas connaître l’origine ». Il développe,

avec précision, les moyens

utilisés par la multinationale pour fabriquer de

l’opacité et la vendre

à ses clients.



Devenu par sa fonction de responsable de la

stratégie d’Eads un abonné

aux services Internet et Intranet de Clearstream,

il peut montrer

comment ouvrir des comptes dit « additionnels

» qui servent de «

véhicules financiers » aux transactions

douteuses. « Aux véhicules

financiers immatriculés -les comptes principaux-

peuvent se voir

attelées des remorques sans plaque

d’identification visible, puisque les

comptes additionnels ne sont pas forcément

publiés ». Il ajoute que les

ayant droit économiques de ces comptes ne sont

pas connus de

Clearstream, que ces derniers peuvent être «

des particuliers ». Et

transférer à leur guise et en toute discrétion

« des liquidités ». Ce

qu’a toujours et d’une manière forcenée

nié la multinationale. Gergorin

décrit pourquoi ces transactions parallèles ne

laissent pas de traces

dans la comptabilité. Il dénombre 11296 comptes

additionnels (non

publiés) : « Ce n’est pas une mince

affaire… Après 5 mois d’analyse,

j’ai acquis la conviction qu’il existe chez

Clearstream jusqu’en 2001 et

probablement jusqu’en 2004, une catégorie

extraordinaire de comptes

qu’on pourrait appeler les comptes

morts-vivants »



Onze mille deux cent quatre vingt seize comptes.



Toute l’explication de Gergorin, et c’est

sûrement le fait le plus

remarquable, repose sur des textes récupérés

légalement de l’intérieur

de la firme qu’il publie en annexes. Difficile

d’en nier l’existence.



C’est la première fois depuis six années que

l’affaire est sortie qu’un

travail de réflexion et d’enquête est

réalisé dans la continuité du

nôtre. Ce n’est pas un journaliste qui le fait

(encore qu’il se soit

adjoint la collaboration de l’excellente Sophie

Coignard). C’est un

polytechnicien, un vendeur d’armes et

d’Airbus. Un haut fonctionnaire

qui petit-déjeune avec Kissinger, déjeune avec

Dominique de Villepin et

dîne avec tous les banquiers de la planète.



J’ignore qui a manipulé qui dans l’affaire

de corbeau, même si le tableau

se fait plus précis ces derniers temps, mais je

ne vois pas l’intérêt

pour Jean Louis Gergorin, du fait de ses

casseroles médiatiques, de sa

mise en examen et des risques encourus, de

commettre pareil livre

aujourd’hui. C’est le signe d’une

sincérité. D’un retour à l’humain.

Gergorin, après s’en être bien servi, se rend

compte de la voracité du

système financier international. De sa dérive

organique… Ce qui peut

paraître paradoxal compte tenu de tout ce

qu’on a écrit sur lui. C’est

trop facile aujourd’hui de le renvoyer à son

hypothétique folie comme le

font les mauvais journalistes ou les témoins peu

fiables genre Lahoud.

Ceux qui ne réfléchissent pas plus loin que le

bout de leur nez ou sont

instrumentalisés pour fabriquer des écrans de

fumée.



Relevons ce paradoxe : plus une affaire est

médiatisée, moins le public

est informé. Aujourd’hui que la pression

judiciaire est temporairement

retombée et que ces livres sortent, on pourrait

plus facilement trouver

la clé et dire les rôles joués par les uns et

les autres. Y compris

revenir sur le fonctionnement dangereux de la

chambre de compensation

luxembourgeoise. Mais tout le monde semble s’en

moquer. Trop sulfureux,

dit-on. Trop compliqué, répète-t-on. La

campagne électorale annihile

toutes velléités d’information. Nous sommes

entrés insidieusement dans

la censure. On se prive d’informations de peur

de…



Le parti socialiste devrait pourtant se saisir de

cette affaire et de ces

nouvelles révélations. Bayrou aussi. Et

pourquoi pas Sarkozy ? Surtout

s’ils n’ont rien à se reprocher. Clearstream

met en exergue plusieurs

fléaux : la restriction de la liberté

d’écrire et d’informer, les

combines de la droite au pouvoir et l’absence

de contrôle sur les outils

financiers transnationaux. Jamais les paradis

fiscaux ne se sont si bien

portés. Jamais les journalistes n’ont été

aussi impuissants. Jamais les

juteuses rétrocommissions des frégates ne se

sont si bien cachées… Le

peuple, puisque Ségolène Royal s’y réfère

aujourd’hui… « Je n’ai de

compte à rendre qu’au peuple » dit-elle,

après que Sarkozy cite Jaurès

et son attachement au « monde ouvrier »… Le

peuple donc… est passionné

par ces affaires. Bien plus que par les

anecdotiques révélations sur des

bidouillages d’impôts ou des appartements

sous-payés… Le peuple a envie

qu’on l’informe et qu’on le défende sur le

terrain de l’hyper-finance.

Je le connais le peuple, c’est mon copain. Il a

horreur qu’on se moque

de lui et qu’on parle en son nom. Surtout

qu’il dormait tranquillement

depuis si longtemps. Le peuple a de la mémoire,

une capacité

d’encaissement limitée. Et une sorte de

colère qui dort et qu’il ne

faudrait pas trop chercher à réveiller.
 

COURRIEL D'INFORMATION ATTAC (n°568)

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