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 Le Mythe de l’Argentine blanche et européenne

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mihou
Rang: Administrateur
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

13042007
MessageLe Mythe de l’Argentine blanche et européenne


Le Mythe de l’Argentine blanche et européenne


11/04/2007






«Les
chiffres donnés par les recensements coloniaux témoignent d’une
présence importante d’Africains en Argentine. Selon le rapport de 1778,
sur un total de 210.000 habitants, au moins 80.000 étaient noirs,
mulâtres et "sambos" (mélange noirs et métisses). Dans certaines
villes, nous représentions 60% de la population, dans d’autres 45% ou
30% comme à Buenos Aires selon le recensement de 1810. Les noirs sont
déjà présents à Santa Fe lorsque la ville est établie pour la première
fois (Santa Fe la Vieja,
1573. En témoignent les fouilles archéologiques réalisées dans des
ruines découvertes par Don Agustín Zapata Gollán qui ont permis
d’exhumer des pièces de céramiques extraordinaires (têtes, pipes, etc.)
d’origine africaine.». C’est en ces termes que l’Afro Argentin Lucia
Dominga Molina rend compte de la présence africaine en Argentine à la
création même de cette formation sociale à l’ombre du trafic négrier.
Cf. «Afro argentins rayés de l’histoire, par Lucía Dominga Molina [Première partie]»

La
disparition des Noirs, des Africains de l’espace sociétal argentin est
réputée dépendre de quatre causes objectives : leur enrôlement dans
plusieurs guerres qui a conduit à leur décimation progressive, leur
faible taux de reproduction -forte mortalité, faible natalité- lié à
leurs conditions de vie et des maladies dévastatrices comme la fièvre
jaune, la fin des Déportations et marchandisations négrières et le
métissage qui a pu constituer pour les femmes une des stratégies mise
en oeuvre pour espérer sortir leur progéniture des servitudes

Seulement
le rayage des Afro Argentins de l’histoire de ce pays n’aurait pas été
possible si le « Mythe de l’Argentine blanche» n’avait prévalu sur la
réalité des faits, comme l’explique Lucia Dominga Molina dans la
deuxième partie de sa réflexion sur «Afro Argentins rayés de
l’histoire».



.





Sarmiento
- Domingo Faustino Sarmiento et Juan Bautista Alberdi sont les
idéologues de ce mythe- voyait bien que les habitants de notre pays
n’étaient pas blancs, mais plutôt métisses et mulâtres. Dans cette
condition "inférieure" il crut découvrir l’origine de son (de
l’Argentine) incapacité à organiser une démocratie civile.
L’immigration est le seul espoir pour l’Argentine. La pensée de
Sarmiento est profondément raciste, soutient l’historien Nord américain
Reid Andrews: "Même si Sarmiento est considéré comme le père du
système d’éducation argentin, il pensait que les idées et
l’éclaircissement(blanchissement)ne s’apprennent pas autant qu’ils
s’héritent génétiquement. L’instruction seule ne serait pas suffisante
pour sortir l’Argentine de sa barbarie, il fallait qu’il y ait une
réelle infusion de gènes blancs".



Alberdi, dont l’oeuvre "Base y Puntos de Partida para la Organización de la República Argentina" a eu une importance capitale dans la Constitution Nationale
de 1853, toujours en vigueur, soutenait que nous les Argentins "Sommes
des européens adaptés à la vie en Amérique. (...) Tout ce qu’on
appelle civilisation en Amérique est européen". Il se différenciait de
Sarmiento au sujet du métissage. Tandis que celui-ci s’y opposait
totalement et défendait l’idée d’un développement séparé des races,
Alberdi par contre souhaitait le mélange racial, "puisque les gènes
blancs sont supérieurs, le mélange des races produirait une
amélioration indéfinie de l’espèce humaine".



Ces
idées étaient (et le sont encore dans beaucoup de cas) partagées par
l’immense majorité de la population. Cela génère une société dans
laquelle, naître "différent" ou avoir des habitudes "différentes" qui
rompent avec l’uniformité officialisée entraîne des conséquences qui se
manifestent de plusieurs manières, mais qui fondamentalement blessent
l’auto estime des personnes discriminées, provoquent la honte, la
timidité ou conduisent directement à l’aliénation, parce qu’on veut
être ce qu’on n’est pas, et qu’on finit par n’être rien du tout..



Le stigmate de notre différence



Dans
ce pays fièrement "européen" et prétendument "blanc", naître avec
toutes les caractéristiques et la couleur de nos ancêtres génère un
stigmate qu’il faut porter comme un écriteau publicitaire qui vante
notre "infériorité" et notre "dangerosité " à mettre en échec et à
questionner la "blancheté" transformée en mythe par notre histoire, et acceptée de manière consensuelle par la société.

Ce stigmate devient une partie de nous, mais une partie refoulée, douloureuse, quelque chose dont on (ne) peut parler.

On
se rend peu à peu compte qu’on est "différent", la brebis noire dans le
troupeau, une espèce de "vilain petit canard", que presque personne ne
traite comme un être égal aux autres. Pour emprunter les mots de James
Baldwin: "Les gens nous regardent comme si nous étions des zèbres. Et
vous savez, il y a des gens qui ont de la sympathie pour les zèbres et
d’autres non. Mais personne ne traite les zèbres comme des personnes.."

Dans
la rue, on nous regarde comme une chose curieuse, étrange. Au moins,
une fois par jour, une dame blonde ou un monsieur bien éduqué me
demandent : Et vous, d’où venez-vous ? D’autres essaient de t’aider
(répétant le schéma familier) en te traitant comme un animal de
compagnie ou en te touchant les cheveux, car ils disent que "ça porte
chance".



Le
mythe sexuel est le plus traumatisant : être noire, c’est être chaude,
c’est toute une garantie de plaisir érotique, quelque chose que tout le
monde accepte. Lorsque j’étais plus jeune je me demandais souvent
pourquoi les blanches ne montraient jamais leurs seins à la télévision,
alors qu’on exhibait toujours les femmes noires et aborigènes avec
leurs grosses et belles poitrines à l’air. Il faut aller chercher
l’origine de ce mythe dans les viols que nos grands-mères esclaves
subissaient systématiquement et en silence, non seulement dans les
plantations, mais aussi dans les maisons familiales où elles
travaillaient.



On
essaye dès lors de trouver des semblables, on cherche l’égal. Ce
phénomène se produit à deux niveaux, l’un général, en se regroupant et
en sympathisant avec d’autres "différents", qui portent aussi le
stigmate; et l’autre spécifique, en essayant de nous joindre à d’autres
noirs, qui en général sont seuls et abandonnés, errant aussi démunis
et désorientés que nous.


Une
série de conséquence en découlent. Tout d’abord, on commence à
s’informer, à se rendre compte que nous avons une identité ethnique,
que nous avons une histoire à reconstruire progressivement, puisque
dans celle "officielle" nous avons mystérieusement disparu. Sans
laisser de traces.

À
cela il faut ajouter le fait aggravant que généralement, nos parents,
sous prétexte d’une intégration supposée nous ont transmis peu de chose
ou rien du tout de cette appartenance ethnique.


À
cette étape, on commence à élaborer une réflexion intellectuelle, on
commence à réconcilier notre corps et nos sensations avec notre esprit,
et à prendre conscience de qui nous sommes, de ce que nous sommes. C’est
un peu comme trouver le remède contre ce symptôme douloureux généré par
le stigmate. On peut désormais parler, dire qu’on est noir, on peut
crier que nous sommes.

De
là, on arrive à un troisième stade, la fierté, la récupération de
l’auto estime, la cicatrisation de cette plaie ouverte et de ce malaise
qui nous accompagne depuis toutes petites filles. Cette fierté, le fait
de sentir que nous sommes belles, beaux, porteurs d’une culture
millénaire et descendants de ces braves esclaves qui se sont toujours
et sans cesse battus pour la liberté et la dignité.




Tout
cela entraîne la destruction du stigmate, la revalorisation de la
personne même, qui va permettre l’épanouissement individuel et le plus
important, aide à ne pas s’isoler dans son coin, mais à mettre en place
toute une action de diffusion, de militer pour la négritude, pour
pouvoir retrouver l’équilibre, pour pouvoir récupérer quand on nous
dépossède et pouvoir mettre fin à la répétition du schéma, pour pouvoir
par cet engagement militant acquérir un savoir, qui n’est plus
seulement intellectuel, mais qui s’est transformé en un savoir plus
large, qui ne reste pas seulement niché dans notre esprit, mais qui est
également vivant dans chaque pore de notre peau.


Traduit de l’Espagnol par Guy Everard Mbarga



* Integrante de la Casa de la Cultura Indo-Afro-Americana de Santa Fe, Argentina
*
Ce document est tiré de "Afroamericanos: Buscando raíces, afirmando
identidad", serie Aportes para el Debate No. 4. (Afro américains :
recherche des racines, affirmation de l’identité) http://alainet.org/active/show_text.php3?key=1006

Afrikara










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Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
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Le Mythe de l’Argentine blanche et européenne :: Commentaires

qui en général sont seuls et abandonnés, errant aussi démunis
et désorientés que nous.






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Le Mythe de l’Argentine blanche et européenne

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