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 Lilian Thuram, un Nègre Marron en campagne

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

31032007
MessageLilian Thuram, un Nègre Marron en campagne

Lilian Thuram, un Nègre Marron en campagne : Thèmes d’un non candidat, Racisme, Sevran, Finkielkraut, immigration, citoyenneté, …
28/03/2007

L’interview accordée par l’international guadeloupéen français Lilian Thuram à France football [N° 3180, 20 mars 2007] ne surprend pas vraiment quand on a suivi un minimum l’actualité politique ces dernières années en France. L’ex-ministre de l’Intérieur alors tout puissant ministre-candidat monologuait à volonté dans des médias complaisants prêts à lui tresser des couronnes, peu regardants sur ses argumentaires, ses chiffres, ses résultats. Un homme n’hésitait pas à affronter une certaine suffisance politique. Lilian Thuram. Dans son interview à France football il esquisse sans le dire explicitement sa vision de la société, de la politique qu’il se défend de pratiquer tout en croisant régulièrement son chemin, suscitant une admiration populaire grandissante pour un sportif qui à l’évidence se donne les moyens intellectuels et de culture pour que sa voix porte au-delà des stades. Extraits.



Ressentez-vous cette pression particulière des Catalans pour leur club ?

«Mes que un club. » (« Plus qu’un club », en catalan) Le Barça fait partie de leur identité. J’aime cette identité : connaître ses racines, en être fier, et en même temps refuser toute notion de fermeture, d’opposition aux autres. La langue catalane -cette culture- est le produit d’une histoire. Il n’y a pas très longtemps, la communauté catalane se sentait encore opprimée et le club représentait le seul lieu où elle pouvait parler sa langue. Je trouve cela intéressant d’un point de vue identitaire parce que cette situation me fait beaucoup penser à la Guadeloupe…
Vos origines…
Je trouve important de bien se connaître pour mieux s’ouvrir aux autres. Quand on se connaît bien, on est plus sûr de soi et on peut s’enrichir des autres. En général, ceux qui ne se connaissent pas bien vivent dans la peur, peur que « l’autre » vienne prendre des choses. Mais quand je parle d’identité, je pense à celle qui vous renforce. Pas à celle qui vous renferme.

«Je suis enseignant en Seine-Saint-Denis, avec des élèves en difficulté. Pour eux, vous êtes une référence. Vous rendez-vous compte de votre impact sur la jeunesse?
L’impact, je ne sais pas... Lorsque je rencontre certains jeunes, ils ont peut-être l’impression d’avoir en face d’eux quelqu’un qui arrive à faire passer des messages. A eux, on ne donne pas souvent la parole. Mais je ne porte pas la parole des gens, je dis simplement ce que je ressens.
Envisagez-vous de prendre position dans la campagne de la présidentielle en France et, plus tard, de faire une carrière politique?

Je ne suis pas tenté. Quand on fait de la politique, on n’est pas libre, or j’ai besoin de ma liberté. Dire ce que je veux et faire ce que bon me semble. Après, participer au débat politique, pourquoi pas. Si l’on me pose des questions, je réponds. Et si l’on ne m’en pose pas, je ne réponds pas. Mais je crois que chacun a le devoir de parler. Ce qui me surprend, c’est qu’on puisse prétendre que Lilian Thuram ne doit pas s’exprimer parce qu’il est joueur de football. Cela signifie que la politique doit être faite par les politiciens, et par eux seuls ? Les gens comme vous et moi n’auraient donc pas le droit de donner leur avis? C’est grave...

Vous êtes l’un des rares, dans votre milieu, à parler comme un citoyen...

Nous, les joueurs de football, avons à peu près tous le même parcours de vie, et je trouverais intéressant que d’autres s’expriment. Plus ils s’engageront dans le débat, mieux ce sera. Il y a souvent de l’incompréhension entre les gens, et ça me dérange vraiment. Apprendre à se connaître, tenter de se comprendre, voilà l’objectif.

Vous êtes plutôt seul dans votre démarche... Ne vous sentez-vous pas marginalisé?

Sincèrement, je reste toujours dans la même optique : que les gens se rapprochent et se comprennent. En règle générale, les politiciens sont dans le calcul. Pas moi.

Si vous étiez moins seul, votre message passerait mieux!

C’est évident. Mais dépassons le cadre du milieu du football. Je suis persuadé que si l’on vous donne un micro pour vous exprimer sur certains sujets sur lesquels vous êtes sûr de ne pas faire l’unanimité, eh bien, peut-être n’allez-vous rien dire ! Je ne suis pas dans cet état d’esprit ; faire l’unanimité ne m’intéresse pas. Si je ne suis pas d’accord avec mon interlocuteur, je vais le lui dire. C’est tout.
N’avez-vous pas envie d’aller encore plus loin sur le terrain politique?
Non. Mais les sportifs étant en général sur le devant de la scène, il me semble parfois important de donner des messages positifs. Comme le fameux coup de tête dont on a parlé auparavant. Il peut avoir des répercussions négatives. Donc, il ne faut pas chercher le pourquoi du comment : on dit non! Carton rouge! C’est interdit ! Toutes les personnes qui ont une certaine visibilité doivent essayer de faire passer des messages positifs. Pour les plus jeunes, pour tout le monde.

Vous ne vous arrêtez pas au seul football. Dans la revue « Esprit » vous évoquiez récemment la mémoire de l’esclavage.
Beaucoup de choses m’interpellent. Hier, par exemple, j’ai assisté à un débat sur la décroissance animé par l’économiste Serge Latouche, car je veux comprendre le monde dans lequel je vis. Bien sûr, nous sommes dans une société de profits, mais ce n’est peut-être pas la meilleure des choses car, petit à petit, nous allons abîmer notre planète. Plus de profits, c’est plus de déchets et les déchets, on les met où? Pour l’instant — les gens ne le savent pas —‘ ils partent en Afrique. il faut peut-être le leur dire, non ? Tous ces bateaux qui quittent des Etats-Unis remplis d’ordinateurs usés qu’on débarque au Nigeria... Mais le Nigeria, c’est notre terre aussi! Le monde n’est qu’un. Et que se passe-t-il au Darfour? Il faut alerter l’opinion publique ! Le Darfour n’est pas si loin, regardez sur la carte. Des gens en tuent d’autres parce qu’ils sont noirs. Et au Rwanda, personne n’est intervenu, on donnait l’impression de ne pas savoir. En apostrophant les gens, en leur demandant d’être plus attentifs, peut-être mon fils ou les vôtres vivront-ils dans un monde meilleur. Je regrette qu’on ne prenne pas suffisamment conscience des choses, qu’on ne les analyse pas, qu’on ne se projette pas dans l’avenir qu’on ne se révolte pas parfois. Au Congo, il y a des millions de morts depuis X années. On n’en parle pas, jamais ! Chez nous, des gens disent qu’il y a trop d’immigrés. Mais la pauvreté, qui les pousse vers les pays occidentaux, n’est pas une fatalité. Quel est le rôle de la Banque mondiale, du FMI? Ne seraient-ils pas aussi faiseurs de pauvreté? Et pourquoi les armes provoquent-elles autant de drames partout en Afrique, alors qu’aucune n’est fabriquée sur le continent? Qui a intérêt à les vendre?

Avez-vous fait votre choix pour le 22 avril, jour du premier tour de l’élection présidentielle?

Non.

Mais voterez-vous?

Oui, à Barcelone, au consulat de France.

Seriez-vous prêt à donner une consigne de vote ?

Non. La politique représente à mes yeux quelque chose de sérieux. Je n’aime pas ces défilés auprès des candidats qui avertissent les gens en disant : « Oh, regardez, untel est avec moi ! » Ce n’est pas convenable. En revanche, il faut inciter à la participation, pousser les gens à se prendre en charge. Qu’ils se disent : « Il s’agit de ma vie. C’est à moi de décider qui sera président et à personne d’autre. « Maintenant, je sais qu’on endort tout le monde avec la télévision et la publicité. Moi, j’ai fait le choix que mes enfants ne regardent pas la télé. On ne se rend pas compte que certains enfants passent plus de temps devant elle qu’à l’école ! Autrement dit, ils sont éduqués par la télé. Ils absorbent des informations sans aucun moyen de les comprendre – même nous, nous ne sommes pas toujours en mesure d’interpréter l’image ! Après, il ne faut pas s’étonner qu’ils réclament une vie facile : quand tu leur demandes de bosser, il est déjà trop tard. L’éducation des enfants me paraît fondamentale si l’on veut changer les choses. Mais que leur apprend-on aujourd’hui? Le message, c’est:” Pour survivre, tu dois être un killer ! “Et vous croyez qu’on va s’en sortir comme ça?

A l’instar de Patrick Vieira et de Bernard Lama au Sénégal, envisagez-vous de créer un centre de formation en Guadeloupe?

Non, pas du tout.

Et intégrer l’équipe de Guadeloupe?

Là, oui. Parfois, elle dispute la Gold Cup et, plus tard, je ne dis pas... L’histoire de la Guadeloupe m’intéresse parce que nous avons un vrai problème d’identité. Et c’est un problème qui touche l’Hexagone. Aujourd’hui, on se demande : qu’est-ce qu’un Français ? Moi, je suis français. Pourtant on me parle sans cesse de minorité. La France se pose des questions, j’espère que cela débouchera sur du positif, pas sur du négatif.

Comment avez-vous reçu les propos de Georges Frêche au sujet de l’équipe de France ?

Georges Prêche, Pascal Sevran ou même Alain Finkielkraut ne représentent pas des cas isolés. Nous sommes dans un vrai laisser-aller de la société Française, où l’on peut dire des choses comme celles-là sans même se cacher. Je pense qu’un racisme latent s’est installé dans notre pays. Cette sorte de banalisation ne semble même pas faire peur à tout le monde. A moi, elle me fait peur. Ecoutez-moi, je vais vous raconter un seul truc. Pendant la période de l’esclavage, on mettait de la nourriture dans un sac, dans un endroit précis. Les hommes affamés accouraient et hop, ils étaient embarqués ! Si je dis que, dans la France du XXIème siècle, des événements semblables se déroulent, vous allez me traiter de fou. Pourtant, lors d’une distribution de nourriture pour les Restos du Cœur, on a interpellé des gens qu’on a aussitôt chassés hors de nos frontières. II y a quelques années, cela aurait provoqué un tollé. Là, ça passe : les immigrés n’ont qu’à rentrer chez eux... Et pouvez-vous me dire quelle est la différence entre un homme sans papiers et un homme avec papiers ?

Selon vous, la devise des Bleus pendant le Mondial 2006:” On vit ensemble, on meurt ensemble pourrait-elle être celle de la France tout entière? Exactement. Et l’on apprend à se connaître Car pour un vivre ensemble, il est nécessaire de se connaître. Parfois, j’entends des gens dire : “ J’aime bien M. Thuram, il est l’exemple d’une bonne intégration. Je ne réponds pas. Comment ça,” l’exemple d’une bonne intégration ? Mais je suis français ! Pourquoi devrais-je m’intégrer ? Peut-être parce que je suis noir…Apprenons donc à bien vivre ensemble et tout le monde sera beaucoup plus serein.

Mais le racisme peut exister dans les deux sens…

Il existe des deux côtés car il relève de la méconnaissance. Il est si facile de diviser les gens et de stigmatiser leurs différences…

Et la discrimination positive, qu’en pensez-vous?

(Ironique.) C’est pas mal ! Elle me rappelle Gobineau et sa classification des races : le Blanc, le Jaune. Métissé et le Noir, tout en bas, bien sûr. Vous êtes blanc, vous voulez prendre le bus qui arrive. Seulement, vous ne pouvez pas monter car il y a déjà huit blancs à l’intérieur. ” Monsieur le Noir, vous pouvez y aller car il n’y en a qu’un seul. “ Ceux qui défendent la discrimination positive savent que si on détermine un quota, il y a de grandes chances qu’ils soient dedans. C’est n’importe quoi! Les gens doivent comprendre qu’il faut l’égalité.



Qui peut défendre le mieux cette justice aujourd’hui ?

Je ne sais pas. Mais je sais qui ne peut pas la défendre. »



Textes choisis par Nelson G. Da Silva

Afrikara

http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1683&PHPSESSID=b38e655444271d270c065ba2f342db61

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Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
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