MONDE-HISTOIRE-CULTURE GENERALE

Ce Forum MONDE-HISTOIRE-CULTURE GENERALE est lieu d'échange, d'apprentissage et d'ouverture sur le monde.IL EXISTE MILLE MANIERES DE MENTIR, MAIS UNE SEULE DE DIRE LA VERITE.
 
AccueilAccueil  PortailPortail  GalerieGalerie  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  Connexion  
Derniers sujets
Marque-page social
Marque-page social Digg  Marque-page social Delicious  Marque-page social Reddit  Marque-page social Stumbleupon  Marque-page social Slashdot  Marque-page social Yahoo  Marque-page social Google  Marque-page social Blinklist  Marque-page social Blogmarks  Marque-page social Technorati  

Conservez et partagez l'adresse de MONDE-HISTOIRE-CULTURE GENERALE sur votre site de social bookmarking
MON BLOGUE-MY BLOG
QUOI DE NEUF SUR NOTRE PLANETE
 
LA FRANCE NON RECONNAISSANTE
Ephémerides

Partagez | 
 

 Guy Guioubly

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
mihou
Rang: Administrateur
avatar

Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

28032007
MessageGuy Guioubly

OUI.......MAIS !: "EN POLITIQUE COMME PARTOUT AILLEURS, POUR SE FAIRE RESPECTER, IL FAUT RESTER DIGNE ET FIER !"



Ancien élu de Sarcelles.

Ancien Conseiller Prud'hommal.

Auteur Compositeur Interprète.

Diplômé en lettres et en sciences politiques.

Président du M.P.E (Mouvement Pluri-Ethnique).

OUI ... MAIS !

Sollicité, notamment par le "Mouvement des Républicains Basanés" mais également par d'autres militants, pour participer activement aux campagnes électorales qui battent leur plein et, pour porter les revendications des communautes afro-antillaises, Guy Guioubly analyse les divers aspects de la question, conditionne sa réponse et lance un appel public dans un premier temps, à des personnalites dont il connait les competences, pour leur demander de faire équipe avec lui ... s'il acceptait.







A2N . – Vous êtes Martiniquais, vous vivez dans l'Hexagone depuis une quarantaine d'années et vous militez au sein des communautés afro-antillaises depuis maintenant une trentaine d'années. Votre dernière intervention publique est une réflexion à propos de la commémoration de l'abolition de l'esclavage et, que l'on peut lire encore sur plusieurs sites Internet sous le titre " Et maintenant, après le 10 Mai ?" ( cliquez sur lien en fin d'interview) Très succinctement, que pouvez-vous nous dire sur les événements de l'hiver 2005 à propos de la communauté afro-antillaise dont vous faites partie ?

Guy Guioubly - Il n'échappe, je crois, à personne que les Afro-antillais font partie intégrante de la société en général et, de la population française en particulier. C'est d'ailleurs en tant que Français qu'ils veulent être reconnus, sans discrimination. Mais, ce qui se dit moins, c'est qu'ils le veulent sans privilège dû à leurs origines ou à leur couleur. A cela il n'y a pas de contestation possible, aucune sérieuse en tout cas. L'Africain, l'Antillais est une personne comme les autres et il n'y a, à priori, aucune raison pour qu'il n'en soit pas ainsi. Toutefois, sous le regard de l'autre, il ne devient qu'un "homme de couleur". Il est noir, ce qui au demeurant, n'est pas toujours vrai puisque l'on rencontre nombre de femmes et d'hommes faisant partie de ces communautés et qui ne sont pas noirs, d'où un certain flou, une certaine inexactitude dans cette façon de voir. Comme si une personne n'existait d'abord que par sa couleur de peau, ne pouvait être perçue, ne pouvait se résumer que par son aspect extérieur. C'est pourtant ainsi que nous sommes désignés, lorsqu'il s'agit par exemple, de parler de notre participation aux événements qui ont fait l'actualité, de manière spectaculaire ces derniers temps. Cette participation n'avait en soit rien de "surnaturel". Ce qui s'est passé est d'une logique implacable. Nous sommes dans une société dans laquelle à un moment donné, une fraction de la population a manifesté son mécontentement ; voilà tout ! Ce qui est intéressant, ce sont les idées qui fusent dès que le sujet est abordé et ce, dans le foyer le plus humble, de la plus profonde campagne française. Ainsi, je suis convaincu que leur multitude, les passions qu'elles déclenchent ne laissent personne indifférent, surtout pas les politiques et, qu'elles constituent une richesse sociologique considérable. Ce qui m'étonne, c'est qu'on ait pu croire que l'existence même de ces communautés, les questions qu'elles soulèvent, les réflexions qu'elles nourrissent datent d'hier et que, de surcroît, elles auraient surgi de nulle part, de manière trop violente.En réalité, cette situation était bien prévisible et peut-être souhaitable compte tenu des conditions déplorables dans lesquelles vivent ces populations depuis des décennies et du fait qu'elles ont empiré.

A2N . – Ces conditions que vous dénoncez, ne sont-elles pas l'héritage que leur laissent les anciens ?

G.G. - Depuis environ une trentaine d'années, des initiatives ont été prises par des citoyens soucieux d'abord de dénoncer les situations intolérables, puis d'alerter les pouvoirs publics pour tenter d'obtenir leur l'amélioration voire leur éradication. Elles frappaient si durement des populations entières, qu'elles étaient déjà devenues inacceptables, injustes. Au fil du temps, elles touchaient de plus en plus de gens.Sans discontinuer, ces revendications ont été portées politiquement, physiquement par nombre de militants dans l'ombre ou pas, quoiqu'en disent aujourd'hui certains jeunes loups ingrats, si avides de notoriété qu'ils voudraient carrément les voir disparaître. Les dents longues, tels des hyènes ils suent d'ingratitude. Opportunistes de première, de la première heure mais, militants de la dernière, la gesticulation est leur seul argument ; le bluff, leur unique identité. Malheureusement, leurs compétences approximatives et leurs motivations personnelles douteuses, pourtant aisément décelables, semblent recueillir une certaine adhésion.



A2N . – A qui pensez-vous en particulier ?

G.G. – Je ne veux citer personne, mais voyez par exemple sur Internet, les noms qui apparaissent le plus souvent comme étant ceux des militants les plus actifs, les plus politisés de nos communautés et vous serez vite renseigné. Les initiatives dont je parle, ont été pendant toutes ces années, portées aussi par des hommes et des femmes de ces communautés qui, tels des catalyseurs leur ont donné forme. C'est parce qu'ils ont su sainement et courageusement les porter à maturation qu'elles ont pu éclore. Et c'est là-dessus, sur cette éclosion que l'actualité s'est focalisée ces derniers temps.

A2N . – Autrement dit, vous revendiquez votre part de responsabilité dans ce qui s'est passé ?





G.G. – Je ne la revendique pas, je l'assume et je mets l'accent sur une partie de leurs origines socio-politiques. Les sociologues vous le diront mieux que moi, tout événement de ce type a des causes diverses et multiples, certaines sont immédiates, d'autres plus reculées dans le temps – C'est la raison pour laquelle je maintiens qu'après des années de gestation, d'attente, et d'espérance déçue, il était inévitable que ces événements surgissent de la manière dont ils l'ont été. Ils ont effrayé par leur ampleur, leurs aspects spectaculaires et leurs effets parfois regrettables mais, parce qu'ils étaient prévisibles, ils n'auraient pas dû effrayer autant.Pourtant, ce n'est pas faute de l'avoir dit à l'époque mais, comme on ne le sait que trop, les politiques savent être sourds aux revendications formulées dans la quiétude de la sage réflexion. En la matière, les accouchements se font souvent aux forceps.

A2N . - Sans doute, mais à ces jeunes composant les minorités visibles, on reproche de ne pas pouvoir indiquer clairement où ils veulent aller.

G.G. – À mon sens, Il s'agit-là d'une critique injustifiée. Ces populations, à force d'être discriminées ont sans doute perdu certains repères mais aucunement leur boussole. Elles savent ce qu'elles revendiquent et pourquoi elles le font. Elles ne parlent pas, à leur sujet, d'intégration dans la société française puisqu'elles font à l'évidence, partie de cette société. Nous, leurs aînés, en général nous les critiquons mais, sans les excuser forcément à tout prix, je me demande si, parvenus à tant d'exaspération, nous aurions agi autrement. Rien n'est moins sûr. Et puis, pendant des années, a été nourri l'espoir de voir l'émergence sinon d'un ou de plusieurs leaders, du moins de personnes capables et dignes de porter leurs revendications, de transformer les essais. Ne voyant rien émerger de sérieux, de crédible à leur goût, ces populations ont décidé à juste titre, de prendre en mains leurs propres affaires. Car tout de même, il faut bien se rendre à l'évidence : Les rares initiatives qui ont été prises ces derniers mois ont effectivement connu l'échec auquel elles étaient vouées. Leur disqualification ou leur explosion en plein vol était prévisible tant leurs motivations ont pu paraître douteuses et leurs objectifs trop éloignés des préoccupations de ceux au nom desquels elles étaient formulées. Elles n'ont ni suffi, ni convaincu.



A2N . – Avez-vous constatez une évolution dans la qualité de l'écoute des pouvoirs publics qui permettrait une meilleure prise en compte ?

G.G. - Alors aujourd'hui, quoi de neuf me demandez-vous ? Eh bien pas grand'chose, sinon l'intensité que prennent les manifestations revendicatives au fur et à mesure que l'échéance de l'élection présidentielle approche. Les promesses ne manquent pas et les déceptions pointent déjà. Il y a alors en face, en réponse et de manière plus affirmée, la promesse de lendemains qui chantent plus durs, de confrontations de plus en plus rudes pour tenter de se faire entendre, à défaut de se faire comprendre. Les bruits, les échos de ses avertissements me parviennent comme à beaucoup et je ne suis pas sourd. Il en est d'ailleurs de même pour tous ceux qui partagent ou ont partagé pendant des mois, voire des années, ces conditions de vie indignes dans un pays dit civilisé.

A2N . – De quelle manière s'est manifestée votre contribution durant toutes ces années ?

G.G. - Je ne suis pas sûr qu'il serait juste d'insinuer que je suis resté immobile. La preuve est que l'on me demande d'intervenir dans cette campagne électorale et que vous m'interrogez aujourd'hui. Je vais vous dire, par exemple : Je suis plusieurs fois intervenu sur ces sujets pour dire qu'il s'agissait en l'occurrence d'une question d'ordre public, de politique d'état et nationale. Je n'ai pas parlé de l'ordre dont parle le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy. J'ai parlé de "l'ordre" dans le sens de "priorité", celle qui doit prévaloir dans les choix d'une politique nationale globale. Je crois que, faire en sorte que chaque citoyen ait un travail devrait être une "priorité" pour les politiques.Peut-être a-t-on voulu me prendre au mot ! J'ai également enregistré une vidéo destinée à être diffusée, elle aussi, sur le Web. Et puis, entre autres initiatives, peu avant ces interventions, avec des militants bien connus d'Alert2neg par exemple, j'avais créé une association destinée à soutenir une candidature qui est morte carencée, étouffée dans l'oeuf pour des raisons indépendantes de ma volonté et qu'il ne me paraît pas opportun de citer ici ; ce que je viens d'affirmer est d'ailleurs bien connu de certains militants d'Alert2neg .Enfin, j'ai tout dernièrement lancé publiquement un appel très clair à des gens pour que nous répondions à ceux qui nous considèrent comme des "anciens" devant donner un signal aux jeunes générations. Par conséquent, je le répète, il serait faux de dire que je suis resté inerte. Toutes ces initiatives prouvent, si besoin est, mes dispositions et ma disponibilité concernant les prochaines échéances politiques.



A2N - Qui vous a approché et pour quelles raisons l'a-t-on fait à votre avis ?

G.G. - Chacun le sait, pour mieux avancer, il est souhaitable de regarder parfois derrière soi. Chacun comprend que les hommes, les peuples qui veulent évoluer s'inspirent des leçons du passé. Pour beaucoup cela semble être évident, un réflexe, pour d'autres non, il convient de le démontrer. Alors, parce qu'ils se sont intéressés au passé, des Afro-antillais m'ont demandé de me présenter moi-même à la présidence de la république dans le cas où il n'y aurait pas un autre candidat plus médiatique donc plus porteur en terme de marketing.Compte tenu, sans doute, de ce que j'ai pu faire en tant que militant dans le milieu associatif, politique, artistique, syndical, ils se sont persuadés que je pouvais être actif et prendre une part dans cette phase revendicative d'une rare importance. Imprégnés probablement de toute la pureté de la sagesse culturelle africaine, en ce qu'elle confère une place prépondérante aux anciens dans la formation des plus jeunes, qu'ils doivent être reconnus et respectés pour ce qu'ils ont fait de positif selon eux, ils ont décidé de me solliciter. Dans l'article que vous avez cité, j'ai indiqué que je souhaitais prendre une place dans la campagne. En l'occurrence, toutes choses étant égales par ailleurs, ils ont pensé que mon militantisme multiple dans ses lieux d'exercice mais unique dans sa finalité, devait servir et qu'en cela je ne pouvais pas, sans culpabilité, me dérober.



A2N . – Et vous vous dérobez ?



G.G. – Non. Pendant des années, j'ai interrogé des gens pour qu'ils militent, aujourd'hui que je suis interpellé, je ne dois pas me dérober alors que je suis en pleine forme physique et intellectuelle.

A2N – Justement, parlez-nous précisément de votre parcours politique. De quoi êtes-vous le plus fier ?

G.G. - Non seulement je n'ai rien à occulter de mon passé militant mais, je peux en être fier. Dès que j'ai pu agir, j'ai joint la pratique à la théorie et pris l'initiative de dénoncer l'insouciance, les injustices et les discriminations dont étaient victimes les minorités, principalement afro-antillaises de Sarcelles. Sarcelles dont on disait, en 1986 qu'elle était la plus importante ville antillaise de l'Hexagone. Vraie ou fausse, l'important est que cette idée était devenue une réalité dans le conscient des Français que ces questions intéressaient. C'était le cas pour moi. Je me suis alors, avec d'autres bien entendu, efforcé de faire en sorte que leur existence soit autrement prise en compte dans les organes et les lieux de décision de la vie politique et sociale française. Je l'ai fait en adhérant à un parti politique à l'intérieur duquel je me suis battu, le mot est faible, pour faire reconnaître mon identité, mes compétences et, à travers elles, celles des minorités ethniques de la région. C'est ainsi que j'ai été élu dans cette mairie de Sarcelles avec la volonté affichée d'affirmer notre présence dans un paysage culturel quasiment uniforme, donc intellectuellement pauvre et ennuyeux.Puis, après avoir pris mes distances avec les partis politiques traditionnels, c'est sous les couleurs du M.P.E. (Mouvement Pluri-Ethnique), que j'ai fondé en 1985 que nous avons porté et défendu nos revendications. D'abord en étant candidat aux élections législatives dès 1986 dans la 11ème circonscription électorale du Val d'Oise de l'époque, devenue aujourd'hui la 8ème de Sarcelles. Deux circonscriptions électorales qui, comme par hasard, seront tant convoitées dans les prochains mois. Ensuite, nous avons imposé notre présence aux élections municipales de 1989 et visé la mairie. Pour la première fois une liste complète et autonome était conduite par un homme de couleur (N.D.L.R. sourire). Voilà donc ces chemins que, dit-on, certains s'apprêtent à emprunter demain sans reconnaissance et avec l'ingratitude dont j'ai parlé. Je vous rappelle entre autres, que j'ai été candidat aux élections européennes de 1994 sur la liste conduite par le Guadeloupéen Ernest Moutoussamy et sur laquelle figurait Feu Camille Darsières. Toutes ces initiatives qui d'après certains ont été des premières dans l'Hexagone, sont à mettre à l'actif de femmes et d'hommes dont j'ai parlé. Alors je le crois, j'ai de bonnes raisons d'être fier de ce que nous avons fait collectivement.

Propos recueillis par A2N ( deuxième partie, jeu 29/03)





www.grioo.com/info6158.html.

_________________
Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://vuesdumonde.forumactif.com/
Partager cet article sur : Excite BookmarksDiggRedditDel.icio.usGoogleLiveSlashdotNetscapeTechnoratiStumbleUponNewsvineFurlYahooSmarking

Guy Guioubly :: Commentaires

avatar
Re: Guy Guioubly
Message le Ven 30 Mar - 7:20 par mihou
OUI.......MAIS !: "EN POLITIQUE COMME PARTOUT AILLEURS, POUR SE FAIRE RESPECTER, IL FAUT RESTER DIGNE ET FIER !" ( 2 ème Partie et Fin)

A2N – Ceci dit, que reste-t-il de tout cela ?

G.G. - Vous savez, peut-être plus que les faits, les travers des hommes politiques sont têtus. Alors qu'il nous a fallu croiser le fer avec eux pour dénoncer leurs pratiques et leurs méthodes démagogiques, nous avons imposé l'incorporation dans le programme municipal de Sarcelles :





1 - Le vote des étrangers au niveau local.

2 - La construction d'une Maison des Cultures.

3 - Un poste d'adjoint au maire attribué à un Afro-antillais, de manière à ce que l'on cesse de nous attribuer des strapontins comme à l'accoutumée.

4 - Que Sarcelles soit jumelée avec les plus grandes villes d'Outre-Mer, ceci pour mieux conserver le contact avec nos racines.

Je dois préciser que dès que nous sommes partis, toutes ces bonnes propositions ont été rapidement abandonnées par l'équipe encore en place aujourd'hui. Sauf le poste d'adjoint obtenu grâce à notre lutte, existe encore dans des conditions et pour des raisons que la sociologie politique explique très bien.

"Et puis, si vous le permettez, je rappellerai que j'ai animé sous mon nom d'artiste (Séchou) ce dont je ne suis pas peu fier, une émission sur "Radio Soleil Goutte d'or", et une autre plus politique celle-ci, extrêmement écoutée et qui s'appelait "Le Club de la Presse de Tropic F.M.", devenue aujourd'hui Média Tropical."

A2N – Après que vous ayez tant milité et dans tous ces domaines, on est tenté de vous demander pourquoi vous avez arrêté de faire de la politique ? Et pourquoi ne pas faire profiter un peu plus de votre expérience politique ?





G.G. - D'abord je n'ai jamais arrêté. Le fait de ne pas être encarté dans un parti politique traditionnel ne signifie pas que l'on se désintéresse de la chose politique. J'ai par exemple été candidat aux législatives en 1997 sous les couleurs du R.D.C. (Rassemblement pour la Démocratie et le Civisme), groupement constitué par des Antillais et au sein duquel j'ai sérieusement milité.

A2N - Si je comprends bien, à la demande de participation active qui vous est formulée, votre réponse serait plutôt oui ?





G.G. – Ah ! Ah ! (N.D.L.R. rires) Comme vous y allez ! Je vous disais que je ne me suis pas dérobé aux sollicitations mais je ne vous ai pas dit que j'y ai répondu telles qu'elles m'étaient présentées. A leur demande précise, telle qu'elle était formulée, j'ai répondu par la négative. Et comme à ces gens, je vais vous faire une réponse claire et sans équivoque qui, peut-être, ne vous satisfera pas. Mais je crains que vous ne deviez tout de même, vous en contenter pour l'instant. D'abord si je m'intéresse encore à la politique, je suis en effet, beaucoup moins engagé que par le passé. Ceci simplement, parce que j'ai décidé depuis quelques années de m'occuper prioritairement de ma famille et de moi-même. Militer c'est beaucoup, beaucoup de sacrifices et j'estime avoir déjà grandement donné parfois même au détriment des miens. Ensuite, parce j'ai conscience de certains travers dont font preuve nombre de nos compatriotes afro-antillais, même si je n'ignore pas qu'ils ne sont pas leur apanage.

A2N – Par exemple ?





G.G. – Comme par exemple, un certain déficit dans leur esprit de solidarité. Je dirais même plus, j'ai eu à constater et à déplorer la capacité de nuisance dont nous savons quelquefois faire preuve contre nous-mêmes, et ce, quelquefois simplement en échange de ce que j'ai appelé, il y a déjà longtemps, "un plat de lentilles". – Une propension à ne pas vouloir reconnaître le travail des autres, à beaucoup nous dénigrer, à nous faire sans cesse des procès d'intention, à comploter, à fomenter dès que nous entreprenons.

A2N – Aujourd'hui malgré toutes ces difficultés que vous venez de rappeler, qu'est-ce qui pourrait bien vous décider ?





G.G. – Eh bien ! Ma propension à aider les autres, ma fascination pour la chose politique, deux dispositions complémentaires à mon sens. Et puis, sans doute, parce que la demande s'est renouvelée. En réalité, elle se fait à nouveau insistante depuis que deux candidats éventuels, potentiels, simulés, je ne sais comment dire, ont déclaré forfait comme j'avais personnellement prédit qu'ils le feraient, et surtout, surtout dans le climat de grande déception qu'a suscité le désistement forcé de Christiane Taubira, ce que j'ai personnellement, profondément regretté. Dès lors je me suis retrouvé devant deux questions d'importance.

1) - Avais-je le loisir, le droit de refuser, sans scrupule, de m'engager dans cette bataille dure et décisive pour défendre des valeurs que j'ai toujours trouvées justes et pour lesquelles je me suis toujours battu ? A cette question, au risque de décevoir, ma réponse a été oui, j'en avais le droit en toute hypothèse. On a toujours, sauf exception bien entendu, le loisir de ne pas s'engager si cela est notre choix. Nul n'est indispensable sur cette terre. Et je suis parmi ceux qui plaident pour la reconnaissance du droit de chacun en la matière. Je suis d'ailleurs persuadé que les hommes politiques, les premiers, devraient faire preuve de modestie et d'abnégation. Le monde tournera bien sans chacun d'entre nous séparément. Et cela est si vrai que personne ne me met de couteau sous la gorge.

2) - Ces précisions faites, cette analyse menée, pouvais-je alors décliner l'invitation sans donner l'impression de me dérober ? Autrement dit, en quoi, le fait de participer, l'espace d'une période électorale, à la mise en exergue de revendications qui me sont chères, constituerait-il un danger pour moi Honnêtement, à part attirer l'attention des Renseignements Généraux ce qui est le lot de tout militant, et qui depuis des dizaines d'années est déjà le mien, je ne vois pas en quoi. Je crois, à l'inverse, que cela serait plutôt valorisant de pouvoir participer à une telle aventure.

A2N . – Alors pourquoi tant d'hésitation ? N'est-ce pas la crainte des critiques ?

G.G. - Vous savez, j'ai su très tôt que toute chose vaut son contraire. Le fait d'avoir écouté plaider des dizaines et des dizaines d'avocats, pendant des années, m'a démontré qu'il est toujours, oui toujours possible d'interpréter, de critiquer, de démonter, de falsifier, de travestir ce que vous dites ou faites et, partant, d'échafauder sa propre thèse, quand ce n'est pas de construire sa propre vérité. Evidemment, si on oublie ce comportement sans doute spécifique à l'humain, on se laisse surprendre or, chacun sait qu'un homme surpris est un homme battu. De plus si on n'a pas une carapace un peu solide on est abattu à la première salve. Non, je ne m'inquiète pas de cela, quoique je dise, la critique sera au rendez-vous au risque même de se ridiculiser. Non, si j'hésite, c'est grâce à l'âge que j'ai. Il m'oblige à puiser dans l'expérience acquise dont vous parliez, pour ne pas me priver de réflexion. Cette réflexion porte d'abord, prioritairement et une fois de plus, sur la réticence qu'affichent souvent nos compatriotes à faire quelquefois, abstraction de leurs intérêts personnels, individuels, à étouffer leur narcissisme, quand il s'agit de se mettre avec discipline au service de revendications unitairement élaborées et louablement défendables. A ce sujet, vraiment, je dois avouer que j'ai d'énormes doutes. Est-ce un crime de l'avouer ? Je pense que non et, que c'est d'affirmer le contraire qui serait une imposture. Ce serait vouloir caresser dans le sens du poil et flatter avec indécence nos communautés. Ce qu'elles souhaitent à mon avis, c'est que leurs valeurs soient reconnues à juste titre, et pas que l'on fasse de la surenchère ou de la démagogie à leur endroit.

A2N – Un peu dur non ?





G.G. – Pas du tout, en dénonçant cela, je ne dis rien de plus que ce qu'expriment beaucoup d'entre nous, nombre d'Africains, d'Antillais et d'autres. Il suffit pour s'en convaincre d'aller faire un tour sur des forums consacrés à ces sujets ou à ceux avoisinant. Mais vous savez, parmi ces gens qui pour combler leur peur bleue d'être oublier, qu'on ne parle plus d'eux, écrivent y compris n'importe quoi ou font parler d'eux sans arrêt sur le net, il y a aussi des gens que j'estime... mais que voulez-vous, nul n'est parfait ! Ces dispositions dont je regrette la rareté, sont nécessaires et indispensables à la réussite d'une quelconque initiative du type de celle dont nous parlons. Quiconque entreprendrait une telle tâche sans une longue, très longue réflexion, ferait preuve d'une inconscience évidente tant il est clair que nos communautés ne parviendront pas à se faire entendre sans une solide capacité à se solidariser, voire à se reconnaître et à se respecter.Ainsi donc, je le répète, je me devais de me poser quelques questions avant de me prononcer. Aujourd'hui, je demande, à ceux qui me sollicitent:

1– De me convaincre qu'il y a une réelle demande d'organisation issue des communautés afro-antillaises et plus largement des minorités dites visibles pour un "mieux vivre ensemble".

2)- Que je peux, personnellement être utile dans l'élaboration et la défense de leurs revendications. De même, que je peux les porter utilement à la connaissance de l'opinion publique.

3)- Qu'il existe un réel potentiel en terme de détermination à agir efficacement.

4)- Que l'on peut disposer de moyens suffisants en hommes, en finances, en matériels.

C'est de cette manière que je réponds, prenant sans doute le risque de déplaire et sachant que je ne suis pas de ceux qui croient pouvoir toujours agir seul et encore moins dans de telles circonstances, mais parce que semble-t-il, je suis considéré comme l'un de ces anciens qui devraient servir de guide. Ceci dit, malgré les critiques négatives que j'ai émises, je veux ajouter que le monde entier nous reconnaît et nous envie des qualités sur lesquelles je souhaiterais revenir et qu'il est dommage de laisser en jachère.

A2N - Autrement dit vous pourriez citer par exemple des personnes qui pourraient faire équipe avec vous ?

G.G. . – Vous savez, c'est toujours délicat de citer comme cela au détour d'une interview, des gens sans même les avoir consultés mais je pense, par exemple à des personnes comme ... Mme Joby Valente... M. Claudy Siart, M. Daniel Valminos ou M. Sanvi Panou. Je pense sincèrement que ces personnes ont de réelles compétences et, que si elles en étaient d'accord, je serais heureux de faire équipe avec elles. Heureux de nous lancer dans cette aventure qui nous mettrait à nouveau et autrement au service des communautés dont nous parlons. Se faisant, nous nous mettrons au service de la République à laquelle, jusqu'à preuve du contraire, nous faisons partie comme je le rappelais au début de notre entretien.

Propos recueillis par A2N
 

Guy Guioubly

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
MONDE-HISTOIRE-CULTURE GENERALE :: SOCIETE-SOCIETY :: DEBATS ET OPINIONS/DISCUSSIONS AND VIEWS-
Sauter vers: