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 Élections au Québec, le 26 mars 2007

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27032007
MessageÉlections au Québec, le 26 mars 2007

Le Devoir
LES ACTUALITÉS, mardi 27 mars 2007, p. a3

Montréal campe sur ses positions
Le PLQ et le PQ ont remis la main sur leurs bastions

Rioux Soucy, Louise-Maude

Bien campée sur ses positions, l'île de Montréal a offert un visage quasi inchangé hier en résistant farouchement à la vague adéquiste qui a conquis plusieurs régions du Québec. Dans l'ouest de l'île, les libéraux ont rapidement mis la main sur leurs châteaux forts. Les péquistes ont fait de même dans leurs bastions du centre et de l'est, ne laissant que très peu de marge de manoeuvre à l'Action démocratique du Québec (ADQ) ainsi qu'à Québec solidaire (QS) et au Parti vert du Québec (PVQ), qui n'ont fait aucun gain dans la métropole.

Résolument rouge, l'ouest de l'île a été prompt à montrer ses couleurs. Sans surprise, les électeurs de D'Arcy-McGee ont montré un appui massif au libéral Lawrence S. Bergman, sonnant ainsi le coup d'envoi officiel de la soirée électorale. Les luttes se sont révélées autrement plus chaudes au centre et à l'est, où sont concentrés les châteaux forts péquistes. Dans Pointe-aux-Trembles, le chef du Parti québécois, André Boisclair, a rapidement pris la tête pour être réélu avec une confortable majorité de 6101 voix. Dans Gouin, le député sortant du PQ, Nicolas Girard, a donné du fil à retordre à la chef de Québec solidaire, Françoise David, qui, en dépit d'une intense campagne de terrain, a finalement terminé bonne deuxième derrière le candidat péquiste, qui l'a emporté avec 3405 voix. L'autre candidat-vedette de QS, Amir Khadir, a quant à lui mené une lutte plus qu'honorable au député sortant Daniel Turp, à qui il a sérieusement donné la frousse en début de soirée. Dans Mercier, les deux candidats ont joué au chat et à la souris avant que le député péquiste ne devance pour de bon le candidat-vedette de QS avec 1123 voix.

Les vedettes libérales sont quant à elles restées bien en selle sur l'île de Montréal. Le sort de la ministre de la Culture et des Communications sortante, Line Beauchamp, a été rapidement assuré dans Bourassa-Sauvé. Idem pour la présidente sortante du Conseil du trésor, Monique Jérôme-Forget, facilement réélue dans Marguerite-Bourgeoys. La ministre sortante de l'Immigration, Lise Thériault, a repris son siège dans Anjou tandis que le ministre sortant de la Sécurité publique, Jacques P. Dupuis, reprenait le sien dans Saint-Laurent. Dans Outremont, le ministre du Développement économique sortant, Raymond Bachand, s'est lui aussi imposé.

Mont-Royal, l'ancien fief du ministre de la Santé sortant, Philippe Couillard, est lui aussi resté solidement attaché au sein du giron libéral, ses électeurs ayant choisi de faire confiance à son successeur, l'ancien président de Corus Québec, Pierre Arcand. La journaliste Christine St-Pierre a pour sa part réussi son passage à la politique puisqu'elle a été élue avec plus de 13 000 voix dans Acadie sous la bannière libérale. Dans Saint-Henri-Sainte-Anne, l'ancienne présidente du Conseil de la famille et de l'enfance, Marguerite Blais, a donné la faveur aux libéraux, reléguant du coup le candidat péquiste controversé Robin Philpot au deuxième rang.

Dans l'ensemble, le paysage montréalais est resté sensiblement inchangé, à quelques exceptions près. En 2003, les libéraux avaient mis la main sur 21 des 28 circonscriptions montréalaises, dont plusieurs avec une majorité de plusieurs milliers de voix. Le PQ avait quant à lui fait siens sept comtés du centre-est, soit Gouin, Mercier, Sainte-Marie-Saint-Jacques, Rosemont, Bourget, Pointe-aux Trembles et Hochelaga-Maisonneuve.

Une élection partielle avait toutefois permis au PQ de ravir un siège de plus avec la victoire de la jeune Elsie Lefebvre dans Laurier-Dorion. Mais cette embellie s'est avérée passagère pour le PQ, sa candidate ayant dû s'incliner hier devant le candidat libéral Gerry Sklavounos, manifestement déterminé à ce que le PLQ reprenne ses droits dans ce coin de l'île de Montréal.

À l'inverse, la péquiste Lisette Lapointe, l'épouse de l'ancien premier ministre Jacques Parizeau, a mené la vie dure à la députée sortante Michèle Lamquin-Éthier, qui avait fait pencher la balance en faveur des libéraux en 2003 avec seulement quelque 1500 voix dans Crémazie. Au fil d'une lutte serrée, Mme Lapointe aura finalement eu raison de Mme Lamquin-Éthier, arrachant ce comté au prix de seulement 363 voix.

Les choses ont été beaucoup plus faciles pour la péquiste Louise Harel, facilement réélue dans Hochelaga-Maisonneuve, où elle a ses habitudes. Dans Rosemont, Rita Dionne-Marsolais a permis au PQ de conserver ses assises bien en place. Dans Bourget, la députée péquiste sortante Diane Lemieux a facilement devancé le candidat adéquiste Clermont de La Croizetière et le libéral Pierre Carrier. En dépit d'une campagne déterminée, le chef du Parti vert du Québec, Scott McKay, est resté confiné au quatrième rang, ne récoltant au final que 2680 voix. Dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, le péquiste Martin Lemay est resté en place.

Dans l'ouest de l'île, les châteaux forts libéraux ont maintenu une confortable majorité, bien que l'appui se soit sensiblement érodé dans certaines circonscriptions. Dès le début de la soirée, Westmount-Saint-Louis a élu le libéral Jacques Chagnon. Les électeurs de Jacques-Cartier ont fait de même avec le libéral Geoffrey Kelley. Dans Robert-Baldwin, le libéral Pierre Marsan a conservé ses confortables positions. Le député libéral François Ouimet a lui aussi été reconduit massivement dans Marquette. Notre-Dame-de-Grâce, Nelligan et Verdun ont aussi maintenu une confortable majorité libérale en élisant, dans l'ordre, Russell Copeman, Yolande James et Henri-François Gautrin.

Enfin, dans l'est de Montréal, les libéraux ont conservé le château fort de Jeanne-Mance-Viger en faisant élire Michel Bissonnet. Dans Viau, le libéral Emmanuel Dubourg a aussi été élu, de même que le libéral Toni Tomassi dans LaFontaine.


Illustration(s) :

Des électeurs discutent de leur choix. Dès le début de la soirée, Westmount-Saint-Louis avait toutefois d'ores et déjà élu le libéral Jacques Chagnon.

Catégorie : Actualités
Sujet(s) uniforme(s) : Partis politiques; Élections
Type(s) d'article : Article
Taille : Moyen, 698 mots

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Élections au Québec, le 26 mars 2007 :: Commentaires

Le Devoir
LES ACTUALITÉS, mardi 27 mars 2007, p. a1

Le vent adéquiste a soufflé
L'ADQ de Mario Dumont formera l'opposition officielle

Boileau, Josée

La soirée électorale fut aussi haletante que ce qui avait été annoncé: un gouvernement minoritaire libéral, une Action démocratique formant l'opposition officielle et plus forte, en nombre de sièges, que ce que les derniers sondages avaient prévu ainsi qu'un Parti québécois glissant au troisième rang.

«J'espère que [le scrutin d'hier] marquera un point tournant pour la société québécoise. J'espère que c'est une nouvelle ère pour la politique québécoise qui débute aujourd'hui», avait affirmé le chef adéquiste Mario Dumont hier, après avoir déposé son bulletin de vote dans l'urne. Il ne croyait sûrement pas si bien dire.

Au moment de mettre sous presse, le PLQ se retrouvait avec 48 sièges, l'ADQ 41 et le PQ 36. Pourtant, en pourcentages des voix exprimées, les trois principaux partis se distinguaient beaucoup moins: 33 % pour le PLQ, 31 % pour l'ADQ et 28 % pour le PQ.

La soirée a été particulièrement difficile pour Jean Charest, sérieusement menacé par le péquiste Claude Forgues dans Sherbrooke, au point où celui-ci a pendant quelque temps été déclaré gagnant. M. Charest devait finalement l'emporter par près de 700 voix Le chef du PQ, André Boisclair, gagnant dans sa circonscription de Pointe-aux-Trembles, n'a pas fait allusion à son propre avenir dans son discours de fin de soirée, soulignant plutôt que «quelques sièges nous séparent du pouvoir, quelques milliers de voix», et promettant une opposition efficace. Il a aussi souligné la nécessité de garder allumée la flamme souverainiste et son «amour pour notre patrie» pendant que ses militants scandaient: «Le Québec, un pays!»

Performance éclatante Dans son discours, hier soir, Mario Dumont, qui se trouvait dans sa circonscription de Rivière-du-Loup, a désigné les Québécois comme les grands gagnants de la campagne. «Partout sur le territoire du Québec, les citoyens se sont levés [...]. Partout, les autonomistes ont envoyé un message politique fort, un message de changement. C'est un cri du coeur qui résonne de partout ce soir.»

Il a souligné la «volonté de modernisation du modèle québécois», qui marque l'entrée du Québec, sur le plan politique, dans le XXIe siècle, une «étape historique», avant de rappeler ses thèmes chers: famille, classe moyenne et personnes âgées, qui auront droit aux premières attentions de la nouvelle opposition. Les derniers sondages prévoyaient un maximum de 39 sièges pour l'ADQ. C'est dire à quel point la performance du parti de Mario Dumont était éclatante, notamment dans la région de Québec, ce qui était attendu, et dans Lanaudière, ce qui ne l'était pas. La percée de l'ADQ se mesurait parfaitement bien dans le symbole de cette soirée: la candidate adéquiste Lucille Méthé a remporté la circonscription baromètre de Saint-Jean.

Dans Lévis, le président de la chambre de commerce locale, l'adéquiste Christian Lévesque, supplantait sans peine la ministre libérale Carole Théberge et l'ex-ministre péquiste Linda Goupil. Dans Chauveau, l'autre homme fort de l'ADQ, Gilles Taillon, a lui aussi été facilement élu, un gain sur le Parti libéral. Les circonscriptions basculant dans le camp adéquiste se sont succédé, gains parfois prévisibles, comme cette victoire dans Blainville, où le député péquiste sortant Richard Legendre a été battu, et d'autres surprenants, comme dans les circonscriptions traditionnellement péquistes de Joliette et de Terrebonne. «Rarement, dans l'histoire des élections récentes, les électeurs, les citoyens, auront eu le sentiment que leur vote pouvait avoir autant de poids, que chaque vote pouvait faire autant une différence», avait déclaré Mario Dumont hier matin, disant avoir voté avec beaucoup de fierté.

Vrai revirement Ce scénario témoigne de tout un retournement. Il y a un an, l'ADQ ne pouvait compter que sur 11 % d'appuis (contre 18 % lors des élections de 2003), et les cinq sièges occupés par le parti à l'Assemblée nationale ne lui donnaient pas droit à une reconnaissance officielle puisqu'il faut 12 sièges pour se qualifier.

Les 45 sièges que le Parti québécois détenait au déclenchement des élections ne résistaient pas, eux, au tourbillon adéquiste. Seuls 36 sièges lui ont été acquis, dont un revirement dans Jonquière, jusque-là comté libéral, avec la victoire de Sylvain Gaudreault, ce jeune professeur que l'animateur Louis Champagne avait dénigré en raison de son orientation sexuelle. L'ex-journaliste Bernard Drainville, recrue-vedette, a aussi été élu dans Marie-Victorin, circonscription péquiste.

Des recrues-vedettes libérales ont aussi remporté leur siège. Ainsi, dans Chomedey, une forteresse libérale, le nouveau candidat du PLQ et ex-policier Guy Ouellette a succédé sans problème à l'ex-ministre contestataire Thomas Mulcair. Autre nouvelle candidate, l'ex-journaliste Christine St-Pierre l'a emporté dans Acadie. De même, le ministre Philippe Couillard, qui avait quitté sa confortable circonscription de Mont-Royal pour se présenter à Québec, dans Jean-Talon, a réussi à tenir le coup devant le vent adéquiste.

Par contre, des ministres ont mordu la poussière, comme Michel Després dans Jean-Lesage, où le siège a été remporté par l'ADQ.

Dans Mercier, Amir Khadir, un des deux porte-parole du parti Québec solidaire, a mené une chaude lutte au député péquiste Daniel Turp, qui a finalement été proclamé vainqueur. Françoise David, l'autre porte-parole du parti, a été battue, comme prévu, par Nicolas Girard du Parti québécois, mais elle est arrivée bonne deuxième. Le chef du Parti vert, Scott McKay, doit pour sa part se contenter de la quatrième place dans Bourget.

Au moment de mettre sous presse, ces deux partis récoltaient 8 % d'appuis. En 2003, tous les candidats indépendants ou représentant des partis autres que les trois principaux partis n'avaient obtenu que 2,6 % des votes.

Les chefs des cinq principaux partis s'étaient tous rendus aux urnes en matinée. Jean Charest a voté au bureau de scrutin de l'école Carillon, à Sherbrooke, même s'il n'en est pas un résidant; il y a droit de vote à la suite de changements récents à la Loi électorale, qui permet maintenant à tous les candidats de pouvoir voter dans la circonscription où ils se présentent lors d'un scrutin.

Le taux de participation s'est élevé à 70%, au même niveau qu'en 2003, alors qu'on avait enregistré le plus faible taux de l'histoire du Québec. À la dissolution de l'Assemblée nationale, le 21 février, le PLQ détenait 72 sièges, le PQ 45 et l'ADQ cinq. On comptait aussi un député siégeant comme indépendant et deux sièges étaient vacants.


Illustration(s) :

Mario Dumont est allé voter hier à Rivière-du-Loup. Son parti formera l'opposition officielle à Québec.
Jean Charest et son épouse Michèle, hier à Sherbrooke. Le premier ministre a risqué de mordre la poussière dans sa circonscription aux mains du Parti québécois, mais le PLQ formera tout de même un gouvernement minoritaire.


Catégorie : La Une; Actualités
Sujet(s) uniforme(s) : Partis politiques
Type(s) d'article : Article
Taille : Long, 809 mots

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Doc. : news·20070327·LE·136979
Le Devoir
LES ACTUALITÉS, mardi 27 mars 2007, p. a1

Électeurs en herbe
Le Parti québécois majoritaire chez les 14-17 ans

Shields, Alexandre

Si les jeunes Québécois âgés de 14 à 17 ans avaient eu le loisir d'élire le prochain gouvernement provincial, ils auraient accordé un mandat tout juste majoritaire au Parti québécois, selon les résultats obtenus par le projet «Électeurs en herbe», qui a ciblé 30 000 jeunes issus de quelque 300 écoles secondaires, maisons de jeunes et autres organisations jeunesse au Québec. Cette simulation, sans aucune prétention scientifique, a également permis de constater que l'Action démocratique de Mario aurait formé l'opposition officielle.

Ainsi, le Parti québécois, qui recueille 25,02 % des appuis, remporte un total de 44 circonscriptions parmi les 87 représentées dans ce projet, qui se veut avant tout une initiation à la vie démocratique pour les électeurs de demain. Les péquistes obtiennent une majorité de sièges dans la plupart des régions du Québec, notamment au Saguenay, dans le Bas-Saint-Laurent, en Mauricie, en Estrie, dans les Laurentides et la couronne nord de la région montréalaise. Même chose en Abitibi-Témiscamingue, sur la Côte-Nord et en Gaspésie.

L'Action démocratique bénéficie pour sa part de 20,33 % des voix et fait «élire» 28 députés, balayant la région de Chaudière-Appalaches, en plus de faire des gains dans le Centre-du-Québec et, sans surprise, dans la région de la Capitale. Le Parti libéral est le grand perdant de ce scrutin informel. Il ferme la marche des grands partis, avec 15,27 % des appuis, mais seulement 12 sièges. Il a cependant l'avantage sur l'île de Montréal. Le Parti vert, avec 9,42 % des voix, obtient deux circonscriptions. Québec solidaire termine quant à lui cette simulation avec 4,24 % des voix et un siège, dans Viau. Les résultats disponibles hier soir n'étaient toutefois pas définitifs.

Vincent Ranger, porte-parole national d'«Électeurs en herbe» et président du Forum jeunesse de l'île de Montréal, prend évidemment soin de préciser que l'exercice n'a pas de «de prétention scientifique, étant donné que les écoles qui ont participé au projet le faisaient sur une base volontaire». Il explique aussi qu'«un peu moins d'écoles de Montréal ont participé au projet, ce qui explique une partie du pourcentage de votes obtenu par le Parti libéral du Québec, relativement faible par rapport aux autres partis». Cette sous-représentation de la métropole peut aussi expliquer les résultats obtenus par Québec solidaire et les verts, deux formations essentiellement montréalaises. À l'inverse, la «surreprésentation des régions dans notre simulation pourrait bien expliquer en partie les résultats obtenus par l'Action démocratique du Québec, qui sont assez élevés», souligne M. Ranger.

Les organisateurs de ce scrutin jeunesse ont en outre été étonnés par la piètre performance du Parti vert. «Ce résultat-là nous a assez surpris, parce que, lors des élections fédérales, on avait remarqué qu'il y avait un appui plus important pour le Parti vert [que les résultats réels]», ajoute le porte-parole national d'Électeurs en herbe, rappelant que les jeunes sont habituellement très attentifs à la question environnementale.

Mais, surtout, M. Ranger souligne que «ce qu'on remarque, c'est que les jeunes ne votent pas si différemment que ça de leurs parents. Aux élections fédérales et municipales, où on a déjà fait l'expérience, les résultats des jeunes et les résultats réels avaient été relativement semblables. Il y avait eu un appui important aux tiers partis, mais pour les résultats globaux, c'était similaire». Les résultats de l'élection d'hier ont néanmoins montré une certaine différence entre les allégeances politiques des jeunes et celles de leurs parents.

Pour les coordonnateurs du projet, l'objectif n'est toutefois pas de connaître la couleur d'un gouvernement qui serait élu par les jeunes de 14 à 17 ans. «Nous voulons avant tout les initier à la démocratie électorale, affirme M. Ranger. En ce sens-là, on pense que l'objectif a été atteint, avec plus de 30 000 jeunes qui ont pris part à la simulation. C'est d'ailleurs nettement plus que ce que nous avions obtenu, en matière de participation, pour les autres simulations lors d'élections fédérales et municipales.» À titre de comparaison, 18 000 jeunes Québécois avaient pris part à la simulation organisée lors des élections fédérales de janvier 2006.

«Il s'agit d'une participation remarquable, surtout dans le contexte actuel où on considère que les jeunes s'intéressent très peu à la politique. Ce qu'on remarque avant tout, c'est que les Électeurs en herbe ont fait une croix sur le cynisme», assure Vincent Ranger. Cette hausse marquée de la participation donne selon lui de l'espoir pour les années à venir. «Ce qu'on voit dans les simulations, c'est que les jeunes sont très intéressés par ce genre de projets-là. Et si les jeunes sont au moins intéressés dès le secondaire par la participation politique électorale, on peut espérer que l'intérêt va demeurer.»

Et, rappelle-t-il, «un jeune qui vote pour la première fois à 18 ans va avoir beaucoup plus tendance à voter tout au long de sa vie qu'un jeune qui aurait manqué son premier rendez-vous électoral». Les chiffres sont plutôt inquiétants. Le taux de participation aux élections provinciales de 2003, chez les jeunes de 18 à 24 ans, a été le plus faible en 75 ans. Rapelons qu'à peine 43 % des jeunes de 18 à 24 ans ont voté aux élections fédérales de 2004.

Myriam Régnier, porte-parole du Directeur général des élections (DGE), est elle aussi convaincue que ce projet permet de stimuler le désir des jeunes de participer à la vie politique. «S'ils ont déjà vécu une période électorale avant 18 ans, il y a beaucoup plus de chances qu'ils veuillent se prévaloir de leur droit de vote», soutient-elle.

Le bureau du DGE a d'ailleurs organisé une campagne publicitaire sur Internet pour inciter les jeunes à se prévaloir de leur droit de vote, en plus de mettre en ligne un site qui leur est consacré spécifiquement, le site www.pourquoijevote.qc.ca. «Et dès qu'un électeur a 18 ans, on lui fait parvenir un avis pour lui signifier qu'il est inscrit sur la liste électorale pour l'inciter à aller voter», ajoute Mme Régnier.

Électeurs de demain Concrètement, le projet «Électeurs en herbe» est un programme «non partisan» qui vise à «initier les jeunes à l'exercice de la démocratie et à leur faire connaître le fonctionnement de nos institutions démocratiques». On souhaite ainsi familiariser les jeunes au processus électoral et aux institutions politiques, mais également les sensibiliser au rôle qu'ils peuvent jouer en démocratie. L'idée est aussi de les intéresser à l'actualité et à la politique, afin d'avoir «un impact positif sur leur participation citoyenne et électorale future». L'exercice, qui se déroule tout au long de la «véritable» campagne électorale, permet en outre aux élèves de «structurer leurs opinions, de développer leur esprit critique et de participer à un débat public».

«Électeurs en Herbe» a déjà été organisé pour les élections municipales en 2001 et 2005, mais aussi lors des élections fédérales en 2004 et 2006. Au total, quelque 175 écoles secondaires et maisons de jeunes ont participé au projet, et plus de 45 000 jeunes ont exercé leur «droit de vote» lors des éditions précédentes.


Illustration(s) :

30 000 jeunes Québécois de 14 à 17 ans ont pris part à un exercice électoral au terme duquel le Parti québécois a reçu leur préférence.

Catégorie : La Une; Actualités
Sujet(s) uniforme(s) : Partis politiques; Élections
Type(s) d'article : Article
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Élections au Québec, le 26 mars 2007

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