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LA FRANCE NON RECONNAISSANTE
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 COURRIEL D'INFORMATION ATTAC (n°564)

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mihou
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17022007
MessageCOURRIEL D'INFORMATION ATTAC (n°564)

COURRIEL D'INFORMATION ATTAC (n°564)

Vendredi 16/02/07
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______________________________


Dans ce numéro

1. L’ALTERMONDIALISATION ? UNE COURSE DE FOND !
Essoufflé le mouvement altermondialiste ? Au lendemain des
manifestations de Seattle contre les excès de l'OMC
(décembre 1999) cette « rébellion » était qualifiée de feu
de paille.
Par Arnaud Zacharie (CNCD) et François Pollet (CETRI)

2. DES TAXES GLOBALES POUR LE VIVANT
L’altermondialisme se trouve à un tournant : celui qui mène
de la critique du capitalisme néolibéral à l’élaboration de
propositions alternatives, à laquelle participent
maintenant tous les continents, dont l’Afrique qui vient
d’accueillir à Nairobi le 7e Forum social mondial.
Par Aurélie Trouvé et Jean-Marie Harribey, co-présidents
d’ATTAC France

3. DECLARATION DE SOUTIEN DU SOMMET CITOYEN FRANCE-AFRIQUE
AU PEUPLE MARTYRISE DE GUINEE
Les organisations réunies au Sommet citoyen France-Afrique
condamnent la répression sanglante exercée actuellement par
le gouvernement guinéen sur son peuple. Elles interpellent
M. Jacques Chirac et le gouvernement français, l’Union
européenne et les institutions africaines pour qu’ils
agissent urgemment !

4. APPEL DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE AFRICAINE
AUX CANDIDATS A L’ELECTION PRESIDENTIELLE EN FRANCE
Appel finalisé lors du Forum social mondial de Nairobi, 20-
25 janvier 2007 et lancé le 12 février 2007 en ouverture du
Sommet citoyen France-Afrique, Paris.

5. RUSSIE : LES OUVRIERS DE FORD SE METTENT EN GREVE
Le 2 février а 1h30 du matin s’est achevée la conférence
(sur trois postes) des salariés de l’usine Ford de la
région de Saint-Pétersbourg. A l’issue du vote, la décision
est tombée – ce sera la grève à partir du 14 février.
Par Carine Clément, Institut de l'Action Collective, Moscou
(www.ikd.ru <http://www.ikd.ru>)

6. LA BATAILLE POUR LA DEFENSE DE LA PROFESSION COMPTABLE
EN EGYPTE. UNE EXPERIENCE CONCRETE DE CONFRONTATION AUX
POLITIQUES DE LA GLOBALISATION
Une bataille des comptables et réviseurs en Egypte s’est
engagée contre la consécration d’un monopole sur le marché
professionnel. Récit d’une expérience concrète de
résistance à la mondialisation néolibérale.
Par Hani al-Husseini, syndicat général des professions
commerciales en Egypte.

______________________________

1. L’ALTERMONDIALISATION ? UNE COURSE DE FOND !

Par Arnaud Zacharie (CNCD-11.11.11) et François Polet
(CETRI).
______________________________

Essoufflé le mouvement altermondialiste ? Cette
affirmation, qui semble être devenue depuis quelques temps
la nouvelle ritournelle d'une certaine presse, en rappelle
une autre, proférée au lendemain des manifestations de
Seattle contre les excès de l'OMC (décembre 1999) par les
commentateurs étasuniens les plus autorisés : cette «
rébellion » était selon eux un feu de paille.

Moins de dix ans plus tard, le refrain est réemprunté. Mais
qu'en est-il au juste ? Il est d'abord paradoxal de taxer
d'essoufflement un mouvement qui continue de posséder un
véritable pouvoir de mobilisation : près de 60.000
personnes se sont par exemple rassemblées à Nairobi, pour
le premier Forum social mondial organisé en Afrique, alors
que le premier Forum social de Porto Alegre avait attiré
moins de 15.000 personnes en 2001. Mais la force de
l'altermondialisme ne se mesure pas à l'unique aune de sa
seule capacité à drainer les foules, elle dépend avant tout
de sa capacité à peser sur l'opinion publique mondiale, et
en particulier sur le cours des décisions politico-
économiques à visée internationale. Evidemment, cette
portée politique n'est pas simple à évaluer. D'abord parce
que le mouvement altermondialiste, très diversifié, est un
« mouvement de mouvements » par définition hétérogène et
dont l'évaluation de l'impact « politique » dépend du point
de vue emprunté - réformiste ou radical. Ensuite parce
qu'il dépend de l'endroit dont on parle : la vigueur, la
composition et l'impact des mobilisations altermondialistes
est hautement dépendante des contextes politiques
nationaux. Enfin parce que l'influence de cette société
civile planétaire est diffuse, indirecte et difficile à
isoler des autres facteurs qui agissent à l'échelle
internationale. Pour autant, force est de reconnaître que
la perception de la globalisation et les relations
internationales qui en découlent ont nettement évolué ces
dernières années, et que le mouvement « alter » n'y est pas
étranger.

Alors que les années 1990 consacraient les bienfaits du «
consensus de Washington » et du « laisser-faire »
financier, cette « pensée unique » semble désormais moins
populaire. Citons en quelques illustrations : une coalition
de pays en développement, emmenée par le Brésil, l'Inde et
l'Afrique du Sud, pèse de tout son poids depuis 2003 pour
infléchir les rapports de force au sein de l'OMC ; de
nombreux pays - Thaïlande, Argentine, Brésil, Indonésie,
Philippines, Uruguay, etc. - ont utilisé leurs réserves de
changes pour rembourser de manière anticipative leurs
dettes au FMI et ainsi s'affranchir de ses «
conditionnalités » d'ajustement structurel, plongeant les
institutions financières internationales dans une crise
d'identité ; les pays asiatiques, victimes d'une redoutable
crise financière en 1997-98, ont mis sur pied en 2005 un
fonds de réserve régional - l'initiative de Chiang-Mai –
pour anticiper d'éventuelles nouvelles attaques
spéculatives ; près de 80 gouvernements ont adopté en 2005,
en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, une
déclaration en faveur de taxes globales et de sources
novatrices de financement du développement ; la menace des
changements climatiques sur les équilibres économiques et
sociaux fait de plus en plus consensus et plusieurs Etats
des Etats-Unis ont entrepris de réduire leurs émissions de
CO2, malgré l'autisme de l'administration Bush en la
matière ; l'échec de l'option militaire unilatérale est,
moins de quatre ans après la guerre préventive en Irak,
devenu patent ; plusieurs gouvernements du Sud, en
particulier en Amérique latine, s'emploient à promouvoir
des modèles alternatifs et certains de ces gouvernements
émanent directement des mouvements paysans indigènes
(Bolivie) ou de la coalition Jubilé Sud en faveur de
l'annulation de la dette du tiers-monde (Equateur).

Le mouvement altermondialiste ne doit cependant pas pour
autant crier victoire. Le grippage des institutions
globales les plus iniques n'indique pas pour autant
l'émergence de mécanismes de régulation mondiale plus
démocratiques. Au contraire, les forces néo-conservatrices
restent puissantes et le processus de reconfiguration
actuel fait la part belle aux relations bilatérales
directes entre nations, au sein desquelles les rapports de
force jouent à plein. La soumission des sociétés aux
impératifs d'une compétition économique internationale
sauvage reste à l'agenda, malgré le fait de moins en moins
contesté qu'elle est synonyme de déclassement et de
précarisation pour des groupes sociaux entiers, au Nord
comme au Sud.

Certes, malgré son hétérogénéité, le mouvement « alter » a
réussi à définir des revendications communes dont
l'application impliquerait une reprise en main démocratique
de la sphère économique et financière, comme l'annulation
de la dette du tiers-monde, la taxation des transactions
financières internationales, la réduction des émissions de
CO2, l'élimination des paradis fiscaux, la promotion de la
souveraineté alimentaire ou le financement international de
biens publics mondiaux. Mais la difficulté pour ce
mouvement est d'aboutir à des débouchés politiques
mondiaux, qui impliquent par définition de mettre d'accord
des dizaines de gouvernements de par le monde - ils sont
150 à l'OMC et plus de 180 au FMI. Comme l'a par exemple
démontré le vote par le parlement belge de la loi sur la
taxe sur les transactions financières, les débouchés
politiques au niveau national ne sont pas adaptés à
l'exigence de nouvelles régulations et institutions
internationales. Là se trouve le principal défi du
mouvement « alter » qui, loin de s'essouffler, entame une
seconde vie. C'est pourquoi l'altermondialisation n'est pas
un sprint, mais une course de fond !

______________________________

_________________
Le Mensonge peut courir un an, la vérité le rattrape en un jour, dit le sage Haoussa
Ma devise:
se SURPASSER ,ne JAMAIS ABDIQUER,TOUJOURS RESTER HUMBLE
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COURRIEL D'INFORMATION ATTAC (n°564) :: Commentaires

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2. DES TAXES GLOBALES POUR LE VIVANT*

Par Aurélie Trouvé et Jean-Marie Harribey, Co-présidents
d’ATTAC France.
_____________________________

L’altermondialisme se trouve à un tournant : celui qui mène
de la critique du capitalisme néolibéral à l’élaboration de
propositions alternatives, à laquelle participent
maintenant tous les continents, dont l’Afrique qui vient
d’accueillir à Nairobi le 7e Forum social mondial.

Face à la marchandisation accélérée de la société, l’enjeu
du XXIe siècle est d’assurer à tous les êtres humains
l’accès aux biens publics mondiaux, appelés aussi biens
communs de l’humanité, dont il faut affirmer le caractère
inaliénable : notamment les connaissances, le climat, l’eau
et toutes les ressources vitales. Mais, pour que ces biens
soient produits ou protégés, des financements publics sont
indispensables. C’est à cet impératif qu’entend répondre la
proposition de « taxes globales pour le vivant ». Globales
parce qu’elles ont vocation à s’appliquer dans le monde
entier et à un grand nombre de sujets. Pour le vivant parce
qu’elles portent sur les éléments essentiels à la
perpétuation de la vie et à l’obtention d’une vie digne
pour tous, en termes de droits fondamentaux à l’éducation,
à la santé et au logement.


L’idée de ces taxes progresse. Leur principe a été reconnu
dans le rapport remis par Jean-Pierre Landau au Président
de la République française en 2004 et a reçu un modeste
début d’application avec une taxe sur les billets d’avion,
destinée à financer la « Facilité internationale d’achat de
médicaments ». Lors de l’Assemblée Générale des Nations
Unies de 2004, 111 chefs d’Etats ont adopté le Rapport dit
« quadripartite » calqué sur le Rapport Landau. Plus
généralement, le principe de taxes globales peut être
étendu dans au moins quatre directions.

En premier lieu, une taxe sur l’ensemble des transactions
financières. Sur les transactions de change d’abord : une
taxe à taux faible (la célèbre taxe Tobin) en période calme
et à taux très élevé pour décourager toute spéculation dès
les premiers signes d’emballement de celle-ci (taxe dite
Spahn, du nom de son inventeur). Et aussi sur les échanges
de titres financiers (actions, obligations et produits
dérivés) dont les cours grimpent d’autant plus que, dans le
système productif, le travail est davantage pressuré. Ce
type de taxe avait déjà été imaginé par Keynes sous le nom
d’impôt de Bourse pour limiter la pression exercée par les
rentiers de la finance, car le contrôle des mouvements de
capitaux est une condition de la maîtrise des politiques
monétaires.

En deuxième lieu, un impôt unique mondial sur les bénéfices
consolidés des sociétés. Aujourd’hui, les firmes
multinationales peuvent déclarer des bénéfices importants
dans les pays où ils sont peu ou pas imposés et des pertes
ou de faibles bénéfices là où ils sont davantage imposés.
Un tel impôt ferait fondre les principaux avantages du
dumping fiscal, lié à l’existence des paradis fiscaux et
des zones off shore.

En troisième lieu, un impôt égal sur les revenus du travail
et ceux du capital. Les inégalités, au Nord comme au Sud de
la planète, sont devenues insupportables. Deux mesures
pourraient les atténuer fortement : une limitation des
écarts de revenus versés dans les entreprises dans une
fourchette de 1 à 5, assortie d’une progressivité de
l’impôt sur le revenu avec une tranche supérieure au taux
de 100% ; et l’instauration d’un salaire minimum dans tous
les pays, progressant au rythme de la productivité.

En quatrième lieu, une taxe sur le carbone. Les
conséquences du réchauffement climatique ne pourront être
circonscrites avec le marché des permis d’émission de gaz à
effet de serre qui est incapable d’atteindre les objectifs
même limités du Protocole de Kyoto. Il faut donc rendre les
normes plus sévères et imposer le carbone émis. On mettrait
ainsi les pays riches en face de leurs responsabilités, de
telle sorte qu’une certaine équité soit rétablie vis-à-vis
des pays en développement qui seraient appelés dans
l’avenir à s’intégrer dans la régulation climatique
internationale. Enfin, dans l’attente d’une reconversion de
la politique énergétique, une taxe sur les déchets
nucléaires est nécessaire.

Quelle est la cohérence de ces taxes globales pour le
vivant ? Elles unifient les propositions d’alternatives au
capitalisme néolibéral en portant le fer en son cœur même :
le droit pour le capital de circuler partout et ainsi de
s’approprier, en les marchandisant de plus en plus, le
travail et l’ensemble du vivant, sources de la richesse. De
la naissance du mouvement ouvrier au XIXe siècle à
l’altermondialisme luttant contre le capitalisme total au
XXIe, l’intuition est la même : l’émancipation humaine est
possible. Mais, depuis Marx, premier analyste de la
mondialisation, la lutte pour l’émancipation s’est élargie
car on a pris conscience que les dominations sont multiples
(du capital sur le travail, du Nord sur le Sud, des hommes
sur les femmes) et elle a changé de dimension car la crise
écologique menace la survie de notre espèce.

Comment s’y prendre pour refonder, dans toutes les sphères
de la société, la démocratie, seule capable de conduire une
véritable transformation sociale ? Le Manifeste
altermondialiste que publie ATTAC (Editons Mille et une
nuits, 2007) avance une centaine de propositions concrètes
pour « scier les piliers du néolibéralisme » et «
construire un monde solidaire, écologique et démocratique »
en France, en Europe et dans le monde. Les taxes globales
pour le vivant en sont une partie essentielle pour changer
le cours des choses et en réunir les moyens. La
marchandisation du monde n’est pas une fatalité.

* Cet article est paru dans Libération le 15 février 2007.
Libération a malencontreusement changé le titre et choisi :
« Un impôt global sur le vivant ». Un contresens a été
introduit en remplaçant « pour » par « sur ».
Libération a publié un rectificatif.

______________________________

3. DECLARATION DE SOUTIEN DU SOMMET CITOYEN FRANCE-AFRIQUE
AU PEUPLE MARTYRISE DE GUINEE
______________________________

Considérant les grèves et manifestations en cours en Guinée
depuis plusieurs semaines à l’appel des Syndicats et des
organisations de la société civile guinéenne, pour
protester contre la corruption, l’abus de pouvoir du chef
de l’Etat et la paupérisation généralisée de la population
par le régime néocolonial corrompu de Monsieur Lansana
Conté;

Considérant que la répression sanglante des forces de
l’ordre guinéenne, qui a sanctionné ces manifestations
pacifiques, a fait à ce jour, une centaine de morts environ
et que ce bilan risque fort bien de s’alourdir dans les
prochains jours, si rien n’est fait pour stopper la folie
meurtrière du pouvoir de Conakry;

Considérant que le droit de manifester est un des Droits
Fondamentaux de l’Homme reconnu par la déclaration
universelle des Droits de l’Homme ;

Considérant qu’à la différence des ambassadeurs de
plusieurs pays présents à Conakry, les autorités Françaises
sont restées jusqu'à présent et scandaleusement muettes
face à ces tueries inacceptables des populations civiles
par le pouvoir dictatorial de Conakry ;
Des participants au Sommet Citoyen France - Afrique,
organisé en contrepoids du sommet officiel France-Afrique
qui réunira les 15 et 16 février 2007 les chefs d’Etat et
de gouvernements de France et d’Afrique à Cannes :

1- Dénoncent fermement la répression sanglante qui a cours
en ce moment contre les manifestants en Guinée et appellent
à sa cessation immédiate ;

2- Interpellent le président Jacques Chirac et le
gouvernement français sur leur silence assourdissant dans
la situation actuelle, qui équivaut à un soutien de fait et
leur demandent d’intervenir publiquement pour que cesse la
répression ;

3- Demandent à la France d’intervenir auprès de l’UE pour
que des sanctions exemplaires soient prises contre les
autorités actuelles de Guinée ;

4- Appellent les institutions Africaines (Union Africaine,
CEDEAO) à prendre toutes leurs responsabilités dans cette
crise, afin que cette sauvagerie du régime impopulaire de
Conté ne constitue un mauvais précédent dans les pays
africains;

5- Apportent leur soutien inconditionnel au valeureux
peuple de Guinée, qui lutte pour sa survie, sa dignité et
le respect de ses droits, en ce moment difficile de son
histoire politique.

6- Exigent la levée immédiate de l’état de siège décrété
par le pouvoir aux abois de Lassana Conté et qui donne
carte blanche aux forces armées guinéennes pour violer tous
les droits de l’Homme dans le pays.

Fait à Paris, ce 12 février 2007

Les Organisations et personnalités participant au sommet
Citoyen France- Afrique
Contact : africaob@yahoo.fr <mailto:africaob@yahoo.fr>
Survie - France, Collectif des Organisations Démocratiques
et Patriotiques des Camerounais de la Diaspora (CODE),
ATTAC France, Cedetim-IPAM, Oxfam France-Agir ici, Centre
de Recherche et d’Information pour le Développement (CRID),
Coalition des Alternatives Dette et Développement (CAD-
Mali), Coalition « Publiez ce que vous payez »- Congo, la
Cimade (Service oecuménique d’entraide), Comité pour
l’Annulation de la Dette du Tiers Monde (CADTM), Ligue
Tchadienne des Droits de l’Homme (LTDH), Alternatives –
Niger, Association Africaine de Défense des Droits de
l’Homme - RDC, C4D (Communication pour le développement),
Mouvement de la Paix - France, FEDESI - Côte d’Ivoire,
Initiatives Africaines, Sursaut Collectif pour la Paix au
Tchad, Réseau Foi et Justice Afrique - Europe (France),
Afrique Culture Exclusion - France, APP - Mauritanie,
Comité Togolais de Résistance, CCFD - France, Réseau
Dynamique Citoyennes - Cameroun; Sherpa, etc.
______________________________

4. APPEL DES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE AFRICAINE
AUX CANDIDATS A L’ELECTION PRESIDENTIELLE EN FRANCE
______________________________

Appel finalisé lors du Forum social mondial de Nairobi, 20-
25 janvier 2007 et lancé le 12 février 2007 en ouverture du
Sommet citoyen France-Afrique, Paris. Il est disponible en
ligne :
http://www.france.attac.org/a6900

Alors que la campagne présidentielle s’ouvre en France,
Jacques Chirac convie ses amis, chefs des ex-colonies
africaines, à une messe festive à Cannes (France), les 15
et 16 février 2007. En signe d’adieu, il leur délivrera son
satisfecit pour leur collaboration à maintenir l’Afrique
dans l’illusion démocratique et le sous- développement.
Nous espérons que son départ probable marque la naissance
d’une nouvelle époque dans les relations entre la France et
l’Afrique.

L’Afrique n’est pas pauvre. Elle dispose d’importantes
ressources pour nourrir, soigner, éduquer et offrir des
emplois à ses enfants ; mais elle n’arrive pas à se relever
de siècles d’exploitation. Après la traite de ses fils et
la colonisation, les clans au pouvoir, les Etats étrangers
et les multinationales ont confisqué sa souveraineté,
attisé des conflits meurtriers et pillé ses ressources de
façon éhontée.

Ce n’est pas un hasard si, partout dans l’ex-Empire
colonial français, des bruits sourds de mécontentement
s’élèvent contre la politique de la France. Car si les
dirigeants africains sont les premiers responsables de la
situation sociale et politique dramatique du continent, la
France officielle porte également une lourde
responsabilité. Sa politique favorise le maintien au
pouvoir de chefs d’Etat dépourvus de toute légitimité, de
vision prospective et dont les traits communs restent le
pillage, le gaspillage des ressources publiques, les
massacres d’innocents, l’incarcération des adversaires
politiques, l’instrumentalisation de la justice, la
manipulation des processus électoraux et l’indifférence
ostentatoire face à la misère criante de leur population…

Cette politique, entretenue au mépris des lois, de la
justice et de l’universalité des droits de l’Homme, a ruiné
le capital d’espérance de nos populations et confiné nos
peuples dans une situation de dénuement sans précédent. Des
milliers de jeunes au cœur meurtri, privés de toute
perspective chez eux, désertent le continent à la recherche
d’un univers plus clément. L’Europe, plus proche, reste
leur destination favorite, mais leur aventure échoue trop
souvent dans le désert, dans le ventre de la Méditerranée
ou de l’Atlantique, ou encore sous les balles assassines
aux frontières du vieux continent. Ceux d’entre eux qui ont
la grâce d’accéder au territoire de l’Europe ont rendez-
vous avec la politique de l’humiliation : les tracasseries
policières, les zones d’internement, les charters ou des
conditions de vie déshumanisantes.

Le développement de l’Afrique est d’abord de notre
responsabilité, mais nous croyons qu’une relation
fructueuse avec la France est possible. Les liens que nous
entretenons avec le peuple français et certaines évolutions
positives de la politique française, par exemple en
République démocratique du Congo ou dans le soutien à la
société civile, le démontrent.

Toutefois, un tel renouveau n’est concevable que si les
fondements de cette relation sont assainis. La France doit
assumer son passé en Afrique : il faut en finir avec les
heures noires de la Françafrique, avec le soutien aux
régimes autoritaires et avec l’impunité. La souveraineté
des Etats africains doit être affirmée et les intérêts
respectifs de nos pays, clairement affichés. La France doit
cesser toute ingérence dans les affaires militaires,
politiques et économiques des Etats africains, notamment en
renonçant à dicter la politique monétaire des pays de la
zone CFA, dont elle héberge les réserves et les comptes
d’opération. Enfin, nous n’envisageons pas une relation
respectueuse entre nos pays tant que continueront les
politiques répressives et sélectives de l’immigration.
Saisissant l’occasion de ce 24ème Sommet Afrique France,
nous, organisations de la société civile africaine, lançons
un appel solennel à tou(te)s les candidat(e)s à l’élection
présidentielle française pour construire, sur la base de la
vérité, de la justice, de la légalité et de la liberté, un
nouveau contrat de générations entre la France et
l’Afrique. Nous appelons en particulier les candidats à :
avatar
* Poser des actes forts dès le début du mandat pour marquer
l’entrée des relations entre la France et l’Afrique dans
une nouvelle ère, ce qui suppose en particulier de :
- Reconnaître les responsabilités de la France dans les
dégâts et les traumatismes causés par la colonisation et la
politique néo-coloniale, en particulier dans le génocide au
Rwanda ;
- Publier les accords militaires et de coopération qui
lient la France et certains pays ;
- Saisir et restituer les biens mal acquis et les avoirs détournés
par nos dirigeants et leurs complices.

* Instaurer des règles commerciales et économiques
internationales transparentes et qui bénéficient à toutes
les populations africaines, ce qui implique de :

- Suspendre les négociations sur les accords de partenariat
économique, par lesquels l’Union européenne impose la
libéralisation commerciale, et les reprendre en tenant
compte des intérêts exprimés par les sociétés africaines ;

- Règlementer les industries extractives et obliger les
entreprises françaises opérant dans ce secteur à respecter
les normes environnementales et sociales et à publier ce
qu’elles versent aux Etats africains ;
- Annuler la dette publique de nos Etats sans autre
condition que le contrôle des citoyens sur les fonds
récupérés.

* Accroître l’effort de solidarité de la France avec
l’Afrique, notamment en appui aux initiatives concourant à
la démocratisation, au renforcement de l’Etat de droit et
au respect des principes universels des droits de l’Homme
en Afrique.

Nous savons que le peuple français attend beaucoup des
prochaines élections. Sachez qu’en Afrique, nous serons des
millions à les suivre attentivement. Vous avez une occasion
historique d’engager votre pays dans un nouveau contrat de
génération avec les peuples de nos pays.

Cet appel a été rédigé par plusieurs personnalités de la
société civile africaine de 7 pays :
Aminata Touré Barry (Présidente du CAD Mali) Christian
Mounzéo (Coordinateur de « Publiez ce que vous payez » au
Congo-Brazzaville) Delphine Djiraibe (Coordinatrice du
Comité de suivi paix et réconciliation au Tchad) Moussa
Tchangari (Responsable d’Alternatives Niger et initiateur
du Forum social nigérien) Dimas Dzikodo (président de
l’OREPI, organisation des éditeurs de la presse
indépendante, Togo) Léopold Mamtsai (Directeur de Caritas)
Jean-Marc Bikoko (Président de la Confédération du Secteur
public) au nom du collectif Dynamiques citoyennes (250
organisations) au Cameroun Solange Koné (Forum national
dette et pauvreté, Côte d’Ivoire).

Organisations signataires (127 organisations et réseaux de
20 pays différents, certains réseaux regroupant eux-mêmes
des dizaines d’organisations)

Centre de Formation et de transit d'Agriculteurs Migrants
(Association ZOMA) MADAGASCAR
Centre Djoliba MALI
CEPAREC (Centre pour le partenariat, l’appui et le
renforcement des capacités) CONGO-BRAZZAVILLE
CERAD Antenne de Maroua CAMEROUN
Cercle d’Animation et de Développement de la Recherche en
Education BENIN
CERIDA (Centre d'étude et de recherche pour l'intégration
régionale et le développement de l'Afrique) GUINEE
CGTM (Confédération Générale des Travailleurs de
Mauritanie) MAURITANIE
Ci-Biti / Air Libre SENEGAL
CIPAX-AMAHORO(Consortium d'Interpellation pour la Paix-
Amahoro) RWANDA
Coalition Congolaise Publiez Ce Que Vous Payez CONGO
BRAZZAVILLE
Coalition des Alternatives Africaines Dette et
Développement CAD MALI
Coalition Publiez Ce Que Vous Payez Mauritanie MAURITANIE
CODAS Caritas Maroua CAMEROUN
CODAS/Caritas Yagoua CAMEROUN
Commission diocésaine Justice et Paix de Bukavu RDC
Commission Justice et Paix CONGO BRAZZAVILLE
Commission Justice et paix RDC
Commission Justice et Paix de la paroisse St Martin à Mpese
RDC
Commission Justice et Paix Pointe-Noire CONGO-BRAZZAVILLE
Commission Justice et Paix/ACERAC CAMEROUN
Comité de suivi paix et réconciliation TCHAD
Confédération des Syndicats du Burundi "COSYBU » BURUNDI
Confédération des Syndicats Autonomes du Sénégal (CSA)
SENEGAL
Confédération des travailleurs et des travailleuses des
Comores (CTC) COMORES
Confédération générale des cadres du Togo TOGO
Congrégation des Petites Soeurs de l'Assomption MADAGASCAR
Congrégation des Soeurs du Christ Rédempteur BURKINA FASO
Conseil Villageois de Développement RDC
Coordination démocratique de la société civile du Niger (35
organisations membres) NIGER
CROISADE (Comité de Réflexion et d'Orientation Indépendant
pour la Sauvegarde des Acquis Démocratiques) NIGER
CRONGD Kasai oriental RDC
CRTC ANGOLA
CSAGE (Centre de Services et d’Appui conseil en Gouvernance
et en Etudes pour le développement) MALI
CyberForum de la Société Civile MAURITANIE
Droits et devoirs démocratiques
Dynamique citoyenne (250 organisations membres) CAMEROUN
Equipes Enseignantes BENIN
Equipes Enseignantes RWANDA
Equipes Enseignantes SENEGAL
Fédération des Congolais de la Diaspora (Congo-Brazzaville)
FRANCE
Fédération des travailleurs africains en France (FETAP)
FRANCE
FESADE (Femmes – Santé - Développement) CAMEROUN
Fi’se’ma MADAGASCAR
FONADH (Forum des organisations nationales des droits
humains, 17 membres) MAURITANIE
Fondation Conseil Jeune (FCJ) CAMEROUN
FONG-GUINEE (Fédération des ONG) GUINEE
Forum national Dette et pauvreté (FNDP) COTE D’IVOIRE
FOSCAM (Fédération des Organisations de la Société Civile
Camerounaise) CAMEROUN
FUCOPRI NIGER
GAERN Kasai oriental RDC
GEED Foundation CAMEROUN
GENC CAMEROUN
GERDDES - Mauritanie MAURITANIE
Human Rights Watch Cameroun CAMEROUN
IADS MALI
INADES - Formation BURKINA
IRPAD / Afrique (Institut de recherche et de promotion des
alternatives en développement) MALI
Jeunesse agricole de Beoumi COTE D’IVOIRE
JEURAC (Jeunesse Rurale Active) CAMEROUN
KUNTUALA ANGOLA
Liga Jubileu 2000 Angola - LiJuA ANGOLA
MCDDH (Mouvement Citoyen pour la Démocratie et les Droits
de l'homme) NIGER
Mer Propre MAURITANIE
MIJARC Afrique CAMEROUN
Mouvement Alliance Paysanne (MAPTO) TOGO
OCDI (Organisation de la charité pour un développement
intégral) TOGO
OJVS (Organisation de Jeunes Vivants avec le VIH /SIDA) RDC
ONG AZHAR Kidal MALI
OREPI (Organisation des éditeurs de la presse indépendante)
TOGO
ORIZAMENTO ANGOLA
PACT Ségou MALI
PADA (Programme Agriculteurs pour le Développement
Agricole) RDC
PAIPS COTE D’IVOIRE
PREFED - Burundi (Programme Régional de Formation et
d'échange pour le Développement) BURUNDI
PREFED - Rwanda RWANDA
Public Concern CAMEROUN
RACED Cameroun CAMEROUN
RECSY UE/ACP COTE D’IVOIRE
REPPACT (Réseau pour la promotion de la paix et de la
citoyenneté au Tchad) TCHAD
Réseau des Organisations pour la Transparence et l’Analyse
Budgétaire
(ROTAB) - Publiez Ce Vous Payez Niger NIGER
Réseau régional des horticulteurs de Kayes (RHK, 40
organisations membres) MALI
RPDH (Rencontre pour la paix et les droits de l’homme)
CONGO-BRAZZAVILLE
Service National Justice et Paix (SNJP) de la Conférence
Episcopale Nationale CAMEROUN
Service Oecuménique pour la Paix CAMEROUN
SIN-DO (Organisation pour les Droits Sociaux et Economiques
des Femmes et des Enfants) BENIN
Socidec (solidarité pour le civisme et le développement au
Congo) RDC
Solidarité et Action pour le Développement durable TOGO
SOS - Civisme NIGER
SOS - Esclaves MAURITANIE
SOS Médecins CAMEROUN
Syndicat exécutant le redressement écono-social de
Madagascar (SEREMA) MADAGASCAR
Synergie Paysanne BENIN
Union des Syndicats du Tchad TCHAD
Volontaires du Développement CAMEROUN
Xavières Korhogo COTE D’IVOIRE

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5. RUSSIE : LES OUVRIERS DE FORD SE METTENT EN GREVE

Par Carine Clément, Institut de l'Action Collective, Moscou
(www.ikd.ru <http://www.ikd.ru>)
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Le 2 février а 1h30 du matin s’est achevée la conférence
(sur trois postes) des salariés de l’usine Ford de la
région de Saint-Pétersbourg. A l’issue du vote, la décision
est tombée – ce sera la grève à partir du 14 février.

Il s’agit d’un évènement tout а fait exceptionnel dans la
Russie contemporaine. Tout d’abord parce que le nouveau
Code du travail rend la grève pratiquement illégale (il
faut que la décision soit prise par le collectif des
salariés et non par le syndicat, que 50% des salariés
participent à cette conférence et que 50% des salariés
présents votent en faveur de la grève). Ensuite parce que
la grève éclate dans une entreprise transnationale faisant
d’importants profits et porte moins sur le salaire que sur
les conditions de travail. Grève d’un nouvel âge pour le
mouvement syndical russe.

A l’usine Ford, 1300 personnes ont participé aux trois
réunions d’après-poste (dans la rue, а – 15 degrés, la
direction de l’entreprise refusant de mettre à cette fin un
local à disposition), soit 70% du total des salariés.
Résultat du vote : cinq abstentions et unanimité pour
démarrer la grève, qui se déroulera donc en toute
conformité avec les exigences draconiennes du droit du
travail russe.

Les principales revendications sont, d’une part la
régulation des normes de travail et, d’autre part, l’appui
des propositions du syndicat lors des négociations sur
l’accord collectif d’entreprise, toutes rejetées par la
direction. Il s'agit notamment de la transparence sur les
normes de travail, du respect des mesures de sécurité, de
la mise en place de garanties sociales, de la limitation
des externalisations de travaux (outsourcing).

Cet acte fort est à mettre au compte du nouveau syndicat
fondé il y a moins de deux ans, avec à sa tête de jeunes
ouvriers très dynamiques qui se sont attelés tout ce temps
à solidariser le collectif et à transformer radicalement le
rapport des ouvriers à l’action syndicale. Comme le dit
Alexeï Etmanov, le président du nouveau syndicat, « avec
mes copains du comité syndical, nous leur avons appris à
s’approprier le syndicat comme une arme de lutte, а dire
‘nous’ quand ils parlent du syndicat ». A l’étroit dans la
Fédération syndicale traditionnelle, la Fédération des
syndicats indépendants de Russie (FNPR), hostile à toute
forme de lutte, le syndicat de l'usine Ford a quitté très
vite la FNPR, pour créer un syndicat libre et de lutte.
Avec d'autres nouveaux syndicats émergents dans la branche
(notamment celui de General Motors à Toliatti), ils ont
même formé, en juillet dernier lors du Forum social de
Russie, un nouveau syndicat des travailleurs de
l'automobile.

La position de la direction, pourtant étrangère et habituée
aux négociations, étonne par sa dureté. Malgré des
négociatins qui ont duré trois mois, aucun des points
proposés par le syndicat n'a été intégré dans le projet
d'accord d'entreprise, qui se borne à reproduire le Code du
travail russe. Selon Alexeï Etmanov, la direction a tout
simplement pris goût aux méthodes de management classiques
en Russie. "Ils croient que, comme dans la plupart des
entreprises du pays, ils peuvent imposer leur loi aux
ouvriers et ne pensent pas que nous sommes capables de
défendre nos droits", déclare-t-il à ce sujet. "Mais, pour
le coup, ils se trompent complètement", rajoute-t-il.
Pour donner une idée des conditions de travail dans cette
usine, pourtant hautement rentable et à technologie de
pointe, voici quelques éléments. Salaire mensuel moyen de
19000 roubles (540 euros), postes sans attestation (les
ouvriers passant de l'un à l'autre), refus systématique de
respecter les congés déposées, flexibilité maximale,
accumulation d'heures supplémentaires, nombreuses tâches
dangeureuses et néfastes pour la santé. A rajouter, bien
sûr, une disproportion énorme entre les salaires ouvriers
et ceux de la direction...

Rappelons que ce n'est pas la première action collective
menée par les salariés de l'usine. L'été 2005, après une
grève du zèle de plusieurs semaines, ils avaient déjà
obligé la direction a augmenté les salaires de 14,2%.

Ebranlée par la fermeté des ouvriers, la direction de
l'usine Ford a déclaré à la presse, le 9 février, à 5 jours
de la grève, qu'elle concédait à une augmentation de
salaire de 14 à 20%, selon les catégories. "Ils veulent
nous calmer en nous donnant l'aumône", c'est ainsi qu'a
commenté ce geste Alexeï Etmanov. Le leader syndical a
assuré que la grève aurait lieu de toute façon, n'ayant pas
pour objet principal le salaire mais les conditions de
travail dans leur ensemble. La décision finale sera prise
par le collectif des travailleurs, appelé par le syndicat à
se prononcer le 13 février, la veille de la grève annoncée.

Pour les messages de protestation ou de soutien:
Directeur général de l'usine "Ford Motor Company", Theo
Streit, Fax: (+7812) 346-7112, mail: srecept1@ford.ru <mailto:srecept1@ford.ru>
Président du syndicat, Alexeï Etmanov: etman@yandex.ru <mailto:etman@yandex.ru>

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6. LA BATAILLE POUR LA DEFENSE DE LA PROFESSION COMPTABLE
EN EGYPTE. UNE EXPERIENCE CONCRETE DE CONFRONTATION AUX
POLITIQUES DE LA GLOBALISATION

Par Hani al-Husseini, Conseil de la branche des comptables
légaux au syndicat général des professions commerciales en
Egypte.
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Le syndicaliste Hani al-Husseini rapporte une expérience
concrète d’affrontement aux politiques de globalisation, en
exposant la bataille des comptables et réviseurs en Egypte
contre la consécration d’un monopole sur le marché
professionnel. Cette bataille a demandé beaucoup de
vigilance et une diversité de méthodes de luttes, et malgré
cela elle ne représente qu’une petite brèche dans le mur
effrayant qu’élèvent les politiques du marché mondial en
faveur des monopoles.
(Extrait de Bada’il (Alternatives), numéro spécial
« L’altermondialisme : l’humanité contre la barbarie »,
Beyrouth, automne 2005.)

Bien qu’elle soit une nouvelle forme d’impérialisme, la
mondialisation ne se limite pas à l’utilisation de la seule
force armée pour arriver à ses fins en matière d’hégémonie,
de domination et de confiscation des fruits du savoir et
des revenus de notre travail, et de concentration du
pouvoir économique entre les mains d’une poignée de
milliardaires, elle s’appuie aussi sur les accords que
signent nos gouvernements au nom de la « libéralisation »,
de la « réciprocité » et de l’ « ajustement ». Le meilleur
exemple est la bataille des professionnels de la
comptabilité, qui a duré plus d’un an, et qui a opposé deux
parties :

- La première était représentée par la majorité des bureaux
de comptabilité petits et moyens, et les syndicalistes
actifs au sein du syndicat des professions commerciales
égyptien, qui considéraient que la légalisation de la
présence des professionnels étrangers représentait un
danger majeur pour les intérêts de la profession, car elle
signifierait la domination totale des cabinets
internationaux monopolisant le marché de la profession au
niveau mondial, d’une façon qui ne correspond en rien aux
possibilités du marché egyptien (1), ni aux besoins de la
plupart de ceux qui payent l’impôt. Ce danger est celui de
la disparition d’une profession égyptienne, par le biais du
rachat par les cabinets étrangers des grands bureaux
égyptiens, contre des rentes et des privilèges financiers
accordés aux patrons de ces bureaux égyptiens, ce qui
conduirait à la domination totale sur le marché égyptien
des bureaux étrangers et à leur contrôle de l’audit
financier des secteurs sensibles de l’économie égyptienne.
- La seconde partie était représentée par quelques grands
bureaux de comptabilité qui contrôlent 80% de la clientèle
et du marché et dominent l’Association égyptienne des
comptables et réviseurs, soutenus par leurs alliés dans les
cabinets (étrangers) qui détiennent les positions de
monopole au niveau mondial.
La bataille s’est polarisée sur le paragraphe du projet de
loi autorisant les comptables étrangers à être inscrits sur
le registre égyptien des comptables et auditeurs, et à
exercer la profession en Egypte. La minorité de ceux qui
soutenaient ce paragraphe a prétexté qu’il découlait des
engagements de l’Egypte dans le cadre de l’AGCS. Mais
l’Egypte n’a pris en réalité jusqu’à présent aucun
engagement dans les négociations internationales sur la
question de la libéralisation de la profession de comptable
et réviseur, ni d’avocat. Et le texte de l’accord signé
lors du cycle de l’Uruguay contient ceci :
« Le processus de libéralisation des services est lié aux
objectifs de la politique nationale et s’accorde avec le
niveau de développement de chaque pays. Il est permis aux
pays en développement de libéraliser les services qu’ils
souhaitent, sans s’engager sur le principe de réciprocité »
ce qui signifie que l’engagement de certains pays à
libéraliser ces services et à accepter que les étrangers
exercent n’impose pas aux autres la réciprocité (2), c’est
à dire que l’accord permet d’imposer des restrictions
nationales à l’exercice des étrangers.

Qui monopolise la profession comptable ?
4 firmes internationales (3) dominent le marché de la
profession comptable dans le monde. Elles sont représentées
en Egypte par 4 cabinets (4) qui dérogent au cadre des
sociétés légales, puisque la loi sur la comptabilité et
l’audit, en vigueur depuis 1951 et jusqu’à aujourd’hui
(c’est cette loi dont l’abrogation est proposée, pour la
remplacer par la nouvelle loi en discussion), interdit
l’exercice aux étrangers. A l’exception du cabinet Saleh,
Barsoum & Abd el-Aziz, ces bureaux ont essayé de faire
passer le paragraphe du nouveau projet de loi autorisant
les étrangers à exercer, supprimant l’obligation d’utiliser
le nom égyptien d’un cabinet du nom égyptien du bureau, et
permettant la création de sociétés professionnelles de
grande taille.

Réalités de la résistance
Les syndicalistes et les professionnels activistes se sont
battus pour empêcher de faire passer la loi de la façon
suivante :
1. Ils ont contacté les responsables gouvernementaux en
charge des négociations avec l’OMC pour faire la lumière
sur les conséquences négatives possibles en cas
d’engagement de libéraliser la profession, et ceux-ci ont
fourni des informations très importantes qui ont contribué
à encourager les militants dans leur combat.
2. Ils ont mobilisé les petits comptables et les ont
convaincus de participer à la bataille, et d’interpeller
les parlementaires dans leurs circonscriptions, d’envoyer
des télégrammes et des lettres au parlement, aux journaux
et au syndicat des professions commerciales, ce qui a
représenté une pression très importante
3. Ils ont obtenu le soutien du conseil du syndicat général
des professions commerciales (lequel est un conseil
conservateur, du fait qu’il est composé d’universitaires et
d’un certain nombre de détenteurs de postes gouvernementaux
à un haut niveau), et le conseil a publié une déclaration
dans laquelle il réclame que les comptables et cabinets
étrangers ne soient pas autorisés à exercer la profession
en Egypte, et que l’utilisation d’un nom de bureau égyptien
soit obligatoire.
4. Ils ont contacté les autres syndicats professionnels
pour qu’ils déclarent leur soutien à la majorité des
comptables
5. Ils ont publié des articles dans la presse exprimant
leur point de vue
6. Ils ont saisi une occasion qui ne se répète pas souvent
au parlement, en organisant des auditions auxquelles ont
participé toutes les parties en présence, et où ont été
présentés les textes réglementaires et juridiques
contraignants, ceci grâce aux contacts pris avec les
parlementaires de différents bords politiques, ainsi
qu’avec le ministre des finances et ses collaborateurs, et
en défendant un point de vue national récusant le projet de
loi.

Cette mobilisation a transformé le projet de loi de simple
loi professionnelle en question politique, ce qui a
entraîné une cristallisation d’une partie de l’opinion
publique aux côtés de la majorité des comptables. La
conséquence immédiate a été la suppression des paragraphes
du projet de loi autorisant les étrangers à exercer la
profession comptable en Egypte, directement ou
indirectement. Mais la bataille se poursuit et la
discussion sur les autres articles de la loi continue et
malgré notre conviction que les acquis obtenus sont
partiels et limités, les petits efforts qui s’additionnent
sont le moyen dont nous disposons pour multiplier les
brèches dans le mur.

(1) Les demandes d’ouverture à la pratique des étrangers
adressées à l’Egypte proviennent principalement des Etats-
Unis et de l’Europe.

(2) Les Etats-Unis, l’Angleterre et les pays de l’Union
européenne imposent des contraintes sévères de langue et de
nationalité à l’exercice de la profession comptable par les
étrangers.

(3) KPMG (GB), Ernst & Young (USA), Deloitte (USA), Price
Waterhouse (USA).

(4) Hazem Hassan et associés ; Saleh, Barsoum, Abd el-Aziz
et associés ; Comptables solidaires, Ragheb et associés ;
Mansour et associés.
 

COURRIEL D'INFORMATION ATTAC (n°564)

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