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 Les Gullah, les plus traditionnellement africains des Afric

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mihou
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20122006
MessageLes Gullah, les plus traditionnellement africains des Afric

Les Gullah, les plus traditionnellement africains des Africains Américains
18/12/2006

Dans les régions basses de Caroline du Sud et de Georgie aux Etats-Unis, confinés autour du littoral de la côte atlantique et des îles environnantes [Sea Island], se trouvent les Gullah encore appelés Geechee, un peuple, une culture singulière parmi les descendants d’Afrique esclavisés aux Etats-Unis d’Amérique. Singulière pour la survivance remarquable de son héritage africain, qui en apprendrait par certains côtés à bien des Afriques contemporaines. On compte environ 250 000 locuteurs de la langue Gullah.

Ici tout rappelle le continent mère, l’artisanat et notamment la vannerie si familière à la culture matérielle que l’on retrouve sur toute la côte occidentale africaine, d’Angola en Guinée. Les habitudes alimentaires et culturales, la cuisson du riz, la pêche traditionnelle, un richissime héritage allant des contes, à la musique, leurs structures et invariants, tout droit sortis du prodigieux patrimoine d’Afrique.

D’après les recherches des universitaires africains américains, les Gullah viendraient très probablement de la façade occidentale africaine adossée à l’océan atlantique, principalement des régions actuelles du Libéria, de Sierra Léone et d’Angola. Le mot Gullah dériverait de Angola, ou selon une interprétation différente de Gola, le nom d’un groupe ethnique situé sur la côte entre le Liberia et le Sierra Leone.

Toujours est-il que les Gullah sont réputés pour leur parler, associé à un créole, comme le créole jamaïcain ou le Krio de Sierra Leone. Dans les années 30-40, Lorenzo Dow Turner est le premier à étudier de façon méthodique cette culture si africaine de ces Américains porteurs d’un héritage tellement spécifique. Il a dénombré pas moins de 4000 noms propres et 300 mots d’emprunts à des langues africaines, influences qui resteront en linguistique sous la dénomination d’«africanismes». Les langues Mandingue, Wolof, Fula, Mende, Vai, Akan, Ewe, Umbundu et Kimbundu se retrouvent en proportion et usages variables dans le créole ou le pidgin Gullah. La présence africaine n’est pas limitée aux mots et expressions plus ou moins courants, elle se fixe dans les témoignages de descendants d’esclaves qui, pour d’aucuns étudiés par Turner, savaient compter, chanter des chansons et raconter des histoires en Mende, en Vai ou en Fulani.

Uh h’ep dem pour I helped them, Uh bin he’p dem pour I helped them, ou Uh duh he’p dem pour I’m helping them, aussi surprenant qu’il y paraisse, ce sont des traits de construction verbale typiques de phrases Gullah ou Geechee.


La culture du riz d’Afrique de l’Ouest s’est ainsi retrouvée répandue en Amérique, en Georgie et en Caroline du Sud, grâce au savoir-faire africain des Déportés et les techniques culinaires, au mortier et au pilon ont été aisément rapprochées de celles des Wolof dans le Sénégal actuel, et plus généralement du continent. De même la préparation gullah du «Gumbo» semble très proche de celle courante en Angola.

L’imaginaire africain de l’Invisible s’est déplacé jusqu’en Amérique et les Gullah croient aux esprits, à l’intervention des ancêtres, aux médecines traditionnelles à bases de pharmacopée ou de l’intercession de «roots doctors», les tradithérapeutes.



Une si grande réussite de conservation de l’héritage africain a certes des origines dans la pratique concrète de leurs cultures d’origine par les noirs esclavisés, mais elle doit beaucoup à des facteurs climatiques et géographiques. En effet le climat presque tropical de Caroline du Sud Low Region et de Georgie a favorisé le déplacement des vecteurs de la malaria et de la fièvre jaune venus avec les bateaux des négriers. Ces maladies, endémiques autour du 18ème siècle ont beaucoup affecté la démographie, surtout la population blanche moins préparée que les Africains, limitant au maximum les contacts interraciaux. Ce contexte a permis la survivance des traditions africaines et leur grande prégnance dans les modes de vie gullah. La guerre civile avait également été l’occasion pour les Gullah, fiers de leur culture et de leur liberté de s’engager massivement dans l’armée des unionistes pour leur émancipation, devenant une terre inhospitalière pour les esclavagistes et les planteurs en quête de travail servile.



Parmi le foisonnement d’histoires de Gullah d’origine africaine qui ont été consignées dans de nombreux ouvrages, celle de «Buh Lion an Buh Goat», a conservé une forte authenticité continentale. Elle fut publiée en 1888 par Charles Colcock Jones qui les collectait.

Un jour Buh Lion qui chassait se mit à guetter et à observer Buh chèvre qui était étendue sur un grand rocher. Il rampa en silence pour l’attraper. Quand il fut proche, il observa avec attention Buh chèvre. Elle continuait de brouter. Buh Lion voulait savoir ce que Buh chèvre broutait alors qu’elle était étendue sur un rocher nu, sans rien dessus. Il était stupéfait et il attendit, et Buh chèvre continuait de brouter et de brouter. Ne pouvant s’expliquer ce que faisait la chèvre, il s’approcha d’elle et lui lança : «Hey ! Buh chèvre, que manges tu donc ?», Buh chèvre était apeurée de voir Buh lion debout derrière elle, mais elle prît son courage à deux mains et répondit : «Je mange ce rocher et si tu ne me laisses pas tranquille quand j’en aurai fini je te mangerai.». Ses mots sauvèrent Buh chèvre. L’homme courageux se sort de difficultés là où le peureux perd la vie. On se croirait écoutant un vieillard africain conter interminablement les sagesses éternelles des ancêtres par une nuit de claire de lune non?



Le peuple Gullah s’étendait avant du sud de la Caroline du Nord au Nord de la Floride, en passant pas la Georgie et la Caroline du sud. Avec le développement de Sea Island et de son industrie balnéaire, la fin des périodes fastes de la culture du riz, beaucoup de changements sont intervenus et l’on a craint la disparition de la culture Gullah. Beaucoup de Gullah se sont installés ailleurs dans des centres urbains, à New York -Harlem, Queens, Brooklyn- mais ils conservent leurs cultures, leurs chapelles, et entretiennent des rapports étroits avec leur région d’origine. Ils ont par ailleurs obtenu des victoires non négligeables face à l’Etat américain qui a débloqué des fonds pour la protection de leur culture et patrimoine, 10 millions de dollars en 10 ans dans le cadre du Gullah/Geechee Cultural Heritage Corridor Act voté par le Congrès en 2006.



Illustration: Une femme Gullah et un objet de vannerie tissé comme en Afrique

ZB

http://www.afrikara.com/index.php?page=contenu&art=1532&PHPSESSID=7ab02af7fe8f63f47b7f9dc5a7770d8d

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