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 T. Kouamouo. Le schéma de la guerre que la France prépare

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Delugio
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Nombre de messages : 107
Date d'inscription : 29/05/2005

01082005
MessageT. Kouamouo. Le schéma de la guerre que la France prépare

Voici le schéma de la guerre que la France prépare
Le Courrier d'Abidjan No: 479 du Lundi 1er Août 2005 - 31/7/2005 7:26:54 PM — http://news.abidjan.net/h/140845.html

Stratégie – En Côte d’Ivoire, Paris veut mener une guerre de haute intensité, en utilisant «l’armée de l’ombre» (rebelles et «services spéciaux») et «la part de lumière» (ONUCI et Licorne). Détails.

Par Théophile Kouamouo

Dimanche, une attaque menée par des rebelles du MPCI de Guillaume Soro est lancée sur Anyama, à la lisière d’Abidjan. Elle échoue. Dans leur fuite, les rebelles s’attaquent à Agboville et Azaguié. Dans la foulée, deux militaires français installés à l’ambassade de France (qui sont donc en dehors du dispositif officiel de Licorne) sont arrêtés, avec des plans stratégiques et des munitions. Le même dimanche, les «honorables correspondants» des services secrets français font le tour des rédactions d’Abidjan et appellent à Paris pour «vendre» la thèse éculée et évoquée à chaque tentative de déstabilisation de la Côte d’Ivoire : Gbagbo a organisé un «auto coup d’Etat», ses milices et ses militaires s’entretuent pour son bon plaisir, et pour remettre en cause le processus de paix. Durant plusieurs semaines, les journaux proches de la rébellion, qui savaient que leur camp préparait quelque chose, avaient préparé le terrain sur le même thème invraisemblable mais qui convainc toujours ceux qui sont déjà convaincus.
Ces faits sont reliés par un fil rouge. Ils représentent les trois facettes principales de la guerre multidimensionnelle contre la Côte d’Ivoire qui est en cours et atteindra sa vitesse de croisière dans les jours (ou les semaines) qui viennent : l’action psychologique ; la guérilla rebelle ; l’appui des Forces spéciales françaises à cette guérilla.

1 - L’action psychologique, avant toute autre chose

«Les pratiques hétérodoxes de la guerre secrète refusent le combat ouvert au profit de stratégies indirectes – des guerres du faible au fort –, pour parvenir à la victoire au moindre coût : usage de la ruse en lieu et place de la force, priorité aux subterfuges. Car l’objectif est avant tout d’infléchir la volonté de l’ennemi. Le renseignement, qui n’est qu’une des composantes de cet ensemble de pratiques et techniques, est l’ingrédient naturel de la manipulation. Il ne s’avère efficace que prolongé par l’action : opérations spéciales, déstabilisation ou induction en erreur, et implantation dans l’esprit du commandement adverse de fausses idées sur les forces dont il dispose et sur l’utilisation qu’il envisage d’en faire. C’est le rôle des ruses de guerre et de l’intoxication», écrit Gilbert Bloch, un expert français. On l’aura compris, la vérité est la première victime de la guerre. Il faut mentir pour prendre de l’avance sur son adversaire, notamment quand notre cause est inavouable et que nous attaquons plutôt que de nous défendre. La Françafrique et la rébellion s’en donnent à cœur joie. Il s’agit de frapper au cœur de l’ennemi sans en assumer les conséquences morales et politiques. D’où la fameuse théorie du «les victimes sont dans le camp de Gbagbo mais c’est lui qui les tue.» Le champ d’expérimentation de cette théorie est l’attaque de Petit Duékoué et de Guitrozon. Aux premiers jours, l’évidence est telle que même la presse pro-rebelle admet que ce sont les Dozos qui ont perpétré l’attaque, essayant seulement de justifier les massacres par la «haine» qui serait véhiculée par les élus FPI. Mais, très vite, la nébuleuse change de tactique. Le Front, journal du numéro deux de la rébellion, Louis-André Dakoury-Tabley, traditionnellement informé par les barbouzes burkinabè et français, ouvre les hostilités en publiant un prétendu rapport de l’ONUCI (dont l’invraisemblance saute aux yeux) attribuant les massacres à des mystérieux miliciens libériens. RFI, qui ne recule devant rien, véhicule la rumeur. La Croix et Libération font pareil. La Commission nationale de la communication audiovisuelle (CNCA), forte des dénégations officielles de l’ONUCI et du Haut-commissaire de l’ONU aux Droits de l’homme, Louise Arbour, que RFI n’a pas daigné diffuser en dépit de la plus élémentaire règle de déontologie, suspend la diffusion de la radio en Côte d’Ivoire. Si la «radio du monde» veut de nouveau diffuser à Abidjan, elle doit, entre autres choses, diffuser les versions officielles de l’ONU. Refus catégorique ! En effet, ce faux rapport est le fondement d’une rhétorique de guerre, et elle ne saurait être amoindrie ni édulcorée. La cible principale de la propagande (les opinions française et africaine) ne doit pas douter ! Sur les attaques d’Anyama et d’Agboville, la théorie du «c’est Gbagbo qui tue» se met déjà en place, notamment à travers les déclarations irresponsables du général Fall («il n’y a pas de trace de combats à Agboville»). L’appel de Yao Yao à ses «frères d’armes», authentifié par le quotidien français Libération, leur demandant de «refuser les ordres injustes» et prétendant que se préparent «des planifications macabres et pour des buts inavoués», accrédite la thèse d’officiers proches de Gbagbo, qui las de tuer leurs ennemis («escadrons de la mort») mettent en scène la mort de leurs amis. Le «faux scoop» de l’armée française sur «les clichés des incidents au nord d’Abidjan remis à l’ONUCI» et les propos malsains de Michèle Alliot-Marie affirmant qu’il «y a des choses qui nous ont un peu surpris» dans les circonstances de ces attaques sont du même acabit.
Il s’agit également de «créer une ambiance» montrant que le climat est tellement explosif qu’un chaos généralisé guette – l’objectif étant de brouiller assez les pistes pour être évasif sur les «fauteurs de troubles» et présenter les troubles eux-mêmes comme «naturels», à défaut d’être «créés par Gbagbo». Les déclarations hystériques du G7, l’activisme excessif de sa jeunesse qui n’hésite plus à user de la violence dans la zone gouvernementale, et même les réactions incontrôlées des jeunes patriotes (qui jouent, dans le cas d’espèce, contre leur camp) participent de la création de «l’ambiance».
Il est impérieux, pour les spécialistes de la manipulation franco-rebelle, de décrire le camp gouvernemental comme traversé par de telles tensions qu’une explosion à Abidjan ne peut être qu’un «règlement de comptes» (comme le 19 septembre 2002 qui était censé être le fruit de la rivalité Boga-Lida). C’est ainsi qu’on opposera FDS et «milices», «officiers francophiles» et «gradés à la solde de Gbagbo». Les «révélations» de Libération (très en pointe dans l’implémentation de la stratégie des barbouzes françaises) de samedi dernier, décrivant un Jules Yao Yao, ex-porte parole de l’armée (présenté comme «l’homme qui dit non» tel Charles de Gaulle) «très populaire dans l’opinion», participent de cette logique. Le régime Gbagbo doit être décrit, au moment «M», comme isolé, lâché par tous les partis et par l’armée, et jouant son va-tout avec des milices ethniques et un dernier carré de soldats «bétés».

2 – Après les répétitions, l’attaque massive

Petit-Duékoué, Guitrozon, Anyama et Agboville ne sont que des répétitions, comme janvier 2001 a été une répétition de septembre 2002. Les assauts rebelles seront de plus en plus rapprochés et massifs à l’avenir (s’ils ne sont pas étouffés dans l’œuf). Ils s’appuieront sur des sortes de «cellules focales» en zone gouvernementale, où se trouvent des caches d’armes et des forces mercenaires «dormantes». Une configuration qui a été rendue possible par le dogme de la fluidité routière et ferroviaire en pleine guerre, mais également par l’incompétence et la rapacité de nombreuses patrouilles policières loyalistes, qui ont persisté dans un laxisme tel que les armes sont une fois de plus descendues dans la zone gouvernementale. Les assauts rebelles prendront des formes diverses, toutes aussi terroristes les unes que les autres, et qui pourront se superposer les unes aux autres pour accroître le sentiment de panique et d’insécurité. Attaques de postes militaires, de villages, de quartiers d’Abidjan, d’autorités de la République… Objectif ? Harceler au maximum les FDS en comptant sur l’appui des prisonniers et des populations communément appelées «dioulas» pour créer une situation insurrectionnelle. Tel est l’objectif assigné au bloc rebelle. Personne, à Paris ou à Ouaga, n’imagine que les rebelles peuvent prendre une ville et la garder. L’opération «Dignité» a même montré qu’ils ne tenaient leurs bases du Nord que grâce à l’interposition française.
Les rebelles peuvent servir à créer un contexte de guerre civile, avec des déportations et la terreur, des groupes de jeunes du G7 (parmi lesquels se trouveront des combattants descendus dans le Sud pour les besoins de la cause) qui affrontent les jeunes patriotes, des incendies, des destructions et des charniers. Ce contexte donnera l’occasion à l’ONUCI et surtout à la Licorne d’intervenir directement dans le conflit pour lui donner la forme souhaitée.

3 – Les forces impartiales interviennent pour «empêcher les massacres»

Contrairement à novembre 2004, la France a un «habillage» juridique fin prêt pour pouvoir s’ingérer dans le conflit ivoirien dès que les rebelles auront allumé la mèche de la guerre civile. Il s’agit de la résolution 1609 du Conseil de sécurité des Nations unies. Notamment en son point 12. «Le Conseil de sécurité (…) autorise les forces françaises, à compter de la date de l’adoption de la présente résolution, à user de tous les moyens nécessaires pour soutenir l’ONUCI, conformément à l’accord conclu entre l’ONUCI et les autorités françaises, et, en particulier, à : contribuer à la sécurité générale de la zone d’activité des forces internationales ; intervenir, à la demande de l’ONUCI, pour soutenir des éléments de cette dernière dont la sécurité serait menacée ; intervenir, en consultation avec l’ONUCI, en cas d’éventuelles actions belligérantes, si les conditions de sécurité l’exigent, en dehors des zones de déploiement de l’ONUCI ; aider à protéger les civils dans les zones de déploiement de ses unités ; contribuer à la surveillance de l’embargo sur les armes établi par la résolution 1572 (2004) conformément aux paragraphes 2 et 3 de la résolution 1584 (2005).» Dès qu’il y a conflit, la France peut donc intervenir partout en Côte d’Ivoire en usant de «tous les moyens nécessaires». En fonction des fables qu’elles vont inventer durant leur prochaine guerre contre la Côte d’Ivoire, les forces françaises pourront donc aller jusqu’à mitrailler, une nouvelle fois, le palais présidentiel. C’est pour pouvoir faire n’importe quoi au nom de la «sécurité» et de la «protection des civils» que la machine à manipuler hexagonale brouille les pistes et affirme n’importe quoi sur la crise ivoirienne, avec une constante : discréditer en permanence les FDS. Lors de la prochaine attaque, les «forces impartiales» pourront aller patrouiller dans les zones concernées pour, officiellement, vérifier la «réalité» des affrontements (puisque les FDS sont, semble-t-il, bonnes comédiennes), et soutenir officieusement les rebelles. Elles pourront arguer des «exactions» et «massacres» de loyalistes pour «sécuriser» (en réalité, occuper) des villes dans le Sud. L’objectif étant d’être les seules à faire la pluie et le beau temps dans le Nord et dans le Sud de la Côte d’Ivoire, dans le cadre de la stratégie du commanditaire.

4 – Les forces «spéciales» françaises entrent en action

Le haut commandement de Licorne et l’état-major particulier de Jacques Chirac le savent : les rebelles sont proprement incompétents à vaincre militairement l’Etat de Côte d’Ivoire. Pour cette raison, ils comptent profiter du chaos qu’ils préparent minutieusement pour faire intervenir directement leurs «forces spéciales», dans le cadre d’une guerre secrète forcenée. Les deux militaires français arrêtés à Anyama (qui travaillent sous le couvert de l’ambassade de France) quelques minutes après le début de l’attaque du commissariat et de la gendarmerie sont assurément des membres de ces forces spéciales. Ils ont servi d’instructeurs aux rebelles qui devaient entrer en action, et rentraient informer leurs autorités quand ils ont été pris la main dans le sac.
Les forces spéciales françaises seront bientôt en première ligne pour «mettre le feu». D’abord à travers l’action psychologique. Quand les choses vont s’embraser, il ne sera pas surprenant de voir des soldats blancs entrer dans les villes et les villages convaincre les populations de ce que le régime Gbagbo est fini et qu’il est nécessaire de retourner leurs vestes.
Il y aura également des renforts en armes et en hommes devant travailler en «back-office», derrière les rebelles. Ils circuleront de moins en moins en voitures banalisées, tenant compte de la «jurisprudence» d’il y a dix jours à Anyama. Ils pourront être hélitreuillés ou parachutés dans les lieux cibles. Mais il y a également des membres de ces «forces spéciales» au sein des contingents de Licorne. Prétextant être en insécurité dans le Sud, l’armée française a littéralement envahi le Nord, notamment une ville comme Korhogo, où selon des témoignages, le nombre de soldats hexagonaux a pris des proportions sidérantes. Korhogo est en effet un lieu stratégique, non pas pour le contrôle de l’embargo, mais pour le ravitaillement massif des rebelles en armes lourdes et légères et pour la connexion permanente avec la base arrière burkinabè. Bien entendu, les «Forces spéciales» sont déjà à l’œuvre dans le Nord et l’Ouest pour encadrer et former non pas le gros de la rébellion, mais quelques commandos récemment formés dans les meilleurs camps militaires du Burkina Faso. En Côte d’Ivoire, la France prépare une «guerre en escaliers». C’est, quelque part, sa fragilité. Il suffit qu’un des escaliers s’affaisse pour que l’édifice s’écroule.
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