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 Christiane TAUBIRA, Députée de Guyane

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mihou
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15122006
MessageChristiane TAUBIRA, Députée de Guyane

Baobab l'arbre à palabre (Toubab du 15 décembre 2006)
Christiane TAUBIRA, Députée de Guyane
« Il y a dans cette société une difficulté à accepter l’autre, la différence, et à l’accepter au centre des choses et au centre des débats »
Toubab : Vous êtes une femme, noire, originaire de la Guyane, cela revêt-il un sens particulier dans la France d'aujourd'hui ?
Christiane Taubira : Moi, je suis, point à la ligne. Simplement c'est vrai qu'en face on me voit femme, on me voit noire. Moi je suis Guyanaise, parce que je suis bien enracinée dans ma terre natale, je suis bien enracinée dans mon continent. Je suis très sensible à toutes les vibrations de ce continent qui a reçu tous les peuples, toutes les cultures du monde. Mais c'est vrai qu'en France, parce que la société française n'a pas réglé son rapport à l'altérité, c'est-à-dire à la différence; parce que la société française a été pendant très longtemps très injuste à l'égard des femmes, c'est vrai qu'en me voyant, elle voit deux problèmes d'un coup : femme et noire. Mais moi, personnellement, je me vis telle que je suis, avec mon enracinement, avec ma culture créole, avec mon éducation française, avec ce syncrétisme que je porte en moi de rencontre des cultures de tous les continents. Je me vis bien comme ça, portant des morceaux d'humanité de partout et je ne me pose pas la question autrement, mais c'est vrai, je sais bien qu'évoluant dans la société française, et en plus pas n'importe où (à l'Assemblée nationale)… je sais bien qu'on me regarde d'abord comme une femme noire.

T : Le grand public vous a connue à l'occasion de deux événements majeurs : la loi du 10 Mai 2001, qui dispose bien sûr que la traite négrière et l'esclavage sont des crimes contre l'humanité, puis lors de votre candidature aux présidentielles de 2002. Y a-t-il pour vous une hiérarchie personnelle entre ces deux événements ?
C Taubira : Non, il n'y a pas de hiérarchie pour moi, parce que ce sont deux événements qui ont été structurants pour moi. Ce sont deux expériences qui ont été à la fois des épreuves et des chances colossales. Des épreuves, parce que pour la loi c'était très, très, très douloureux, profondément douloureux; parce que c'est mon histoire, parce que c'est une histoire d'une grande violence, parce que c'est un combat qu'il fallait mener d'une façon particulière puisque je demandais quand même qu'une parole solennelle soit portée sur une tragédie qui était très occultée et vécue avec beaucoup de difficultés par les autorités françaises. L'expérience de la présidentielle est d'une autre nature. Elle a été très structurante pour moi aussi, puisque vous vous souvenez, en liaison avec ce que je viens de dire, pour eux c'était la première fois qu'une femme noire postulait à la magistrature suprême. J'avais très clairement conscience que je bouleversais des représentations. Et je savais bien que les agressions que je recevais en retour n'étaient pas toujours intentionnelles, mais étaient d'une extrême violence : candidate des minorités, candidate de l'Outre-Mer, candidate des sans-voix, c'est-à-dire systématiquement une marginalisation, une minoration qui m'a obligée à leur dire : dites-moi ce qui vous empêche de considérer que je suis habilitée à représenter tous les territoires et tous les citoyens, à m'exprimer sur tous les sujets. Il y a dans cette société une difficulté à accepter l'autre, la différence, et à l'accepter au centre des choses et au centre des débats, et moi je savais pendant cette campagne que je n'avais pas le droit de me laisser refouler, parce que si je me laissais refouler (personnellement je peux vivre avec ça, je peux survivre, je peux affronter : il n'y a aucun problème) mais si je me laissais refouler, si je me laissais enclaver, si je me laissais marginaliser, si je me laissais exclure des débats importants, du centre des discussions…J'aurais autorisé qu'on exclue et qu'on refoule des millions de gamins dans ce pays qu'on n'arrive pas à considérer comme des jeunes Français, qui sont nés en France, qui n'ont pas de pays de rechange, qui sont de culture et d'éducation française, qui ont une culture composite, parce que leurs parents peuvent être d'origine étrangère mais qui sont de jeunes Français. Donc je n'ai pas le droit, moi, de permettre que cette violence me soit faite personnellement, parce que si je l'autorise je me fais complice des violences que l'on fait à tous les jeunes de ce pays. Ces jeunes à qui on nie l'appartenance à la communauté française; à qui on nie la nationalité française, par des contrôles permanents, par des renvois, par des tutoiements, par des suspicions, par des insultes, par toutes sortes de signes extérieurs qui prouvent qu'on ne les reconnaît pas comme faisant partie de la communauté nationale. "

Toubab : Et pour les noirs notamment… les noirs de France, qu'apporte concrètement la loi du 10 Mai aux noirs de France ?
C.Taubira : Je dois vous dire que cette question me surprend de plus en plus. Elle m'a surprise à l'époque du débat sur la loi. Elle me surprend de plus en plus, parce que déjà en 1999, donc avant l'adoption définitive, j'ai été invitée dans plusieurs pays, aux Etats-Unis, en Angleterre, au Canada, au Brésil, dans plusieurs pays, où les gens étaient extrêmement intéressés par ce processus, qui est unique jusque maintenant. Il n'y a qu'en France qu'il y ait une loi reconnaissant la traite négrière et l'esclavage comme crimes contre l'humanité. Et j'ai l'impression que le monde entier a compris l'enjeu, sauf la France, qui a commencé à le découvrir en 2005 et sauf mes frères noirs ! (Rires) C'est incroyable que la question soit posée.

Toubab : Alors concrètement, puisqu'ils ne le comprennent pas, qu'est-ce que ça devrait changer pour eux ?
C.Taubira : Ecoutez, d'abord poser le fait même que c'est un crime contre l'humanité, c'est-à-dire que ça reconnaît l'acte fondateur qui fait qu'aujourd'hui en France et dans la communauté française nationale, il y a des noirs qui sont français et qui n'ont pas à justifier de leur présence. C'est-à-dire que d'une façon, a priori et définitivement, cette reconnaissance, cette parole solennelle, sur la tragédie de la traite négrière, de l'esclavage constitue un acte fondateur qui pose la légitimité de la présence de toute personne qui vient de l'ancien empire colonial français, particulièrement de ceux qui viennent de l'Afrique et de la Caraïbe, c'est un premier point. Le deuxième point est qu'avec l'article deux, c'est-à-dire les programmes scolaires, le développement des recherches, de la coopération, la prise en considération égale des archives écrites, avec la tradition orale et les connaissances archéologiques, cela fait qu'il y a plusieurs sources de connaissance et que l'on est fondé à considérer que cette histoire n'est pas établie seulement sur la base de ce qui était dans quelques ouvrages scolaires, dans quelques ouvrages universitaires, de ce qui était dans la mémoire collective officielle, mais que cette histoire, dans sa complexité, est dite par des sources différentes. Cela pose également la légitimité de la présence. C'est-à-dire quand un enfant noir, en France, à partir du moment où on arrivera effectivement à installer cette histoire, cet enfant devrait cesser de s'entendre demander : d'où viens-tu ? Parce qu'on aura compris dans cette société qu'il peut être né là, qu'il est français. Il y a une gamine de 7,8 ans qui me dit : " Madame j'ai un petit camarade qui m'a dit que tous les Noirs sont bêtes ". Alors je lui ai dit :alors écoute ma chérie tu vas expliquer à ton petit camarade qu'il y a beaucoup de choses qu'il aime et qui ont été inventées par les Noirs. Par exemple les feux de circulation qui font que les voitures ne l'écrasent pas, parce que lorsque le feu est vert il laisse passer sa voiture et quand c'est le bonhomme qui est vert c'est lui qui traverse. Ça c'est un Noir qui l'a inventé. Tu lui diras que les balançoires ont été inventées par des Noirs, tu lui diras que lorsqu'il fait très chaud et qu'il est content de boire une boisson fraîche, tu lui diras c'est un Noir qui a inventé le moteur des réfrigérateurs. Tu lui expliqueras que s'il habite dans un immeuble avec plusieurs étages, pour lui éviter de prendre l'escalier, c'est un Noir qui a inventé les ascenseurs. Mais si cette histoire entre à l'école, ce n'est pas moi qui aurais à l'expliquer à une petite fille de huit ans, au hasard, qui m'a rencontrée et qui m'a posé la question. Cette histoire sera enseignée partout mais pas seulement à la petite fille de huit ans, elle sera également enseignée au petit garçon à qui on a fait croire que tout les Noirs sont bêtes. Et ce petit garçon ne va plus voir une petite fille noire en face de lui, donc cet enjeu est considérable, c'est quand même l'enjeu de la légitimité de la présence de millions de personnes dans ce pays.

Toubab : D'aucuns estiment que vous seriez à l'origine de la défaite de Lionel Jospin et donc finalement de l'accession au second tour de J.M Le Pen en 2002. Que répondez-vous à ces personnes là ?
C. Taubira : Alors, ça dépend. Il fut un temps où je répondais : " je vais me dépêcher de recommencer ", ensuite je répondais : pendant toute la campagne vous m'avez fait la violence de me dire que je faisais 0%, que je ne décollais pas dans les sondages, que personne n'irait voter pour moi, même pas moi-même, même pas ma famille, personne n'allait voter pour moi. Et puis tout à coup, le 21 avril je suis responsable du séisme national, alors ça veut dire quoi ? Ça veut dire que je sais bien que dans ce pays, les gens qui me ressemblent ne sont jamais à leur place, que les gens comme moi, c'est toujours de leur faute. Alors je ne vais pas partir en pleurant, je ne vais pas m'excuser, je ne vais pas vous dire pardon, je vais vous dire ceci : un : je vais recommencer à la première occasion ; deux : vous vénérez Jospin, je vais vous dire que si Jospin avez fait une campagne de qualité il aurait eu des électeurs ; trois : vous trouvez que j'ai piqué des voix ? Je vous rappelle que vous m'aviez déjà contactée pour que je fasse campagne au deuxième tour. Donc voila ce que je réponds, c'est une imbécillité, ça veut dire qu'on ne croit pas au suffrage universel, ça veut dire qu'on ne respecte pas les électeurs ; et ça veut dire qu'on n'a vraiment aucune estime pour le combat politique lorsqu'il est sain, lorsqu'il est grand. Moi j'ai fait une campagne de qualité, de fond et je l'ai faite dans l'adversité, on ne m'a pas fait de cadeau pendant cette campagne. J'ai mouillé ma chemise et j'ai assumé la législature, y compris quand je n'étais pas d'accord, de 2000 à 2002. J'ai refusé de voter pratiquement toutes les lois Jospin parce que je trouvais que ce n'étaient pas des lois qui luttaient contre les injustices. Mais j'estime qu'il faut être loyal en politique, donc, puisque j'étais dans ce camp-là, j'ai assumé tous les travaux de la législature. Et avec ça c'est de ma faute ? C'est de ma faute si l'autre raciste-là est au second tour ? Il n' y a pas de limites à la violence que l'on peut faire aux gens comme moi, mais je ne peux pas laisser passer des choses comme ça. Voyez-vous, parce que je suis plus claire dans mes positionnements que n'importe qui. Lorsque le président du Front National faisait sa comédie en 2002, pendant des semaines et des semaines les médias nous servaient qu'il n'aurait pas ses signatures, en bloc, les parrainages ; " on l'empêche d'être qualifié ", les médias ne parlaient que de ça tous les jours. On a interviewé les candidats, je me souviens. Corinne Lepage a dit : " ce n'est pas normal, il faut qu'il ait ses parrainages ". Lionel Jospin, que j'ai soit-disant éliminé, a dit : " mais c'est inadmissible, il faut que Mr Le Pen ait ses parrainages, nous sommes dans une démocratie. Moi, lorsque j'ai été interviewée, j'ai dit : " moi je me réjouis, que dans ce pays il n'y ait pas 500 élus pour salir leurs noms en donnant leurs parrainages à ce candidat là ". J'étais la seule à avoir des positions claires.
Et lorsqu'il est au second tour c'est moi qui ai fait qu'il soit au second tour ?
Je vais vous dire : la conclusion c'est que de toute façon c'est toujours de ma faute et puisque c'est de ma faute, je suis debout, là, torse bombé et je continue à ferrailler.

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Christiane TAUBIRA, Députée de Guyane :: Commentaires

Toubab : Et finalement, Mme Taubira, vous avez dit tout à l'heure : "à la prochaine occasion je recommencerai", mais les intérêts de votre parti… On a ouï-dire que pour la première fois il y a eu des accords intéressants conclus avec le parti socialiste. Ces derniers dépassent-ils votre volonté de vous présenter aux présidentielles ?
C.Taubira : Je suis convaincue qu'il y a trop d'injustices, d'inégalités dans ce pays et qu'il y a une offre de lien civique, de lien social à créer. C'est-à-dire qu'il faut y arriver, parce que c'est quand même une élection présidentielle, ce n'est pas une élection régionale ou cantonale. Il est quand même question de l'état de la nation, de faire société ensemble ; il est question d'arriver à pointer les problèmes principaux qui rongent cette société. Les problèmes principaux qui rongent cette société, ce sont les exclusions, la marginalisation qui frappent des catégories de populations. Non pas parce que les gens sont incompétents, non pas parce qu'ils sont délinquants, non pas parce qu'ils sont asociaux, mais simplement parce qu'on les a refoulés à la périphérie de la ville et qu'on a laissé s'accumuler plusieurs couches d'injustices. L'exclusion par rapport à l'éducation, à l'emploi, au logement ; par rapport même tout simplement à la circulation et au déplacement sur le territoire, par rapport aux services culturels…Il faut réparer ça et personne ne fait cette offre de lien civique et de lien social, parce que je crois incontestablement que je suis plus sensible à ces questions là, qui correspondent davantage non seulement à mon parcours, mais qui correspondent surtout à mon idéal et à mon engagement. Je le dis : j'ai essayé de convaincre mon parti, qui, dans sa majorité, pas dans sa totalité, a fait le choix de sacrifier un combat politique en faveur d'une négociation électorale. Je n'approuve pas, je ne me gêne pas pour le dire, et pour le répéter, je continue à faire ce que je fais, à savoir : faire campagne d'une certaine façon : je donne des conférences, je vais à des réunions, j'écris, je rencontre des associations, voilà, et je vais tout faire pour peser sur le débat.

Toubab : La discrimination positive, qui a été utilisée comme levier pour mettre un peu plus de parité en politique pour les femmes, et également de la diversité pour les personnes handicapées dans les entreprises, doit-elle également être étendue à la question de la représentativité pour la couleur de peau ou pas ?
C.Taubira : Ce qu'on appelle la discrimination positive, qui est une très mauvaise traduction de " affirmative action " ( moi je préfère une action volontariste). Les quotas, c'est juste une action, ce n'est pas la même chose, alors l'action volontariste c'est une action qui consiste à dire qu'on prend acte des inégalités. La France n'a rien inventé. L'action affirmative, elle, a commencé en Inde en 1949. Ensuite les USA y sont venus, après les émeutes, les luttes pour les droits civiques, et donc ils ont pris acte de ce que, effectivement les Africains/Américains subissaient des inégalités et qu'ils ne voulaient plus les subir. L'Afrique du Sud, à la fin de la démolition de l'Apartheid, a adopté également l'action volontariste, l'action affirmative. Moi je veux que la France traduise ça par une action affirmative, parce que la France a elle aussi multiplié des situations de discriminations. Il y a des territoires de relégation. Aujourd'hui il faut que la France ait le courage de dire : il y a des discriminations à l'emploi, au logement. On voit bien encore que dans certaines cités le taux de chômage est trois fois, parfois cinq fois plus important que la moyenne nationale, ce n'est pas le fruit du hasard. On voit qu'a diplôme égal, un jeune qui habite dans ces territoires de relégation possède 100 fois moins de chances d'avoir un entretien d'embauche qu'un jeune de même diplôme vivant au centre de Paris. Ce sont des inégalités institutionnelles, avec des mécanismes qui reproduisent ces inégalités. Il faut les casser et l'action volontariste doit les casser. Si on l'appelle discrimination positive, on la fait à la Sarkozy, on instrumentalise, on pointe du doigt et on fait comme si on allait accorder des faveurs à des gens. Il ne s'agit pas de distribuer des faveurs à des gens, il s'agit de reconnaître leurs droits. Donc moi je plaide pour l'égalité des droits et l'égalité des droits va passer par des politiques publiques inégalitaires, c'est-à-dire qu'il faudra consentir des efforts pour corriger les inégalités que l'on a installées. Alors on peut appeler ça " action affirmative ", mais il s'agit de politiques publiques, par exemple en éducation ; il faudra faire plus. Il faudra casser ces enclaves qui font que dans des filières garages, où il n'y a aucun débouché, on trouve 99% des jeunes d'origine africaine, maghrébine ou caribéenne. Ça suffit ! Ça suffit ! Ils sont aussi intelligents que les autres. Ils ont autant de talent que les autres. Il faut qu'ils aient les mêmes possibilités, les mêmes choix de filières, pour qu'ils puissent rêver des mêmes métiers que les autres. Voila ce que j'exige : l'égalité des droits. Ça passe aujourd'hui par des politiques publiques d'éducation, d'emploi et de logement qui vont rétablir l'égalité et qui vont donc donner des coups de pouce là où on a mis des injustices.

www.christiane-taubira.net

http://www.toubab.fr/interviews/2006/15-12_taubira.php
 

Christiane TAUBIRA, Députée de Guyane

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