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 La révolution ivoirienne et son ascendance africaine (2)

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Delugio
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Nombre de messages : 107
Date d'inscription : 29/05/2005

05072005
MessageLa révolution ivoirienne et son ascendance africaine (2)

La révolution démocratique ivoirienne en particulier et son ascendance africaine en général (2)

C’est sur ce chemin qui part de Sékou Touré, et qui passe par Lumumba, Mandela, Sankara, et d’autres, que se trouve aujourd’hui, presque comme malgré lui, Gbagbo — le FPI, les patriotes ivoiriens et tous ceux qui les rejoignent.

Cela ne s’est pas fait sans soubresauts, ni sans ces dérapages verbaux que guettent goulûment les médias français ; cela ne s’est pas fait sans violence et moments regrettables, voire « calamiteux » ; cela n’est pas terminé, mais on en est là, quoiqu’en veuillent les parangons de la bien-pensance française. Il sera temps pour la France, le plus tôt possible, de renouer avec l’Afrique, mais désormais enfin d’égal à égal.

Les choses se sont précipitées paradoxalement… grâce à la France — quoique malgré elle ! Cela en 1999. Le remue-ménage parisien autour de l’affaire Ouattara, avec ses échos amplifiés en Côte d’Ivoire, a largement servi de levier au coup d’État du Général Guéi. Le remue-ménage parisien, le parti pris français apparemment majoritaire en faveur de Ouattara, donc contre Bédié, avait tout pour ressembler à un blanc-seing pour un coup d’État. Ouattara ne s’y est d’ailleurs pas trompé, qui est rentré de Paris à Abidjan en parlant de « révolution des œillets », apparemment à son profit, pensait-il probablement, et sans doute à juste titre. Gbagbo ne s’y est pas trompé non plus, parlant pour sa part de coup d’État RDR — ce qui lui permettra d’obtenir un rééquilibrage des ministères plus équitables pour le FPI.

En France, on fait mine de s’y tromper : n’intervenant pas en faveur de Bédié, le gouvernement laisse penser que s’est mise en place une « nouvelle politique africaine » de la France, que l’étau françafricain s’est desserré, que les choses ont changé. En fait, quel besoin d’intervenir dans ce cas de figure ? Intervenir en faveur d’une politique françafricaine contre une autre qui en est la copie quasiment conforme ?

Lorsque le Général Guéi, mesurant la réalité du terrain d’Abidjan, aura le réalisme de coller le plus possible au PDCI, le schéma précédent Bédié-Ouattara se reproduira au point que Guéi cherchera l’investiture du PDCI. Ce que n’obtenant pas de gré, il recevra par le biais des décisions de la Commission nationale électorale, évinçant, certes Ouattara — toujours pour les mêmes raisons renforcées par la Constitution de la deuxième République votée à une très large majorité à l’appel de tous les partis, RDR inclus ! —, mais aussi Bédié, pour corruption. À ce point les observateurs français sont unanimes à se tromper (leur ordinateur n’est pas programmé pour comprendre les faits ivoiriens, comme le dira Gbagbo au congrès panafricain de la jeunesse ce 18.12.04). Ils s’imaginent tous que « Guéi a éliminé tous ses adversaires ! », et, oh surprise, il en restait un !

Cela demande quelque brève explication : contrairement à ce que l’on fait mine de croire jusqu’à aujourd’hui, Guéi a décidé de représenter l’ « houphouëtisme » à lui tout seul — l’ « houphouëtisme », qui depuis beau temps est devenu, en France, synonyme… de Paris. Et contrairement à ce que l’on fait mine de croire, PDCI et RDR sont les deux faces de la même médaille (depuis, l’histoire et le « G7 » l’ont bien montré), et ne représentent évidemment pas à eux deux 70 % à 80 % de l’électorat comme d’aucuns se l’imaginent — la preuve par Guéi en a été faite (qui vaut mieux que les sondages inexistants !). Certes l’ « houphouëtisme » a jusqu’à récemment pesé considérablement, et Guéi, il faut lui rendre cette justice, a souhaité affronter réellement sa seule opposition, qui est le FPI de Gbagbo. Et à sa surprise (moins délirante que celle de Paris, certes) il a perdu : l’ « houphouëtisme » a perdu. Ce qu’il n’a pas accepté, on le sait. Et la prémisse de guerre civile qui a suivi est une volonté de prise en tenaille du FPI, l’ « houphouëtisme » de Guéi d’un côté, celui de Ouattara de l’autre : dans les deux cas, à l’heure d’alors : Paris. Paris qui a dû reconnaître sa défaite (la reprise des élections n’aurait rien changé à ce fait). On a assisté en 2000 à rien d’autre qu’à un duel classique en démocratie, un duel droite-gauche, où la gauche l’a emporté, à la surprise des observateurs — qui continuent à ne pas l’accepter, fussent-ils une bonne part de la gauche française (Françafrique oblige — Françafrique pas nécessairement économique, mais Françafrique morale, parce que la Françafrique a aussi cette dimension-là : une certaine propension à s’imaginer être le modèle universel de la vertu, modèle valant pour les Africains).

Pour l’heure, en 2004, il est temps pour les Français, du moins ceux qui sont enfin éveillés, de faire leur deuil de cette relation transcoloniale — effective, malgré les arguments, comme celui, récurrent de nos jours, par lequel on nous assène que le PIB de la Côte d’Ivoire serait équivalent à celui de Toulouse… Quoiqu’il en soit, et même si la réalité des chiffres pouvait appuyer ce genre d’arguments ! (la France, qui gère toutes les ressources ivoiriennes, est mal venue de se vanter d’un tel chiffre-argument !) — l’enjeu économique n’est pas là exactement ni précisément, mais en ce que derrière le gâteau ivoirien, qui n’est de toute façon sans doute pas si négligeable que cela, se tient toute la Françafrique, en son entier. Si la Côte d’Ivoire sort de l’escarcelle françafricaine, et il faudra qu’elle en sorte, c’est toute la Françafrique qui prendra sa liberté. Pas négligeable, ne serait-ce que stratégiquement — et sans compter le fait que de toute façon l’essentiel de l’économie est gérée par des groupes français — : entre le port d’Abidjan, premier d’Afrique (au moins d’Afrique de l’Ouest) et les quatorze voix à l’Onu (outre notre bonté qui veut à elle seule que l’on entretienne une armée de quatre mille hommes là où tous les autres grands de l’Onu font ce genre de choses ailleurs par simple intérêt !). À ce point la France devrait avoir le courage d’accepter le plus vite possible les faits, en vue de la paix en Côte d’Ivoire et en Afrique, et pour un renouement, mais vrai cette fois, d’égal à égal, avec l’Afrique.

La foule de non-Ivoiriens, jusqu’à la représentation de la jeunesse socialiste internationale (Le Courrier d'Abidjan - 12/23/2004), qui contre les grimaces des Montebourg, a compris cela, ne s’y trompe pas. L’histoire se joue là, en ce moment même — et il est très vexant pour la bien-pensance française de l’avoir déjà ratée (1) — ce qui explique en grande partie son attitude amère, ses accusations vengeresses, sa vigilance à l’égard des dérapages (verbaux avant tout — puisqu’il y en a peu d’autres, notamment contre les Français, centre de toutes les attentions —, et quand il y en a, on ne rate pas les Ivoiriens ! — voir le traitement de l’affaire Jean Hélène, de celle des Sukhoï et de Bouaké, ou du saccage de biens français).

Reste que la lignée Sékou Touré, Lumumba, Mandela, Sankara, est en train, malgré le black out médiatique tenté par la Françafrique, de se trouver une succession panafricaine — Thabo Mbeki ne s’y est pas trompé (2) — avec le FPI et Gbagbo, comme l’a montré de façon incontournable Mamadou Koulibaly.


__________________________
(1) Il n’est cependant jamais trop tard pour s’amender. L’ONG Survie, qui pensait encore pouvoir justifier l’attitude de Paris et Marcoussis en 2003 (Billets d’Afrique n°111 et 112 - février et Mars 2003) vient de dénoncer sa nature clairement françafricaine et néocoloniale (Le Courrier d'Abidjan - 23.12.2004).

(2) N’oublions pas que la Françafrique soutenait l’apartheid au moment où elle emprisonnait Gbgabo en Côte d’Ivoire, ou l’en exilait, et tandis que Chirac traitait Mandela de « chef de tribu Xhosa ».
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