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 LES SOMNIFERES DE L’AFRIQUE

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mihou
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13102006
MessageLES SOMNIFERES DE L’AFRIQUE

LES SOMNIFERES DE L’AFRIQUE
(Toubab du 13 octobre 2006)
Par Rosnert Ludovic ALISSOUTIN

Quel que soit l’angle d’analyse convoqué, l’Afrique, berceau de l’humanité, reste le dernier des continents dans tous les domaines imaginables. Et comme si la misère ne suffisait pas, l’Afrique Noire a pulvérisé tous les records de violation des droits de l’homme. On y égorge son frère pour un morceau de pouvoir, on s’y amuse avec le pouvoir du peuple en associant l’armée républicaine au truquage des élections, on repousse ou ajourne les élections républicaines quand on est pas sûr de gagner, le tout avec la complicité d’une justice injuste et âprement corrompue.

Malgré cette situation chaotique, des rêveurs et des hypocrites, africains ou non, s’amusent à défendre l’Afrique en la présentant comme une terre de chaleur humaine, une éternelle victime du vampirisme occidental. On fait croire au nègre, pour l’endormir, que l’Afrique est une terre d’hospitalité, de convivialité et de communauté, contrairement à l’Occident qui serait une terre d’égoïsme et d’individualisme. Ce cliché est absolument faux. La jalousie est si bien ancrée en Afrique, que les hommes sont obligés de se cacher pour réussir. Tout se passe comme dans un panier à crabe : l’élément qui veut émerger est tiré vers le bas. Dans toutes les villes d’Afrique Noire, sans exception, il n’y a pas une seule rue ou l’on ne retrouve un cabinet de sorcier ou de féticheur où les hommes et les femmes se rendent en masse, munis de projets maléfiques pour anéantir un rival, une coépouse, en voisin, etc. L’Africain qui revient de l’occident où il a amassé beaucoup d’argent, ne cherche pas à investir dans l’optique d’un développement collectif ; il s’empresse d’acheter une voiture, une villa et de prendre plusieurs femmes. Lorsqu’il décide d’investir, il se laisse happé par des secteurs ostentatoires, presque improductifs et égoïstes comme le bâtiment. L’Africain excelle dans le sectarisme, l’ethnicisme, le tribalisme. Des nombreuses tueries africaines ont pour point de départ des rivalités ethniques. Dans certaines ethnies, les hommes et les femmes sont marqués sur la joue et la tempe, comme du bétail, pour être distingués de leurs autres frères africains.

D’autres slogans stupides comme « Black is beautifull » sont servis aux nègres pour les consoler et les dorloter. Le noir est la seule race dont la peau porte la couleur du deuil. Alors que d’autres ont les cheveux longs et lisses qui brillent même sans produit cosmétique, lui a des cheveux durs et crépus poussant comme des herbes folles. Il a le nez évasé, les lèvres lippues, les fesses démesurées. Certes, il faut, malgré tout, rester fier d’être africain, mais cette fierté ne justifie pas la consommation naïve de slogans distillés par pitié ou condescendance.

On fait croire également que l’Afrique est une terre de palabre, de consensus et de démocratie. Ce mensonge grossier ne résiste pas à une simple observation de la réalité politique. Le sport quotidien des dirigeants africains consiste à emprisonner et à massacrer des opposants, à incendier le service public en gérant le pouvoir républicain comme un bien familial transmissible de père en fils, à narguer la pauvreté des contribuables en volant leur argent à vue d’œil pour le dilapider dans des cérémonies ostentatoires et voyages de prestige, à acheter la police, la gendarmerie, l’armée et la justice à vil prix. Certains s’accrochent au trône présidentiels jusqu’à y mourir après 40 ans de dictature et d’exaction sur les opposants.

Des penseurs africains plus émotifs que rationnels tombent dans le piège de la somnolence en estimant que si l’Afrique est en retard sur le monde aujourd’hui, c’est parce qu’elle a été dépouillée de ses bras valides à travers la traite négrière. Aujourd’hui pourtant, des bras valides partent de leur propre initiative pour rejoindre l’Europe à bord de pirogues de pêche artisanale. Combien de temps faudra-t-il donc à l’Afrique pour se remettre d’un événement multiséculaire que des dizaines de générations n’ont même pas connu ? Le développement n’est pas une question de nombre de bras valides, c’est une question d’organisation, d’exploitation optimale des ressources mobilisables. L’esclavage a commencé en Afrique ; elle a d’abord été pratiquée par les africains contre eux-mêmes à l’issue de guerres stupides. Il continue toujours dans certains pays comme la Mauritanie. Les africains étaient tellement accoutumés à l’esclavage qu’ils n’avaient aucune difficulté à vendre leurs propres frères aux négriers. Il est triste de noter que le seul pays d’Afrique Noire qui se rapproche du développement, c’est celui qui a été dirigé et géré le plus longtemps possible par des blancs. L’Apartheid a certes fait beaucoup de mal, mais il est certain que si l’Afrique du Sud n’avait pas subi ce mal, il serait aujourd’hui comme les autres pays d’Afrique Noire : à genoux et tendant une main mendiante et honteuse à l’Europe. Est-ce la traite négrière d’hier qui empêche les africains d’aujourd’hui d’exploiter les immenses ressources minières dont ils disposent ? Est-ce la traite négrière d’hier qui pousse les africains d’aujourd’hui à s’entretuer au lieu de travailler ? La traite négrière est-elle responsable des génocides et tueries sauvages au Congo, au Rwanda, au Darfour ? Pourquoi ne condamne-t-on pas ces pays à rester sous-développés du fait du nombre de vies perdues ? Ces tueries sont pourtant plus dévastatrices car elles fauchent hommes, femmes, enfants, nouveaux-nés et détruisent des biens publics. La traite négrière a trouvé l’Afrique déjà moribonde et désorganisée. Comment expliquer que des peuples organisés ne puissent pas résister à des sociétés privées à la recherche d’esclaves ? Alors que les européens affrontaient l’océan à bord d’immenses navires à la recherche de nègres, les africains, au même moment se contentaient de pirogues rudimentaires ; et c’est dans ces mêmes pirogues que, 500 ans plus tard, ils tentent de rejoindre clandestinement l’Espagne…

D’autres rêveurs défendent que les pêcheurs des pays africains côtiers sont fondés à aller en Espagne en pirogue parce que les grands chalutiers ont dépouillé leurs eaux du poisson qui les faisait vivre. Ce discours n’est pas seulement somnifère ; il est abruti et criminel. En effet, est-ce parce que les africains ont le droit d’aller en Espagne qu’ils doivent s’offrir à la mort dans des pirogues artisanales ? On ne le dira jamais assez, l’Africain n’a aucun respect ni pour la vie ni pour la mort. Même dans l’hypothèse où les nègres ont le droit de se ruer vers l’Europe comme des captifs, un seul mort dans cette affaire est un mort de trop. Il faut vraiment beaucoup de patience pour convaincre l’Africain de protéger sa propre vie (voir notre article, course vers la mort, sur http://www.ralissoutin.com).

La colonisation sert également de prétexte à certains paresseux pour expliquer le retard de l’Afrique. Pourtant jusqu’à nos jours, l’africain ne sait rien produire de significatif et se contente de consommer les produits de la haute technologie occidentale. Aujourd’hui, les grandes figures qui font la fierté de l’Afrique sont, pour la plupart, des purs produits de la colonisation ; ils se sont instruits grâce aux écoles implantées un peu partout dans les brousses les plus reculées. Ceux qui tentent de défendre la négritude utilisent des instruments d’analyse scientifiques acquis chez le blanc. Le colon a certes amplement profité de sa présence en Afrique, mais il a fait beaucoup de bien : il a développé l’écrit là où des peuples arriérés se contentaient du bouche à oreille suivant des langues vernaculaires ; il a implanté des hôpitaux là où on se contentait de plantes, racines et mixtures magiques pour se soigner. Ce n’est pas défendre la colonisation, mais rétablir la vérité des faits quelque terrible que cela puisse être. Il n’y a aucune honte à reconnaître ses faiblesses et la force des autres lorsqu’on est disposé à progresser.

Une autre trouvaille des africains c’est le « commerce équitable ». Au lieu de produire plus et mieux, les africains préfèrent pleurnicher dans des sommets internationaux pour obtenir des faveurs et écouler leurs produits. Il est vrai que le commerce national comme international doit être encadré par des règles pour maintenir un minimum de loyauté. Cela dit, il faut pas rêver : il n’y a pas de sentiments dans le marché. Les consommateurs achètent librement les produits qui leur paraissent de meilleure qualité ; ils ne cherchent pas à faire plaisir à un producteur ou un vendeur. C’est ainsi qu’en Afrique même, dans le secteur de l’habillement par exemple, les populations préfèrent acheter les produits européens même s’il sont plus chers au détriment des produits artisanaux locaux de qualité douteuse. De la même manière, il y’a des européens qui préfèrent certains produits alimentaires de provenance africaine. Il n’y a pas de secret : les plus compétitifs s’imposent au détriment des moins compétitifs. Cela est vrai à l’interne comme à l’externe. Toute mesure de discrimination positive prise dans ce domaine n’est que provisoire et ne résistera pas au libre choix des consommateurs. Un producteur, qu’il soit européen ou africain n’acceptera jamais délibérément de renoncer à une partie de ses bénéfices par pitié pour d’autres producteurs. Il est utopique et même inintelligent de penser qu’un Etat européen souverain et soucieux de protéger ses citoyens laborieux va accepter de réduire la subvention qu’il accorde à ses producteurs, donc de les déprotéger, pour les beaux yeux des Etats africains qui dilapident régulièrement leurs ressources par le vol, la corruption et un train de vie insolent de l’Etat. Cette attitude n’est d’ailleurs pas surprenante : l’Afrique est connue pour sa main tendue pour recevoir des vivres, obtenir l’effacement de sa dette, etc. Il est à prévoir que cette promptitude à mendier prospère car dans de nombreuses villes africaines, de petits enfants sont initiés à mendigoter dans la rue et personne de s’en inquiète. Ils vont donc grandir avec l’accoutumance de la mendicité.

Pour certains utopistes donc, l’Afrique n’est coupable de rien. Si elle ne vend pas ses produits agricoles, c’est à cause de la concurrence du blanc ; si ses enfants meurent massivement du SIDA, c’est parce que des homosexuels blancs ont introduit cette maladie en Afrique ; si elle produit l’arachide ou le coton au détriment de spéculations plus compétitives, c’est parce le colon blanc avait imposé des cultures de rente ; si ses populations s’entretuent sans raison intelligible, c’est parce que c’est le blanc qui vend des armes aux africains ; si des dirigeants impopulaires accèdent à la présidence, c’est parce qu’ils sont soutenus par les blancs ; si l’Afrique est pauvre, c’est parce qu’elle a été appauvrie par les négriers et les colons : la misère noire aurait donc une origine blanche…

En vérité, l’Afrique n’a aucune excuse. Elle est la cause de son retard. La propension à faire porter le chapeau à des personnes mortes depuis des siècles ou à des systèmes évincés depuis la nuit des temps la fait ressembler au conducteur d’un véhicule qui veut avancer en ne regardant que derrière lui. Le chanteur Alpha Blondy constate que « Les imbéciles ont décidé de rentrer dans l’histoire à reculons ». Il « insiste, persiste et signe : les ennemis de l’Afrique, ce sont les africains ». Défendre l’Afrique, ce n’est pas la présenter comme une éternelle victime ; c’est lui dire la vérité et l’exhorter à se relever pour avancer en comptant sur ses propres forces. Un peuple fort et digne se reconnaît par sa capacité à s’adapter à l’Histoire, à transcender ses épreuves en les utilisant comme le tremplin d’un sursaut, le motif d’un challenge. Il n’y a pas d’autre solution : travailler, travailler sans répit pour ne même pas avoir le temps de tendre la main ou d’implorer la pitié de ceux qui ont travaillé plus et mieux que nous.

Rosnert Ludovic ALISSOUTIN
http://www.ralissoutin.com

http://www.toubab.fr/articles/2006/13-10_alissoutin.php

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LES SOMNIFERES DE L’AFRIQUE :: Commentaires

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Re: LES SOMNIFERES DE L’AFRIQUE
Message le Ven 13 Oct - 19:10 par Tite Prout
Article très percutant...
 

LES SOMNIFERES DE L’AFRIQUE

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