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 Misrepresented People I : Chant et Conscience Noire

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zapimax
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MessageSujet: Misrepresented People I : Chant et Conscience Noire   Ven 1 Juil - 14:44

Misrepresented People I : Chant et Conscience Noire selon Mr Stevie Wonder
08/01/2004



Parmi les titres figurant sur la bande-sonore (soundtrack) de Bamboozled le film coup de poing et très afro militant – unanimement boycotté en Europe comme aux U.S – de brother Spike Lee, figure « Misrepresented People » qui d’ailleurs ouvre ledit « Spectacular New Film by Mr Spike Lee ». Mieux qu’une chanson, « Misrepresented People » est disons les choses telles qu’elles sont, un K.O de leçon d’Histoire, un authentique plaidoyer panafricain, une brillante démonstration de Conscience Noire mise en musique, chantée. « Misrepresented People » c’est LE chant de l’Africain-Descendant conquérant qui se souvient de la souffrance, de l’esclavage, prend acte du chemin parcouru jusqu’ici avec ce qu’il a comporté – et continue de comporter – de combats, d’échecs mais de victoires aussi, et pour terminer ouvre des perspectives pour le futur.

« Misrepresented People » se traduit par « le Peuple représenté sous un faux jour », infériorisé, caricaturé, ridiculisé par exemple dans ces tristement célèbres minstrel shows qui du XVIIIème siècle jusqu’à la moitié du XXème mettaient en scène des acteurs Blancs à l’origine, dont le visage noirci et les lèvres rougies singeaient pour le plaisir d’un public de Blancs le stupide animal exotique qu’était le Noir dans la perception collective blanche. La raison pour laquelle Spike Lee revient avec son film Bamboozled sur ces spectacles en leur temps très populaires est que les clichés racistes qu’ils ont assidûment charrié dans toute la société américaine sont encore perceptibles dans l’industrie du cinéma ou de la télévision (sitcoms, pubs etc.) aujourd’hui, où les acteurs et actrices noirs se voient confiés des rôles qui privilégient l’hilarité, le comique, le ludique et clownesque (au mieux) au détriment de l’intelligence, de la réflexion : en somme, le Noir est drôle, rigolo (rigolons), mais n’allez pas chercher chez lui la raison qui caractérise l’humain.

Sur un plan plus technique, la maestria de la conception-réalisation de la chanson imposent une pause qui n’échappera pas à afrikara. Premièrement une introduction (verset, refrain) sur le mode de la chronologie historique dans laquelle Stevie chante au clavecin d’abord, pour rappeler qu’au moment où l’Européen en 1492 est arrivé sur la terre d ‘Amérique l’Africain depuis des siècles y avait déjà déposé son empreinte civilisationnelle (Olmèques). Il rappelle ensuite « le génocide et le fusil » au XVIIème siècle et la traversée de l’Atlantique (Middle Passage) qui s’en est suivie pour le commerce des Africains. En fond sonore, le bruit d’une cale de bateau qui s’ouvre de même que les vagues qui s’échouent sur un rivage : c’est l’Africain captif, enchaîné qui échoue sur la terre d’Amérique. Wonder indexe l’Amérique qu’il qualifie de soit-disant terre divine où sa race a subi le martyr. C’est donc tout logiquement que l’Artiste rappelle que « depuis ce temps-là jusqu’à maintenant » nul ne peut nier que « nous avons été un peuple qu’on a présenté sous un faux jour » (esclave, marchandise, animal exotique, danger pour la société…). Cette introduction volontairement dépouillée a pour effet de suspendre le temps de la chanson qui donne l’impression d’être une balade, accentuant de facto la dimension de narration. Cette première partie, dans la musique comme dans le texte est indéniablement une lamentation.

Et puis le rythme intervient, groovant. Nouveau feeling soul R n’ B. Le tempo est resté inchangé, à la différence que l’orchestration, le beat donnent l’illusion d’une nouvelle cadence. Stevie parle de la fin de l’esclavage au XIXème siècle, ainsi que de la contribution des Africains-Descendants à la construction de l’Amérique au XXème siècle. Il ne peut toutefois s’empêcher de se remémorer ce qu’ont subi ses ancêtres (« my moms and pops »). Des dates suivent : 1969, le mouvement Black Power (« Black Power’s at the door ») ; on entend le bruit d’une foule lors d’un meeting et la voix tonnante du révérend Jesse Jackson) . 1982, le Hip-Hop est arrivé (« Hip-hop was on the floor ») ; bruits de scratch de DJ. 1992, le gangsta rap a prévalu (« Gangsta rap prevailed ») ; longue sirène de police. 1999, les Noirs constituent la majorité de la population carcérale aux U.S (« Our colors fill the jails ») ; bruit métallique de matraque sur des barreaux de prison. Stevie dit que c’est un miracle que nous n’y soyions pas tous passés, avant de répéter son refrain à l’infini pour égrener des phrases et des phases toujours plus explicitées de son message : Ce que nous avons(?) vécu n’a rien d’une comédie ; étions-nous et sommes-nous encore un mystère insolvable ? (comme si nous sommes autre chose que des hommes) ; vous savez pourtant que nous vous avons fait évoluer (avec les sciences, la religion, les arts dans l’Antiquité ; avec les inventions contemporaines passées sous silence des Africains et Africains-Descendants : feux de signalisation routière, alimentation électrique du métro, ascenseur, téléphone cellulaire, interrupteur, almanach, ordinateur le plus rapide du monde, contribution à l’élaboration de l’Internet, conservation du plasma sanguin, première opération à cœur ouvert, systèmes de lubrification pour moteurs de locomotives, machine à fabriquer des chaussures, système d’isolation pour la construction d’autoroutes etc. etc.). Cependant, « Misrepresented People » demeure une réflexion tournée vers l’avenir comme l’indique sa conclusion : « non, tu ne dois plus jamais être un misrepresented people ».

Après la chanson « I can only be me » pour le film School Daze, l’album « Jungle Fever » B.O du film éponyme, Stevie Wonder en est avec « Misrepresented People »(l’une de ses deux contributions à la B.O de Bamboozled ) à sa troisième collaboration avec le réalisateur Africain-Américain Spike Lee.

L’Artiste qui revendique au grand jour son africanité ( voyages en Afrique –australe, centrale, de l’ouest- port de vêtements africains…) n’en est pas à son coup d’essai et son engagement pour la cause Noire universelle n’est plus un secret pour personne. Stevie Wonder a toujours milité, dans sa musique ou dans le civil. En 1972, la chanson « Big Brother » est la voix de la communauté noire d’Amérique s’élevant contre l’entité politico-économique du capitalisme cannibale dont l’Artiste prédit à terme la chute (« ton nom est Big Brother…tu causeras la chute de ton propre pays »). « Living for the city » en 1973 présente la ville (NY) lieu de la vie américaine comme une impasse pour la Black Community dont le vote n’améliore en rien le quotidien. En 1974 dans « You haven’t done nothin’ » (tu n’as rien foutu) autre chanson politique, l’Artiste au nom de la communauté des Africains-Descendants des States balance au gouvernement américain : « nous sommes malades et fatigués de t’entendre chanter la même chanson qui dit que tu vas arranger la situation, parce que si tu veux vraiment connaître notre point de vue, sache que tu n’as rien foutu (pour nous) ». Wonder est une des personnalités majeures à avoir bataillé pour l’instauration aux U.S d’une journée nationale Martin Luther King (chaque troisième lundi de janvier). En musique cela s’est traduit en 1981 par la chanson « Happy Birthday », hommage au grand leader noir. Stevie Wonder participe en 1985 au projet « We are the World » et chante par ailleurs « It’s wrong (apartheid) » (l’apartheid est mal) contre le régime raciste de Pretoria. Il se fera arrêter la même année lors d’une manifestation anti-apartheid devant l’ambassade sud-africaine de Washington. Dans les années 90, Stevie Wonder songe sérieusement à entrer en politique pour faire avancer les choses et réfléchi à une candidature de maire de la ville de Detroit. Il participera en 1995 à la Million Men March et marchera avec la nation africaine-américaine sur Washington. L’Artiste rejoindra en 1998 la croisade du ténor Luciano Pavarotti (Pavarotti and friends) en faveur des enfants orphelins de la guerre au Liberia et composera pour l’occasion la chanson « Peace wanted just to be free ».

« Misrepresented people » est une énième illustration de l’ultra militantisme afro du soul brother qui a toujours été de toutes les initiatives caritatives, de tous les afro-combats, allant au besoin jusqu’à prendre la parole à l’ONU. Vous avez dit Conscience Noire ?
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