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 Leçon d'un compte de banque

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

02062005
MessageLeçon d'un compte de banque

Leçon d'un compte de banque -

Conversation entre deux clients :

(...) Avez-vous un compte de banque ?

(...) Oui. Oh ! Pas bien gros. Quelques centaines de dollars seulement.

(...) Vous en servez-vous quelque fois pour faire des paiements ?

(...) Oui, quand j’achète un article qui coûte cher, ou bien quand je fais venir de la marchandise de loin. Je signe un chèque. C’est bien commode.

(...) En effet, c’est tellement commode que plus de 90 pour cent des transactions commerciales se règlent ainsi, par des chèques. Non pas les petits achats chez le marchand du coin ; mais les transactions des grossistes, des industriels, des compagnies de transport. Le chèque est le grand moyen de paiement aujourd’hui ; il laisse dans l’ombre, à une place minuscule, la monnaie de métal et de papier.

(...) Mais quand on fait un chèque, c’est la banque qui va payer pour le signataire. Pour chaque chèque signé, il faut donc autant d’argent de métal ou de papier que le banquier remettra au destinataire.

(...) Non pas, mon cher. Il suffit d’un peu d’argent pour faire face à beaucoup de chèques. Le marchand à qui vous envoyez un chèque ne va pas ordinairement demander au caissier de sa banque de lui donner de l’argent pour le montant du chèque. Il va simplement déposer le chèque. Le crédit de son compte augmentera d’autant ; et votre compte, à vous, sera débité d’autant.

(...) Puis ce marchand-là commandera du stock à des fournisseurs; il paiera avec des chèques. Les fournisseurs déposeront les chèques reçus à leurs banques. Cette fois-là, ce sont les comptes des fournisseurs du marchand qui verront augmenter leur crédit, et c’est le compte du marchand qui sera débité du même montant.

(...) Dans toutes ces transactions-là, ce sont simplement des montants qui changent de place dans les comptes : débit dans un compte, crédit dans un autre.

(...) Dans l’ensemble, pour chaque $100 en argent de chèque, il n’y a pas plus de $10 en argent de métal ou de papier qui passe le guichet de la banque. C’est ce qui résulte des habitudes actuelles du commerce, et le banquier le sait bien. Cela permet aux banques de prêter dix fois plus d’argent qu’elles en ont.

(...) Hein, que dites-vous là ? Comment un banquier pourrait-il prêter de l’argent qu’il n’a pas ?

(...) En créant l’argent qu’il prête. C’est ce que la banque fait couramment. Elle crée l’argent qu’elle prête. Le banquier est essentiellement un créateur d’argent.

(...) C’est incompréhensible ! C’est incroyable !

(...) Vous m’avez dit que vous aviez un petit compte de banque, mon ami. Votre compte est fait de vos épargnes, n’est-ce pas ?

(...) Oui, c’est de l’argent que j’ai porté et déposé à la banque.

(...) C’est bien. Mais il y a des gens qui ne portent pas d’argent à la banque, et qui sortent de la banque avec un compte bien plus gros que le vôtre.

(...) Je ne comprend pas !

(...) Non ? Il y a par exemple, M. Toupin, le manufacturier de votre ville. Il voulait agrandir son usine. Tout le monde approuvait son projet. Mais il lui manquait l’argent pour payer les matériaux, les constructeurs et la machinerie. Il calculait qu’avec $100,000 sous la main, il pouvait réaliser ses plans et plus tard, avec une production et des ventes accrues, il rembourse- rait facilement les $100,000.

(...) Qu’a fait Toupin ? Il est allé à la banque. Il n’y a pas porté d’argent. Mais il en est sorti avec $100,000 à son compte.

(...) Je crois bien, car il a emprunter cette somme.

(...) C’est cela. Mais c’est la manière dont la banque a fait le prêt qui est merveilleuse. Si vous étiez riche et que M. Toupin était venu emprunter les $100,000 de vous, il serait parti avec les $100,000, mais vous auriez $100,000 de moins. Tandis qu’avec la banque ça se passe autrement : M. Toupin sort avec $100,000 qu’il n’avait pas et la banque n’a pas un sous de moins.

(...) Vous ne me dites pas ?

(...) C’est pourtant bien cela. Oh ! On a demander des garanties à M. Toupin. Il lui a fallu déposer des valeurs pour couvrir le prêt. Pas de l’argent car il n’en avait pas, puisqu’il venait en chercher. On lui a demander des titres de propriété, tel que son commerce et sa résidence ainsi que son véhicule en garantie pour plus que la valeur de $100,000. Puis le gérant lui a signé un chèque de $100,000, et l’a envoyé au caissier.

(...) M. Toupin n’était pas pour demander $100,000 en argent de papier et emporter cette somme avec lui. Il a donc déposer ce chèque dans son compte et le montant de $100,000 a été inscrit à son crédit (comme quand vous, vous déposez vos épargnes). M. Toupin est sorti de la banque avec un crédit sur lequel il tire des chèques pour payer l’entrepreneur, à mesure que les travaux avancent. Mais par la suite, il s’est engagé à retirer cette argent de la circulation afin de rembourser cette emprunt dans un an.

(...) Et vous dites que le banquier n’a pas un sou de moins qu’auparavant !

(...) Pour vous en convaincre, on pourrait en parler avec le gérant. C’est un de mes amis et il est assez franc avec moi. Il sait d’ailleurs que je suis au courant de l’emprunt de M. Toupin et il n’invoquera pas le secret professionnel.





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Conversation entre le banquier et les deux clients :




(...) Monsieur le gérant, je viens vous taquiner comme j’en ai l’habitude, sur les affaires de banque.

(...) Encore des questions de crédit ?

(...) Justement. C’est pour le prêt de $100,000 que vous avez fait à M. Toupin. Voulez-vous dire à mon ami ce que vous avez prêté au juste à M. Toupin ?

(...) Ce qu’on prête toujours mon cher ami, de l’argent.

(...) Assurément. Mais, dites-nous donc, où était cette argent avant que M. Toupin entre dans votre banque ?

(...) La question est absurde et vous le savez bien.

(...) Pas du tout. M. Toupin entre sans argent en mains et il en ressort avec $100,000, donc vous avez pris cette argent quelque part. Donc il y a $100,000 de moins quelque part dans les coffre de votre banque ?

(...) Hum !

(...) Y a-t-il $100,000 de moins dans vos tiroirs ou dans votre voûte ?

(...) Allons donc, il n’a pas emporter de piastre avec lui. C’est un crédit dans son compte.

(...) Bon. Alors, d’autres comptes sont débités, diminués pour ce montant de $100,000. Des comptes de vos clients ?

(...) Ridicules. L’argent de nos clients est sacré. Leurs comptes restent intacts, tant qu’eux-mêmes ne les débitent pas.

(...) Comment ? Ce n’est pas l’argent des déposants que les banques prêtent?

(...) Mais si. Mais non. Si, non. Oui d’une certaine manière, non de l’autre. On ne touche pas à leurs argent; cet argent est à eux. Mais ça nous permet de prêter de l’argent à des emprunteurs.

(...) Alors dite-moi, quel argent prêtez-vous ?

(...) De l’argent qui vient de la banque.

(...) Vous venez de me dire qu’il n’est pas sorti un sous de votre banque et pas un sous des déposants non plus. Et M. Toupin a quand même $100,000 qu’il n’a pas apportés avec lui et qu’il n’avait pas auparavant. Est-ce exact?

(...) Je ne peut pas dire le contraire, c’est exact.

(...) Alors, où étaient ces $100,000 avant que M. Toupin vienne à la banque?

(...) Bien… ils n’étaient nulle part. Il fallait bien qu’il vienne les emprunter pour qu’il soient là maintenant.

(...) Ils n’existaient pas auparavant ?

(...) Non.

(...) Alors, il sont venus au monde au moment du prêt. La banque crée donc l’argent qu’elle prête.

(...) Je n’aime pas tellement dire cela.

(...) Mais vos grands chefs le dise bien. Towers l’a dit quand il était gouverneur de la Banque du Canada. Eccles l’a dit lorsqu’il était à la tête du système bancaire des Etats-Unis. McKenna l’a dit, il y a déjà cinquante ans, quand il était président de la plus grosse banque commerciale d’Angleterre et qu’il parlait à des banquiers lors d’une assemblé. Ne soyer donc pas scrupuleux, la banque crée l’argent qu’elle prête. Il faut bien d’ailleurs que l’argent commence quelque part , n’est-ce pas ? Tous les gouvernements nous disent que ce ne sont pas eux qui font l’argent, ils se contentent de taxer. Les travailleurs, eux, se contentent de suer et les industriels se contentent de produire. Il ne sort jamais d’argent au bout de leurs machines; mais il en sort au bout de la plume du banquier.

(...) On ne vous en veut pas, monsieur le gérant. On est même content que l’argent moderne soit si facile à faire. Mais ce qu’on n’aime pas – et ce n’est pas plus votre faute que la guerre n’est la faute du petit soldat – ce qu’on n’aime pas donc, c’est que le système bancaire se considère le propriétaire de l’argent ainsi créé, alors que cet argent est réellement la propriété de la société.

(...) Expliquez-moi cela.

(...) Brièvement, voici : sans l’existence d’une société productrice, avec une vie économique organisée, cet argent ne vaudrait rien. Les richesses du pays c’est les ressources naturelles, le travail de la population, les techniques de production, c’est tout cela qui confère de la valeur aux $100,000 sortis de votre encrier pour M. Toupin.

(...) Vous oubliez mon cher ami que M. Toupin a déposé des valeurs de tout premier ordre en garantie avant de pouvoir obtenir cet emprunt et c’est de cela que les $100,000 tirent leur valeur.

(...) Non, monsieur le gérant. Ces gages déposés par M. Toupin sont pour vous une garantie de remboursement, sinon vous raflez les valeurs mis en gages. Mais ne confondez pas garanties de l’emprunt avec valeurs de l’argent. S’il n’y avait que ces garanties-là dans le pays, s’il n’y avait pas de production, pas de fermes, pas d’usines, pas de transport, pas de magasins, pas de vie économique, les $100,000 n’auraient aucune valeur monétaire, malgré toutes les garanties déposées par M. Toupin.

(...) C’est tout le pays, c’est toute la richesse du pays, c’est toute la population du pays qui donne de la valeur à l’argent, n’importe par quel organisme il est créé. Cet argent à son origine, appartient donc en réalité à la population du pays elle-même. Qu’il soit prêté à M. Toupin pour agrandir son usine c’est très bien, mais c’est toute la population du pays qui doit en profiter. Au lieu de procurer des intérêts au banquier, le développement du pays doit procurer des dividendes à toute la population.

(...) Cet accaparement du crédit de la société par les institutions bancaires est la plus grande escroquerie de tous les temps et la plus solidement installée dans tout les pays civilisés. Sa force et son universalité ne la légitiment pas, elles ne font que la rendre plus odieuse.

(...)Toutes les dettes publiques, municipales, provinciales, nationales, ont leurs origine dans cette grande escroquerie. La population bâtit le pays et le système endette la population à mesure qu’elle bâtit.

(...) Les corps publics, les gouvernements font comme M. Toupin, ils empruntent et ils déposent en garantie des obligations, des hypothèques sur nos maisons, des promesses de taxer la population.




Les gouvernements sont petits à côté des puissances de l`argent.

LES BANQUES PRÊTENT 70 FOIS PLUS D’ARGENT QU’ELLES EN ONT !
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