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 QU'EST-CE QUI PEUT SAUVER L'AFRIQUE ?3

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zapimax
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Nombre de messages : 654
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 14/06/2005

16062005
MessageQU'EST-CE QUI PEUT SAUVER L'AFRIQUE ?3

C’est en janvier de l’année 1994 que la décision souveraine de la France de s’abriter derrière le paravent des institutions de Bretton woods pour dévaluer le franc CFA de 50% de sa valeur fut officialisée, provoquant un séisme politique, économique et social dans toute une Afrique francophone sonnée et sans recours.

La convocation des ministres africains en charge de la gestion de chaque CFA national pour imposer en métropole une décision dont les Etats africains ne voulaient à aucun prix renvoyait sur la forme au moins aux soumissions de la période coloniale. Cette violence symbolique, celle de la démonstration patente d’une vassalité politique fut ressentie comme le réveil d’une douloureuse blessure jusque là étouffée. Le couperet des technocrates ne fit pas dans le détail, amputant de la moitié de leur valeur monétaire internationale tous les CFA de la zone Franc d’Afrique, alors que les situations nationales des Etats étaient très contrastées.

La servitude monétaire qu’avaient jusque là fustigée les éminents économistes africains tels que le professeur Tchundjang apparaissait dans une brutalité frontale et imparable. Les détenteurs de capitaux importants et sous forme liquide avaient pu, à la faveur de rumeurs savamment distillées, organiser la fuite des capitaux ou, mieux, spéculer sur le cours du CFA en empochant de juteuses plus-values. C’était bien peu de privilégiés pour des millions de paupérisés structurels qui allaient faire l’apprentissage rude d’une décennie de criminalisation, d’informellisation, de cercles vicieux de précarité.

Ce qui frappe dans la dévaluation du Franc CFA de 1994, c’est son inconsistance intellectuelle, sa déraison économique théorique et conceptuelle. Une mesure économique appliquée peut s’avérer insuffisante voire contre-productive à l’usage, mais il faut au moins qu’elle manifeste une cohérence minimale et une rigoureuse intelligibilité à la conception ! Ce qui n’était en rien le cas de la dévaluation du CFA.

Les difficultés se posaient d’abord sur le diagnostic de la surévaluation très différent selon les auteurs et les méthodes, empêchant tout consensus sur l’état réel comparé du change. Ensuite les effets attendus eux-mêmes procédaient de la divination ou du mauvais manuel de l’économiste scolaire. Le principal axe de développement qui devait rendre le sourire aux Africains était l’explosion des exportations appelées à transformer l’Afrique en nouveaux dragons. Or en économie même standard, il est entendu qu’une dévaluation stimule a priori et toutes choses égales par ailleurs les exportations de biens manufacturés, et cette relation théoriquement validée n’est pas univoque. Les marchés des matières premières qui concernent les pays africains de la zone franc sont sensibles à l’activité économique des pays développés et des gros consommateurs de produits de base, à l’instar de la Chine. Les prix des matières premières étant déterminés sur les bourses de valeurs internationales et libellés en monnaies internationales, les fluctuations des petites monnaies ne changent pas à elles seules la dynamique des marchés. Par conséquent l’équation dévaluation = exportations était inconsistante intellectuellement, quoique apparemment pertinente. L’incompétence des décideurs sur les domaines de l’économie industrielle notamment s’avérait criarde et criminelle, et les mesures qui allaient suivre la dévaluation, particulièrement les démantèlements des politiques sectorielles ruineraient des pans entiers des économies locales, le secteur agro-industriel non multinational entre autres victimes.

Il faut noter une autre bizarrerie de la dévaluation qui se réclamait du libéralisme. Pourquoi appliquer le même taux de dévaluation à des pays dont la situation était si différente, entre les exportateurs de pétrole en excédent commercial structurel et les exportateurs de céréales généralement en déficit, entre le Gabon dont la richesse statistique par habitant est plus de dix fois celle du Mali par exemple et le Niger appartenant à la catégorie des PMA ? Le simulacre de libéralisme affichait là son versant conservateur et re-colonialiste, protecteur du trop célèbre pré carré français.

Dix ans après, la dévaluation et les mesures dites d’accompagnement n’auront rien changé si ce n’est aggraver les rationnements matériels et les insécurités sociétales. La pauvreté s’est accrue, certains pays comme le Sénégal, le Togo, le Niger, le Tchad, y compris le Gabon ont régressé en richesse par habitant, et il n’y a pas mieux que le critère qualitatif de la forte pression à l’émigration coûte que vaille des jeunes pour traduire la désolation économique des pays africains de la zone franc post-dévaluation. Les pays qui se sont enrichis, la Guinée équatoriale par exemple ne le doivent qu’à la découverte fortuite d’une matière première comme le pétrole, en attendant la prochaine gabonisation, cette chute de la richesse nationale par habitant une fois la rente pétrolière épuisée…Il ne peut être omis que les pays qui s’appauvrissent dans la zone sont principalement ceux qui ont été frappés par des troubles, guerres civiles et accidents de la nature, mais ce n’est pas le cas pour le Sénégal qui s’appauvrit par exemple. La zone CFA et sa mesure dite d’ajustement de 94 n’ont en rien fait évolué les structures économiques et la dynamique de création de richesse dans ces pays. Pourtant il suffit d’envisager la dépendance structurelle à l’importation pour comprendre le coût socio-économique d’une pareille décision.

Le catalogue stérile et les copié collé des ajustements dits structurels relèveraient de la même veine que la mesure de dévaluation mais les effets sociaux et sociétaux létaux d’une concession couarde à un libéralisme tronqué devaient porter un coup fatal à la cohésion politique des Etats, rentrés depuis dans des zones d’incertitudes et de turbulences politiques inextricables, du Congo-Brazzaville à l’ex-citadelle et vitrine francophone, la Côte d’Ivoire.

La profonde désagrégation de l’Etat dans les pays africains sous FMI, dévalués et surtout dévalorisés a explosé le peu de structures de sécurités matérielles qui reposaient sur la puissance publique, comme la gratuité de soins, de la scolarité, de nombreux services publics. Gratuité et services publics ont tari, la représentation de la capacité normative de l’Etat aussi. La massification de toutes les formes de débrouillardises a tenté de répondre à la terre brûlée des ajustements et dévaluations. En vain, l’informel dynamique et courageux parvient au mieux à se reproduire lui-même, il suspend la faux de la disparition des paupérisés mais ne parvient à leur sortir la tête de l’ornière.

Au Cameroun, depuis plus d’une décennie, les dirigeants disent apercevoir le bout du tunnel, désenchantés par des promesses qui tardent à se concrétiser, les déshérités se demandent de quel bout de tunnel il s’agit, celui du début ou celui de la fin, pis de la faim. En écho à ces désillusions, vols, viols, escroqueries à grande échelle, corruptions, prostitutions multiformes prolifèrent désormais à la lumière du jour, cultivés sur les jachères sociales de l’ultra-libéralisme et son obsession de flexibilité des changes.

La dévaluation du franc CFA de 1994 est l’exemple parfait d’une mesure colonialiste et prédatrice, décidée et imposée à des millions d’Africains par la France et le FMI, devant des dirigeants africains qui passés des mouvements d’humeur confidentiels se sont alignés...en rangs et au garde-à-vous. Rien dans cette démarche ne renvoie à l’intelligence économique, rien ne se rapporte un tant soit peu à l’intérêt du plus grand nombre, les oligarques africains et les multinationales y ont trouvé le moyen de spéculer, d’y accroître leurs surprofits et de poursuivre le cycle de prédation des ressources africaines. La profonde désagrégation sociopolitique qui traverse les pays africains et risque d’emporter certains d’entre eux doit une redevance énorme à la dévaluation du CFA de 1994. Il y a donc lieu dans l’urgence de repenser la problématique monétaire c’est à dire…largement politique de la zone.
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