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 Traite, Esclavage, Colonisation et Racisme, les brûlures de

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mihou
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20052006
MessageTraite, Esclavage, Colonisation et Racisme, les brûlures de

Traite, Esclavage, Colonisation et Racisme, les brûlures de l'histoire africaine
(Toubab du 19 mai 2006)
Par Heidi Saïdi
http://www.toubab.fr/articles/2006/19-05_heidi.php
Vous avez dit civiliser des peuples barbares...
Au XIX è siècle, les puissances européennes se lancent à la conquête du monde. Si les anciens empires issus des grandes découvertes déclinent, de nouvelles colonies sont fondées, principalement par la France et la Grande-Bretagne. Prenant le relais de l'Espagne et du Portugal, initiateurs du mouvement, la France et la Grande Breatgne possèdent à elles seules, au début du XXè, jusqu'à 85% du domaine colonial, représentant 70% des habitants de la planète. Elles traduisent la domination de l'Europe sur le reste du monde. La croissance économique, technique et démographique de l'âge industriel donne en effet à l'Europe les moyens de s'imposer aux quatre coins de la planète. Parmi les raisons invoquées pour légitimer ces conquêtes figure l'idée de la supériorité de "l'homme blanc", qui s'appuie sur la théorie de la "hiérarchie des races", largement diffusée par la presse et les manuels scolaires de l'époque, les expositions avec leurs spectacles "indigènes" et les "zoos humains".

La "chasse aux colonies" et la "course au clocher" sont alors ouvertes. Entre 1830 et 1881, la France pénètre en Algérie, au Sénégal, en Côte d'Ivoire, au Gabon et en Tunisie entre autres. Comme on le remarque aisément, c'est en Afrique noire que l'expansion de l'Europe a été la plus spectaculaire. A la fin du XIX è siècle, l'Afrique se trouve entièrement occupée par les Européens qui pensaient à tort qu'elle était plongée dans la barbarie et la sauvagerie, comme l'a écrit en 1830 le philisophe allemand Hegel : "l'Afrique n'est pas une partie historique du monde, elle n' a pas de mouvements historiques en elle". L'image donnée de l'Africain est celle d'un sauvage à peine humain ou d'un être primitif que l'Européen a le devoir de civiliser.

La Grande-Bretagne revendiquera cette responsabilité au titre du "fardeau de l'homme blanc" exalté par Rudyard Kipling (1865-1936), et la France au nom de sa "mission civilisatrice", légalisée par Jules Ferry le 28 juillet 1885, légitimée par Tocqueville et défendue par Léon Blum et le Front Populaire en 1936.

En fait, l'Afrique, dont le monde commence seulement à découvrir les richesses, est le berceau de l'humanité. C'est en Afrique orientale (à l'est de la grande faille du Rift) que les scientifiques ont retrouvé les traces les plus anciennes d'une présence humaine, et c'est d'Afrique que l'homo erectus est parti à la conquête du monde.

Mais beaucoup de ces civilisateurs ignorent que l'Afrique a connu de grandes civilisations telles que l'Empire du Ghana (du IXè au XI è siècle), du Mali (du XIIIè au XVè siècle) où l'empereur Aboubaker II avait voulu savoir ce qu'il y a derrière les mers. Parti en 1311 avec deux mille navires pour explorer le monde, il n'est jamais revenu. Les chercheurs d'aujourd'hui disent que c'est lui qui aurait découvert l'Amérique bien avant Christophe Colomb. On pourrait citer également l'Empire du Songghaî ( aux XVè et XVI è siècles).

Les expositions et leurs spectacles "indigènes" et les "zoos humains":
L'un des traitements les plus humiliants et les plus ignobles infligés aux Noirs fut leur exposition comme des animaux, dans plusieurs villes de France et d'Europe pendant plusieurs décennies.
De 1877 à 1912, trente spectacles ethnologiques sont donnés au jardin d'acclimatation à Paris, puis aux expositions universelles de Paris 1877 et 1899, Lyon 1894, Marseille 1906 et 1922.

Qui est exposé ? Des nègres albinos, bossus, géants, nains... Bref, toutes les déclinaisons de la morphologie humaine seront ainsi exhibées pendant une cinquantaine d'années dans les principales villes françaises et européennes sans la moindre retenue, pour exalter la splendeur coloniale de la France et théoriser par contre coup l'infériorité biologique des Noirs.

L'une des plus célèbres victimes de ces expositions est la "Venus Callipyge", originaire de l'ethnie hottentote d 'Afrique du Sud. Fille de berger, elle est née l'année de la révolution française, a été ramenée par un médecin anglais à Londres en 1810 et rebaptisée Sarah Saarthman. Dotée de fesses très larges et d'organes sexuels hors normes, elle fut exhibée comme une bête de foire à Londres et à Paris entre autres. Elle meurt en 1815 après avoir été livrée à la prostitution. Le 29 avril 2002 et après un incident diplomatique la concernant, son corps est restitué à son pays d'origine: l'Afrique du Sud.

A raison d'une manifestation tous les dix-huit mois, trente expositions dont trente pour le seul jardin d'acclimatation de Paris seront organisées de 1877 à 1931. Cette dernière a compté trente-quatre millions de visiteurs soit cent soixante-six mille visiteurs par jour. Devant cet engouement, on ne peut que se demander si c'est une soif de curiosité, une recherche d 'exotisme, un besoin de voyeurisme ou tout simplement une morbide pulsion de pathologie collective. Il est vrai qu'en matière de peau un dualisme noir/blanc est fortement ancré dans les esprits. D'ailleurs dans le monde monastique, la couleur noire renvoie au péché, à la tentation de la chair, auxquels s'oppose la blancheur associée à la pureté. Autre interprétation coeur noir/coeur blanc; ce dualisme donne une conception négative de la couleur noire et renvoie en même temps à une métaphore du bien (le blanc) contre le mal (le noir). La peau noire est créée par la chaleur du soleil, d'où l'idée répandue que la peau noire correspondait au chaud et sec alors que la peau blanche correspondait au froid et à la neige.

Le ton change en 1300, lorsqu'un un médecin célèbre, Arnaud de Villeneuve assimile les noirs aux singes, et leur attribue une sexualité bestiale. Maimonide, un médecin juif de Cordoue, les assimile à des animaux irrationnels : ils ne sont pas des hommes, disait-il, ils sont juste au-dessus du singe. Ces représentations héritées du Moyen-Age sont malheureusement toujours présentes, et involontairement on associe et donne une connotation ethnique à la chaleur et à la couleur de peau noire.

Les Africains : soldats malgré eux :
La Grande Guerre inaugura l'apparition de courants nouveaux d'immigration vers la France à partir de l'empire. Ces immigrés venus de loin vont remplacer l'immigré européen voisin. Ces nouveaux arrivants occupent une place particulière, ils ne sont pas Français et ne sont pas comptabilisés comme étrangers. Ils sont les indigènes venus prêter main-forte à la "mère patrie" pendant la Première Guerre mondiale. Ces soldats ne sont pas des soldats de métier mais de simples "conscrits", sans aucune expérience. Avant de les amener au front, plusieurs semaines d'entraînement sont nécessaires pour leur apprendre à manier les armes. Ils sont environ neuf cent mille, si l'on compte les soldats et les travailleurs coloniaux.

La question de l'emploi de ces indigènes dans les combats avait été soulevée lors de la première crise du Maroc en 1905. A l'époque, beaucoup s'étaient alarmés du déséquilibre démographique de la France face à l'Allemagne. Le Colonel Mangin avait écrit dans son livre "La force noire", paru en 1910, qu'il considérait que l'Afrique était une réserve humaine pour la France, qu'elle était d'après lui, naturellement destinée à être un grenier à soldats. Et il évoquait même l'idée d'une France à cent millions d'habitants pour pallier ce déficit démographique. C'est lui qui déclara en pleine guerre : "il faut mettre ces soldats en avant et leur donner des missions la nuit car ils sont robustes et font peur aux Allemands."

Dans ce contexte d'avant- guerre, l'appel à ces soldats met fin à des hésitations qui n'ont que trop duré, d'après ce bouillonnant colonel. Pour pallier ce manque de soldats, les proconsuls aux colonies font circuler de manière fallacieuse l'idée d'une participation "enthousiaste" des colonies. Or ces recrutements se sont déroulés sous la contrainte et dans la violence, comme ce fut le cas en à l'Ouest du Burkina, où une opposition s'est dressée contre ces enrôlements de force de novembre 1915 à juin 1916. Blaise Diagne (1872-1934), premier député d'origine africaine à l'Assemblée, à l'époque sera un des recruteurs ayant réussi à coups de promesses, d'avantages sociaux et de démagogie à incorporer des milliers d'Africains dans l'armée française. Il sera récompensé en intégrant le cabinet de Clemenceau en 1917 et finira sa carrière comme sous-secrétaire d'Etat aux colonies. Beaucoup acquitteront alors leur tribut du sang en défendant la mère patrie et les fils de nos ancêtres les Gaulois.

Bon nombre survivront à l'enfer de Verdun, ou de Monte Cassino en Italie avant de sombrer dans le désarroi de l'incompréhension et l'alcoolisme. Citons l'exemple de Lapayé Natou, ce vaillant soldat de l'armée de l'union française, miné par les ravages de l'alcool, qui s'effondra en 1961 dans sa ville de Kaolak dans la région du Sine Salloum au Sénégal, un des centres mondiaux de l'arachide où la famille française Lesieur a bâti sa grande fortune. Avant de mourir il a dit ce qui suit: "C'est moi Lapayé Natou, l'homme de l'homme, coeur de lion, peau de panthère, l'homme qui a fait son devoir en mer, en Méditerranée, à l'est de Baden-Baden. Celui qui me connaît, ça va, celui qui ne me connaît pas, tant pis."

Ce combattant voulait dire, à sa manière, qu'il était un être humain qui n'avait pas peur des dangers, qu'il était solide et robuste, un homme qui avait répondu à l'appel de la France, avait participé à plusieurs combats, sur plusieurs continents pour défendre la Métropole. Il demandait qu'on reconnaisse sa valeur guerrière ainsi que celle des siens. Mais il n'avait aucune rancune contre celui qui ne le reconnaissait pas, car ce n'était la faute de personne, sinon celle du temps qui s'éloigne et fait disparaître les souvenirs.

Face à ces blessures, une identité noire forgée dans les souffrances de l'histoire fait son chemin. Antillais ou enfants de l'ex-empire colonial, ils réclament le réexamen de l'histoire voire des indemnités pour toutes les humiliations que les Européens ont causées à leurs ancêtres. Ils se considèrent comme les héritiers du mozart noir, le chevalier de saint-Georges (vers 1739-1799) ou de Jean-Baptiste Belley élu par Saint-Domingue à la convention en 1794, de Toussaint Louverture (1743-1803), cet esclave affranchi devenu général révolutionnaire qui se retourna contre les Français lorsque ces derniers ont voulu rétablir l'esclavage, de Béhanzin (1844-1906) roi du Dahomey ayant combattu la colonisation de son pays. Mais aussi de Franz Fanon, psychiatre martiniquais et militant anticolonialiste symbole du tiers-mondisme, connu mondialement, de Léopold Senghor ancien député de la République, ancien ministre, poète et chantre du métissage et porte-drapeau de la francophonie que la France a renvoyé à son africanité lors de son décès en 2001, où aucun responsable politique français n'a assisté à ses obsèques, et surtout les fils de ces tirailleurs sénégalais qui sont venus défendre la France.

Ces noirs de France (2 à 5 millions d'après les estimations) sont de plus en plus nombreux à affirmer leur identité et à assumer leur histoire. Du conseil représentatif des associations noires (cran) en passant par la nouvelle élite médiatique et sportive, tous revendiquent une "fierté noire" à la française et /ou à l'africaine.

hedisaidi@wanadoo.fr

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