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 Le double jeu des Saoudiens

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mihou
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18052006
MessageLe double jeu des Saoudiens

Courrier international, no. 774
Moyen-Orient, jeudi 1 septembre 2005, p. 21

ARABIE SAOUDITE
Le double jeu des Saoudiens

John R. Bradley
Prospect (Londres)

Même si le nouveau roi, Abdallah, jouit d'une bonne réputation, le régime demeure empêtré dans ses contradictions : à la fois allié de l'Occident et protecteur des forces qui veulent le détruire.

C'est à la fin du mois de juin qu'a été perçu le premier signe clair d'une annonce imminente de la mort du roi Fahd. A cette date, le prince Bandar Ben Sultan, neveu du défunt roi, a quitté ses fonctions d'ambassadeur aux Etats-Unis, qu'il occupait depuis vingt-deux ans. Quelques semaines plus tard, le décès de Fahd était annoncé, et le prince héritier Abdallah prenait officiellement le pouvoir.

Autrement dit, le changement d'ambassadeur à Washington avait été le signal du déclenchement d'une lutte pour la succession qui a inévitablement opposé des princes rivaux issus de branches concurrentes de la famille régnante. Les relations entre le roi Abdallah et le nouvel ambassadeur saoudien [à Washington], le prince Turki, montrent comment les liens personnels entre princes continueront de jouer un rôle essentiel pour l'avenir du royaume.

A cela s'ajoute une complication supplémentaire : le prince Bandar est le fils du ministre de la Défense, le prince Sultan, désigné comme prince héritier à l'annonce de la mort du roi Fahd. S'il a perdu son poste à Washington, Bandar peut toutefois espérer occuper une place de choix dans le nouveau régime, à l'ombre de son puissant géniteur. Le prince Sultan est l'un des six frères du souverain disparu ; parmi les autres, on trouve également le prince Salman, gouverneur de Riyad, et le prince Naif, ministre de l'Intérieur. Ce sont les principaux rivaux de leur demi-frère, le roi Abdallah. Ultraconservateurs qui ne se refusent pourtant aucun caprice, ils se méfient fortement d'Abdallah, essentiellement parce qu'il est proche des "progressistes" et parce qu'il dit vouloir lutter contre la corruption.

Sous bien des aspects, on n'aurait pu rêver meilleur moment pour la succession. L'Arabie Saoudite croule sous l'argent du pétrole, et Abdallah a récemment bouclé une rencontre très réussie avec George W. Bush. De plus, Abdallah est le premier roi - depuis son demi-frère Fayçal, qui a régné de 1964 à 1975 - à jouir d'une authentique popularité auprès des masses saoudiennes. Il s'est présenté comme un dirigeant musulman fort, rejetant les abus notoires des membres de sa famille. Dans le même temps, il s'est efforcé de rassembler les factions adverses du royaume au nom d'un islam plus modéré. Homme simple connu pour sa franchise, il entretient incontestablement un lien avec les délaissés de la société saoudienne, allant même jusqu'à se rendre dans les bidonvilles pour écouter les griefs de leurs habitants. Je n'ai jamais rencontré qui que ce soit ayant à dire du bien du roi Fahd ou du mal d'Abdallah.

Malgré tout, même s'il se mue en un véritable monarque réformateur comme Fayçal, Abdallah n'est au mieux qu'une réponse à court terme aux problèmes saoudiens. Il est âgé d'au moins 80 ans et on ne peut savoir s'il demeurera longtemps en bonne santé. Mais son successeur désigné, le prince Sultan, a au moins 76 ans. Nous ne sommes pas loin de voir s'éteindre cette génération. Cela pourrait déclencher une compétition nettement plus déstabilisante.

Fahd coureur de jupons et "gardien des lieux saints"

La domination des fils du fondateur de l'Arabie moderne, le roi Abd El-Aziz, et la possibilité qu'a eue chacun de régner sont parmi les traits les plus distinctifs du pays. Abd El-Aziz, qui a fondé le royaume en 1932, avait au moins quarante fils. Les princes Salman, Sultan et Naif sont quelques-uns des plus en vue des vingt-deux à être encore en vie.

La situation est en revanche plus difficile pour les puissants princes de ce que l'on appelle la troisième génération, les petits-fils d'Abd El-Aziz. Ils seraient des milliers, dont beaucoup éduqués en Occident, et la majorité espère sans doute ardemment porter un jour la couronne. Ils ont d'innombrables demi-frères et cousins. Puisqu'il n'y a pas de ligne de succession claire après le prince Sultan, ceux d'entre eux qui ont entre 40 et 50 ans jouent des coudes pour accéder au statut d'héritier. Le prince Bandar en fait partie, ainsi que le prince milliardaire Al-Walid Ben-Talal et le fils préféré du roi Fahd, Abdul Aziz, un temps connu comme l'adolescent le plus riche du monde.

Le roi Fahd lui-même restera surtout dans les mémoires pour avoir autorisé des troupes américaines à utiliser l'Arabie Saoudite comme base pour leur offensive contre l'Irak en 1991. Cet acte a certes consolidé l'alliance vieille de soixante ans entre Washington et Riyad, mais il a eu pour conséquence de déchaîner les extrémistes islamistes du royaume contre la maison des Saoud. Non seulement la présence de troupes "infidèles" sur le sol sacré d'Arabie a ravivé des tensions historiques, mais elle montre en outre comment la famille royale a toujours cherché à jouer sur les deux tableaux : pencher pour une modernisation contrôlée tout en préservant la tradition ; être l'alliée des Etats-Unis et de l'Occident tout en se tenant à l'écart de leur influence corruptrice et en lâchant la bride, sur son territoire, à un establishment religieux wahhabite extrémiste qui, au bout du compte, rêve de détruire l'Occident. Personne n'incarne mieux ces contradictions absurdes que le roi Fahd lui-même : coureur de jupons, joueur, buveur, il s'était paré du titre de "gardien des Lieux saints".

Si les radicaux trouvent un écho lorsqu'ils accusent la dynastie Saoud de corruption et d'hypocrisie, les velléités de réforme de la part du régime vont se multiplier, risquant d'aggraver l'instabilité latente. Deux forces sont à l'oeuvre contre la stabilité : les brusques bouleversements sociaux provoqués par la richesse pétrolière dans les années 1970 et la croissance démographique, qui a accouché d'une nombreuse jeunesse accoutumée à la richesse et au mode de vie occidental. Il est bien sûr possible que les dirigeants de la prochaine génération se montrent aussi habiles que certains de leurs prédécesseurs, en particulier le roi Fayçal, célèbre pour avoir déclaré, au plus fort du boom pétrolier : "En une génération, nous sommes passés du chameau à la Cadillac. Mais, à voir notre façon de gaspiller l'argent aujourd'hui, je crains fort que la prochaine génération n'en revienne au chameau."

En fin de compte, l'avenir du pays dépend désormais des choix du roi Abdallah : décidera-t-il de s'attaquer de front à la réalité ou continuera-t-il de laisser son entourage s'enfouir la tête dans le sable gorgé de pétrole ? Il a hérité de problèmes sociaux et économiques monumentaux, qui découlent des décennies de mauvaise gestion sous le roi Fahd. Officiellement, le taux de chômage est de 9 %, mais il est en fait nettement supérieur. Quelque 75 % de la population a moins de 30 ans, alors que tous les responsables politiques en ont plus de 70. D'après des experts saoudiens, plus de la moitié de la main-d'oeuvre n'a aucun diplôme.

En Irak, 60 % des kamikazes seraient d'origine saoudienne

Il n'est pas difficile de rappeler qu'une maison divisée ne peut que s'écrouler. On peut même espérer que les Saoud en prendront conscience plutôt que de se laisser dominer par leurs dissensions. Car dans l'ombre attendent les adversaires les plus déterminés, qui désirent ardemment s'emparer des richesses pétrolières : les partisans de Ben Laden. Pendant ce temps, tandis que le gouvernement Bush cherche à imposer la démocratie au Moyen-Orient, l'Arabie Saoudite, elle, s'engage sur la voie opposée, avec pour seul objectif reconnu la lutte contre le terrorisme - une lutte qui permet à la monarchie de tirer un trait sur les rares initiatives réformistes et de bloquer toute tentative allant dans le sens d'un changement démocratique. Au mépris de ces réalités, Riyad continue de nourrir l'illusion qu'il est en faveur d'une politique réformatrice. Or les élections municipales de 2005 n'ont eu aucune signification pratique, les femmes étant privées du droit de vote et le scrutin ayant abouti à la victoire des extrémistes. Quant à la famille royale, elle ne s'est même pas donné la peine d'y participer.

Ces contradictions sont à l'origine de l'instabilité qui règne dans les relations américano-saoudiennes, comme l'ont clairement montré tant le 11 septembre [2001] que la guerre en Irak. Tout en s'efforçant d'apaiser Washington sur certaines questions liées au conflit, Riyad n'a pu empêcher quelque 2 500 citoyens saoudiens de se rendre en Irak pour organiser ou perpétrer des actes terroristes. Selon une étude récente, en Irak, plus de 60 % des kamikazes seraient d'origine saoudienne. La maison Saoud, en ne cessant de s'appuyer sur l'Occident, se retrouve entre le marteau et l'enclume, prise au piège du double jeu auquel elle se livre depuis des années à la fois avec son peuple et avec les Etats-Unis.


Encadré(s) :

Contradictions

Courrier international

Alors que l'Arabie Saoudite est l'un des rares pays au monde à appliquer strictement la charia, le demi-frère du roi Abdallah, le prince Talal ben Abdel Aziz, a appelé sur les ondes de Radio Monte Carlo les pays arabes et son propre pays à adopter le principe de constitutions qui soient simplement "compatibles avec l'islam". Par ailleurs, devant un certain "relâchement" dans des établissements scolaires à Riyad, le ministère de l'Education saoudien a rappelé que la mixité était interdite dans tous les cycles de l'enseignement "à l'exception des crèches et des jardins d'enfants". Rappelons que les femmes n'ont toujours pas le droit de vote, voire de conduire une voiture ou de manger seules dans un restaurant.

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