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 Bientôt soixante ans : Que faire des Nations unies ?

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mihou
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18052006
MessageBientôt soixante ans : Que faire des Nations unies ?

Courrier international, no. 775
Débat, jeudi 8 septembre 2005, p. 46

Bientôt soixante ans : Que faire des Nations unies ?

Que faire des Nations unies ?

Moisés Naím
El País (Madrid)

Les aberrations de l'actuel système onusien vont pousser les Etats à réagir, juge Moisés Naím, le directeur de la revue Foreign Policy.

On sait combien les fraudes de Ken Lay et de Bernie Ebbers, respectivement anciens patrons d'Enron et de WorldCom, ont contribué à assainir la gouvernance d'entreprise. John Bolton, le nouvel ambassadeur des Etats-Unis aux Nations unies, et Robert Mugabe, le vieux tyran du Zimbabwe, auront-ils eux aussi, à leur manière, une influence bénéfique sur la gouvernance mondiale ?

Il a fallu qu'éclatent les énormes scandales Enron et WorldCom pour sortir l'opinion publique et les politiques de leur passivité face aux pratiques abusives des chefs d'entreprise. Résultat, après avoir été trop longtemps monnaie courante, les abus et l'impunité sont désormais bien moins tolérés. La présence de Bolton et de Mugabe contribuera-t-elle à mobiliser l'énergie politique nécessaire pour changer le mode de fonctionnement de l'ONU et d'autres organismes internationaux ?

Bolton est célèbre pour avoir dit : "Les Nations unies, ça n'existe pas ; si le bâtiment qui héberge le secrétariat de l'ONU à New York avait dix étages de moins, cela ne changerait rien." Lors des auditions au Sénat en vue de la confirmation de sa nomination, un de ses anciens collègues a témoigné qu'il était systématiquement odieux avec les subordonnés qui osaient lui tenir tête. D'après les informations recueillies par le Sénat, l'ambassadeur fait davantage figure de despote que de diplomate. Aujourd'hui, Bolton se retrouve à New York pour réformer une institution dont il n'a cessé de remettre en question, et avec véhémence, l'existence et l'utilité mêmes.

Tandis que les observateurs digéraient le paradoxe d'avoir Bolton comme chef de la diplomatie américaine aux Nations unies, l'organisation internationale annonçait une décision qui, si ordinaire qu'elle soit, n'en est pas moins incroyable : le Zimbabwe avait été réélu membre de la Commission des droits de l'homme. Oui, le Zimbabwe, ce pays dirigé par le dictateur Robert Mugabe, l'un des responsables des pires violations des droits de l'homme dans le monde ! Il peut paraître démentiel qu'un régime qui intimide son opposition politique en l'affamant et en la persécutant ait la faculté de juger de la situation des droits de l'homme dans d'autres pays. Mais il y a plus démentiel encore. Qui est responsable d'avoir réélu le Zimbabwe ? La réponse est : personne !

Certes, il y a bien eu une élection officielle et une session en bonne et due forme au cours de laquelle les différents pays ont mis leur bulletin dans l'urne : elle a eu lieu à New York, le 27 avril. Toutefois, dans la pratique, ces procédures n'ont pour but que d'occulter la responsabilité des décisions que prend l'Organisation. L'instance dirigeante de la Commission des droits de l'homme n'est autre que le Conseil économique et social de l'ONU, l'ECOSOC - un groupe de 54 pays, lui-même divisé en sous-groupes régionaux, chacun d'entre eux disposant du droit automatique d'occuper un certain nombre de sièges au sein de la Commission. Cette année, les 14 membres africains ont présenté la candidature de trois nouveaux pays, le Botswana, le Cameroun et le Maroc, et ils ont proposé la réélection du Zimbabwe. C'est-à-dire que 14 ambassadeurs de pays africains auprès des Nations unies - ou, dans certains cas, leurs représentants à l'ECOSOC - ont "voté". Cette même méthode a permis à Cuba, autre glorieux exemple de respect des droits de l'homme, d'être réélu en 2003 par les pays d'Amérique latine et des Caraïbes, et aux Etats asiatiques de reconduire la Chine tous les trois ans depuis 1982. Cette formule a également permis à la Libye de présider ladite Commission.

Si un tel degré d'hypocrisie est jugé acceptable, et de fait normal, on est tenté de dire que Bolton et les Nations unies se méritent mutuellement. Et tenté par la même occasion de se désintéresser de l'ONU et de la triste et coûteuse pantomime qu'interprètent tous les ans les plus de 3 000 délégués qui assistent aux réunions de la Commission des droits de l'homme. Mais on aurait tort de céder à cette tentation.

Car, en dépit de tous les dysfonctionnements de l'ONU, le monde a plus que jamais besoin d'instances multilatérales. Nous en avons besoin malgré leurs lenteurs, leur coût, leur fréquente inefficacité, leurs côtés ridicules et parfois même leur corruption. Aucun pays ne saurait à lui seul résoudre des problèmes de plus en plus évidents et nombreux - pollution atmosphérique, trafic d'êtres humains, prolifération nucléaire, pour n'en citer que quelques-uns -, problèmes qui ont une dimension mondiale et appellent des solutions également mondiales.

En outre, par une étrange alchimie, les relents de corruption, de gaspillage et d'ineptie que l'on hume aux Nations unies sont peut-être en train de se transformer en grand vent de changement - ou, tout au moins, en brise de réformes. Le débat sur la guerre en Irak, le scandale concernant le programme Pétrole contre nourriture* et les accusations portées contre plusieurs hauts fonctionnaires de l'Organisation (népotisme, harcèlement sexuel, corruption, etc.) ont créé un climat propice au changement. Kofi Annan, le très critiqué secrétaire général de l'ONU, a proposé d'importantes réformes, qui portent entre autres sur la honteuse Commission des droits de l'homme.

Du 14 au 16 septembre, quand les pays membres de l'ONU étudieront les réformes proposées, ils nous donneront une bonne occasion de vérifier jusqu'à quel point le monde a envie d'avoir une Organisation des Nations unies qui fonctionne mieux. Il faut espérer que ces réformes seront acceptées, mais on est en droit d'être sceptique. Les leaders mondiaux sont habitués à vivre avec une ONU faible, inefficace, aux prises avec d'innombrables problèmes. Quant aux citoyens de la planète, ils sont généralement apathiques face à de telles organisations. Mais la réforme des Nations unies ne dépendra pas de la volonté de tel ou tel individu ; en tout cas, pas de celle d'un secrétaire général qui se montre irritant à force de diplomatie ou d'un ambassadeur américain braillard et rompu aux méthodes d'intimidation. Le changement ne se produira que lorsque les Etats et leurs opinions publiques - autrement dit, vous et moi - prendront conscience que l'avenir dépend pour une bonne part du bon fonctionnement de l'ONU. Si Bolton et Mugabe, par leur comportement, parviennent à susciter cette prise de conscience, ils seront peut-être la meilleure chose qui soit jamais arrivée à l'ONU.

* Certains fonctionnaires de l'ONU sont accusés d'avoir empoché des commissions dans le cadre de ce programme en vigueur de 1996 à 2003 pour alléger l'impact de l'embargo international imposé au régime irakien.


Encadré(s) :

Moisés Naím

Courrier international

Ancien administrateur de la Banque mondiale, ce Vénézuélien dirige depuis 1997 la prestigieuse revue de politique internationale Foreign Policy. Il est l'auteur de neuf livres, dont Illicit, un panorama mondial du commerce illicite, à paraître en octobre aux Etats-Unis.

A lire

Courrier international

- Le Monde diplomatique consacre dans son numéro de septembre 2005 un grand dossier à l'avenir des Nations unies. Avec, entre autres, la contribution de la politologue américaine Samantha Power.

- Dans Fin de partie à l'ONU (Lattès, 2005), le journaliste de RFI Pierre-Edouard Deldique analyse le projet de réforme qui sera débattu du 14 au 16 septembre. Il est aussi l'auteur de Faut-il supprimer l'ONU ? (Hachette Littératures, 2003).

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