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 HISTOIRE ÉPIQUE D'UN HÔPITAL "CANADIEN" EN AFRIQUE

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mihou
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12052006
MessageHISTOIRE ÉPIQUE D'UN HÔPITAL "CANADIEN" EN AFRIQUE

HISTOIRE ÉPIQUE D'UN HÔPITAL "CANADIEN" EN AFRIQUE

Une équipe de professionnels du Centre hospitalier de l'Université de Montréal se dévoue corps et âme, dans une province reculée du Gabon, pour faire fonctionner un hôpital. Les conditions sont dures. L'hôpital a manqué d'eau et est encore souvent à court de médicaments. Des appareils essentiels, fournis par la coopération canadienne, ne fonctionnent pas, notamment pour les rayons X. Des sommes importantes d'argent ont disparu. Mais les médecins et infirmières ne baissent pas les bras. Notre journaliste, André Noël, s'est rendu sur place pour les voir à l'oeuvre.

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HISTOIRE ÉPIQUE D'UN HÔPITAL "CANADIEN" EN AFRIQUE :: Commentaires

DES QUÉBÉCOIS SE DÉMÈNENT POUR UN HÔPITAL AU GABON

Noël, André

Oyem, Gabon - L'enfant de 2 ans, inconscient, frissonnait à son arrivée aux urgences. Le docteur Achille Mbickou a posé son diagnostic en un coup d'oeil. Température élevée, pieds et mains pâles, respiration saccadée, rate gonflée, autant de symptômes qui ne mentent pas.

Le paludisme. Une maladie que le jeune médecin observe tous les jours dans cette ville chaude, humide, remplie de marécages et souvent de tas d'ordures laissés en plan. Des milieux parfaits pour les moustiques. À la tombée de la nuit, ils entrent comme le vent dans les maisons de planches et de tôles aux fenêtres sans vitre ni moustiquaire. Lorsque les insectes pompent le sang, les parasites présents dans leur salive passent dans les veines et se logent dans les cellules du foie, où ils prolifèrent. Puis, ils envahissent les globules rouges et les font éclater. L'anémie devient parfois fatale. Le cerveau peut être atteint. Le paludisme tue un million d'enfants par année en Afrique.

Suivant le protocole, le Dr Mbickou a demandé à une infirmière de prélever une goutte de sang et de l'envoyer au laboratoire. Les résultats sont arrivés une demi-heure plus tard. Ils l'ont inquiété. Le taux d'hémoglobine était tombé à deux grammes par 100 millilitres. Chez un enfant, ce taux varie normalement entre 11 et 15 g/100 ml. À moins de trois grammes, la mort peut survenir à tout moment.

Le médecin a ordonné qu'on apporte au plus vite un culot globulaire, un sac contenant seulement des globules rouges. L'infirmière a installé deux canules dans les veines. Une pour la transfusion de sang, l'autre pour la quinine (un antipaludéen) en perfusion dans un sérum glucosé, contenant aussi des vitamines et un antipyrétique pour abaisser la fièvre. C'était un lundi de mars, à 19h. Le lendemain matin, l'enfant s'assoyait sur la civière, calme et conscient. À midi, il réclamait du yaourt. Le Dr Mbickou a observé ses mains et ses pieds: ils avaient repris leur belle couleur, ce qui l'a rempli de bonheur. " Ça me fait plaisir de sauver des enfants comme ça! raconte-t-il, un sourire éclatant barrant son visage. Un décès évité, quoi! "

Des enfants comme ça, il en sauve des dizaines chaque année. Cela peut sembler banal. Ce ne l'est pas du tout. Il ne suffit pas d'un bon médecin pour sauver un enfant. Il faut une équipe derrière lui, des infirmières et des employés compétents. Il faut une banque de sang, et donc une organisation bien rodée pour le recueillir et des frigos en bon état pour le conserver. Il faut des seringues propres pour les intraveineuses, un laboratoire, des microscopes, des stérilisateurs, de la quinine, des sacs de soluté, un système efficace d'approvisionnement.

À Montréal, cela semble aller de soi. À Oyem, bourg de 30 000 habitants entouré d'une dense forêt équatoriale, à la périphérie d'un pays gangrené par la corruption, cela relève de l'exploit. Un exploit auquel participe une dizaine de médecins, d'infirmières et de techniciens québécois. Ils travaillent dans des conditions difficiles, ni pour la gloire ni pour l'argent. Seulement pour le sentiment d'être utiles.

J'ai entendu parler d'eux par mon fils, François, 25 ans. Reçu médecin en juin, il a voulu travailler bénévolement en Afrique avant d'entreprendre sa résidence. Il a frappé à la porte de l'Unité de santé internationale, qui relève de l'Université de Montréal et de son Centre hospitalier. Le CHUM l'a envoyé au Gabon avec sa copine, également étudiante en médecine.

Dans les années 90, le gouvernement canadien a financé la construction de deux hôpitaux dans ce pays d'un million et demi d'habitants, riche en pétrole. Mais le plus difficile n'est pas d'ériger des murs. Une fois la construction terminée, vers 1998, le nouvel hôpital d'Oyem est resté fermé pendant presque quatre ans, faute d'experts, de matériel, d'organisation. Une équipe du CHUM a alors été mise à contribution, avec l'Agence canadienne de développement international.

Dès le départ se pose un problème de taille: il n'y a pas d'eau, ou presque pas. De 2000 à 5000 litres par jour, au lieu des 50 000 requis pour une centaine de lits. Une cause parmi d'autres: l'hôpital est construit sur une butte et les pompes manquent de puissance. La Société de l'énergie et de l'eau du Gabon (SEEG), contrôlée par le groupe français Veolia (appelé autrefois la Générale des eaux), lésine sur la dépense.

" Ça n'avait pas de sens d'ouvrir un hôpital sans eau, raconte le docteur Gaétan Garon, gestionnaire québécois qui agit comme directeur des services médicaux de l'hôpital d'Oyem. Les gens (de la SEEG) nous disaient: oui, oui, on vient demain. Mais demain, c'était des mois. "

La pression était forte sur les " Canadiens ", comme on les appelle à Oyem, pour qu'ils ouvrent enfin l'hôpital. Tant qu'il restait fermé, les familles devaient continuer d'amener leurs malades à l'ancien hôpital, qui tombait en ruines. Des oiseaux nichaient dans les plafonds de ses pavillons crasseux. Des chiens erraient dans les couloirs. La salle d'opération était nettoyée au diesel. Le chirurgien opérait ses patients en fumant...

Mais il n'y avait pas que la pénurie d'eau qui empêchait de transférer les patients dans le nouvel hôpital. Après sa construction, ses salles techniques n'ont pas été climatisées. Des appareils tout neufs ont eu le temps de rouiller. La radiographie ne fonctionne toujours pas.

" Du matériel avait disparu, se rappelle Daniel Campeau, coordonnateur du projet de l'Unité de santé internationale de Montréal à Oyem. Il y avait bien un bloc opératoire, mais pas de table d'anesthésie et pas de bistouri électrique. Des matelas, mais pas de draps. L'électricité et la plomberie devaient être en partie refaites, mais les fils et les tuyaux étaient dissimulés dans le ciment. Il fallait le casser pour les trouver! "

Environ la moitié des crédits prévus pour acheter des équipements et ouvrir l'hôpital s'était volatilisé. Les anciens directeurs avaient placé des millions de francs CFA chez des fournisseurs. Lorsque les responsables canadiens leur ont demandé de livrer le matériel, payé depuis longtemps, ils leur ont répondu qu'il n'était pas prêt. Un des principaux fournisseurs, un agent français de Libreville (la capitale du Gabon), s'est sauvé à Paris avec 200 millions de FCFA (425 000 $).

La clinique externe ouvre en 2002. La plupart des départements suivent au début de 2004: pédiatrie, maternité, médecine générale, chirurgie, etc. Mais après les problèmes techniques, il restait un gros obstacle à surmonter: les habitudes du personnel de l'ancien hôpital, qui suivait les patients. Des employés n'hésitaient pas à y exploiter les malades, à voler médicaments et matériel.

Au Gabon, l'exemple vient de haut. Le président Omar Bongo et son clan, en poste depuis 1967, dilapident le trésor public, alimenté par les revenus du pétrole. Bongo s'est fait construire de luxueux palais présidentiels dans la capitale et dans toutes les villes importantes du pays. Juché sur une colline, l'un d'entre eux domine Oyem. Par contre, le gouvernement n'a pas d'argent pour distribuer des moustiquaires, vacciner tous les enfants ou payer décemment (et régulièrement) les employés d'hôpitaux.

À leur arrivée dans le nouvel hôpital, bien des infirmières ne savaient pas comment prendre la pression, l'interpréter, installer des solutés, écouter le coeur, poser des pansements. Cydia Leblanc et Louise Brassard, des infirmières de Montréal, les ont prises en charge. Les plus compétentes, Léontine Éyang et Nicole Oniane, sont dorénavant à la tête de la Direction des soins infirmiers, dont la création est une première au pays.

Le Dr Garon et son prédécesseur, le Dr Caroline Pedneault, de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, ont aussi institué les dossiers des patients, les tournées générales des malades, les consultations entre médecins, les conférences scientifiques, la tenue des registres, l'archivage des documents. Leur but: faire de l'hôpital d'Oyem un " modèle de qualité " dont pourraient s'inspirer les autres hôpitaux du Gabon.

Bien des déficiences restent à corriger. Les patients se plaignent qu'ils ne peuvent déranger les employés et les infirmières qui dorment la nuit. Des médicaments continuent de disparaître ou ne sont pas livrés à temps. Des appareils de base font défaut. Des erreurs médicales flagrantes sont commises. Mais l'hôpital est propre et fonctionnel. Il remplit sa mission première: guérir les malades et sauver des vies.

Pour combien de temps? C'est la question qui hante tout le monde là-bas. Le contrat avec le CHUM devait se terminer à la fin du mois, ce qui faisait craindre le pire. L'État gabonais va probablement le renouveler pour deux ans. " Beaucoup de personnes nous disent que dès que les Canadiens partiront, le nouvel hôpital sera vandalisé et tombera en ruines comme l'ancien, confie l'infirmière Cydia Leblanc. Mais qu'on nous laisse encore quelques années, et nous réussirons à former une bonne équipe de relève gabonaise. En tout cas, c'est notre plus grand espoir. "
Les mauvaises pièces au mauvais endroit
Le Canada a envoyé des appareils qui ne fonctionnent pas en Afrique

Noël, André

Oyem, Gabon - Lorsque des amis viennent les voir, les Canadiens de l'hôpital d'Oyem ne leur demandent pas de leur apporter du sirop d'érable, mais des manettes de chasse d'eau pour des toilettes de marque Crane, ou des fusibles de type nord-américain.

Ces objets sont introuvables en Afrique. Mais ce sont avec eux qu'une compagnie de Victoriaville a équipé l'hôpital. Résultat: quand les pièces se brisent, il est impossible de les remplacer. Des appareils aussi cruciaux que les autoclaves pour stériliser les instruments chirurgicaux ne fonctionnent pas. Tel est l'un des aspects les plus absurdes de la coopération canadienne.

Lorsque les chantiers de la Baie-James ont fermé, la compagnie Vibec s'est tournée vers le Gabon... et la Société pour l'expansion des exportations. La SEE, qui s'appelle maintenant Exportation et Développement Canada (EDC), est une agence du gouvernement fédéral qui assure et finance les entreprises canadiennes qui font des affaires à l'étranger.

Dans son livre On the Take, Crime, Corruption and Greed in the Mulroney Years, Stevie Cameron écrit que les lobbyistes de Vibec avaient des entrées privilégiées dans le cabinet de Brian Mulroney, de telle sorte que le gouvernement a vite offert son aide financière, même si les contrats gabonais ne répondaient à aucun des critères de la SEE.

Joint à Victoriaville, ce printemps, le président de Vibec, Denis Roy, n'a pas caché qu'il a fait jouer ses contacts politiques, tant au Canada qu'au Gabon (il considère le président Omar Bongo comme un ami personnel). Selon lui, il est souhaitable que le gouvernement canadien soutienne ses entreprises. " La France et d'autres pays aident bien plus leurs propres compagnies en Afrique ", dit-il.

Avec l'aide d'Ottawa, Vibec a fait plusieurs constructions au Gabon. L'hôpital d'Oyem a coûté une quinzaine de millions de dollars, estime M. Roy. L'État gabonais a payé une partie de la facture, et le gouvernement canadien le reste. Il ne se souvient pas des détails, et Exportation et Développement Canada ne les trouve pas dans ses archives.

Pourquoi avoir équipé l'hôpital avec des appareils nord-américains, dont les pièces sont introuvables en Afrique ou dont personne ne connaît le fonctionnement au Gabon? " Ça faisait partie des exigences de la SEE, répond M. Roy. Ils (la SEE) n'accordent pas du financement par hasard! Il faut qu'il y ait des retombées au Canada. "

Philippe Taylor, le porte-parole d'EDC, conteste cette affirmation. " Acheter des appareils canadiens n'était pas une exigence, a-t-il dit. Le bénéfice (à l'économie canadienne) était déjà établi, puisque c'est une compagnie canadienne qui avait eu le contrat. "

Quoi qu'il en soit, le résultat de cette politique d'achat au Canada a été déplorable à l'hôpital d'Oyem. Importer des équipements et les installer n'est pas une tâche bien compliquée. C'en est une autre que de les entretenir et les faire fonctionner.

Pierre Côté, technologue en génie biomédical de l'hôpital de Cowansville, en sait quelque chose. Le Centre hospitalier de l'Université de Montréal l'a fait venir à Oyem cette année. Il ne s'attendait pas à voir ce qu'il a vu.

L'hôpital est équipé de gros autoclaves encastrés pour stériliser les instruments chirurgicaux. " Ce sont des appareils ultrasophistiqués, que personne ne sait faire fonctionner ici ", explique Pierre Côté. Il me montre un appareil de stérilisation à froid qui utilise de l'oxyde d'éthylène, un gaz mortel. " C'est tellement dangereux qu'on a cessé d'employer ces appareils au Québec il y a 10 ans ", dit-il.

Les appareils de stérilisation à vapeur ne sont guère plus utiles. La vapeur doit être propre. Or, l'eau distribuée à l'hôpital est contaminée. Il faut donc ajouter un purificateur. Au bout du compte, les instruments chirurgicaux sont " stérilisés " dans un four à air chaud, avec un résultat bien moyen.

Un grand nombre d'appareils commandés au Canada fonctionnent avec un courant de 110 volts, alors que l'Afrique est branchée sur le 220 volts. C'est le cas des appareils de calibrage et des réfrigérateurs. Il ne suffit pas d'ajouter des transformateurs. Un ouvrier a pris plus d'une semaine pour changer le système d'alimentation électrique d'un seul frigo.

L'appareil de rayons X, lui, a rouillé pendant cinq ans. Il est inutilisable. Cet hiver, une écolière a été renversée par un taxi à Oyem. Le docteur Achille Mbickou a tout fait pour la sauver, mais ce n'était pas facile: il ne pouvait même pas faire de radio. " Serait-elle morte même si on avait eu tous les équipements voulus? demande-t-il. Peut-être. Peut-être pas... "

Les cuisines de l'hôpital ont été équipées avec des cuisinières fonctionnant avec du propane, alors que le Gabon utilise du butane. Quand des pièces se brisent, impossible de les remplacer.

Même chose pour les cabinets de toilettes: en Afrique, les mécanismes de chasse d'eau sont de type européen, pas américain. " On démantèle des cabinets pour réparer les autres, explique le coordonnateur du projet, Daniel Campeau. Et on demande à des amis de nous apporter des manettes et des flotteurs. "


Encadré(s) :

REPÈRES: LE GABON

Population: 1,5 million

Superficie: 267 670 km2 (comme la Grande-Bretagne)

Langues: français et 40 dialectes, surtout bantous

PIB par habitant: 5439 US$ (comme le Venezuela)

Ressources: pétrole (44% du PIB), bois, mines

Espérance de vie: 53 ans (Venezuela: 74 ans)

Mortalité infantile: 57 décès/1000 (Québec: 4/ 1000)

Président: Omar Bongo, en poste depuis 1967, réélu en novembre pour un nouveau mandat de sept ans au terme d'élections marquées par des irrégularités, selon le département d'État des États-Unis

Illustration(s) :

Claude Haba et Pierre Côté, technologue en génie biomédical de Cowansville prêté à l'hôpital d'Oyem, autour d'un réfrigérateur américain Lab-Line qui fonctionne avec du 110 volts... alors que le Gabon utilise du 220 volts.
 

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