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 Aluku [Boni], Paramaka, Ndyuka et Saramaka : Les Africains

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mihou
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11052006
MessageAluku [Boni], Paramaka, Ndyuka et Saramaka : Les Africains

Aluku [Boni], Paramaka, Ndyuka et Saramaka : Les Africains de Guyane et le Marronnage
13/07/2004

Fidèle à sa ligne directrice de décryptage des réalités universelles historiques et présentes sous un prisme opposé aux occidentalo-centrismes dominants, prenant pour point d’ancrage l’optique des dominés et singulièrement des Africains, Afrodescendants et de leurs amis, Afrikara.com donne la parole à un chercheur guyanais, Dénètem Touam Bona dont les travaux sur le Marronnage sont pénétrants et novateurs. C’est toute la perspective de l’histoire des Caraïbes qui se trouve toilettée en profondeur par l’investigation, en attendant une traduction des travaux de qualité qui s’accumulent, dans des programmes scolaires appropriés.

Nous publions une première partie des extraits de la réflexion de Dénètem Touam Bona déjà parus dans le numéro d'automne de la revue Drôle d'époque -2003- et en ligne sur Africultures sous le titre de Retour du Maroni (*).



“ Les Antillais éprouvent de la crainte et de la honte pour leur passé. Ils ont entendu parler de Christophe et de Louverture en Haïti et des Marrons de la Jamaïque ; mais ils pensent qu’ailleurs l’esclavage était une condition établie, acceptée passivement pendant plus de deux siècles. Peu de gens savent qu’au XVIIIe siècle les révoltes d’esclaves aux Caraïbes étaient aussi fréquentes et violentes que les ouragans, et que beaucoup ne furent vaincus que grâce à la trahison d’esclaves “ fidèles ” (1)



Il aura Fallu aux Ndyuka et Saramaka, des groupes d’Africains déportés, près d’un siècle de guérilla contre les troupes esclavagistes pour arracher définitivement leur liberté aux planteurs de Guyane hollandaise (actuel Surinam). En 1760, face à la menace d’un embrasement général de la colonie, les Hollandais furent contraints en effet de ratifier des traités de paix avec les “ Nègres marrons ” (esclaves rebelles). Ces accords officiels consacraient l’indépendance des territoires Ndyuka et Saramaka : de vastes étendues de forêt amazonienne, sillonnées de fleuves et de cours d’eau.

Quelques années plus tard, vers 1768, une nouvelle guerre de libération, plus radicale que les précédentes, fut lancée par un autre groupe de Nègres marrons, les rebelles de la Cottica : leur chef, Boni (qui donna son nom à son peuple), était décidé non seulement à obtenir l’indépendance mais aussi à chasser du Surinam le “ Maître Blanc ”. Cette fois-ci, la Hollande mit sur pied un véritable corps expéditionnaire qui, par sa supériorité numérique et son armement, l’emporta : les Boni se replièrent sur les rives françaises des fleuves Maroni, Sparouine et Lawa.

Depuis lors le destin des Boni est intimement lié à celui de la Guyane française où, au fil du temps, d’autres groupes de Marrons les ont rejoints (2). Aluku (nom que préfèrent se donner les Boni), Paramaka, Ndyuka et Saramaka représentent aujourd’hui plus de 20 % de la population guyanaise. Pourtant il existe très peu d’ouvrages, en France, relatant leur existence et leur histoire. Rien de surprenant à cela : la plupart des livres traitant de l’esclavage présentent en effet le marronnage comme un phénomène secondaire. Le mythe de l’esclave docile, le mythe du philanthrope européen libérant les Noirs reste tenace…

Parce que je voyais dans cette méconnaissance du marronnage une nouvelle injustice commise à l’égard des Africains déportés et de leurs descendants, je décidai de partir quelques temps en Guyane, sur le fleuve Maroni, dans l’espoir d’en apprendre un peu plus sur l’histoire occultée des “ Nègres rebelles ”.



Métamorphoses du marronnage : fugues, guerres et cultures

Le “ marron ” n’est pas une couleur…



D’une certaine façon, mon séjour en Guyane débuta à Montreuil, dans les locaux de la Parole errante (3), un soir de printemps où des amis me firent visionner les rushes d’un entretien qu’ils venaient de réaliser avec Daniel Maximin (4). Dans cet entretien, répondant à des questions de lycéens, l’écrivain guadeloupéen exposait les différentes formes de résistance à l’esclavage que connurent la Caraïbe et les Amériques : les sabotages, les “ suicides ” (un retour au pays des ancêtres), les empoisonnements, les révoltes, les créations culturelles (le créole, la capoeïra, le blues, la santeria…). Quand il en vint au marronnage, au phénomène général de la fuite des esclaves, il en décrivit les deux formes majeures : le “ petit marronnage ” et le “ grand marronnage ”. Le premier était surtout le fait de “ Nègres créoles ” (nés sur place) fuguant soit pour des motifs immédiats (retrouver dans une autre plantation ses parents, sa bien aimée…) soit pour échapper définitivement à leur servitude en se mêlant aux esclaves affranchis des villes. Le second, fruit d’une action collective au sein d’un atelier voire d’une plantation entière, était avant tout le fait de “ Nègres bossales ” (Africains fraîchement débarqués) dont les meneurs étaient souvent d’anciens chefs politiques ou religieux. Seuls les grands marronnages ont laissé des traces durables car ils donnèrent naissance à de véritables sociétés marronnes : Quilombos du Brésil, Palenques et Cumbes de l’Amérique hispanique, Businenge des Guyanes, Maroons de Jamaïque.

Certes, j’avais déjà entendu parler des “ Nègres marrons ”, mais je ne me les représentais que comme de pauvres fugitifs contraints au maraudage, vivant au jour le jour, dans la hantise des “ chasseurs de Nègres ”. Jamais je ne me serais douté qu’ils avaient pu former, en certains lieux, en certains temps, d’importantes et durables communautés. La première recherche que j’entrepris sur leur compte concerna l’origine et le sens de leur dénomination. “ Marron ” n’a bien sûr rien avoir avec la couleur, ce mot vient de l’espagnol cimarron, un terme dont la racine est Taïno (peuple amérindien exterminé). A l’origine, dans l’île de Saint-Domingue, il était employé pour désigner les animaux domestiques fugitifs. Dès 1540, l’usage du terme “ marron ” s’étend à l’ensemble des colonies esclavagistes des Amériques où il désigne désormais les esclaves en fuite.

Pour les planteurs, un Nègre qui s’échappait c’était d’abord un animal ingrat et paresseux, un animal mal dressé… Le déplacement de sens opéré à travers le terme cimarron n’est pas anodin, il révèle l’animalisation systématique à laquelle étaient soumis les Noirs. Pour les esclaves, reconquérir leur humanité, cela passait donc soit par la révolte soit par la fuite (fuite et révolte pouvant s’entremêler) : dans les mornes, les forêts, les espaces vierges, le plus loin possible des plantations, des « habitations » antillaises, des mines colombiennes, des senzala brésiliennes, des multiples espaces d’asservissement radical. Dans les petites îles, du fait de l’exiguïté du territoire, les esclaves fugitifs étaient souvent repris par les planteurs qui, à l’occasion de grandes battues, lançaient hommes et chiens à leurs trousses. Mais sur le continent américain et dans les grandes îles de la Caraïbe (Jamaïque, Haïti, Cuba…), l’étendue des espaces offrant une multitude de refuges, de véritables communautés de Noirs marrons ont pu voir le jour.

Les colons n’ont jamais réussi à dissuader les candidats au marronnage. Leur pédagogie de la cruauté eut même parfois des effets inverses à ceux recherchés : “ En 1730, on fit une exécution barbare sur onze malheureux nègres captifs, afin d’épouvanter leurs compagnons, et les porter à se soumettre. Un homme fut suspendu vivant à un gibet par un croc de fer, qui lui traversait les côtes ; deux autres furent enchaînés à des pieux, et brûlés à petit feu ; six femmes furent rompues vives, et deux filles décapitées. (…) Cette atrocité produisit un effet contraire à celui qu’on avait attendu. Les rebelles Saramacas (Marrons du Surinam) en furent si furieux que, pendant plusieurs années, ils devinrent les plus redoutables aux colons ” (5).





* : "Retour du Maroni" http://www.africultures.com/popup_article.asp?no=3276&popup=1

1. V.S. Naipaul (Nobel de littérature), La traversée du milieu, Plon, Paris, 1994, p. 213.

2. Les autres Marrons ont migré et se sont implantés en Guyane pour des motifs divers, variant selon les époques : quête de nouvelles terres, rush aurifères des XIXe et XXe siècles (les orpailleurs avaient recours aux pirogues marronnes), guerre civile du Surinam (afflux de réfugiés marrons)…

3. Centre de création dédié à l’œuvre d’Armand Gatti.

4. Auteur, entre autres, de L’Isolé soleil (Seuil), un roman qui retrace l’histoire antillaise depuis les cruautés de l’esclavage et les révoltes imposant l’abolition jusqu’aux bouillonnements contemporains.

5. G. Stedman, Narrative of Five Years Expedition against the Revolted Negroes of Surinam, J. Hopkins University Press (Capitaine au Suriname : “ Récit d’une campagne de cinq ans contre les Nègres Rebelles ”), Baltimore, 1992.





Dénètem Touam Bona
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