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 L’épineuse question autochtone au Canada II

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Tite Prout
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04052006
MessageL’épineuse question autochtone au Canada II

Si les sommes accordées aux communautés par le gouvernement peuvent nous sembler considérables, il faut les comparer aux sommes versées aux investisseurs privés, qui assurent l’exploitation du territoire. Malgré l’importance des sommes versées aux Conseils de bande, les communautés autochtones ne disposent pas de la même marge de crédit que les entrepreneurs « blancs » pour assurer le développement socio-économique de leurs territoires. Par exemple, la communauté anishnabe dépose annuellement huit millions de dollars à la caisse populaire de Notre-Dame-du-Nord et dispose d’une marge de crédit de 50 000$. Un investisseur « blanc », qui disposerait d’une somme équivalente, est capable, en revanche, d’aller chercher l’équivalent en crédits, ce qui relève bien évidemment d’un racisme à l’endroit des Autochtones, qui laissés à eux-mêmes, doivent céder le pas aux multinationales – à la Noranda, à Abitibi-Consolidated ou à Hydro-Québec – pour le développement socio-économique de leurs territoires.

En ce qui concerne l’intégration des peuples autochtones aux différents projets de développement minier, forestier ou hydroélectrique, ces entreprises ont même recours à des anthropologues, qui eux, prodiguent conseils et expertises aux entrepreneurs pour qu’ils adaptent leur projets aux cultures traditionnelles. Au fil des années, l’anthropologie est devenue en quelque sorte une arme dont disposent les entreprises colonisatrices pour vendre leurs projets aux communautés autochtones. L’inclusion de « clauses culturelles » dans les conventions, traités et dans le cadre de projets de développement repose cependant sur une contradiction : la domination économique, politique et technologique découlant de la modernité capitaliste contribue à la destruction des cultures traditionnelles. La récupération du concept de culture par le pouvoir « blanc » sert en fait à diluer celle-ci au point où la culture traditionnelle est réduite à de simples marchandises tels que les services offerts par des musées d’interprétation ou par la création de boutiques-souvenirs où on vend différents objets traditionnels, pas pour leur usage, mais pour leur valeur en tant que marchandise culturelle. Somme toute, l’anthropologie sert à faire du « sauvage » un « sauvage civilisé et moderne ».

Dans la communauté du Lac Barrière, située en plein cœur du Parc de la Vérendrye, 480 personnes doivent vivre dans 58 maisons, ce qui laisse en moyenne plus de huit personnes par maison. Dans ce village, aucune maison n’a été construite depuis 20 ans et l’électricité ne s’y rend toujours pas, même si le village est situé qu’à sept kilomètres de la route 117. Si Hydro-Québec tarde à brancher une communauté comme celle du Lac Barrière, on ne peut dire qu’elle est aussi lente à harnacher les rivières sur lesquelles ces communautés comptaient autrefois pour assurer leur subsistance et à débrancher les mauvais payeurs. Par exemple, la communauté du Lac Barrière a vu sa rivière « détournée » à 42 reprises, et ce, sans qu’aucune compensation ne leur soit versée. Hydro-Québec engrange des profits records au détriment de ces communautés, qui elles, n’ont même pas droit aux miettes que procure le développement hydroélectrique.

L’argument « raciste » comme quoi les Autochtones ont droit à une retraite dorée dans des villas de luxe ne tient évidemment pas la route lorsqu’on voit la réalité sociale au sein des communautés autochtones, une réalité comparable à de nombreuses communautés du Tiers-Monde, et ce dans un pays qui a la réputation de veiller au développement socio-économique et culturel de tous les citoyenNEs. Certes, il faut mentionner que si nos gouvernements et les entreprises colonisatrices sont en grande partie responsables des maux qui hantent les communautés autochtones, la responsabilité des difficultés incombent également aux élites des ces communautés qui ont vite appris ce que le pouvoir pouvait leur apporter, notamment la possibilité de détourner des fonds publics à des fins personnelles. Certaines mauvaises langues, dont le langage des suprématistes blancs, affirment que les problèmes de corruption – de patronage, de clientélisme et de népotisme – sont pire dans les réserves que dans le monde « blanc et civilisé ». Toutefois, l’élite blanche de souche européenne, n’a rien à envier à la classe dirigeante autochtone. Les problèmes de mauvaise gestion dans les réserves autochtones sont sans aucune mesure avec le scandale des commandites, ou ceux des empires corporatistes de Wall Street et de Bay Street (Enron, Time-Warner, l’Empire médiatique Hollinger de Conrad Black, etc.).

L’emprise d’Hydro-Québec, des industries minières et forestières

L’univers forestier, qui a permis aux Autochtones de vivre et de se reproduirent pendant des millénaires est aujourd’hui grandement menacé. Si la déforestation menace nos écosystèmes, elle est également un point de non retour pour les communautés traditionnelles qui dépendent de la forêt pour assurer, en partie, leur subsistance mais également pour la préservation de leur culture. Un rapport, publié récemment, souligne que les forêts du Canada sont de plus en plus contrôlées par les grandes sociétés forestières, même si celles-ci demeurent publiques devant la loi. L’organisation Global Forest Watch Canada a constaté que le contrôle des 13 plus grandes entreprises forestières sur la forêt publique s’est accru de 9% entre l’année 2000 et 2003. Ces entreprises contrôlent aujourd’hui 57% des espaces forestiers qui sont disponibles à la commercialisation. Les cinq principales sociétés privées détiennent aujourd’hui des droits sur 100 millions d’hectares de forêt publique – une superficie plus grande que l’Ontario. Les zones forestières faisant l’objet de coupes se sont accrues de 50% au Canada depuis 1975, et elles sont aujourd’hui principalement situées dans la forêt boréale, là où le colonisateur blanc avait repoussé les communautés autochtones dans un premier temps. L’exode de ces communautés est aujourd’hui suivi de l’exode de l’industrie forestière, qui pousse les limites de l’exploitation industrielle toujours plus au Nord. De nombreuses études indépendantes soulignent que les véritables maîtres de la forêt québécoise sont les multinationales du bois et les grandes sociétés papetières, qui se sont habilement approprié la forêt publique en s’assurant la complicité de l’État. D’une gestion traditionnelle et écologiste, assurée par les communautés autochtones, la gestion de la forêt est passée aux mains de l’État avec la colonisation, et aujourd’hui, à l’industrie forestière qui se l’est appropriée au détriment de deux communautés, celle des travailleurEUSEs et des Autochtones. Quel sort est réservé aux communautés autochtones et rurales maintenant que l’appétit des forestières lorgne toujours plus loin vers le Nord? Après la destruction systématique de la grande forêt boréale il ne restera que désolation et désarroi pour deux communautés qui ont pourtant un intérêt en commun : la prise de contrôle de leur territoire pour que celui-ci serve enfin à leurs communautés plutôt qu’aux appétits voraces d’investisseurs privés de Toronto ou de New York, lieux cultes du capitalisme nord-américain d’où les richesses émanant de la nature et du travail humain sont pillées et gaspillées.

La Convention de la Baie-James (1975) : un vent d’exploitation souffle dans le Nord du Québec

Si la création des réserves marque la mise sous tutelle des communautés autochtones par l’État canadien, la Convention de la Baie James représente, quant à elle, le point de départ de la mise sous tutelle des territoires communaux, lieux de production et de reproduction sociale pour les autochtones, par Hydro-Québec. Dans les faits, la Convention de la Baie James fait d’Hydro-Québec le principal détenteur de nombreux territoires où sont présentes de nombreuses communautés autochtones (Cris et Inuits, etc.). Plus de trente années se sont écoulées depuis la signature de la Convention de la Baie James et Hydro-Québec demeure certes l’un des principaux acteurs en ce qui concerne l’appropriation des terres autochtones.

Les véritables pionniers : «Blancs» ou Autochtones?

L’un des mouvements nationalistes dont il est ici question se nomme les Pionniers. Fiers descendants des premiers colons, ces derniers se complaisent à croire que le développement de leurs régions est strictement le résultat de leur labeur. Là encore, la falsification de l’histoire s’avère problématique puisque les entreprises coloniales qui se sont établies sur la Côte-Nord, en Abitibi ou au Saguenay-Lac- Saint-Jean, ont bénéficiées du savoir autochtone en matière d’exploration du territoire. Nombreux sont les sites d’exploitation minière et forestière qui ont été découverts par les Innus de la Côte-Nord. Sans l’aide de ces communautés, des entreprises telles que la Iron Ore Company auraient probablement mis plusieurs années avant de pouvoir exploiter les ressources naturelles de la région. Sans l’aide des communautés autochtones, les premiers colons auraient probablement eu davantage de difficultés à assurer leur subsistance. Ce sont les Autochtones qui ont enseigné aux « Blancs » où chasser et pêcher. Par la suite, les meilleurs territoires de chasse et de pêche ont acquis un statut particulier lorsque les bourgeoisies anglaises et américaines en ont fait leur terrain de jeu. L’appropriation de ces territoires s’est fait au détriment des communautés autochtones, qui ont pourtant contribué de façon significative à l’émergence de ces industriels, dont le mépris à l’endroit des Autochtones est manifeste dans l’histoire. Dans les dernières décennies, ces vastes domaines appartenant jadis à la bourgeoisie anglophone ont été nationalisés et sont devenus accessibles au public, notamment sous la forme de zones d’exploitation contrôlées (ZEC). La démocratisation de ce loisir s’est fait, encore là, au détriment des Autochtones puisqu’aujourd’hui, des groupes de chasseurs blancs, notamment parmi les membres des groupes nommés plus haut, s’opposent au retour des communautés autochtones sur ces territoires. Ils prétendent que les Autochtones vont leur voler leurs sites de chasse et de pêche et qu’ils vont piller la richesse faunique et halieutique. Pourtant, la logique de la propriété privée ne fait pas partie de la culture des Autochtones, et encore moins celle de chasser et pêcher sans limites. Qui est vraiment responsable de la diminution du gibier et des poissons dans les cours d’eau? La réponse est complexe mais le souvenir des parties de chasse de la bourgeoisie, exhibant fièrement leur prises en quantité industrielle témoigne de leur mégalomanie et de leur manque de respect à l’endroit de la nature. Que dire des pratiques forestières des multinationales qui, en détruisant les habitats forestiers, menacent la reproduction des espèces fauniques. Sans compter les pratiques d’Hydro-Québec à l’endroit des cours d’eau, des pratiques qui contaminent les cours d’eau et menacent la biodiversité.

L’Enquête scientifique et technique du Gouvernement québécois sur la gestion des forêts publiques

Suite à la parution du documentaire l’Erreur boréale de Robert Monderie et de Richard Desjardins, on a pu constater que la forêt publique échappait de plus en plus au contrôle des populations qui en dépendent pour assurer leur subsistance. Le constat tiré par les auteurs et d’autres groupes écologistes a suscité l’indignation d’un nombre croissant de personnes, ce qui a forcé le Gouvernement du Québec à tenir une commission d’enquête sur la gestion de la forêt publique. Les travaux de cette commission débuteront prochainement, mais d’ores et déjà, celle-ci a reconnu que la forêt québécoise est surexploitée. Toutefois, et malgré ses aveux, le Gouvernement n’a même pas cru opportun d’inviter des représentants des communautés autochtones au sein de la commission, alors que les Autochtones sont pourtant bel et bien les habitants traditionnels de cette forêt. Les communautés autochtones sont non seulement dépossédées progressivement de leurs territoires mais également de la gestion du problème que pose l’exploitation industrielle de la forêt. En fait, cette pseudo-commission d’enquête publique sur l’avenir de la forêt publique ne parle que le langage du pouvoir, celui de l’État et des industriels, et que cette novlangue est incohérente pour n’importe lequel être humain qui perçoit la forêt comme un espace de vie et non comme une simple marchandise.

Conclusion

En guise de conclusion, on se doit d’être réaliste et force est de constater que les vrais maîtres du territoire québécois ne sont pas les Autochtones mais les sociétés minières, forestières et Hydro-Québec qui contrôlent de plus en plus les richesses de ces territoires et qui façonnent le paysage de ceux-ci. Si rien n’est fait dans les prochaines années, les problèmes auxquels font face les communautés autochtones vont sans doute s’aggraver. Le problème ne s’arrête pas là puisque l’œuvre de destruction des écosystèmes naturels par les sociétés forestières, minières et Hydro-Québec ne menace pas simplement les communautés autochtones mais également les communautés rurales, qui dépendent grandement de ces emplois. Une fois qu’elles ont tout pillé, ces industries ne se font pas prier et ne démontrent aucun complexe à fermer puis délocaliser leur exploitation comme en fait foi le récent exemple de l’usine d’Abitibi-Consolidated au Saguenay. Les communautés autochtones et les gens des régions ont un intérêt en commun : ils doivent reprendre le contrôle de leur communauté pour assurer eux-même le développement socio-économique de leur territoire. La citation en exergue nous rappelle que nulle civilisation n’est à l’abri de la destruction. Il se peut qu’un jour le monde capitaliste s’effondre. À ce moment, nous hériterons de la terre et nous pourrons enfin envisager de régler définitivement les problèmes de notre monde.

El Bolo

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Extrait de Ruptures no 4.
By Phebus at 01/28/2005 - 10:47 | Anti-Racist Theory | Théorie antiraciste | Environmental Struggles | Luttes écologistes | First Nations | Ruptures | Francais | 1964 reads
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