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 La diaspora au secours du développement de l’Afrique

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
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02052006
MessageLa diaspora au secours du développement de l’Afrique

La diaspora au secours du développement de l’Afrique
« Aucun pays ne peut se développer, se moderniser, quand l'essentiel de ses compétences et ses sources de dynamisme, d'initiative, fuient à l'étranger. Les transferts de fonds de travailleurs migrants dans les pays d'origine représentent des sommes considérables, supérieures au total de l'aide publique au développement, mais elles ne compensent en rien le départ des forces vives de certains pays. » (1).
Par Thierry Téné Mangoua

L’accès à de meilleures conditions de vie, à un niveau d’études élevé, la fuite des conflits ou l’exil politique sont quelques unes des multiples raisons qui poussent chaque année des milliers d’africains à prendre le chemin de l’immigration. La situation politico-économique et sociale de l’Afrique ne laisse pas indifférent aussi bien les africains que leurs partenaires. Le vieillissement de la population occidentale avec ses conséquences sur l’économie et la recherche d’une main-d’œuvre qualifiée et « bon marché » amène les pays développés à ne plus cacher leur politique en matière de choix des immigrés. C’est dans ce contexte qu’aujourd’hui plus qu’hier le nombre d’africains compétents qui quittent le continent pour se sédentariser à ailleurs ne cesse de croître. Le rapport de la Banque mondiale «Migrations internationales, transferts de fonds et fuite des cerveaux», publié en novembre 2005 souligne que certains pays d'Asie, d'Afrique et des Caraïbes ont perdu 60% de leurs travailleurs qualifiés. Quand on sait qu’avec la mutation informationnelle, la principale matière première de nos jours est la substance grise, cette fuite de cerveaux est logiquement l’une des causes du déclin du continent. Certes, certains répondront que la mauvaise gouvernance, la colonisation, la corruption, les conflits etc. sont également à l’origine de son enfoncement. Ce qui est vrai. Il faut cependant noter que la corruption n’est pas une spécificité uniquement africaine et parfois même ceux qui dénoncent le continent contribue de près ou de loin à ce fléau. Mon souhait est d’oublier un temps soit peu, ces « raccourcis clavier » qui consistent à imputer les malheurs de l’Afrique aux autres (chefs d’Etats, anciens ou néo colonisateurs, etc.) mais d’envisager les actions concrètes à mener par la diaspora pour sa mère patrie.


La diaspora doit considérablement à l’Afrique. Cette affirmation surprendra peut être quelques uns. Prenons l’exemple classique d’un étudiant qui quitte son pays après le Baccalauréat pour étudier et s’installer définitivement à l’étranger. Les études primaires et secondaires ont été financées (construction et fonctionnement des établissements, salaires des enseignants, etc.) par le contribuable africain. L’étudiant devrait donc compenser cet investissement qui peut être perdu si ce dernier ne se décidait pas un jour à faire un retour sur investissement vers son pays d’origine. La somme perdue par la nation est bien sûre fonction du degré de qualification du candidat au départ. Un médecin qui prend le chemin de l’émigration par exemple possède un retour sur investissement beaucoup plus élevé que notre étudiant. Une nuance peut également être observée en fonction que l’étudiant soit boursier (ce qui augmente sa dette avec l’Etat) ou non. Qu’en est il de l’émigré sans qualification ? Il a lui aussi bénéficié des infrastructures et des services de l’Etat financés par l’argent des impôts de ses compatriotes. Projeté à grande échelle et en faisant une analyse sérieuse et objective de sa situation personnelle, chaque africain de la diaspora à une dette avec son pays d’origine. Tout individu soucieux de l’avenir de son pays ou du continent africain devrait à un moment donné se poser la question suivante prêtée à un ancien chef d’Etat Américain « Ne vous demandez pas tout le temps ce que l’Etat a fait pour vous mais réfléchissez également à ce que vous pouvez faire pour l’Etat ? » Sur cette hypothèse, la diaspora africaine peut agir aussi bien sur le continent qu’à n’importe quel lieu où elle réside.

Nous n’aborderons pas ici le transfert d’argent qui a déjà fait l’objet de nombreux articles sur grioo..com

Le codéveloppement : Les grandes institutions financières ont été les premières à envisager le développement des pays pauvres notamment d’Afrique par les migrants. Certains pays comme la France font également figure de pionnier avec la notion codéveloppement et envisage d’ailleurs son adoption par l’Union Européen dans sa stratégie d’aide aux pays pauvres. « Le codéveloppement est une démarche originale qui vise à faire participer les migrants présents en France au développement de leur pays d’origine. Cette démarche concerne d’une part les migrants les moins qualifiés, auxquels il est proposé, par le biais d’une formation ou d’une aide financière liée à la création d’une activité, un appui à la réinsertion dans leur pays. Elle concerne d’autre part les migrants les plus qualifiés (enseignants, médecins, chercheurs•••) qui, tout en souhaitant demeurer en France, veulent faire bénéficier leurs compatriotes de leurs compétences (missions de formation de courte durée dans les pays d’origine, enseignement à distance•••) Le codéveloppement vise aussi à aider les migrants à mieux valoriser leur épargne en l’orientant davantage vers l’investissement productif dans les pays d’origine. Il convient en particulier d’améliorer l’efficacité de ces transferts en liaison avec les opérateurs financiers. Il convient aussi d’augmenter la capacité des caisses de micro-crédit à consentir des prêts pour financer la création d’activités économiques dans les pays du Sud » (2)



La taxe de l’émigration : Comme nous l’avons démontré plus haut, chaque africain à une dette avec son pays. La création d’une « taxe à l’émigration » qui consisterait à taxer les ressortissants d’un pays en fonction de leurs revenus annuels et de taxer les pays d’accueil en fonction de leur demande migratoire peut être un moyen de résorber cette dette. A titre d’exemple, les pays comme le Canada et les Etats-Unis sont très demandeur de main-d’œuvre qualifiée. Les africains candidats à vivre dans ces pays devraient payer cette taxe. De même que les pays d’accueil car l’absence de ces immigrés à un impact sur la croissance. D’après le Conseil Economique et Social, la France a besoin de 10 000 immigrés par an et pendant 10 ans afin de compenser le vieillissement de la population, le financement des retraites, la croissance, etc. Si une proportion de cette population devrait venir d’Afrique, il semble normal que la France et ces immigrés payent cette « taxe à l’émigration ». Celle-ci pourrait trouver écho dans l’appel de dix anciens chefs d’Etats Africains à la diaspora. D’après l'ancien président zambien Kenneth Kaunda, Le revenu annuel de l'ensemble des Africains installés aux Etats-Unis s'élève à 750 milliards de dollars (3). Une taxe à l’émigration de 5 % sur cette manne pourrait financer nombre de projet en Afrique. Cette taxe aurait également l’avantage à défaut de stopper l’immigration (ce qui est impossible) d’avoir un effet dissuasif et de limiter la fuite des cerveaux.



La formation: Il y a aux Etats-Unis 200.000 scientifiques africains, davantage que dans l'ensemble du continent. Quelque 40.000 Africains à l'étranger possèdent des doctorats (4). Selon une étude de la revue médicale The Lancet de novembre 2004, il manque 4 millions de professionnels médicaux dans les pays les plus pauvres, en particulier en Afrique. Seuls 50 des 600 médecins formés en Zambie depuis 1964 n'ont pas quitté ce pays. La ville de Manchester compte plus de médecins malawites que tout le Malawi. Comment l'Afrique, qui compte 30 millions de personnes séropositives, continent dont la situation sanitaire est désastreuse, pourrait-elle s'en sortir, privée de la moitié ou des deux tiers de ses médecins ? Selon de nombreuses estimations, l'Afrique a perdu plus de 30% de sa main-d'oeuvre qualifiée (5). Dans certains domaines comme la science, la médecine, les Nouvelles Technologies de l’Information et la Communication, la diaspora peut contribuer à la formation des locaux et à des actions concrètes sur le terrain. On peut donc imaginer des cycles de formation ou des soins proposés gratuitement (ou à très faibles coûts) pendant l’été, les vacances ou lors de séjour plus ou moins long en Afrique. En partenariat avec les autorités locales (financement par exemple du séjour), ce type d’initiative peut être une véritable courroie de transmission dans le cadre de transfert de technologies et de compétences.

Les exemples non exhaustifs pris ici, montrent bien qu’avec un peu de volonté et de réflexion, moins d’égoïsme et de critiques stériles, tout africain de la diaspora peut apporter une pierre à l’édifice d’une Afrique qui fait rêver. D’ailleurs comme le dit si bien un proverbe africain « Une seule main ne peut attacher un paquet » ce qui revient encore à dire que le continent à besoin de toutes ses forces vives pour décoller. La diaspora africaine peut avec sa substance grise être un élément déclencheur de cette dynamique.

Thierry Téné Mangoua est consultant et président de A2D www.a2dtv.net

Source :

1) Le ministre de l’aménagement du territoire français dans Le Figaro
http://www.lefigaro.fr/debats/20060209.FIG0188.html
2) à lire sur premier-ministre.gouv.fr
3) http://www.grioo.com/forum/viewtopic.php?t=6347
4) Idem 3)
5) Idem 1)
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