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 Le Développement ; un cadeau empoisonné pour le Sud I

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30042006
MessageLe Développement ; un cadeau empoisonné pour le Sud I

Le Développement ; un cadeau empoisonné pour le Sud

[ Paris - France ] ( 29/04/2006) Guy Parfait Songue

Le concept de développement est en lui-même, si l'on veut le prendre tel que « concept », complexe, et il traîne derrière lui toute une histoire. Nous ne pourrons pas ici en étudier toute l'historicité mais nous passerons tout de même par des axes qui permettont de d'entrevoir son passé et son évolution. En outre, nous nous ferons le devoir de prendre les pays du Sud comme champ de validation de ce concept, tout en étant le plus réaliste possible dans notre analyse.

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Lorsque les problèmes du Tiers-Monde ont commencé à se poser, d'autres facteurs comptaient davantage, dans le domaine des idées comme dans celui de la pratique du concept de développement. Il s'agissait des facteurs « idéologiques » et « diplomatico-stratégiques » qui à l'époque, avaient une importance de dernier plan aux yeux de tous les acteurs : Guerre froide ; opposition des conceptions libérales de l'Occident et des critiques revendications fondées sur des idéologies dites « tiers-mondistes » ; souci des pays développés de maintenir, de conforter ou d'acquérir des avantages d'ordre militaire, commercial, financier ou culturel, etc.
Si la connotation économique prévalait aussi bien dans la conception du développement que dans celle de l'aide, c'est que le capitalisme et le socialisme, l'un et l'autre issus de l'Occident donnaient à l'économie une primauté conçue certes de manière différentes dans chacune de deux idéologies, mais toujours déterminante. Avec le contexte de la guerre froide, les affirmations tiers-mondistes suivant lesquelles le sous-développement avait pour cause unique l'exploitation d'origine capitaliste et impérialiste posaient le problème de la pauvreté et du retard du développement du Sud.
A cela venait s'ajouter dans les deux camps des motivations d'ordre éthique : au Nord, devoirs envers les pauvres et parfois « sentiments obscurs ou avoué de culpabilité » ; au Sud « exigence impérieuses de justice et d'équité ». La vision globale de l'action internationale pour le développement se résumait avant tout à l'élaboration et la mise en œuvre de « politiques d'aide économique », qu'elle que fussent les autres motivations des divers intéressés. La conception que l'on s'est faite avec le temps du développement a évolué durant des siècles ; nous n'en ferons pas état ici.
Le développement longtemps venté par les pays du Nord et importé au Sud, n'a pas produit les fruits attendus ; et rapidement (entre 1960 à 1990) l'on s'est trouvé dans un scénario catastrophe. Il fallait impérativement que les pays du Sud reçoivent de l'aide pour atteindre les objectifs du développement qu'ils sont sensés atteindre. L'aide fixée à 1% du produit intérieur brut (PIB) des pays de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), lors de la première décennie du développement des Nations Unies en 1960, réajustée à la baisse à 0,70% en 1992 à Rio et en 1995 à Copenhague, n'atteignait pas les 0,25% en 2000. On se plait à parler de développement aux pays pauvres depuis des décennies si ce n'est plus, or le développement réellement existant, c'est la guerre économique (avec ses vainqueurs et surtout ses vaincus), « le pillage sans retenue de la nature, l'occidentalisation du monde et l'uniformisation planétaire, c'est la destruction de toutes les cultures différentes ».
Difficultés de l'aide au Développement
Les quatre cinquièmes de la population du monde vivent dans les pays en développement et un cinquième (1,3 milliard de personnes) vit dans une situation d'extrême pauvreté ; leur nombre va croissant. Les 20% des habitants de la planète les plus pauvres se partagent à peine plus de 1% du revenu mondial en 2000, contre 2,3% en 1960. Il existe un vieux débat sur le montant de l'aide, mais ce débat masque un autre aussi important si ce n'est plus : les objectifs même de cette manne, trop souvent liés aux intérêts des donateurs.
Certains estiment que les concepteurs de l'aide ne sont pas à blâmer. Au contraire, le prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz affirmait que leur approche revient à « utiliser un lance-flammes pour enlever la peinture décrépie d'une maison et à se lamenter ensuite de ne pas pouvoir repeindre sous prétexte que la maison est réduite en cendres ». La réduction de la pauvreté n'est devenue la raison d'être officielle de l'aide internationale qu'à la fin des années 1990. Cependant comme elle avait été conçue pour atteindre parallèlement deux objectifs (la lutte contre le communisme et l'ouverture des marchés aux produits et aux investisseurs occidentaux), on peut douter de la réalité de ce changement de stratégie. L'aide au développement est truffée d'ambiguïté. Au-delà de des proclamations, le devoir de donner cache un « jumeau inséparable » et beaucoup plus grand : le désir de prendre.

La plupart des sommes données ou prêtées sont dépensées dans les pays donateurs ou y retournent : « remboursement de la dette, fuite des capitaux, transferts illicites de profits, fuite des cerveaux, achat des biens et de matériels… En 2001, par exemple, 29 milliards de dollars de subvention furent accordées aux pays en voie de développement tandis que 138 milliards de dollars repartaient vers les pays créditeurs au titre du remboursement de la dette ». L'aide apparaît donc comme un « théâtre d'ombres qui se divertit l'attention des véritables enjeux ». L'aide accordée à l'Afrique est passée de 28,6 milliards de dollars en 1990 à 16,4 milliards en 2000, soit une diminution de 43%. Ces chiffres se suffisent de commentaire.
Les pressions socio-économiques dues à la dette et à la pauvreté
Au début du XXIe siècle, l'Afrique donne l'image d'un continent qui n'a que peu tiré parti de la globalisation économique qui s'est accélérée depuis les années 80 et qui s'est traduite par une remarquable création de richesses. Alors que l'Asie et l'Amérique latine ont réussi à améliorer leur situation économique et à s'insérer dans l'économie mondiale à leur avantage, l'Afrique semble éprouver beaucoup de difficultés à le faire. Représentant 10% de la population mondiale, l'Afrique assure seulement 1% du PIB mondial et environ 2% du commerce mondial, en recul par rapport aux années 60. En dépit de ses efforts pour promouvoir ses exportations et attirer les investissements extérieurs, le continent n'occupe qu'une place négligeable dans l'économie mondiale. La stagnation et le recul qui en résultent sont tels que c'est en Afrique que l'on trouve le plus grand nombre de Pays les moins avancés (PMA) et de personnes vivant en dessous du seuil de pauvreté.
La faible croissance de l'Afrique au sud Sahara a entraîné une forte augmentation du nombre de pauvres (plus 25%) qui étaient dans les années 90, près de 500 millions. Plus de 40% d'habitants de l'Afrique subsaharienne vivent au dessous du seuil de pauvreté international et le revenu moyen est de 0,65 dollar par jour selon la méthode de la parité des pouvoirs d'achats. La proportion africaine des pauvres absolus dans le monde est passée de 25% à 30% en 20 ans. En moyenne, 45 à 50% des habitants d'Afrique subsaharienne vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Cette proportion est beaucoup plus élevée que dans toutes les autres régions du monde, exception faite de l'Asie du Sud. Au moins 50% des pauvres vivent dans cinq pays d'Afrique et au Nigeria. Par ailleurs le manque d'accès aux services sociaux de base est la plus aigu dans la plupart des pays d'Afrique subsaharienne que dans le reste du monde.
La faim est aggravée par la réduction de l'aide publique au développement, les programmes de privatisation dans le domaine agro-industrie. A cela, il, faut ajouter le déclin de principaux systèmes de production (agriculture, pêche, élevage) sous l'effet combiné de la dégradation écologique et l'exode des bras valides. Du fait de la jeunesse de la population, les rapports entre personnes à charge et personnes actives est le plus élevé du monde (il est proche de 1, alors qu'il est descendu à 0,5 Asie de l'Est) et l'Afrique comprend une proportion de jeunes non éduqués qui atteint des niveaux records, alors que cette proportion est maintenant en diminution sur les autres continents.

C'est dans le domaine de la santé que les perspectives de réalisation des Objectifs du Millénaire, sont les plus sombres. En l'état actuel des choses, la majorité des pays ne sont pas en mesure d'atteindre les objectifs consistants à réduire la mortalité maternelle et infantile et à assurer l'enseignement pour tous. De fortes augmentations s'imposent au niveau de l'offre d'enseignants, de médecins, d'infirmiers et d'agents de santé communautaires. L'Afrique, par exemple a besoin de multiplier par trois ses effectifs en personnel de santé d'ici 2015, soit un millions de personnes de plus. La situation est aggravée par le développement de la pandémie du SIDA (dont les conséquences risquent d'être dramatiques dans les domaines de la démographie, de la productivité du travail, de l'économie et du fonctionnement des sociétés) et la persistance ou la résurgence de certaines affections comme le paludisme, la tuberculose, la peste, la maladie du sommeil qui affectent grandement les productions et la productivité du travail.
Le taux de fécondité exprimé à 5,3 pour la période 1995-2000, est le plus élevé du monde. Les taux de grossesse sont plus élevés en Afrique qu'ailleurs dans le monde, à tous les âges de reproduction,la différence étant la plus grande pour le group d'âge de 20 à 35 ans, qui correspond à l'age de fécondité maximale. Le taux de fécondité dépasse 100 naissances pour 1000 femmes adolescentes (15-19ans) dans la plupart des pays à revenu faible. L'Afrique n'abrite par exemple que 0,8% des personnes ayant accès à Internet dans le monde (c'est à peine 0,1% pour les 48 pays d'Afrique subsaharienne qui abritent pourtant 10% de la population mondiale). Parallèlement, alors que le couple Recherche et Développement(R&D) constitue en ce début de siècle un enjeu majeur, l'Afrique représente moins de 1% des dépenses mondiales en la matière. Le pire est que la situation scientifique du continent ne cesse de se détériorer : l'Afrique subsaharienne a ainsi perdu près de 20% de son poids mondial (mesuré par le nombre de publications internationales) entre 1990 et 1995.
Autres chiffres, un emploi français sur trois est créé par les investissements directs à l'Etranger (IDE), l'Afrique se voit inlassablement boudée par les investissements internationaux : sur les 622 milliards de dollars d'IDE en 1998, seuls 8,5 milliards (soit 1,3% du total) ont eu pour destination l'Afrique. La situation est encore bien pire si l'on se focalise sur l'Afrique subsaharienne, qui ne représente que 1% des IDE parvenus aux pays en voie de développement. Une analyse plus nuancée montre que la quasi-totalité de cette part infinie n'est destinée qu'à quelques pays (l'Afrique du Sud, et quelques producteurs de pétrole et minéraux comme le Nigeria, l'Angola, le Gabon ou le Cameroun). En Afrique, les biens et les services de l'information et de la communication sont dans leur ensemble importés au mieux rassemblés et reconditionnés dans les unités défiscalisées, implantés le plus souvent en zone ranche pour mieux exploiter « une main d'œuvre sacrifiée ». Une fois dotées de ces biens et services, les populations peuvent satisfaire leurs besoins en la matière avec des contenus pour l'essentiel produits dans les pays riches par des multinationales en situation de quasi monopole.
Rapports Union européenne et groupe Afrique Caraïbe Pacifique avec la nouvelle donne.
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