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 France-Afrique : La fin du « temps des copains »

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mihou
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07062005
MessageFrance-Afrique : La fin du « temps des copains »

France-Afrique : La fin du « temps des copains »

Dossier spécial Afrique dans Marianne : http://www.marianne-en-ligne.fr/dossier/semaine/e-docs/00/00/44/AC/document_dossier.md


France-Afrique : La fin du « temps des copains »

Article crée le 18/05/2005 à 18 h 06
Mis à jour le 18/05/2005 à 18 h 07

Jacques Chirac avait tout pour séduire les Africains. Ses deux mandats ont été marqués par la dégradation des rapports entre Paris et ses anciennes colonies. Analyse.
« L’amitié est comme la lame d’un couteau, en se retournant, elle peut blesser son propriétaire » . Jacques Chirac aurait tout intérêt à méditer ce proverbe gabonais. Il lui permettrait de comprendre les raisons de la singulière défaveur dont lui et sa politique sont aujourd’hui l’objet au sud du Sahara. La lune de miel entre le président français et l’Afrique appartient désormais au passé. A la séduction réciproque a succédé la bouderie quand ce n’est pas la brouille totale.

Les tragiques événements d’Abidjan, en novembre 2004, ont mis en évidence l’existence d’un fort courant francophobe. Soupçonné d’avoir armé et financé la rébellion, Paris est accusé de se comporter comme si la Côte d’Ivoire appartenait encore à l’Empire. Le déploiement de ses troupes, même légitimé par un mandat onusien, est assimilé plus à une expédition coloniale et à une reprise de la « politique de la canonnière » qu’à une application des accords de défense liant deux Etats souverains.

Laurent Gbagbo n’est pas seul dirigeant africain à tenir Jacques Chirac pour son « meilleur ennemi ». C’est aussi le cas du président rwandais Paul Kagame qui n’hésite pas à affirmer que la France le « hait » parce qu’elle se refuse à reconnaître sa « responsabilité morale directe » dans le génocide de 1994. Avec ces deux hommes, le dialogue est quasiment impossible. Il est vrai que le président français n’a fait aucun effort pour tenter de le renouer. Ce n’est un mystère pour personne qu’avant même la crise de 2 002, il entretenait des rapports exécrables avec son homologue ivoirien considéré comme une marionnette manipulée par l’Internationale socialiste . Le prototype ,en somme , de ces opposants africains qui dissimulent derrière un verbiage tiers-mondiste un mépris profond de la France et un autoritarisme , saturé de relents tribalistes fondé sur une conception tribaliste de la vie politique.

Chirac leur préférait, de son propre aveu, les chefs d’Etat membres de longue date du « village » franco-africain, mis en place ou soutenus par Paris, qu’il côtoie depuis des décennies et qui ne lui ont jamais marchandé leur appui : le camerounais Paul Biya, le sénégalais Abdou Diouf, auquel a succédé l’encore plus francophile Abdoulaye Wade, le congolais et marxisto-gaulliste Denis Sassou N’guesso , le burkinabé Blaise Compaoré ou le gabonais Omar Bongo. Ils étaient « ses » hommes et il était « leur » toubab favori. Tout ce petit monde se réjouissait de l’entendre dévider à satiété ses généreux discours sur les relations Nord-Sud, sur l’annulation de la dette et l’aide au développement.

Car , même les plus sévères admettent à demi-mots que le président français a été un excellent avocat de l’Afrique dont il a toujours plaidé avec talent et, parfois, avec succès, la cause dans les grandes instances internationales. S’il est un domaine où il a mérité son nom de «Chi », adepte de l’altermondialisme, c’est bien celui-là. Ce parcours sans faute lui a valu de nombreuses sympathies sur le continent noir. Les statuettes en bois à son effigie et les « Jacques Chirac » complices , adressés par les passants aux touristes français attestaient bien de sa popularité et de cette connivence instinctive entre lui et les laissés pour compte de la mondialisation.

Faute de se traduire par des mesures concrêtes , ces harangues ont néanmoins fini par passer pour « parole en bouche », c’est-à-dire comme un catalogue de vœux pieux qui n’engageait à rien . Généreuse en théorie, elle s’accommodait fort, en pratique, d’une singulière bienveillance envers des régimes peu respectueux des droits de l’homme et des valeurs démocratiques. Le Jacques Chirac qui plaidait en faveur de l’instauration d’une taxe sur le kérosène pour financer la lutte contre le sida, qualifiait d’ « ami » Gnassingbé Eyadéma, le dictateurtogolais. Il parut même cautionner, dans un premier temps, la mascarade juridico-politique qui porta au pouvoir, à la mort du dictateur, son fils Faure Gnassingbé. Un népotisme condamné non seulement par l’opposition togolaise, mais aussi par l’Union africaine et tous les chefs d’Etat de la sous région.

Ce double langage est d’autant plus insupportable aux Africains que la France est de plus en plus encline à doser son aide : son verbalisme pro-Afrique s’accompagne , en effet , d’une diminution constante et préoccupante du volume de l’aide, directe et indirecte, audéveloppement. D’où la « dissidence » de certains chefs d’Etat, jusque-là fidèles soutiens de la France en général et de Jacques Chirac en particulier, qui prennent désormais leurs distances , envisagent de nouer de nouveaux partenariats avec des pays qui savent se monter plus généreux ( le Canada, la Grande-Bretagne, le Japon, le Brésil ou les Etats-Unis ) et qui piétinent aujourd’hui allègrement le « pré carré français ».

En février 2005, lors de la Conférence de Brazzaville consacrée à la protection de la forêt équatoriale, on a pu assister à une passe d’armes, impensable il y a encore peu, entre le président français et son homologue gabonais. Excédé par le discours écologique et très politiquement correct de Jacques Chirac, Omar Bongo souligna que les pays africains, auxquels on demandait de renoncer, pour les beaux yeux de l’écologie, à l’exploitation de leurs richesses attendaient toujours les compensations financières promises par ces nobles cœurs . Furieux d’être ainsi contredit, le « Chi » finit par rétorquer à son contradicteur que le Gabon était « un pays plein de ressources et d’imagination » et qu’il puiserait dans celles-ci les moyens de faire face à ses difficultés.

Omar Bongo n’est pas le seul à hausser le ton. C’est le cas aussi du nigérian Olusegun Obasanjo, de l’ancien président malien Alpha Oumar Konaré, très actif au sein de l’Union africaine, ou du sud-africain Thabo Mbeki qui a peu apprécié que Paris mette en cause son rôle de médiateur dans le conflit ivoirien er , pour comble , critique son « manque de connaissance de la psychologie des Africains de l’Ouest ». Ces chefs d’Etat ne cachent pas préférer les propositions concrétes de Tony Blair et son ministre de l’Economie , Gordon Brown , aux envolées – jamais suivies d’effets – de l’occupant de l’Elysée . En quelques mois, le chef du Labour a réussi à mettre sur pied une Commission sur l’Afrique très efficace, où les sociétés civiles et les gouvernements du continent sont fort bien représentés. Il a fourni un programme d’action chiffré (doublement du montant de l’aide, mise en œuvre d’un « Plan Marshall » pour l ‘Afrique etc …) qui a obtenu l’approbation de Washington. Grande-Bretagne et Etats-Unis se sont d’ailleurs fait un plaisir de le présenter au du récent Sommet du G8, signant ainsi la marginalisation de la France en ce domaine. Résultat : la politique africaine de Jacques Chirac , durant ses deux mandats , aurait ainsi servi de cheval de Troie aux Anglo-Saxons …

En plus de cette dissidence au sommet , comment ne pas évoquer le ressentiment populaire, de plus en plus marqué en Afrique de l’Ouest. Il se nourrit moins de considérations géopolitiques que de la colère engendrée par les difficultés que rencontrent les candidats au départ pour obtenir des visas pour la France. Sans parler du non respect des engagements pris par Paris afin de régler le dossier litigieux du « gel » depuis 1959 des pensions versées aux Anciens combattants et dont ceux-ci attendent toujours la revalorisation. Une simple visite à la Paierie de France à Dakar, un jour de versement des pensions, ou à un consulat devant lequel patientent, des heures durant, des candidats au visa, dont la demande est la plupart du temps rejetée sans explication satisfaisante, permet de mesurer l’ampleur du désamour franco-africain .

Patrick Girard
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