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 Ce que la France appelle «l'immigration choisie» est une de

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

22042006
MessageCe que la France appelle «l'immigration choisie» est une de

What France call "choosing immigration" is one of causes of under-development.

Libération, 10 janvier 06

Ce que la France appelle «l'immigration choisie» est une des causes du sous-développement.
L'Afrique, une fuite subie

Par Michael Cheylan, Sandra Fontaine et Matthieu Loitron
membres
du Centre d'analyse
et de proposition pour
l'Afrique (*)



le gouvernement, à travers sa politique d'immigration choisie, s'apprête à actionner une nouvelle fois la main-d'oeuvre africaine pour pallier les pénuries d'emplois à venir. Le vivier dans lequel puiser ne se compose plus de soldats et d'ouvriers, mais presque exclusivement de personnes diplômées et hautement qualifiées. Bref, de ceux qui sont dotés «des compétences dont notre pays a besoin» pour assurer sa prospérité. Il est fort à parier qu'assez peu d'étudiants chinois, indiens ou américains viendront étudier en France ou s'y s'installer une fois leurs études terminées. En revanche, l'écart de niveau de vie, ajouté à la persistance de liens anciens, rendra pour longtemps encore les pays européens, et singulièrement la France, extrêmement attrayants aux yeux des diplômés du continent africain. En France, plus de la moitié des étudiants étrangers sont africains.

Pour se donner bonne conscience, d'aucuns présentent parfois ces migrations comme un «jeu gagnant-gagnant» entre le pays d'origine et le pays de destination. La perte représentée par le départ des compétences serait pour partie compensée par les transferts d'argent, de savoirs et de savoir-faire des migrants vers leur pays d'origine. Une analyse optimiste qui ne résiste pas à la réalité. Sur le long terme, on observe que l'argent transféré par les migrants n'est qu'en de très faible proportion ­ 4 % ­ affecté à l'investissement productif, c'est-à-dire à des projets créateurs de richesse et d'emplois. D'autre part, comme l'a analysé l'OCDE, on constate que les pays les moins développés sont ceux pour lesquels les taux de retour des migrants sont les plus faibles. Or, la migration des personnes qualifiées n'est bénéfique qu'à la condition que celles-ci retournent dans leur pays d'origine pour y utiliser les compétences acquises à l'étranger ou y investir une partie de leur capital économique ou intellectuel.

Perdants sur le long terme, les pays africains le sont aussi sur le court terme. En témoignent les perturbations consécutives au départ des plus diplômés dans le fonctionnement d'institutions clés en matière de développement. C'est le cas de la santé, un secteur où les besoins en personnels qualifiés n'ont d'égales que les pénuries ­ très importantes ­ de main-d'oeuvre. Pendant que les médecins africains, munis de contrats précaires, font le bonheur de l'hôpital public français, les trois quarts des pays d'Afrique subsaharienne n'atteignent pas le taux recommandé par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) de 1 médecin pour 5 000 habitants (1 pour 300 en France). Ce «siphonnage» de la médecine africaine n'est pas sans conséquence sur l'état sanitaire de l'Afrique. L'OMS dénonce régulièrement le rôle néfaste de cette «fuite des cerveaux» dans l'aggravation des pandémies de sida, de tuberculose et de paludisme qui se sont soldées, au cours des vingt-cinq dernières années, par un abaissement de l'espérance de vie dans dix-sept pays africains.

La santé n'est malheureusement pas un cas isolé. L'exode des compétences africaines frappe tous les domaines. Face à cette situation alarmante, les pays européens ont souvent un comportement ambigu, voire schizophrène. C'est le cas de la France, qui, à quelques semaines d'intervalle, prône pour le continent africain «l'immigration choisie» à Paris et le «développement» à Bamako, alors que l'application de l'une hypothéquerait fortement les chances de réalisation de l'autre. C'est également le cas de l'Union européenne. A l'heure où la Commission vient d'adopter un plan d'action visant à rendre l'UE plus attrayante pour les cerveaux étrangers et pallier le manque de main-d'oeuvre, Louis Michel, le commissaire européen au Développement, appelle de son côté à la mise en oeuvre d'une politique visant à combattre l'émigration des professionnels de la santé des pays en développement vers les pays industrialisés.

La politique d'immigration choisie que la France s'apprête à appliquer reviendra de fait à encourager la fuite des cerveaux et, partant, à l'aggraver. Une politique totalement irresponsable. D'abord, parce que 60 % de la population africaine a moins de 25 ans. Or, comme l'a rappelé le président Jacques Chirac lors du dernier sommet Afrique-France en décembre à Bamako, la jeunesse africaine peut être une grande chance si on lui offre des perspectives d'avenir, mais également une grande menace si elle se sent privée de toute opportunité. Ensuite, parce que «l'immigration choisie», comme l'a souligné le président de la commission de l'Union africaine, Alpha Oumar Konaré, équivaudrait de fait à «refuser à l'Afrique le droit au développement». La «fuite des cerveaux» n'est en effet pas seulement une conséquence du sous-développement, elle en est également l'une de ses causes les plus décisives.

Il est urgent de briser ce cercle vicieux. Pour ce faire, la politique d'immigration des personnes les plus qualifiées en provenance d'Afrique doit être repensée, en particulier dans ses objectifs. Il s'agit d'en faire non pas un outil pour combler les pénuries d'emplois à venir ­ but recherché par la politique d'immigration choisie ­, mais un levier décisif de la politique de développement. La France pourrait oeuvrer en ce sens, par exemple en accordant des visas et des bourses aux étudiants africains en fonction de l'utilité de la formation dispensée en regard des besoins du pays d'origine, critère par trop minoré dans le projet présenté par le gouvernement. Mais aussi en faisant des migrants qualifiés des acteurs essentiels de la politique de développement en les incitant davantage à investir dans leur pays d'origine. Ou encore en utilisant une partie de l'aide publique au développement pour réhabiliter les institutions qui souffrent le plus de la fuite des cerveaux (hôpitaux, universités, centres de recherche). Enfin, il apparaît essentiel d'encourager les politiques d'échange de compétences en matière d'enseignement supérieur entre la France et l'Afrique, notamment en développant sur ce continent la formation à distance via les nouvelles technologies, ou l'implantation d'annexes des grandes écoles françaises (type HEC, IEP...), délivrant des diplômes qualifiants et reconnus de part et d'autre de la Méditerranée.

Pour la France, ce n'est pas d'altruisme mais d'intérêt bien compris qu'il s'agit. Notre pays a davantage besoin d'une voisine africaine qui se développe et se renforce à sa porte que de quelques centaines d'ingénieurs supplémentaires. L'Afrique a connu une croissance record de 5,4 % en 2005, laissant entrevoir des perspectives prometteuses. Elle peut être l'avenir de notre pays. Mais elle ne le sera qu'à la condition que la France ne la prive pas de son bien le plus précieux : ses hommes et ses femmes de talent.

(*) Auteurs du rapport «15 propositions pour donner une nouvelle jeunesse aux relations Afrique-France» (www.capafrique.org).

http://www.liberation.fr/page.php?Article=350130
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