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 Le Mali reprend à Bouygues le contrôle de l’eau et de l’éner

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mihou
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Nombre de messages : 8069
Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

22042006
MessageLe Mali reprend à Bouygues le contrôle de l’eau et de l’éner

Le Courrier, samedi 12 Novembre 2005.


Cinq ans après les avoir privatisés, le Mali étatise ses réseaux d’eau et d’électricité. Un cuisant échec pour le FMI et de la Banque mondiale.


La nouvelle est passée presque inaperçue en Europe. Elle ne manque pourtant pas de piquant : le Mali, l’un des pays les plus pauvres de la planète, vient de se débarrasser avec fracas du géant français Bouygues, qui pèse plus de 23 milliards d’euros. Autrement dit, vingt fois plus que le budget national ! En cause, selon les mots du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Hamed Diane Semega : « l’échec de la privatisation » d’Energie du Mali (EdM). Propriété depuis cinq ans d’un consortium dirigé par SAUR International, une filiale du bétonneur français, EdM n’est jamais parvenue à remplir les objectifs fixés par contrat, soit le développement des réseaux d’eau et d’électricité et la baisse des tarifs.
Formellement, c’est Bouygues qui a librement décidé, le 14 octobre dernier, de vendre ses parts à ses partenaires au sein d’EdM, Industrial Promotion Services (IPS/WA), filiale du Fonds Aga Khan pour le développement, et l’Etat du Mali. Pour 200 millions d’euros, ce dernier récupère la part du lion, passant de 40% des actions à 66% du capital d’EdM.


Chantage à la dette

Une étatisation de la distribution d’eau et d’électricité qui n’a pas eu l’heur de plaire au Fonds monétaire international (FMI) [1]. Début novembre, une délégation de Washington s’est rendue à Bamako pour exiger des explications. L’institution, qui avait été avec la Banque mondiale (Bm) l’un des principaux promoteurs de la privatisation, a exprimé son « inquiétude » à l’heure où elle essaie d’obtenir un nouvel amaigrissement du secteur public.

Pour les institutions financières sises à Washington, ce contretemps est d’autant plus gênant que la cession d’EdM à Bouygues était présentée comme un modèle. Une délégation béninoise ne s’est-elle pas rendue - début octobre 2005 ! - au Mali pour s’inspirer de son voisin en vue de privatiser sa propre régie électrique ?

Négociée à la fin des années 1990, la vente d’EdM s’inscrivait en fait dans la troisième vague des privatisations qui ont marqué les années 1980-1990. Dans le cadre du programme d’allégement de la dette réservé aux pays pauvres et très endettés (PPTE), le Mali s’était engagé à libéraliser son économie et à liquider une dizaine de régies d’Etat, dont les chemins de fer et les entreprises cotonnières. Devant l’insistance des institutions de Bretton Woods, Energie du Mali, laissée depuis longtemps à l’abandon, ne pesait pas lourd.

« EdM a été victime d’un véritable sabotage », estime quant à lui Oumar Mariko, du parti Solidarité africaine [2] (SADI). De passage à Genève quelques jours avant la renationalisation, le secrétaire du mouvement de gauche nous confiait que des dirigeants « corrompus » d’EdM ont, durant la décennie précédente, préparé le bradage de cette entreprise naguère florissante.

Paris étant le principal créancier occidental de Bamako, la Bm confie en décembre 2000 les deux réseaux et les barrages hydroélectriques aux bons soins de SAUR International. En contrepartie, la filiale de Bouygues s’engage à développer les infrastructures en investissant au moins 600 millions d’euros et à soulager le porte-monnaie des usagers. La quadrature du cercle ?


Le Mali subventionne Bouygues

La lune de miel ne va pas durer. En 2001, des investissements sont effectivement réalisés, mais la baisse des prix est une chimère. Selon le quotidien gouvernemental L’Essor, les tarifs d’eau et d’électricité font un bond de 60%, entre 1998 et 2002. Le nombre des mauvais payeurs explose, EdM les traquera sans répit, attisant la colère populaire, selon Oumar Mariko.

Pour soulager les consommateurs, l’Etat doit mettre la main à la poche : l’année suivant la privatisation, le Mali verse 16 millions d’euros de compensations à la filiale de Bouygues...
Candidat en 2002 à la présidence du pays, l’ancien général Amadou Toumani Touré - connu des Maliens comme ATT - fait de la baisse des prix son cheval de bataille. Dès son arrivée au Palais Koulouba, le nouveau chef de l’Etat engage un délicat bras de fer avec la transnationale ; sa marge de manoeuvre est réduite par un contrat de concession défavorable. Une baisse des tarifs de 10% est quand même obtenue pour 2003. Coût de l’opération pour le contribuable : 11 millions d’euros.


Dialogue de sourds

L’année 2004 sera celle des premiers craquements. Sous l’égide de la Bm, SAUR et ATT négocient une révision de la contestée tabelle tarifaire. La guerre des chiffres fait rage. La direction d’EdM SA affirme faire l’impossible, les baisses de tarifs ayant provoqué une perte de 10 millions d’euros pour l’exercice 2004. La commission de régulation affirme a contrario qu’EdM réalise des bénéfices...

Pour tout simplifier, en février 2005, Bouygues cède SAUR International à la société d’investissements PAI Partners... à l’exception de ses activités africaines reprises directement par la maison mère.

Dans ses méandres du capitalisme globalisé, les Maliens semblent s’être lassés d’attendre. « Les investissements promis n’ont jamais été réalisés. Il était prévu d’électrifier 97 localités (EdM en couvre une trentaine aujourd’hui, ndlr) et de développer le réseau. Une nouvelle station pompage d’eau devait être construite à Kabala. Or même le branchement prioritaire de Koutiala n’a pas été fait », s’indigne l’éditorialiste de L’Essor, dans l’édition du 19 octobre dernier. M. Mariko confirme : « Avec 15% des Maliens connectés à l’électricité et moins de 50% disposant d’un point d’eau potable à proximité de leur domicile, le Mali a besoin d’une politique volontariste que Bouygues n’a même jamais envisagé de mener. »

Lassé de tant de tracas sur un marché aussi dérisoire, selon une source interne au groupe, Bouygues a fini par jeter l’éponge. Il se retire à l’amiable, évitant au Mali de s’enferrer dans les tribunaux à l’instar de Cochabamba [3] ou du voisin sénégalais [4], qui n’ont, eux, pas fini de payer leurs calamiteuses privatisations. BPZ


Pays pauvre cherche service public


Classé par l’ONU au 174e rang sur 177 de l’indicateur du développement humain, le Mali a-t-il les moyens de développer un réseau public d’électricité et d’eau accessible au plus grand nombre ? Depuis le rachat d’Energie du Mali (EdM) par l’Etat, le débat fait rage dans les médias du pays d’Afrique de l’Ouest. A six mois de la saison sèche, on s’interroge en particulier sur la provenance des capitaux qui seront nécessaires pour renforcer des infrastructures saturées. La crainte de voir réapparaître corruption et « délestages » revient aussi fréquemment. Enfin, on évoque le risque d’un « retour de bâton » en provenance de Paris ou de Washington.

Pourtant l’attente est immense. Dans cet immense pays semi-désertique, peuplé de 12 millions d’habitants, le nombre de « clients » reliés est dérisoire. Or les 91’000 points d’eau et les 154’000 compteurs électriques surchargent déjà les réseaux. Les projets de nouvelles stations de pompage et d’ouvrages hydroélectriques sur le fleuve Niger existent, mais attendent d’hypothétiques financements. Sans Bouygues, EdM peut-il y parvenir ?

Principal concerné, le ministre malien de l’Economie et des Finances n’y croît visiblement pas : « Le retour de l’Etat n’est pas le résultat d’une politique, c’est l’aboutissement d’une négociation avec un partenaire qui a finalement décidé de se retirer », relève dans « L’Indépendant » Abou-Bakar Traoré. Le Grand Argentier n’exclut d’ailleurs pas l’entrée d’un nouveau partenaire international dans le capital d’EdM.

Ses collègues Hamed Diane Semega, ministre de tutelle d’EdM, et Ousmane Thiam, porte-parole du gouvernement servent un tout autre discours. Selon ce dernier, également ministre des PME, l’étatisation d’EdM constitue un « événement majeur » pour le Mali, car elle porte sur « deux outils au coeur de son développement : l’eau et l’électricité ».

M. Semega insiste quant à lui sur « l’échec » patent de la concession offerte à SAUR, qui s’est soldée par des retards importants dans les investissements, alors que de lourdes compensations financières venaient grever le budget national.
« Nous avons pris nos responsabilité », souligne-t-il, insistant sur la nécessité pour l’Etat d’offrir rapidement une alternative viable. Devant ses cadres, Hamed Diane Semega a rappelé que « les privatisations sauvages de nos entreprises est le résultat d’une gestion publique caractérisée par le népotisme le clientélisme et la gabegie ». Et d’avertir que pour regagner la confiance des consommateurs, la régie devait poursuivre son évolution.

La solution, pour le ministre, ne se nomme plus concession mais « affermage », consistant à offrir une large autonomie à sa régie et à créer une seconde société dite de « patrimoine », chargée, elle, de chercher des partenaires financiers.
Pour cela, EdM pourra compter sur le soutien, semble-t-il, indéfectible du Fonds Aga Khan pour le développement économique (AKFED). Nullement effrayée par le départ de Bouygues, l’entreprise philanthropique du prince Aga Khan, ami personnel du président malien, possède désormais, par sa filiale IPS, 34% de la société d’eau et d’électricité. Dans un communiqué, AKFED affirme son ambition de contribuer, de pair avec l’Etat malien, au développement des réseaux, s’appuyant sur ses expériences dans le secteur de l’énergie en Côte d’Ivoire, au Kenya, en Ouganda, au Tadjikistan et au Pakistan. Une attitude qui peut surprendre de la part d’une entité dont l’un des objectifs centraux consiste « à renforcer le rôle du secteur privé dans le monde en développement » [5].

A court terme, la bonne nouvelle est venue d’Allemagne et de Hollande, deux pays qui ont accepté de financer la station de pompage de Karbala, promise mais jamais réalisée par Bouygues. En revanche, le Gouvernement malien a déjà mis fin aux spéculations : avec ou sans Bouygues, les tarifs d’eau et d’électricité ne sont pas près de baisser... BPZ


Un autre filon pour Bouygues


Bouygues quitte le Mali ? Pas tout à fait, puisque le géant français a toujours la haute main sur la Société malienne d’exploitation (Somadex), sous-traitante pour des capitaux sud-africains de la mine de Morila. Gigantesque chantier à ciel ouvert à 250 km de Bamako, le filon recèlerait 120 tonnes d’or. Mais la manne ne profite pas à tous le monde : depuis le 6 juillet dernier, Morila est le théâtre d’un très dur conflit social qui a conduit une trentaine de mineurs en prison.

Cela fait bientôt deux ans que les travailleurs de Morila réclament le versement des « primes de rendement » prévues dans la convention collective en cas de dépassement des objectifs de production. Or, durant les trois premières années d’exploitation, les ouvriers ont extrait presque trois fois plus de minerai qu’attendu. Sans recevoir un centime, affirment-ils. Autres récriminations : l’utilisation de cyanure sans aucune protection pour les mineurs et le harcèlement du syndicat. Lassés d’attendre un geste de l’entreprise, plus de 300 travailleurs (sur quelque 500 employés) ont déclenché une grève illimitée. Trois semaines plus tard, Bouygues a répliqué en licenciant les grévistes. (Mali : or, pillage et répression... des travailleurs résistent ! par Marie-Eve Tejedor.Ndlr)

Lâché par les syndicats nationaux, traqué par les autorités, le Comité syndical de Morila a annoncé, fin octobre, être entré dans la clandestinité. Malgré la reprise partielle des activités de la mine, les licenciés ne lâchent pas prise et réclament, en premier lieu, la libération des huit mineurs encore emprisonnés. Le syndicat dénonce la complicité d’un gouvernement un peu trop sensible, selon lui, aux arguments financiers de la Somadex. Le Mali possède la troisième plus grande réserve d’or de la planète.

Benito Perez


- Source : Le Courrier de Genève www.lecourrier.ch
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