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 Réflexions sur la traite négrière

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mihou
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Localisation : Washington D.C.
Date d'inscription : 28/05/2005

07062005
MessageRéflexions sur la traite négrière

Réflexions sur la traite négrière

Depuis un certain temps, on assiste à des demandes de dédomagement contre certaines souffrances dont sont victimes des êtres humains, toutes les Tribus confondues. De tous les crimes contre l’humanité, il existe un qui a déshumanisé l’Homme: l’esclavage. qui peut nier cette horreur?

Qu’avait fait cette race pour mériter ce sort qui aujourd’hui encore laisse des traces sur les descendants qui vivent en Europe et en Amérique?

Est-ce qu’une excuse peut suffire?

"L’accumulation des capitaux issus de la traite et de l’exploitation des esclaves dans les colonies a favorisé la croissance économique de l’Angleterre ou de la France. Nul doute que l’enrichissement des Européens doit beaucoup à l’asservissement des Africains. Ces derniers demanderaient et obtiendraient réparation, même après si longtemps, que cela ne serait que justice." D’ après certains auteurs.

Les anti-esclavagistes existaient-ils vraiment?

Le nom de traite des Noirs a profondément marqué l’histoire et la mémoire des hommes. Du milieu du XVe siècle à la fin du XIXe siècle, des millions d’êtres humains ont été arrachés en afrique et conduits vers des terres étrangères et lointaines. C’est aux XVIe et XVIIe siècles que la marine européenne récemment installée en Amérique mit en place la Grande Déportation par l’Atlantique et c’est au siècle suivant qu’elle la porta à son apogée. L’esclave nègre n’était pas un homme et cette Déportation est clairement un crime contre l’humanité. Même si l’Église lui reconnaissait une âme en l’initiant aux mystères de la religion, sur le plan économique, l’esclave ne se différenciait guère d’un mulet dont il remplissait souvent la fonction: son statut était celui d’un « bien meuble » livré au bon vouloir du propriétaire. L’esclave apportait sa contribution à l’édification des nations blanches et riches.

C’est au milieu du XVe siècle que les Portugais commencèrent à trafiquer des hommes sur une côte africaine dont ils faisaient la connaissance. Ensuite les Espagnols qui emménageaient de l’autre côté de l’Atlantique, pour exploiter les espaces immenses et fabuleux du Nouveau Monde, puisque les immigrants européens ne faisaient pas l ‘affaire, et, les populations amérindiennes succombaient à ce dur labeur. Il fallait puiser à d’autres sources. On pensa à l’Afrique.

Certains pays ibériques se partageaient les rôles : Pour le Portugal le transport des nègres, en Espagne l’utilisation des esclaves. Les hollandais, anglais et français commençèrent tour à tour à s’intéresser: la traite des Noirs par l’Atlantique devenait petit à petit international. Elle obtint ses lettres de noblesse au XVIIe siècle quand quelques monarchies la légalisèrent et elle eut bientôt droit de cité dans les livres.

En 1730, Jacques Savary des Bruslons définissait ainsi la traite des nègres : “ Les Européens font depuis des siècles commerce de ces malheureux esclaves, qu’ils tirent de Guinée et des autres côtes d’Afrique, pour soutenir les Colonies qu’ils ont établies dans plusieurs endroits de l’Amérique et dans les Antilles. ”

La traite est donc l’enlèvement des Noirs d’Afrique suivi de leur déportation en Amérique, et plus tard vers l’archipel des Mascareignes dans l’océan Indien. Elle a deux objectifs:
1 - amasser de l’argent grâce au commerce des captifs ;
2 - bâtir des colonies et parer la voie au développement avec la sueur et le sang des
esclaves…
La réalisation de ces deux objectifs exige:
1 - échanger des produits bruts et manufacturés européens contre des captifs
africains;
2 - transporter ces captifs par-delà l’océan pour en faire des esclaves dans les
colonies ;
3 - vendre ou échanger les captifs contre des denrées tropicales destinées à
l’Europe.
La traite des Noirs signifiait pour plusieurs: traite des nègres, des esclaves, ou de Guinée. “ faire la traite" revenait à prendre des humains à la côte africaine.


L’esclavage était quoi ?

Il faut comprendre le sens de ces deux termes, on ne doit pas les dissocier. L’esclavage sans la traite ne se regénère point, la traite sans l’esclavage n’avait aucune raison d’ exister. Pourtant, ce sont des phénomènes parfaitement distincts occupant des durées, des lieux, des hommes différents. L’esclavage survécut à la traite. Par exemple, l’Angleterre et les États-Unis abolissent la traite en 1807, la France en 1815, et suppriment respectivement l’esclavage en 1833, 1865, 1848. Cuba et le Brésil sont, en 1886 et 1888, les deux derniers pays à abolir l’esclavage au XIXe siècle. Au XXe siècle, l’esclavage n`est pas mort. Il perdure en Mauritanie malgré trois abolitions dont la dernière remonte à 1981 seulement, et en 1996 Dominique Torrès publiait aux éditions Phébus un ouvrage intitulé : 200 millions d’esclaves aujourd’hui
Les victimes sont toujours noires. Les bourreaux sont africains et européens. Les premiers amènent les captifs de l’intérieur vers les côtes et les seconds assurent leur transport vers l’Amérique : ce sont les négriers ; ceux qui exploitent les captifs dans les colonies sont les esclavagistes.


Pourquoi en Amérique ?

Le besoin d’esclaves aux Amériques est donc né du souci des Espagnols de se constituer une réserve de main-d’œuvre aussi inépuisable que les ressources du sol et du sous-sol qu’ils se faisaient fort d’exploiter à plein régime. Ce régime fut fatal aux Indiens qui moururent par millions. Il fallait leur substituer des travailleurs capables de supporter les contraintes conjuguées du travail forcé et du climat : les Noirs, qui vivaient sous les mêmes latitudes et connaissaient déjà l’institution de l’esclavage, seraient en pays de connaissance.

L’installation des Européens du Nord en Amérique se fit au début du XVIIe siècle. Dans les années 1630, les Français étaient implantés dans les îles antillaises de Saint-Christophe, de la Guadeloupe et de la Martinique. Même si des groupes d’esclaves arrivèrent très tôt, on recourut d’abord à une main-d’œuvre blanche plutôt que noire pour mettre en valeur ces possessions nouvelles. Cette immigration était volontaire. De pauvres bougres, le plus souvent, embarquaient au Havre, à Nantes, Bordeaux ou La Rochelle, pour s’engager au service d’un planteur de coton ou de tabac, ces “ engagés ” suffirent à cette première mise en route pastorale et agricole des Petites Antilles. Ensuite, ce fut différent. Le développement de la culture des grandes denrées d’exportation comme le sucre exigeait beaucoup de monde sur des propriétés de plus en plus grandes, appelées “ habitations ”. C’était notamment le cas à Saint-Domingue dont la colonisation avait été plus tardive.

Les noirs avaient sur les blancs des avantages : ils étaient bon marché, corvéables à volonté (les dictionnaires disent de corvéable, une soumission à la corvée, savoir toute chose qu’on est obligé de faire sans l’aimer puisque pénible).

La traite a-t-elle bâti des fortunes ?

Il est difficile de répondre avec précision, cependant l’idée court dans l’opinion que la traite des Noirs était une source d’enrichissement sans égale pour ceux qui s’y livraient: les armateurs menaient grand train, le roi reconnaissant les gratifiait d’une particule, et les capitaines portaient beau. On abonderait dans ce sens en donnant quelques noms de navires négriers particulièrement révélateurs : le Pactole justement, la Loterie, la Roue-de-la-Fortune ou le Pont-d’Or.

Au VVIIIe et XIXe siècles, on s’est enrichi en France grâce à la traite. De belles fortunes ont été bâties sur le dos des nègres et la pierre de somptueux hôtels particuliers en garde encore la trace à Bordeaux et à Nantes, dans l’île Feydeau ou sur la Fosse. Si la traite a continué longtemps après qu’on l’eût interdite, c’est que les négriers y trouvaient leur intérêt, sans quoi ils n’auraient pas persévéré comme ils l’ont fait. La philanthropie n’étant pas la vertu première des trafiquants négriers, jusqu’au milieu du XIXe siècle. La traite des Noirs a bel et bien rapporté de l’argent à ceux qui l’ont pratiquée. La question est de savoir qui doit reconnaître ce crime contre l’humanité et procéder à des réparations qui s’imposent.

Durant deux siècles, la France comptait 4 220 expéditions négrières et 80 % d’entre elles eurent lieu au XVIIIe siècle. Nantes occupait la première place des ports négriers, et sur le plan international, la France, le troisième rang des nations négrières derrière la Grande-Bretagne et le Portugal. En effet, négociants, financiers, constructeurs, raffineurs, fabricants, détaillants… Au total, des centaines de milliers de Français ont participé de façon directe et indirecte à la traite. Ce bilan montre que les ports français se sont longtemps et consciencieusement livrés à l’activité négrière. A l’époque de la traite, les négriers œuvraient pour leur bien propre et celui de la nation tout entière, pensaient-ils. Du bien fondé sur un crime. S’en souvient-on aujourd’hui ?

Serait-il osé de dire que le processus négrier et esclavagiste a largement avantagé la croissance de l’Europe occidentale, des États-Unis, de Cuba, ou du Brésil au détriment de l’essor africain ? Cette dette, qui prendrait la forme d’une indemnisation de dizaines de milliards de dollars, réparerait les dommages causés par les négriers blancs au continent noir et paierait les intérêts du travail fourni gratuitement par les esclaves à leurs maîtres pendant des siècles.

Les chiffres disent 9,5 millions de captifs importés, pour la traite transaharienne 7,2 millions, et pour la traite orientale 2,3 millions. Mais que dire des indigènes morts lors des opérations de production ou de transport des captifs. D’aucuns parlent de dizaines de millions de victimes. L’historien nigérian Joseph Inikori a estimé à cent millions dès la fin du XIXe siècle.

L’auteur de cette réflexion termine en soutenant avec vigueur que cette réparation ne devrait pas prendre la forme d’une élimination de la dette nationale de ces anciennes colonies concernées mais plutôt d’un projet d’infrastructure de grande envergure supervisé par les pays esclavagistes accusés. Ceci aura le soutien de la majorité des descendants d’esclaves. Ils auront le sentiment que la somme sert réellement le pays au lieu qu’une forte partie se retrouve dans les banques suisses...
Chronologie
L’ère négrière du XVe au XVIIIe siècle
1441 Des navigateurs portugais ramènent les premiers esclaves nègres au Portugal : cette date est considérée comme marquant le début de la traite négrière atlantique organisée par l’Europe.
1492 Christophe Colomb découvre l’Amérique.
1518 Charles-Quint autorise la traite et l’esclavage.
1594 Forte présomption d’une expédition négrière rochelaise : l’Espérance va au Gabon puis au Brésil.
1626 Autorisation accordée pour déporter quarante esclaves nègres à l’île de Saint-Christophe, première colonie française outre-mer.
1642 Louis XIII autorise la traite.
1643 Première expédition négrière française officiellement reconnue : l’Espérance de La Rochelle revient de Saint-Christophe.
1670 Colbert accorde la liberté du commerce avec les îles.
1672 Première expédition négrière de Bordeaux : le Saint-Étienne-de-Paris.
1674 Liquidation de la Compagnie des Indes occidentales.
1688 Première expédition négrière nantaise : la Paix.
1688 Première expédition négrière de Saint-Malo : le Pont-d’Or.
1716 Permission royale accordée à Rouen, La Rochelle, Bordeaux et Nantes, de “ faire librement le commerce des nègres ”.
1738 Déclaration royale limitant le séjour des esclaves noirs en France à trois années.
1749 Année négrière française la plus productive : quarante-quatre expéditions quittent Nantes pour l’Afrique.
1768 Exemption du droit de 10 livres par tête de nègre introduit aux colonies par les négriers de Bordeaux, après ceux de Saint-Malo, Le Havre, Honfleur.
1777 La Déclaration du roi pour la Police des Noirs interdit à toute personne de couleur d’entrer en France. Reprise en 1802.
1778 Interdiction des mariages mixtes en France.
1783 Orientation de la traite française vers l’océan Indien.
1784 Prime de 40 livres par tonneau de jauge expédié à la traite.
1787 Création en Angleterre de la Société pour l’abolition de la traite.
1788 Création en France de la Société des Amis des Noirs.
1791 Déclenchement de l’insurrection des esclaves à Saint-Domingue.
1792 Dernière année de la traite en France au XVIIIe siècle.
1793 Abolition de l’esclavage à Saint-Domingue. Suppression par la Convention des primes pour la traite.
1794 La Convention abolit l’esclavage dans les colonies françaises. Continuation de la traite à l’île Bourbon et à l’Île de France.
1802 Bonaparte rétablit l’esclavage dans les colonies françaises.Expédition de Leclerc à Saint-Domingue.
1803 Mort de Toussaint Louverture au Fort de Joux.
1804 Proclamation de l’indépendance d’Haïti.
1810 Prise de l’Île de France par les Anglais.
L’ère abolitionniste au XIXe siècle
1803 Le Danemark abolit la traite.
1807 La Grande-Bretagne et les États-Unis abolissent la traite.
1815 Pendant les Cent-Jours, Napoléon décrète l’abolition de la traite. Congrès de Vienne : interdiction officielle de la traite.
1817 Louis XVIII signe une ordonnance interdisant la traite en France. Démarrage de la traite illégale jusqu’en 1830 au moins.
1820 Établissement de croisières de répression à la côte d’Afrique.
1829 Début de l’immigration indienne vers les colonies françaises.
1830 Dernière expédition négrière nantaise reconnue comme telle : la Virginie.
1831 Troisième et dernière loi abolitionniste française.
1833 La Grande-Bretagne abolit l’esclavage dans toutes ses colonies.
1839 Le pape Grégoire XVI condamne officiellement la traite négrière.
1848 La France abolit l’esclavage dans toutes ses colonies.
1849 Dernier navire négrier français soupçonnable : le Tourville débarquerait des Noirs au Brésil.
1863 L’esclavage est aboli dans les colonies hollandaises de Surinam et Curaçao ;
1865 dans tous les États-Unis ;
1886 à Cuba ;
1888 au Brésil.
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